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	<description>NI BRICS NI DAVOS – NI SIONISTES NI DHIMMIS</description>
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		<title>XVI. Le Romantisme noir – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David Livingstone]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jan 2025 12:20:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme.]]></description>
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<p>Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre&nbsp;<em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



<span id="more-38343"></span>



<h2 class="wp-block-heading">L’idéalisme magique</h2>



<p>Selon Christoph Schulte, c’est précisément pendant les années de la Haskala et de la Wissenschaft des Judentums que les romantiques chrétiens se sont approprié la Kabbale. Leur intérêt était une réaction à, comme l’a écrit Hegel, “l’aridité ‘religieuse’ des partisans du rationalisme”. Leur attirance, comme le note Schulte, “pour la philosophie de la nature, pour la magie, pour le mythe et le panthéisme, ou même pour la cosmogonie et la théogonie, tout cela est attiré et enflammé par la Kabbale”.<sup><a href="#note971" id="text971">971</a></sup> Comme l’expliquent les éditeurs de Kabbala und die Literatur der Romantik (“La Kabbale et la littérature du romantisme”) :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le passage de la fin du siècle des Lumières au début du romantisme a suscité un nouvel intérêt pour la Kabbale : alors que la connaissance de la mystique juive était encore largement répandue, même parmi les juifs éclairés comme Mendelssohn ou Salomon Maimon, des éléments de la Kabbale fascinaient désormais les auteurs romantiques chrétiens comme Novalis, Friedrich Schlegel, Clemens Brentano, Achim von Arnim et E.T.A. Hoffmann.<sup><a href="#note972" id="text972">972</a></sup> </p>
</blockquote>



<p>Au XVIIIe siècle, le but de l’art et de la littérature était d’imiter la nature. Les romantiques, quant à eux, affirmaient que l’art ne devait pas imiter la nature, mais plutôt éclairer ses secrets sombres, irrationnels et surnaturels, afin de comprendre les profondeurs de l’existence spirituelle de l’homme.<sup><a href="#note973" id="text973">973</a></sup> Les romantiques ont fait l’éloge du monde de la Renaissance, qui considérait l’art, la magie, la science et la philosophie comme fondamentalement harmonieux. Les XVIIe et XVIIIe siècles ont modifié cette perception en introduisant l’idée d’un matérialisme rationnel, opposé au mysticisme et à la magie. Impressionnés par le développement scientifique rapide de leur époque, mais simultanément déçus par le matérialisme rationnel, les romantiques ont défendu la nécessité d’établir un autre type de philosophie scientifique qui ne distinguerait pas le matériel et le spirituel, et unirait la science, la philosophie, l’art, la religion et la beauté.</p>



<p>Selon Marina Aptekman, “cette vision du monde reflète la pensée utopique idéaliste des romantiques allemands, qui faisait largement écho aux croyances messianiques et utopiques des mystiques rosicruciens du XVIIe siècle”.<sup><a href="#note974" id="text974">974</a></sup> La raison pour laquelle le langage poétique a soudainement commencé à jouer un rôle si important dans la philosophie littéraire du début du XIXe siècle, explique Aptekman, se trouve dans la conception romantique de l’âge d’or, qui trouve sa source dans les textes mystiques des XVIIe et XVIIIe siècles. La tradition rosicrucienne a fait l’éloge de la Kabbale parce qu’elle la considérait comme une “science mystique” qui permettait à l’homme de retrouver la connaissance, traitant de la signification mystique des lettres et des nombres, perdue après la chute d’Adam. Ainsi, selon Aptekman, “de toutes les connaissances spirituelles perdues par Adam à la suite de sa chute, les romantiques allemands s’intéressaient avant tout à la récupération de la langue divine. Ils pensaient qu’en l’obtenant à nouveau, ils pourraient rétablir les correspondances perdues entre l’homme et la nature et ramener ainsi l’âge d’or”.<sup><a href="#note975" id="text975">975</a></sup></p>



<p>Les romantiques allemands ont choisi la Kabbale, et en particulier son mysticisme linguistique, comme base de leur idéologie poétique. Comme l’explique Wolfgang Neuser dans Theoretischer Hintergrund für die Rezeption der Kabbala in der Romantik (“Contexte théorique de la réception de la Kabbale dans le romantisme”), “ce qui est commun et formateur pour les traditions qui se chevauchent (néoplatonisme, gnosticisme, hermétisme, Kabbale), c’est l’idée que le monde entier, qui est le divin dans la création, doit être le point de départ de toute pensée”.<sup><a href="#note976" id="text976">976</a></sup> C’est cet effort qui a conduit les romantiques à faire revivre les interprétations alchimiques de la philosophie kabbalistique et à les placer au centre de leur propre concept de “mystique scientifique”. Cette interprétation de la Kabbale, explique Aptekman, “avait été auparavant largement utilisée par les mystiques ou les magiciens, mais n’avait jamais, avant le romantisme allemand, été placée au centre d’une théorie esthétique”.<sup><a href="#note977" id="text977">977</a></sup></p>



<p>En effet, selon Schulte, la Kabbale représente la tradition originelle dans la langue de Dieu et la langue d’origine hébraïque. La phrase de Hamann, dans une lettre à Jacobi, selon laquelle la langue est “la mère de la raison et de la révélation, son alpha et son oméga”, explique Schulte, marque le point de convergence des romantiques face à la raison pure des Lumières.<sup><a href="#note978" id="text978">978</a></sup> Ce nouveau rapport à la langue, et en particulier à l’hébreu en tant que langue de Dieu et langue originelle de l’humanité, langue de la “poésie hébraïque” et du Volksgeist juif, selon Herder, est devenu le point de départ de la diffusion romantique de la Kabbale. La raison en est, comme le note encore Schulte, que la référence à la langue et à l’écriture comme moyen de révélation constitue la base de l’opposition religieuse au théisme des Lumières.<sup><a href="#note979" id="text979">979</a></sup></p>



<p>L’idée de l’inséparabilité du monde matériel et du monde spirituel est devenue la pierre angulaire du romantisme allemand, en particulier de Schelling, selon lequel ces deux mondes devraient être unis dans un seul et même absolu, et toute connaissance devrait être poétisée et spiritualisée. Pour Schelling, le scientifique idéal était un alchimiste, mais aussi un philosophe, souvent un musicien, et généralement un poète ou un artiste. Paracelse, Agrippa et d’autres alchimistes de la Renaissance ont joué un rôle important dans la philosophie de Schelling. L’œuvre de Schelling a également été influencée par Saint-Martin, et probablement aussi par Martinès de Pasqually.<sup><a href="#note980" id="text980">980</a></sup></p>



<p>Cette croyance en l’union de l’art et de la science, mais aussi en l’union de toutes les sciences, est particulièrement évidente dans les œuvres de Novalis. Cette notion d’idéalisme magique, qui imprègne la littérature et la philosophie de Novalis, est un élément central du premier romantisme. Entre l’automne 1798 et le printemps 1799, Novalis rédige un projet intitulé Encyklopaedistik. Dans ses notes, généralement appelées Brouillon, il poursuit le projet de réunir toutes les sciences en une “science universelle”. Au service du projet romantique de restauration de l’identité linguistique primordiale perdue, Novalis utilise le langage de la sémiotique, en identifiant le signe et le référent au concept de langage magique de la Kabbale. Dans le contexte d’une “doctrine des signifiants” et d’une “mystique grammaticale” de l’écriture en tant que “magie”, il note sous le mot-clé “MAGIE, (linguistique mystique)” dans Das Allgemeine Brouillon, “Sympathie du signe avec le signifié (une des idées fondamentales des kabbalistes)”.<sup><a href="#note981" id="text981">981</a></sup> Selon Novalis, la Kabbale “est une langue de signes mystiques, qui nous prouvent qu’il existe des correspondances mystiques entre l’homme, l’univers et le langage”.<sup><a href="#note982" id="text982">982</a></sup> De même, Schlegel a qualifié la Kabbale de “grammaire mystique, un art combinatoire qui, par le biais du langage, fait sortir les idées du chaos”.<sup><a href="#note983" id="text983">983</a></sup> Dans une note datant de 1800, Friedrich Schlegel écrit : “La véritable esthétique poétique est la Kabbale”.<sup><a href="#note984" id="text984">984</a></sup> L’année précédente, Schlegel avait griffonné la formule suivante : “poésie = science absolue + art absolu = magie = alchimie + kabbale”.<sup><a href="#note985" id="text985">985</a></sup> Pour Schlegel, “le but de la Kabbale est de créer la nouvelle langue, car elle sera l’organe de contrôle des esprits”. <sup><a href="#note986" id="text986">986</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les frères Sérapions</h2>



<p><em>Die Serapionsbrüder</em> doit son nom à un cercle d’écrivains qui se réunissaient régulièrement pour discuter des arts dans l’appartement berlinois d’E.T.A Hoffmann (1776 &#8211; 1822), auteur romantique allemand de romans fantastiques et d’horreur gothiques, juriste, compositeur, critique musical et artiste. Outre Hoffmann lui-même, ce cercle, appelé les Serapionsbrüder, d’après saint Séraphin de Montegranaro (1540-1604), comprenait Adelbert von Chamisso, David Ferdinand Koreff, Theodor Gottlieb von Hippel, Karl Wilhelm Salice-Contessa, Friedrich de la Motte Fouqué et son futur biographe, un voisin et collègue juriste nommé Julius Eduard Hitzig (1780-1849), petit-fils de Daniel Itzig (1723-1799), juif de la cour des rois Frédéric II le Grand et Frédéric-Guillaume II de Prusse, et membre éminent des Frères asiatiques.</p>



<p>Jeune écrivain, Hoffmann fait la connaissance de Johann Paul Friedrich Richter (1763 &#8211; 1825), connu sous le nom de Jean Paul, qui l’influencera longtemps.<sup><a href="#note987" id="text987">987</a></sup> Paul a également été répertorié par la police impériale française parmi les idéalistes associés aux Illuminati.<sup><a href="#note988" id="text988">988</a></sup> En 1796, Paul s’installe à Weimar, où il se lie d’amitié avec Herder et rencontre Goethe et Schiller. En 1800, il se rend à Berlin où il se lie d’amitié avec les frères Schlegel, Tieck et Fichte. Paul a eu une influence considérable sur le compositeur Robert Schumann, ainsi que sur la première symphonie de Gustav Mahler. En France, il a été popularisé notamment par Le songe, traduction approximative faite par Madame de Staël du Discours du Christ mort extrait des Siebenkäs, publiée entre 1796 et 1797. Paul est le premier à nommer le motif littéraire du Doppelgänger, qu’il utilise dans le Siebenkäs. Ce motif a également été adopté par Hoffmann pour ses Élixirs du diable (1815), décrits par certains critiques littéraires comme appartenant au genre du roman gothique, appelé Schauerroman en allemand.<sup><a href="#note989" id="text989">989</a></sup></p>



<p>Hoffmann était un ami de Zacharias Werner (1768 &#8211; 1823), poète, dramaturge et prédicateur allemand, qui fit la connaissance de Goethe à Weimar et de Madame de Staël à Coppet. Plusieurs des poèmes dramatiques de Werner étaient destinés à évangéliser la franc-maçonnerie. Sa duologie dramatique publiée en anglais sous le titre The Templars in Cyprus et The Brethren of the Cross est basée sur l’idée que certains survivants de la suppression des Templiers se sont échappés en Écosse et ont fondé la franc-maçonnerie. Beethoven a envisagé la première partie comme un possible projet d’opéra.<sup><a href="#note990" id="text990">990</a></sup></p>



<p>Bien que Friedrich de la Motte Fouqué (1777 &#8211; 1843) ait abandonné ses études universitaires à Halle pour s’engager dans l’armée et qu’il ait participé à la campagne du Rhin en 1794, le reste de sa vie a été consacré principalement à des activités littéraires. Fouqué était lié à Achim von Arnim, qui, avec son beau-frère Clemens Brentano, faisait partie du groupe de Coppet de Mme de Staël et qui fut identifié avec elle par la police impériale française comme membre des Illuminati.<sup><a href="#note991" id="text991">991</a></sup> Fouqué est présenté à August Wilhelm Schlegel, qui l’influence profondément en tant que poète et qui publie son premier livre, Dramatische Spiele von Pellegrin, en 1804. Frédéric-Guillaume IV de Prusse lui accorde une pension qui lui permet de passer ses dernières années dans le confort.<sup><a href="#note992" id="text992">992</a></sup> Sigurd der Schlangentödter (“Sigurd le tueur de serpents”), de 1808, est la première mise en scène allemande moderne de la légende du Nibelung, combinant des sources islandaises telles que la Volsunga Saga et le Nibelungenlied en moyen-haut allemand. En 1828, Fouqué publie sa pièce Der Sängerkrieg auf der Wartburg (“Le concours de chant sur la Wartburg”).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Venusberg</em></h2>



<p>Hoffmann a été l’un des premiers à écrire des histoires d’horreur, ce qui fait de lui un exemple précoce du romantisme noir. Il a influencé des écrivains tels que Richard Wagner, Edgar Allan Poe, Robert Louis Stevenson, Charles Baudelaire, Heinrich Heine, Franz Kafka et Freud.<sup><a href="#note993" id="text993">993</a></sup> Hoffmann s’intéressait profondément au mesmérisme, à la Kabbale et à l’occultisme.<sup><a href="#note994" id="text994">994</a></sup> Son conte Der Sandmann (“Le marchand de sable”) reprend la légende kabbalistique du golem. Les histoires d’Hoffmann constituent la base de l’opéra de Jacques Offenbach Les Contes d’Hoffmann, dont le héros est un Hoffmann fortement romancé. Il est également l’auteur du roman Casse-Noisette et le roi des souris, sur lequel est basé le ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski. Le ballet Coppélia est basé sur Der Sandmann d’Hoffmann, tandis que Kreisleriana de Schumann est basé sur le personnage d’Hoffmann, Johannes Kreisler. Le célèbre essai de Freud, Das Unheimliche (“L’inquiétude”), publié en 1919, a pour thème central le Marchand de sable.</p>



<p>Der Kampf der Sänger (“La bataille des chanteurs”), commémorant le Sängerkrieg de la Wartburg, est une histoire d’Hoffmann, dans la troisième section du deuxième volume du cycle de contes et de récits Die Serapionsbrüder (“Les frères Séraphin”), publié entre 1819 et 1821, qui représente également un résumé de son œuvre littéraire. Hoffmann s’est inspiré de l’histoire de Johann Christoph Wagenseil et de Heinrich von Ofterdingen de Novalis, roman fragmentaire publié à titre posthume par Friedrich Schlegel en 1802. Bien que Novalis ait dû renoncer à achever l’œuvre, les nombreuses notes qu’il a conservées et le rapport de Ludwig Tieck permettent de suivre assez facilement la suite prévue du roman. Le symbole bien connu de la fleur bleue, devenu emblématique du romantisme, symbolisant le désir, l’amour et la quête métaphysique de l’infini, est également issu du roman. Ludwig Tieck a également publié le conte du Venusberg dans son recueil Romantische Dichtungen de 1799. La version la plus ancienne du récit de la légende du Venusberg, sans mention du nom de Tannhäuser, est rapportée pour la première fois sous la forme d’une ballade par l’écrivain provençal Antoine de La Sale (1385/86 &#8211; 1460/61). En 1434, René d’Anjou fait de La Sale le précepteur de son fils, Jean II, duc de Lorraine, auquel il consacre, entre les années 1438 et 1447, sa Salade, manuel des études nécessaires à un prince.</p>



<p>Tannhäuser était un minnesinger allemand et un poète itinérant qui a vécu entre 1245 et 1265. Le Codex Manesse, manuscrit illustré du quatorzième siècle, le représente vêtu de l’habit de l’Ordre Teutonique, ce qui suggère qu’il a peut-être combattu lors de la sixième croisade menée par l’empereur Frédéric II en 1228/1229. D’après un récit légendaire de son Bußlied, Tannhäuser a trouvé le Venusberg, la demeure souterraine de Vénus, et y a passé un an à vénérer la déesse. Après avoir quitté le Venusberg, Tannhäuser est pris de remords et se rend à Rome pour demander au pape Urbain IV (v. 1195 &#8211; 1264) s’il est possible d’être absous de ses péchés. Urbain répond que le pardon est impossible, tout comme le serait la floraison de son bâton papal. Trois jours après le départ de Tannhäuser, le bâton d’Urbain fleurit. Des messagers sont envoyés pour rappeler le chevalier, mais il est déjà retourné à Venusberg, pour ne plus jamais être revu. Ayant refusé un pénitent, le pape a été puni de la damnation éternelle. <sup><a href="#note995" id="text995">995</a></sup></p>



<p>Dans le folklore allemand du XVIe siècle, le récit du Venusberg, motif du folklore européen repris dans diverses légendes et épopées depuis le bas Moyen Âge, a été associé au ménestrel Tannhäuser, obsédé par le culte de la déesse Vénus. Le Venusberg, en tant que nom de l’autre monde ou de la féerie, est mentionné pour la première fois en allemand dans Formicarius par Johannes Nider (vers 1380 &#8211; 1438), prieur du couvent dominicain de Nuremberg. Nider a acquis une grande réputation en Allemagne en tant que prédicateur et a participé activement au concile de Constance. Il s’identifie au concile de Bâle en tant que théologien et légat, et effectue plusieurs ambassades auprès des Hussites. Parmi ses nombreux écrits, le plus important est le livre cinq du Formicarius, le deuxième livre jamais imprimé traitant de la sorcellerie après le Fortalitium Fidei d’Alphonso de Spina. Des sections sur les sorcières seront publiées plus tard dans le Malleus Maleficarum, généralement traduit par le “Marteau des sorcières”, le traité le plus connu censé traiter de la sorcellerie, écrit par l’ecclésiastique catholique allemand Heinrich Kramer et publié pour la première fois en 1486. La version de Praetorius (1630 &#8211; 1680) a été incluse dans Des Knaben Wunderhorn, d’Achim von Arnim et Clemens Brentano.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Gespensterbuch</em></h2>



<p>Les Élixirs du Diable de Hoffmann met en scène un garde-chasse qui prétend avoir une querelle avec les Freischützen, lesquels sont incapables de le tuer en raison de sa foi. Lorsque l’apprenti du garde-chasse, Franz, ne parvient pas à abattre ce qu’il pense être le diable, une rumeur se répand selon laquelle le diable aurait approché Franz et lui aurait offert des balles magiques.<sup><a href="#note996" id="text996">996</a></sup> Der Freischütz est basé sur une histoire de Johann August Apel (1771 &#8211; 1816) et Friedrich Laun (1770 &#8211; 1849), tirée de leur recueil de 1810, Gespensterbuch, un recueil d’histoires de fantômes allemandes. Apel et Laun connaissaient tous deux Goethe, dont la pièce Claudine von Villa Bella (1776) a peut-être influencé Die Todtenbraut (“La fiancée morte”) de Laun. Robert Stockhammer avait noté que Der Todtenkopf (“Le crâne”) de Laun contient des personnages inspirés de Cagliostro, sur lequel Goethe avait écrit, et dont il a peut-être été question lors de la visite de Laun à Goethe en 1804.<sup><a href="#note997" id="text997">997</a></sup> L’Erlkönig (1782) de Goethe, qui décrit la mort d’un enfant assailli par un être surnaturel, l’Erlkönig (Roi des aulnes), un roi des fées, a également inspiré le poème d’Apel, Alp. <sup><a href="#note998" id="text998">998</a></sup></p>



<p>La plupart des histoires de Fantasmagoriana, une anthologie française d’histoires de fantômes allemandes, traduite anonymement par Jean-Baptiste Benoît Eyriès et publiée en 1812, sont tirées des deux premiers volumes du Gespensterbuch d’Apel et Laun, avec d’autres histoires de Johann Karl August Musäus, membre des Illuminati et de la loge Anna Amalia de Weimar. Musäus fut l’un des premiers collecteurs d’histoires populaires allemandes, surtout célèbre pour son Volksmärchen der Deutschen (1782-1787). Les Nachgelassene Schriften (1791) de Musäus ont continué à être publiés par l’éditeur Illuminati Nicolai &#8211; un ami de Moses Mendelssohn &#8211; avec des contributions de Ludwig Tieck.<sup><a href="#note999" id="text999">999</a></sup> Après la mort de Musäus en 1787, sa veuve demanda à Christoph Martin Wieland de publier une version rééditée des contes, ce qu’il fit sous le titre Die deutschen Volksmährchen von Johann August Musäus (1804-1805).</p>



<p>Julius Eduard Hitzig était ami avec Hoffmann, de la Motte Fouqué et Adelbert von Chamisso (1781 &#8211; 1838), qui rejoignit le cercle de Madame de Staël et la suivit dans son exil à Coppet en Suisse.<sup><a href="#note1000" id="text1000">1000</a></sup> Peter Schlemihls wundersame Geschichte (“L’histoire merveilleuse de Peter Schlemihl”), écrit par Chamisso en 1813, est un conte de fées dans lequel un homme vend son ombre au diable contre un sac rempli d’or qui ne s’épuise jamais. À la fin du texte, il est mentionné que Schlemihl est juif, puisque le nom est tiré du folklore juif.<sup><a href="#note1001" id="text1001">1001</a></sup> L’œuvre de Chamisso a permis de populariser le mot Schlemiel, un terme yiddish désignant une “personne inepte/incompétente” ou un “imbécile”.<sup><a href="#note1002" id="text1002">1002</a></sup> Dans Die Abenteuer der Sylvester-Nacht (“Les aventures de la nuit de la Saint-Sylvestre”) d’Hoffmann, Schlemihl apparaît comme un personnage secondaire et illustre ainsi le destin du protagoniste de Die Geschichte vom verlorenen Spiegelbild (“L’histoire de l’image miroir perdue”). Hans Christian Andersen a utilisé le motif de l’ombre perdue dans son conte de fées L’Ombre en 1847.</p>



<p>Hoffmann a également écrit un opéra basé sur l’histoire gothique de Fouqué, Ondine (1816), dont Fouqué a écrit le livret. Ondine est un conte de fées (Erzählung) dans lequel Ondine, un esprit de l’eau, épouse un chevalier nommé Huldbrand afin de gagner une âme. Dans le Livre des nymphes, l’alchimiste Paracelse invente le terme d’”ondine”, qui peut gagner une âme immortelle en épousant un humain, et mentionne l’histoire de Mélusine comme exemple, ainsi que l’histoire de Peter von Staufenberg, qui peut être classée comme une variante de la légende de Mélusine ou comme appartenant à la tradition du Chevalier au Cygne.<sup><a href="#note1003" id="text1003">1003</a></sup> Une influence plus directe sur Fouqué aurait été le Comte de Gabalis (“Comte de Cabala”), un roman rosicrucien publié en 1670 par l’abbé Montfaucon de Villars, qui adaptait les idées de Paracelse.<sup><a href="#note1004" id="text1004">1004</a></sup></p>



<p>Achim von Arnim et Fouqué ont tous deux écrit des histoires sur la superstition médiévale selon laquelle la racine de mandragore de forme humanoïde était produite par le sperme des pendus sous la potence. Les mandragores contiennent des propriétés hallucinogènes et, depuis l’Antiquité, on leur prête des vertus aphrodisiaques. La racine est associée à la fertilité dans la Bible, dans le livre de la Genèse et le Cantique des cantiques. Selon une superstition, la racine de mandragore crierait et pleurerait lorsqu’on l’arrache du sol, tuant quiconque l’entendrait. Cette référence est incorporée dans la mandragore fictive décrite dans Harry Potter et la Chambre des secrets. Les alchimistes prétendaient que les pendus éjaculaient après s’être rompu le cou et que la terre absorbait leurs dernières “forces”. La racine elle-même était utilisée dans les philtres d’amour et les potions, tandis que son fruit était censé faciliter la grossesse. Les sorcières qui “faisaient l’amour” avec la racine de la mandragore étaient censées produire une progéniture dépourvue de sentiments d’amour véritable et d’âme.<sup><a href="#note1005" id="text1005">1005</a></sup></p>



<p>Dans le récit d’Arnim, intitulé Isabella von Ägypten, Kaiser Karl des Fünften erste Jugendliebe (“Isabelle d’Égypte, premier amour de jeunesse de l’empereur Charles Quint”), le duc Michel, souverain de tous les Gitans d’Égypte, est pendu à Gand à tort comme voleur. Après la mort de son père, sa fille unique Isabella découvre des livres occultes parmi les biens de son père, qu’elle utilise Isabella produit un Alraun, un homme miniature, à partir d’une racine de mandragore, qui se fait appeler Cornelius Nepos. Isabella tombe amoureuse du jeune prince Charles, futur empereur Charles Quint. Pour faire disparaître l’Alraun, Charles fait appel à un magicien juif qui crée un golem, Bella, proche du clone d’Isabella. Le golem Bella attaque Isabella, mais Charles efface la première syllabe Ae du mot Aemeth inscrit sur le front, ce qui la transforme à nouveau en un tas d’argile. Charles Quint et Isabelle ont un fils, mais elle le quitte pour ramener en Égypte son peuple dispersé dans toute l’Europe. Les Gitans utilisaient les mandragores comme amulettes d’amour.<sup><a href="#note1006" id="text1006">1006</a></sup></p>



<p>Hoffmann est un autre romantique qui aborde le motif du golem. Dans sa nouvelle Die Geheimnisse (“Les secrets”), publiée en 1822 dans le Berliner Taschenkalender, Hoffmann associe le golem à la figure du theraphim. Dans la Bible, les theraphim sont à l’origine des idoles sémitiques ou des dieux domestiques. Selon Ibn Ezra, ils sont décrits comme des figures humaines dessinées sous certains signes du zodiaque ou comme des têtes humaines préparées et sous la langue desquelles on place une plaque de métal sur laquelle sont gravés des mots magiques afin qu’ils rendent ensuite des oracles. Dans Die Geheimnisse, les theraphim se voient attribuer le rôle d’une “image artificielle qui, en éveillant les puissances secrètes du monde des esprits, trompe par une vie apparente”. Un magicien kabbaliste sculpte dans l’argile un beau jeune homme qui est présenté à une princesse à la place d’une personne réelle. Cependant, la princesse elle-même possède des pouvoirs magiques et lorsqu’elle touche son “bien-aimé”, celui-ci tombe en poussière.<sup><a href="#note1007" id="text1007">1007</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Horreur gothique</h2>



<p>Les frères Grimm, à qui Brentano avait demandé de rassembler des contes de fées, ont également publié un récit de la légende juive du golem, un être censé être créé à partir de boue ou d’argile par la magie kabbalistique, que Mary Shelley (1797-1851) a ensuite adopté comme modèle pour son histoire de Frankenstein.<sup><a href="#note1008" id="text1008">1008</a></sup> Le romantisme noir, dont on peut dire qu’il est né en Allemagne avec des écrivains comme E.T.A. Hoffmann, Fouqué, von Arnim et Chamisso, s’est également développé en Angleterre avec des auteurs comme Shelley, Lord Byron (1788 &#8211; 1824) et John William Polidori (1795 &#8211; 1821), qui sont souvent associés à la fiction gothique. À Londres, de Staël rencontre Lord Byron et l’abolitionniste William Wilberforce. Byron, alors endetté, quitte Londres et rend fréquemment visite à de Staël à Coppet en 1815, où elle dirige le groupe de Coppet. Pour Byron, de Staël est le plus grand écrivain européen vivant, mais “avec sa plume derrière les oreilles et sa bouche pleine d’encre”.<sup><a href="#note1009" id="text1009">1009</a></sup> En 1815, Byron publie ses Mélodies hébraïques, un poème considéré comme l’une des premières œuvres littéraires du nationalisme juif.<sup><a href="#note1010" id="text1010">1010</a></sup> Ces mélodies ont été créées en grande partie par Byron pour accompagner la musique composée par Isaac Nathan (v. 1791 &#8211; 1864), qui jouait au poète des mélodies dont il affirmait (à tort) qu’elles remontaient au service du Temple de Jérusalem. Nathan est né à Canterbury d’un hazzan (cantor juif) originaire de Pologne, Menahem Monash, et de son épouse juive anglaise, Mary (Lewis) Goldsmid. De nombreux compositeurs ont écrit des adaptations de traductions des paroles de Byron, notamment les petits-enfants de Moïse, Felix Mendelssohn, Fanny Mendelssohn, Robert Schumann, Max Bruch, Mily Balakirev et Modeste Moussorgski.</p>



<p>Mary Shelley et son mari Percy Bysshe Shelley (1792 &#8211; 1822) étaient également étroitement associés à Byron. Les parents de Mary, William Godwin (1756 &#8211; 1836) et Mary Wollstonecraft (1759 &#8211; 1797), faisaient partie d’un cercle d’artistes radicaux connus sous le nom de satanistes romantiques, car ils considéraient le Satan du Paradis perdu de Milton comme une figure héroïque qui se rebellait contre l’autorité “divinement ordonnée”.<sup><a href="#note1011" id="text1011">1011</a></sup> Influencé par l’œuvre de Milton, Byron a écrit Cain : A Mystery en 1821, provoquant un tollé car la pièce met en scène l’histoire de Caïn et Abel du point de vue de Caïn, qui est inspiré par Lucifer pour protester contre Dieu. Parmi les œuvres les plus connues de Percy Shelley figurent The Rosicrucian, A Romance et Prometheus Unbound, qui assimile le Satan du Paradis perdu de Milton à Prométhée, le personnage mythologique grec qui défie les dieux et donne le feu à l’humanité. En 1816, à la Villa Diodati, une maison louée par Byron au bord du lac Léman en Suisse, Mary, Percy et Polidori décident d’organiser un concours pour savoir qui écrira la meilleure histoire d’horreur, ce qui donnera naissance au Frankenstein de Mary, inspiré par les légendes kabbalistiques du golem. Deux nouvelles tirées du Gespensterbuch d’Apel et Laun et Die schwarze Kammer (“La chambre noire”) ont été incluses dans le Fantasmagoriana (1812) de Jean-Baptiste Benoît Eyriès. Elles ont été lues par Lord Byron, Mary Shelley, Percy Bysshe Shelley, Polidori et Claire Clairmont à la Villa Diodati, et les ont inspirés pour écrire leurs propres histoires de fantômes, dont The Vampyre et Frankenstein, qui ont toutes deux contribué à façonner le genre gothique de l’épouvante.<sup><a href="#note1012" id="text1012">1012</a></sup> Une autre histoire du Fantasmagoriana dont ils se sont inspirés est la Stumme Liebe, traduite en français par L’Amour Muet, tirée du Volksmärchen der Deutschen de J.K.A. Musäus, membre des Illuminati.<sup><a href="#note1013" id="text1013">1013</a></sup></p>



<p>Polidori était un écrivain et médecin anglais, connu pour ses liens avec le mouvement romantique et considéré par certains comme le créateur du genre vampirique de la fiction fantastique. Son œuvre la plus réussie est la nouvelle The Vampyre (1819), produite par le même concours d’écriture, et la première histoire de vampire moderne publiée. Parmi les enfants de Frances, la sœur de Polidori, et de Gabriele Rossetti (1783 &#8211; 1854), poète italien en exil politique, figurent Dante Gabriel Rossetti (1828 &#8211; 1882) et William Michael Rossetti (1829 &#8211; 1919), membres fondateurs de la Fraternité préraphaélite, un groupe de peintres, poètes et critiques anglais créé en 1848 avec William Holman Hunt et John Everett Millais. Les préraphaélites ont été soutenus par John Ruskin (1819 &#8211; 1900), le principal critique d’art anglais de l’ère victorienne. La pierre tombale de Ruskin à Coniston, où il est enterré, trahit ses croyances occultes, avec des symboles celtiques en triskèle, une croix gammée dans une croix de Malte et saint Georges terrassant un dragon.</p>



<p>Shelley s’était également entiché du nouvelliste américain Washington Irving (1783 &#8211; 1859).<sup><a href="#note1014" id="text1014">1014</a></sup> Irving a été l’un des premiers écrivains américains à être acclamé en Europe, et il a encouragé d’autres auteurs américains tels que Nathaniel Hawthorne, Henry Wadsworth Longfellow, Herman Melville et Edgar Allan Poe. Il était également admiré par certains écrivains britanniques, dont Lord Byron, Thomas Campbell, Charles Dickens, Francis Jeffrey et Walter Scott. Irving était un ami proche de la famille Gratz, qui fréquentait le Mikveh Israel à Philadelphie. C’est grâce à Irving que Rebecca Gratz (1781 &#8211; 1869), la fille de Michael Gratz, le Parnas de la synagogue, a été portée à l’attention de Walter Scott (1771 &#8211; 1832), l’inspirant pour développer le personnage de Rebecca, la fille du marchand juif Isaac de York, qui est l’héroïne de son roman Ivanhoé.<sup><a href="#note1015" id="text1015">1015</a></sup> Brian de Bois-Guilbert, le Grand Maître des Templiers, s’éprend de la belle Rebecca, mais ne parvient pas à gagner son cœur. Lorsqu’elle est accusée de sorcellerie, Ivanhoé combat Bois-Guilbert, qui est tué, mais pas par Ivanhoé. Gratz faisait partie d’un groupe de femmes de Mikveh Israel qui ont fondé la Female Hebrew Benevolent Society of Philadelphia en 1819, la “plus ancienne organisation caritative juive en existence continue aux États-Unis”.<sup><a href="#note1016" id="text1016">1016</a></sup></p>



<p>Le Sketch Book of Geoffrey Crayon, Gent. d’Irving comprenait également les nouvelles pour lesquelles il est le plus connu, “Rip Van Winkle” (1819) et “The Legend of Sleepy Hollow” (1820), qui était particulièrement populaire à l’époque d’Halloween en raison d’un personnage connu sous le nom de “Headless Horseman” (cavalier sans tête), censé être un soldat hessois décapité par un boulet de canon au cours d’une bataille. Une version particulièrement influente du conte populaire est la dernière des Legenden von Rübezahl (“Légendes de Rübezahl”) du Volksmärchen der Deutschen de J.K.A. Musäus, membre des Illuminati.<sup><a href="#note1017" id="text1017">1017</a></sup> En 1824, Irving publie le recueil d’essais Tales of a Traveller, qui comprend la nouvelle “The Devil and Tom Walker”, une histoire très proche de la légende allemande de Faust. L’histoire raconte d’abord la légende du pirate William Kidd, dont on dit qu’il aurait enterré un gros trésor dans une forêt du Massachusetts colonial. Kidd a passé un accord avec le diable, appelé “Old Scratch” et “l’homme noir” dans l’histoire, pour protéger son argent.</p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sUi2ClHA2p"><a href="https://egregoor.com/2025/01/20/xv-le-mythe-aryen-sionisme-de-david-livingstone/">XV. Le Mythe aryen – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XV. Le Mythe aryen – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2025/01/20/xv-le-mythe-aryen-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=H4KEHebyAj#?secret=sUi2ClHA2p" data-secret="sUi2ClHA2p" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow"></div>
</div>



<p><sup><a href="#text971" id="note971">971</a></sup> Goethe. Dichtung und Wahrheit, in Hamburger Ausgabe, t. IX, éd. par E. Trunz, (Hambourg, 1961), 350-353 ; cité dans Christoph Schulte. “Les formes de réception de la kabbale dans le romantisme allemand”. Renue Germanique Internationale, 5 (1996). Extrait de https://doi.org/10.4000/rgi.547</p>



<p><sup><a href="#text972" id="note972">972</a></sup> E. Goodman-Thau &amp; G. Mattenklott (ed.). Kabbalah und die Literatur der Romantik : Zwischen Magie und Trope (Tübingen : M. Niemeyer, 1999), p. vii.</p>



<p><sup><a href="#text973" id="note973">973</a></sup> M. H. Abrams. The Mirror and the Lamp : Romantic Theory and the Critical Tradition (New York : Oxford University Press, 1953) ; cité dans Marina Aptekman. Jacob’s Ladder : Kabbalistic Allegory in Russian Literature (Boston : Academic Studies Press, 2011), p. 110.</p>



<p><sup><a href="#text974" id="note974">974</a></sup> Aptekman. L’échelle de Jacob, p. 112.</p>



<p><sup><a href="#text975" id="note975">975</a></sup> Ibid, p. 116.</p>



<p><sup><a href="#text976" id="note976">976</a></sup> Wolfgang Neuser. “Theoretischer Hintergrund für die Rezeption der Kabbala in der Romantik. Am Beispiel von Novalis : Die Lehrlinge zu Sais”. Dans E. Goodman-Thau et G. Mattenklott (ed.). Kabbalah und die Literatur der Romantik : Zwischen Magie und Trope (Tübingen : M. Niemeyer, 1999), p. 168.</p>



<p><sup><a href="#text977" id="note977">977</a></sup> Aptekman. L’échelle de Jacob, p. 111.</p>



<p><sup><a href="#text978" id="note978">978</a></sup> Johann Wolfgang Goethe. Dichtung und Wahrheit, in Hamburger Ausgabe, t. IX, éd. par E. Trunz, (Hambourg, 1961), 350-353 ; cité dans Christoph Schulte. “Les formes de réception de la kabbale dans le romantisme allemand”. Renue Germanique Internationale, 5 (1996). Extrait de https://doi.org/10.4000/rgi.547</p>



<p><sup><a href="#text979" id="note979">979</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text980" id="note980">980</a></sup> Aptekman. L’échelle de Jacob, p. 114.</p>



<p><sup><a href="#text981" id="note981">981</a></sup> Novalis. Das Allgemeine Brouillon ; cité dans Friedrich Schlegel : Philosophische Fragmente. Zweyte Epoche. II, Zur Rhetorik und Poesie 1799 fin ; cité dans Detlef Kremer. “Kabbalistische Signaturen. Sprachmagie als Brennpunkt romantischer Imagination bei E. T. A. Hoffmann und Achim von Arnim,” in Kabbalah und die Literatur der Romantik : Zwischen Magie und Trope, ed. E. Goodman-Thau et G. Mattenklott (Tübingen : M. Niemeyer, 1999), p. 201.</p>



<p><sup><a href="#text982" id="note982">982</a></sup> A. B. Kilcher, “Die Kabbalah als Trope im ästhetischen Diskurs der Frühromantik”, in Kabbalah und die Literatur der Romantik : Zwischen Magie und Trope, ed. E. Goodman-Thau et G. Mattenklott (Tübingen : M. Niemeyer, 1999), p. 164.</p>



<p><sup><a href="#text983" id="note983">983</a></sup> Kritische Friedrich Schlegel-Ausgabe ; cité Wolfgang Neuser. “Theoretischer Hintergrund für die Rezeption der Kabbala in der Romantik”, p. 164.</p>



<p><sup><a href="#text984" id="note984">984</a></sup> Detlef Kremer. “Kabbalistische Signaturen. Sprachmagie als Brennpunkt romantischer Imagination bei E. T. A. Hoffmann und Achim von Arnim”, in Kabbalah und die Literatur der Romantik : Zwischen Magie und Trope, ed. E. Goodman-Thau et G. Mattenklott (Tübingen : M. Niemeyer, 1999), p. 201.</p>



<p><sup><a href="#text985" id="note985">985</a></sup> Kilcher, “Die Kabbalah als Trope im ästhetischen Diskurs der Frühromantik”, p. 163.</p>



<p><sup><a href="#text986" id="note986">986</a></sup> Friedrich Schlegel : Fragment philosophique. Zweyte Epoche. II, Zur Rhetorik und Poesie 1799 fin ; cité dans Kremer. “Signatures kabbalistiques. Sprachmagie als Brennpunkt romantischer Imagination bei E. T. A. Hoffmann und Achim von Arnim”, p. 201.</p>



<p><sup><a href="#text987" id="note987">987</a></sup> Robert Herndon Fife. “Jean Paul Friedrich Richter et E. T. A. Hoffmann”. PMLA 22 : 1 (1907), pp. 1-32.</p>



<p><sup><a href="#text988" id="note988">988</a></sup> le Forestier. Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande, p. 709</p>



<p><sup><a href="#text989" id="note989">989</a></sup> Lee M. Roberts. Literary nationalism in German and Japanese Germanistik (Peter Lang, 2010), pp. 114-116.</p>



<p><sup><a href="#text990" id="note990">990</a></sup> Crumey, Andrew. “Beethoven était-il franc-maçon ? Consulté sur le site https://crumey.co.uk/beethoven_6_was_he_a_freemason.html</p>



<p><sup><a href="#text991" id="note991">991</a></sup> le Forestier. Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande, p. 709.</p>



<p><sup><a href="#text992" id="note992">992</a></sup> John George Robertson. “Fouqué, Friedrich Heinrich Karl de la Motte. In Chisholm, Hugh (ed.). Encyclopædia Britannica. Vol. 10, 11e édition (Cambridge University Press, 1911), pp. 749-750.</p>



<p><sup><a href="#text993" id="note993">993</a></sup> Ned Pennant-Rea. “Les histoires étranges de E. T. A. Hoffmann”. La Revue du domaine public (22 mai 2018). Consulté sur https://publicdomainreview.org/collection/e-t-a-hoffmann-s-strange-stories/</p>



<p><sup><a href="#text994" id="note994">994</a></sup> James M. McGlathery. Mysticisme et sexualité. E. T. A. Hoffmann. Partie I : Hoffmann et ses sources. American University Studies I, 3 (Las Vegas : Peter Lang, 1981), chapitre 9 : “Spiritualism”.</p>



<p><sup><a href="#text995" id="note995">995</a></sup> William Morris. The Earthly Paradise (Psychology Press, 2002), p. 714.</p>



<p><sup><a href="#text996" id="note996">996</a></sup> Ronald Taylor. “Partie 1, chapitre 3 : Les aventures du voyage”. The Devil’s Elixirs (Richmond : Oneworld Classics, 1963), pp. 95, 101, 107.</p>



<p><sup><a href="#text997" id="note997">997</a></sup> Patrick Bridgwater. Le roman gothique allemand dans une perspective anglo-allemande. Internationale Forschungen zur Allgemeinen und Vergleichenden Literaturwissenschaft (Editions Rodopi, 2013), p. 51.</p>



<p><sup><a href="#text998" id="note998">998</a></sup> M. W. Götzinger. “Balladen von J. W. Göthe”. Deutsche Dichter (en allemand). Vol. 1 (Leipzig : J. F. Hartknoch, 1831), p. 301.</p>



<p><sup><a href="#text999" id="note999">999</a></sup> Hugh Chisholm (éd.). “Tieck, Johann Ludwig. Encyclopædia Britannica. Vol. 26, 11e édition (Cambridge University Press, 1911), p. 962.</p>



<p><sup><a href="#text1000" id="note1000">1000</a></sup> Hugh Chisholm (ed). “Chamisso, Adelbert von. Encyclopædia Britannica. Vol. 5, 11e édition (Cambridge University Press, 1911). pp. 825-826.</p>



<p><sup><a href="#text1001" id="note1001">1001</a></sup> Richard Block. “Queering the Jew Who Would Be German : Peter Schlemihl’s Strange and Wonderful History”. Seminar : A Journal of Germanic Studies, 40 : 2 (2004), pp 94.</p>



<p><sup><a href="#text1002" id="note1002">1002</a></sup> Max Zeldner. “A Note on ‘Schlemiel’”. The German Quarterly, 26 : 2 (1953), pp. 115-117.</p>



<p><sup><a href="#text1003" id="note1003">1003</a></sup> Richard Ernest Walker. “Peter von Staufenberg”. Dans John M. Jeep (ed.). Medieval Germany : An Encyclopedia (Garland, 2001), pp. 616-617.</p>



<p><sup><a href="#text1004" id="note1004">1004</a></sup> Edward D. Seeber. “Sylphes et autres êtres élémentaires dans la littérature française depuis Le Comte de Gabalis (1670)”. PMLA, 59 : 1 (mars 1944), pp. 71-83.</p>



<p><sup><a href="#text1005" id="note1005">1005</a></sup> Hanns Heinz Ewers. “Alraune. Trilogie de Frank Braun n°2 (1911). Description du livre. Tiré de http://www.goodreads.com/book/show/18464748-alraune</p>



<p><sup><a href="#text1006" id="note1006">1006</a></sup> Gerina Dunwich. Herbal Magick : A Guide to Herbal Enchantments, Folklore, and Divination (Weiser Book, 2019).</p>



<p><sup><a href="#text1007" id="note1007">1007</a></sup> Eveline Goodman-Thau. “Golem, Adam oder Antichrist”. Dans Kabbalah und die Literatur der Romantik : Zwischen Magie und Trope, ed. E. Goodman-Thau et G. Mattenklott (Tübingen : M. Niemeyer, 1999), p. 119.</p>



<p><sup><a href="#text1008" id="note1008">1008</a></sup> Stephen Bertman. “The Role of the Golem in the Making of Frankenstein “ (Le rôle du Golem dans la réalisation de Frankenstein). The Keats-Sjelley Review, 29:1 (avril 2015), pp. 42-50.</p>



<p><sup><a href="#text1009" id="note1009">1009</a></sup> Joanne Wilkes. Lord Byron et Madame de Staël : Born for Opposition (Londres : Ashgate, 1999).</p>



<p><sup><a href="#text1010" id="note1010">1010</a></sup> Thomas L. Ashton. Byron’s Hebrew melodies (Routledge &amp; Kegan Paul, 1972).</p>



<p><sup><a href="#text1011" id="note1011">1011</a></sup> Per Faxneld &amp; Jesper Aa. Petersen. The Devil’s Party : Satanism in Modernity (Oxford University Press, 2013), p. 42.</p>



<p><sup><a href="#text1012" id="note1012">1012</a></sup> D. L. Macdonald &amp; Kathleen Scherf. “Introduction. The Vampyre and Ernestus Berchtold ; or, The Modern Œdipus (Peterborough : Broadview Editions, 2008). p. 10.</p>



<p><sup><a href="#text1013" id="note1013">1013</a></sup> Ibid, p. 10.</p>



<p><sup><a href="#text1014" id="note1014">1014</a></sup> Voir Sanborn, F.B., ed. The Romance of Mary Wollstonecraft Shelley, John Howard Payne and Washington Irving (Boston : Bibliophile Society, 1907).</p>



<p><sup><a href="#text1015" id="note1015">1015</a></sup> Abba Eban. Mon peuple : Abba Eban’s History of the Jews. Volume II (New York, Behrman House, 1979), p. 71-72.</p>



<p><sup><a href="#text1016" id="note1016">1016</a></sup> Société de bienfaisance hébraïque féminine. Page d’accueil. Tiré de https://www.fhbs.org/</p>



<p><sup><a href="#text1017" id="note1017">1017</a></sup> Daniel Hoffman. Form and Fable in American Fiction (University of Virginia Press, 1961). p. 85 (note de bas de page).</p>
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		<title>XV. Le Mythe aryen – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jan 2025 11:41:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme.]]></description>
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<p>Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre&nbsp;<em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



<span id="more-38346"></span>



<h2 class="wp-block-heading">Multitude mixte</h2>



<p>“Les similitudes entre le courant messianique politique juif et le nazisme allemand, concluent Israël Shahak et Norton Mezvinsky, dans Jewish Fundamentalism in Israel, sont flagrantes.<sup><a href="#note926" id="text926">926</a></sup> Comme l’explique Gordon R. Mork, “l’une des plus grandes et des plus tragiques ironies de l’histoire de la civilisation occidentale est celle des Juifs et de l’Allemagne. Alors que le nationalisme allemand prenait de l’ampleur au cours du dix-neuvième siècle, les Juifs figuraient parmi ses principaux défenseurs.”<sup><a href="#note927" id="text927">927</a></sup> Ce qui allait devenir le classicisme de Weimar, un mouvement culturel et littéraire basé à Weimar qui cherchait à établir un nouvel humanisme en synthétisant les idées romantiques, classiques et des Lumières. Ce n’est que lorsque le philosophe allemand Johann Gottfried Herder (1744-1803), membre des Illuminati et grand admirateur de Mendelssohn, a développé le concept de nationalisme lui-même &#8211; et la notion de <em>Volk </em>&#8211; que le nationalisme allemand a vu le jour.<sup><a href="#note928" id="text928">928</a></sup> Le concept de <em>Volk </em>s’est ensuite entremêlé avec le mythe de l’”Aryen”, un terme inventé pour la première fois par le franc-maçon Friedrich von Schlegel, l’époux de la fille de Mendelssohn, Dorothea Veit, et qui, comme l’explique Léon Poliakov, dans <em>The Aryan Myth : The History of Racist and Nationalistic</em>, a été le principal promoteur du mythe d’une race aryenne au début du dix-neuvième siècle.</p>



<p>Paradoxalement, l’antisémitisme frankiste et les théories kabbalistiques de l’hérédité ont contribué à la théorie de la race “aryenne”, développée par les érudits européens de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Bien qu&rsquo;elles aient été rejetées comme non scientifiques, la communauté académique n&rsquo;a pas reconnu les véritables origines de ces théories absurdes. En fin de compte, sur la base de légendes occultes, la soi-disant race aryenne était censée descendre d’une race d&rsquo;êtres semi-divins, les Anakim de la Genèse, qui résultaient de la reproduction des <em>Bani Elohim</em>, les “Fils de Dieu” ou Anges déchus, avec des êtres humains sur l’Atlantide, dont le naufrage était assimilé à l&rsquo;époque du déluge, et dont les descendants se trouvaient parmi les Cananéens de l&rsquo;ancienne Palestine. Il reste à expliquer comment les kabbalistes ont pu construire un mythe antisémite qui retrace leur généalogie jusqu’aux Cananéens, un peuple non juif qui était l’ennemi historique des anciens Israélites. Chez certains savants juifs du Moyen Âge, comme l&rsquo;a souligné Evyatar Marienberg, les Cananéens se sont installés non pas en Afrique, mais en Europe. Ibn Ezra, dans son commentaire sur Obadiah 1:20, écrit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Qui sont [parmi] les Cananéens ? Nous avons appris de grands hommes que le pays d’Alemania (Allemagne), ce sont les Cananéens qui ont fui les enfants d’Israël lorsqu’ils sont entrés dans le pays.”<sup><a href="#note929" id="text929">929</a></sup> De même, Rabbi David Kimchi (1160 &#8211; 1235), dans son commentaire sur le même verset, écrit: Ils disent, par tradition, que les habitants du pays d’Alemania étaient des Cananéens, car lorsque la nation cananéenne s’éloigna de Josué, comme nous l&rsquo;avons écrit dans le livre de Josué, elle se rendit au pays d’Alemania et d’Escalona, qui est appelé le pays d’Ashkenaz, et jusqu’à ce jour elle est appelée Cananéenne.<sup><a href="#note930" id="text930">930</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Ivan Hannaford, dans Race : The History of an Idea in the West, a suivi l&rsquo;évolution de la pensée raciste dans les milieux scientifiques et relie une grande partie de son influence aux théories occultes pseudo-scientifiques, et en particulier à la Kabbale juive. Comme le précisent Shahak et Mezvinsky, la Halakha &#8211; l’ensemble des lois religieuses juives qui découlent de la Torah écrite et orale -, bien que discriminatoire à leur égard à certains égards, traite les convertis au judaïsme comme de nouveaux juifs, une notion rejetée par la Kabbale en raison de l’importance qu’elle accorde à la différence cosmique entre les juifs et les non-juifs. Comme l’indiquent les auteurs, la plupart des auteurs juifs qui ont écrit sur la Kabbale en anglais, en allemand et en français ont évité ce sujet, et ce n’est que dans les livres écrits en hébreu que les lecteurs peuvent trouver une description plus précise du fait que les textes kabbalistiques, par opposition à la littérature talmudique, mettent l’accent sur le salut des seuls juifs.<sup><a href="#note931" id="text931">931</a></sup> Ce point, soulignent les auteurs, est bien illustré dans les études sur la Kabbale d’Isaac Louria. Comme l’indiquent Shahak et Mezvinsky, “l’un des principes fondamentaux de la kabbale lourianique est la supériorité absolue de l’âme et du corps juifs sur l’âme et le corps non juifs”. Selon la kabbale lourianique, le monde a été créé uniquement pour les Juifs ; l’existence des non-Juifs est subsidiaire”.<sup><a href="#note932" id="text932">932</a></sup> À titre d’exemple, Yesaiah Tishbi, une autorité en matière de kabbale qui écrivait en hébreu, dans son ouvrage érudit intitulé The Theory of Evil and the (Satanic) Sphere in Lurianic Cabbala (La théorie du mal et la sphère (satanique) dans la kabbale lourianique), a cité Rabbi Hayim Vital (1542 &#8211; 1620), le principal interprète de Louria, qui a écrit dans son livre Gates of Holiness (Les portes de la sainteté) : “Les âmes des non-Juifs proviennent entièrement de la partie féminine de la sphère satanique. C’est pourquoi les âmes des non-Juifs sont appelées mauvaises, et non bonnes, et sont créées sans connaissance [divine].”<sup><a href="#note933" id="text933">933</a></sup></p>



<p>Comme l’explique Charles Novak, dans son histoire de Jacob Frank, la conception frankiste du déroulement de l’histoire, suivant le concept sabbatéen de “vaincre le mal de l’intérieur”, est conforme à une perception selon laquelle l’un des secrets de la Bible est que sa véritable histoire doit être lue à l’envers : les bannis sont les vrais héros, et les faux héros sont les bannis des temps futurs. Les Frankistes pouvaient donc s’identifier à Ésaü, au lieu de son frère Jacob, l’ancêtre des Juifs :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Il va donc de soi que l’idéal frankiste-anti-talmudiste lutte pour la réhabilitation d’Ésaü au détriment de Jacob, et cette réhabilitation s’inscrit dans un champ encore plus vaste, puisqu’il s’agit de Léa et Rachel, de Melchisédech, d’Agar bannie par Sarah et surtout d’Ismaël, l’ancêtre de l’Islam, expulsé au profit d’Isaac, fils de Sarah. Et enfin, extrapolation suprême, le Serpent, Samaël et Lilith expulsés du paradis, s’opposant alors à Adam et Eve et dans ce cas, je reviens à la rédemption du Mal, Mal qui sera pardonné un jour.<sup><a href="#note934" id="text934">934</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Ainsi, le Frankiste converti au christianisme, ou le Juif pleinement assimilé, devient un véritable “Aryen”, supérieur au Juif primitif qui n’a pas réussi à transcender son héritage juif archaïque. Lorsque les Frankistes ont été réprimandés par le reste de la communauté juive, ils ont été dénoncés comme des vestiges de la “multitude mélangée” (erev rav), mentionnée dans l’Exode. La tradition juive a interprété l’expression erev rav comme faisant référence à un groupe d’étrangers qui se sont joints à Moïse et aux Israélites lors de leur exode d’Égypte.<sup><a href="#note935" id="text935">935</a></sup> La majorité des érudits rabbiniques voyaient dans les erev rav la source de la corruption : ils auraient incité les Israélites à adorer le Veau d’or et auraient irrité Dieu en exigeant l’abolition de l’interdiction de l’inceste.<sup><a href="#note936" id="text936">936</a></sup> Comme le raconte le Zohar, les erev rav étaient l’impureté que le serpent avait transmise à Ève. Ils étaient la progéniture des dirigeants démoniaques, Samaël et Lilith. Ils étaient les Néfilim ou “fils de Dieu” qui se sont mariés avec les descendantes de Caïn avant le déluge, et ont produit une race de géants connus sous le nom d’Anakim ou de Rephaïm, dont sont issus les Cananéens et les Amalécites, les ennemis traditionnels des premiers Israélites. Ils pratiquaient l’inceste, l’idolâtrie et la sorcellerie. Ils ont contribué à la construction de la Tour de Babel et ont causé la destruction du Temple de Jérusalem.<sup><a href="#note937" id="text937">937</a></sup> Selon le Zohar : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Ce sont eux [la multitude mélangée] qui font que le monde retourne à l’état de désert et de vide. Le mystère de cette affaire, c’est qu’à cause d’eux, le Temple a été détruit, “et la terre fut ravagée et vide” [Gen. 1:2], car [le Temple] est le centre et le fondement du monde. Mais dès que viendra la lumière, c’est-à-dire le Saint, béni soit-il, ils seront effacés de la surface de la terre et disparaîtront.<sup><a href="#note938" id="text938">938</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Comme le souligne Yaakov Shapiro dans The Empty Wagon, selon le Zohar, à la fin du quatrième et dernier galus (“période d’exil”), avant l’arrivée du Messie, de nombreux dirigeants juifs seront des réincarnations du erev rav. Il s’agira notamment des Amalécites, les anciens ennemis des Israélites, qui se réincarneront en Juifs. Comme l’explique Yaakov, selon ces interprétations, un Juif peut faire partie des erev rav, même s’il est né ethniquement juif, parce que son âme peut passer d’une âme juive à une âme des erev rav, en fonction de ses actions. Il existe cinq types d’imposteurs qui apparaîtront dans le dernier galus : les Amalécites, les Giborim, les Néfilim, les Anakim et les Refaim. Comme l’explique le Zohar, “les Erev Rav&#8230; sont des apostats (meshumadim), des hérétiques (minim), des mécréants (apikorsim)&#8230; et il est dit à propos des Juifs : “Ils se sont mêlés aux Gentils et ont appris leurs coutumes (Tehillim 106:35)”.<sup><a href="#note939" id="text939">939</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Indo-Européens</h2>



<p>C’est à cette même lignée, celle des “fils de Dieu”, que les savants européens du début du XIXe siècle ont rattaché les ancêtres de ceux que l’on appelle les “Aryens”. Comme l’explique Poliakov, lorsque les savants européens ont commencé à découvrir la civilisation indienne, ils ont reconnu certaines similitudes entre le sanskrit et les langues grecques, latines, celtiques et germaniques. Par commodité, ces langues ont été désignées comme indo-germaniques par la plupart des auteurs allemands, tandis que d’autres pays préféraient le terme indo-européen. Bien qu’il ait été affirmé au départ qu’il s’agissait simplement d’une relation linguistique, on a fini par théoriser que, s’il avait existé une langue indo-européenne “originelle”, il devait également y avoir une race indo-européenne “originelle”. Comme le résume Robert Drews :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>C’est une coïncidence malheureuse que les études sur la communauté linguistique indo-européenne aient prospéré à une époque où le nationalisme et la tendance à voir l’histoire en termes raciaux étaient en plein essor en Europe. Au XIXe siècle, personne ne pouvait ignorer que la majeure partie du monde était dominée par des Européens ou des personnes d’origine européenne. L’explication la plus simple était que les Européens, ou du moins la plupart des membres de la famille européenne, étaient génétiquement supérieurs aux peuples au teint plus foncé. On a donc découvert avec plaisir que les Grecs et les Perses de l’Antiquité étaient linguistiquement, et donc, on peut le supposer, biologiquement, “apparentés” aux Européens d’aujourd’hui. La même souche raciale, semble-t-il, contrôlait le monde depuis la conquête de Babylone par Cyrus. Il s’agit manifestement de la race blanche. L’Inde, il est vrai, posait un problème et nécessitait une explication distincte. Les Aryens avaient envahi l’Inde au plus tard au cours du deuxième millénaire avant J.-C. et avaient réussi à imposer leur langue à la population autochtone, mais la race aryenne était manifestement devenue stérile dans ce climat méridional et avait fini par être submergée par la population autochtone et inférieure du sous-continent.<sup><a href="#note940" id="text940">940</a></sup></p>
</blockquote>



<p>En 1779, Jean Sylvain Bailly (1736 &#8211; 1793, membre, avec Benjamin Franklin, de la loge maçonnique des Neuf Sœurs à Paris, conclut dans son Histoire de l’astronomie ancienne, basée sur des calculs astronomiques, que l’Atlantide était le Spitzberg dans l’océan Arctique, d’où serait partie une race de géants qui auraient migré vers le sud jusqu’à la Mongolie puis le Caucase et auraient jeté les bases de toutes les anciennes civilisations de l’Asie. En 1803, Bory de Saint-Vincent (1778 &#8211; 1846) a publié ses Essais sur les isles Fortunées et l’antique Atlantide, supposant que l’Atlantide était le foyer originel de la civilisation et que, soumis à un cataclysme, ses habitants avaient été contraints de conquérir le monde connu à la recherche de nouveaux territoires.<sup><a href="#note941" id="text941">941</a></sup> Francis Wilford (1761 &#8211; 1822) a assimilé l’”Atala, l’île blanche”, mentionnée dans le Vishnu Purana, l’un des plus anciens des Puranas hindous, à l’Atlantide.<sup><a href="#note942" id="text942">942</a></sup> </p>



<p>Voltaire considérait que toutes les connaissances occultes étaient finalement d’origine indienne : “&#8230; je suis persuadé que tout nous est venu des bords du Gange, l’astronomie, l’astrologie, la métempsycose, etc&#8230;.”<sup><a href="#note943" id="text943">943</a></sup> L’Encyclopédie de Diderot, dans l’article sur l’Inde, suggère que les “sciences sont peut-être plus anciennes dans l’Inde qu’en Égypte”. Kant situe l’origine de l’humanité au Tibet, car “c’est le pays le plus élevé. Il n’est pas douteux qu’il ait été habité avant tout autre et qu’il ait même pu être le lieu de toute création et de toute science. La culture des Indiens, comme on le sait, est presque certainement venue du Tibet, de même que tous nos arts comme l’agriculture, les nombres, le jeu d’échecs, etc. semblent être venus de l’Inde.<sup><a href="#note944" id="text944">944</a></sup> Goethe s’est référé à la sagesse “noble et pure” des Parsis comme un moyen d’échapper au “cercle étroit de la pensée hébraïque et rabbinique et d’atteindre la profondeur et l’amplitude du sanskrit”.<sup><a href="#note945" id="text945">945</a></sup> Mais, explique Poliakov, c’est surtout Herder “qui a introduit la passion de l’Inde dans les pays germaniques et qui a incité l’imagination des romantiques à rechercher une affiliation avec l’Inde mère”.<sup><a href="#note946" id="text946">946</a></sup></p>



<p>Schlegel a avancé une théorie des origines aryennes qui prétendait descendre, comme dans le gnosticisme, de Caïn, et qu’il reliait à la “montagne du Nord” d’une légende indienne sur le déluge trouvée dans le Rig-Veda, à mettre sur le même plan que l’Atlantide.<sup><a href="#note947" id="text947">947</a></sup> Schlegel supposait que, suite à des mélanges, un nouveau peuple s’était formé dans le nord de l’Inde, et que ce peuple, motivé “par une impulsion plus forte que l’aiguillon de la nécessité”, avait essaimé vers l’Occident. Voulant faire remonter l’origine de ce peuple à Caïn, il théorise alors : “Cette angoisse inconnue dont je parle n’a-t-elle pas dû poursuivre l’homme fugitif, comme on le raconte du premier meurtrier que le Seigneur a marqué d’un signe sanglant, et le jeter aux extrémités de la terre ?”<sup><a href="#note948" id="text948">948</a></sup> Pour Schlegel, “tout, absolument tout, est d’origine indienne”. Il pousse sa conviction un peu plus loin en suggérant que même les Égyptiens ont été éduqués par des missionnaires indiens. À leur tour, les Égyptiens fondèrent une colonie en Judée, mais les Juifs ne furent que partiellement endoctrinés par les vérités indiennes, car ils semblaient ignorer une doctrine importante de la tradition occulte, la théorie de la réincarnation et, surtout, de l’immortalité de l’âme.<sup><a href="#note949" id="text949">949</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Volk</em></h2>



<p>Herder est l’un des principaux responsables de la montée du nationalisme romantique, qui a fondamentalement influencé la formation du mythe de la race aryenne.<sup><a href="#note950" id="text950">950</a></sup> Herder a développé l’idée qu’une nation n’était pas définie par une idéologie ou une religion commune &#8211; qu’un citoyen pouvait choisir de son plein gré &#8211; mais plutôt par des facteurs hérités tels que la langue, la race, l’ethnicité, la culture et les coutumes, qui ont été associés à la race aryenne, ancêtres supposés du <em>Volk </em>(“peuple”) allemand. Selon Herder : “L’État le plus naturel est une seule nationalité avec un seul caractère national&#8230; Rien ne semble donc si indirectement opposé à la finalité du gouvernement que l’élargissement contre-nature des États, le mélange sauvage de toutes sortes de peuples et de nationalités sous un même sceptre.”<sup><a href="#note951" id="text951">951</a></sup> Fichte appelle les Allemands à révérer le <em>Volksgeist </em>(“esprit national”) allemand, fondement de toute bonne culture et civilisation. Il met en garde contre les méfaits de l’émancipation juive et suggère le retour des Juifs en Palestine.<sup><a href="#note952" id="text952">952</a></sup></p>



<p>C’est ainsi que Jacob Grimm (1785 &#8211; 1863) et son frère Wilhelm (1786 &#8211; 1859) ont compilé les célèbres contes de fées de Grimm, un recueil de contes populaires censés représenter les traditions occultes du peuple allemand, parmi lesquels Cendrillon, Blanche-Neige, la Belle au bois dormant et Hansel et Gretel. Inspirés par leur professeur de droit, Friedrich von Savigny (1779 &#8211; 1861), qui a éveillé en eux un intérêt pour l’histoire et la philologie, les frères ont étudié la littérature allemande médiévale.<sup><a href="#note953" id="text953">953</a></sup> En 1804, Savigny épouse Kunigunde Brentano, sœur de Bettina von Arnim et de Clemens Brentano. C’est sous la direction de Clemens Brentano que les frères Grimm ont commencé à recueillir des contes de fées.<sup><a href="#note954" id="text954">954</a></sup> Pendant la domination de Napoléon sur l’Allemagne, Brentano et Achim von Arnim, membre des Illuminati, ont publié le plus célèbre recueil de chansons populaires allemandes, Des Knaben Wunderhorn (“Le Cor merveilleux de l’enfant”). Par l’intermédiaire de Savigny et de son cercle d’amis, dont Brentano et Ludwig Arnim, les Grimm ont été initiés aux idées de Herder, qui pensait que la littérature allemande devait revenir à des formes plus simples, qu’il définissait comme <em>Volkspoesie </em>(“poésie populaire”) &#8211; par opposition à <em>Kunstpoesie </em>(“poésie artistique”).<sup><a href="#note955" id="text955">955</a></sup></p>



<p>Selon Poliakov, Grimm a été le promoteur le plus influent du mythe indo-germanique ou aryen.<sup><a href="#note956" id="text956">956</a></sup> Grimm a écrit la classique Histoire de la langue allemande (1848), qu’il décrit comme un “ouvrage politique jusqu’à la moelle des os”. Elle contient un chapitre intitulé Einwanderung (“Immigration”), dans lequel il explique :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Tous les peuples d’Europe et, pour commencer, ceux qui étaient originellement apparentés et qui ont acquis la suprématie au prix de nombreuses pérégrinations et dangers, ont émigré d’Asie dans un passé lointain. Ils ont été poussés d’est en ouest par un instinct irrésistible (unhemmbarer Trieb) dont la cause réelle nous est inconnue. La vocation et le courage de ces peuples, originellement apparentés et destinés à s’élever à de tels sommets, sont démontrés par le fait que l’histoire de l’Europe a été presque entièrement faite par eux.<sup><a href="#note957" id="text957">957</a></sup></p>
</blockquote>



<p>S’inspirant du mouvement <em>völkisch</em>, le pangermanisme a été influencé par la notion de “<em>Volk</em>” allemand exprimée par des nationalistes romantiques tels que les frères Grimm, Herder et Fichte. Selon Arash Abizadeh, “si seule une poignée de textes peut prétendre à juste titre figurer parmi les textes fondateurs de la pensée politique nationaliste, les <em>Reden an die deutsche Nation</em> (Discours à la nation allemande) de Fichte en font assurément partie”.<sup><a href="#note958" id="text958">958</a></sup> Fichte écrit dans les <em>Reden an die deutsche Nation</em> (Discours à la nation allemande) : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Il s’agit donc d’un <em>Volk </em>au sens le plus élevé du terme, du point de vue d’un monde spirituel : la totalité des hommes qui continuent à vivre en société et qui se créent naturellement et spirituellement à partir d’eux-mêmes &#8211; cette totalité naît d’une certaine loi spéciale de l’évolution divine et est guidée par cette loi.<sup><a href="#note959" id="text959">959</a></sup></p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Civilisation occidentale</h2>



<p>Dans sa jeunesse, explique Michael Baur, Hegel aspirait à devenir un <em>Volkserzieher </em>(“éducateur du peuple”), dans la tradition de penseurs tels que Mendelssohn, Lessing et Schiller, qui étaient tous des admirateurs de Winckelmann.<sup><a href="#note960" id="text960">960</a></sup> C’est en grande partie sous l’influence de Winckelmann que de nombreux philosophes allemands ont commencé à apprécier les Grecs anciens, y compris ceux qui ont ensuite influencé Hegel, qui avait de nombreuses relations avec les Illuminati. Dans son essai Über naive und sentimentalische Dichtung (“Sur la poésie naïve et sentimentale”) de 1796/1797, Schiller ne conçoit pas seulement la Grèce antique comme le paradigme culturel prééminent pour le progrès de l’humanité. Les œuvres de Friedrich Schlegel, Vom Wert des Studiums der Griechen und Römer (“Sur la valeur de l’étude des Grecs et des Romains”, 1795/1796) et Über das Studium der griechischen Poesie (“Sur l’étude de la poésie grecque”, 1797), soulignent les mérites d’un retour à l’idéal classique. L’étude de l’Antiquité grecque et romaine conduit essentiellement à la compréhension de tout ce qui est “grand”, “noble”, “bon” et “beau”, et établit donc également un idéal d’humanité auquel la société moderne devrait aspirer.<sup><a href="#note961" id="text961">961</a></sup> Hölderlin pensait que la Grèce était le berceau de toutes les révolutions positives de l’humanité et voyait la Grèce antique renaître dans l’Allemagne de son temps.<sup><a href="#note962" id="text962">962</a></sup></p>



<p>Hegel, ami de Hölderlin et collègue de Friedrich Schlegel à l’université d’Iéna, reconnaît que c’est Winckelmann qui a ouvert “une toute nouvelle façon de voir les choses”.<sup><a href="#note963" id="text963">963</a></sup> Ainsi, combinée à la théorie de la race aryenne, la notion de progrès inéluctable, dérivée de la Kabbale d’Isaac Louria à travers Hegel, a conduit au développement de l’histoire eurocentrée de la civilisation occidentale, qui célèbre les Européens comme les avant-gardes du progrès intellectuel de l’humanité. C’est grâce à Hegel que la dette de la Grèce à l’égard du Proche-Orient ancien a été minimisée, favorisant sa société comme un “miracle” et comme le soi-disant “berceau” de la civilisation occidentale. Comme le démontre Glenn Alexander Magee dans Hegel and the Hermetic Tradition, la philosophie d’Hegel est dérivée de la Kabbale de Louria &#8211; par l’intermédiaire de la pensée de Jacob Boehme &#8211; affirmant que l’histoire est le déploiement et la progression de l’”Esprit” (Geist). Selon Hegel : L’histoire du monde est la trace des efforts de l’esprit pour parvenir à la connaissance de ce qu’il est en lui-même. Les Orientaux ne savent pas que l’esprit ou l’homme en tant que tel sont libres en eux-mêmes. Et parce qu’ils ne le savent pas, ils ne sont pas eux-mêmes libres. Ils savent seulement qu’Un seul est libre&#8230; La conscience de la liberté s’est d’abord éveillée chez les Grecs, et ils étaient donc libres ; mais, comme les Romains, ils savaient seulement que certains, et non tous les hommes en tant que tels, sont libres&#8230; Les nations germaniques, avec l’avènement du christianisme, ont été les premières à comprendre que tous les hommes sont libres par nature, et que la liberté de l’esprit est son essence même.<sup><a href="#note964" id="text964">964</a></sup></p>



<p>Hegel a été initié aux idées de Boehme par la lecture de Franz von Baader (1765 &#8211; 1841), membre des Illuminati, qui a également été influencé par Franz Joseph Molitor des Frères asiatiques. Hegel a également été influencé par Friedrich Christoph Oetinger (1702 &#8211; 1782), un adepte de Boehme, qui était en contact avec des kabbalistes qui lui ont fait découvrir la Kabbala Denudata de Knorr von Rosenroth et la Kabbale d’Isaac Louria. Ces connaissances l’ont aidé à tenter une synthèse de Boehme et de la Kabbale.<sup><a href="#note965" id="text965">965</a></sup> En 1730, Oetinger rendit visite aux Frères moraves et à leur fondateur, le comte Zinzendorf, et y resta quelques mois en tant que professeur d’hébreu et de grec.<sup><a href="#note966" id="text966">966</a></sup> Oetinger fut également en contact avec Hermann Fictuld (1700 &#8211; c. 1777), l’un des chefs de file de la Rose-Croix d’Or. <sup><a href="#note967" id="text967">967</a></sup></p>



<p>Selon l’Encyclopédie juive, “Hegel est important pour l’histoire juive pour deux raisons : premièrement, pour son attitude à l’égard du judaïsme qui, en raison de son importance, a suscité l’intérêt de nombreux Juifs pendant toute la première moitié du XIXe siècle ; deuxièmement, pour sa philosophie de l’histoire et de la religion en général, qui a influencé les Juifs et d’autres penseurs pendant une période encore plus longue”.<sup><a href="#note968" id="text968">968</a></sup> Hegel s’est intéressé toute sa vie au judaïsme et a soutenu l’émancipation des Juifs. Hegel s’est néanmoins conformé à la critique kantienne du judaïsme. Selon Hegel :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Toutes les conditions du peuple juif, y compris l’état misérable, abject et sordide dans lequel il se trouve encore aujourd’hui, ne sont rien d’autre que les conséquences et les développements de son destin originel &#8211; une puissance infinie qu’il a désespérément cherché à surmonter &#8211; un destin qui l’a maltraité et qui ne cessera de le faire jusqu’à ce que ce peuple se le concilie par l’esprit de beauté, l’abolissant à la suite de cette conciliation ?<sup><a href="#note969" id="text969">969</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Selon Paul Rose, “c’est la philosophie historique d’Hegel qui a fourni à l’antisémitisme révolutionnaire l’un de ses piliers théoriques&#8230;” Hegel a fait sienne la dénonciation philosophique de Kant selon laquelle le judaïsme n’était pas véritablement moral parce qu’il impliquait l’obéissance aux commandements extérieurs d’un Dieu lointain, plutôt qu’aux inclinations intérieures de l’homme à l’amour, à la liberté et à la moralité, comme le christianisme. Selon Hegel, le judaïsme a été supplanté par le mouvement de “l’esprit du monde”, qui est passé de l’ancien monde au monde chrétien moderne, et dans ce processus, le peuple juif a été marginalisé en dehors du courant de l’histoire mondiale. Les Juifs ont ainsi été considérés comme incapables de se développer historiquement, comme une “nation fossile”, une “race fantôme”. En dehors du cours normal de l’histoire, les Juifs sont devenus une “race parasite”, dont le seul accès à la liberté et à la rédemption serait leur disparition d’une scène historique où ils n’auraient plus de rôle à jouer.<sup><a href="#note970" id="text970">970</a></sup></p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="uj6paPQmed"><a href="https://egregoor.com/2025/01/27/xvi-le-romantisme-noir-sionisme-de-david-livingstone/">XVI. Le Romantisme noir – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XVI. Le Romantisme noir – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2025/01/27/xvi-le-romantisme-noir-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=f030eB0zBI#?secret=uj6paPQmed" data-secret="uj6paPQmed" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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</div>



<p><sup><a href="#text926" id="note926">926</a></sup> Israël Shahak &amp; Norton Mezvinsky. Jewish Fundamentalism in Israel (Pluto Press, 1999), p. 65. </p>



<p><sup><a href="#text927" id="note927">927</a></sup> Gordon R. Mork. “Nationalisme allemand et assimilation juive : The Bismarck Period”. The Leo Baeck Institute Year Book, 22 : 1 (janvier 1977), p. 81. </p>



<p><sup><a href="#text928" id="note928">928</a></sup> Alexander J. Motyl (2001). Encyclopédie du nationalisme, Volume II. Academic Press, pp. 189-190. </p>



<p><sup><a href="#text929" id="note929">929</a></sup> Evyatar Marienberg. “‘Canaanites’ in Medieval Jewish Households,” in The Gift of the Land and the Fate of the Canaanites in Jewish Thought (New York, 2014). </p>



<p><sup><a href="#text930" id="note930">930</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text931" id="note931">931</a></sup> Shahak &amp; Mezvinsky. Le fondamentalisme juif en Israël, p. 62. </p>



<p><sup><a href="#text932" id="note932">932</a></sup> Ibid, p. ix. </p>



<p><sup><a href="#text933" id="note933">933</a></sup> Ibid, p. 58. </p>



<p><sup><a href="#text934" id="note934">934</a></sup> Novak. Jacob Frank (trans. DeepL), p. 113. </p>



<p><sup><a href="#text935" id="note935">935</a></sup> Maciejko. The Mixed Multitude (traduit par DeepL), p. 3. </p>



<p><sup><a href="#text936" id="note936">936</a></sup> Ibid. </p>



<p><sup><a href="#text937" id="note937">937</a></sup> Zohar 1:28b. 13-16 ; Zohar Hadash, 645, 31d. 17 ; Zohar 1:25a-25b ; 1:25b. 19 ; 2:191a, passim. 20. Tikkune Zohar, Tikkun 19 ; cité dans Maciejko. The Mixed Multitude, p. 3.</p>



<p><sup><a href="#text938" id="note938">938</a></sup> Zohar 1:25b ; cité dans Maciejko. La multitude mixte. </p>



<p><sup><a href="#text939" id="note939">939</a></sup> Raya Mehemna, 2:120b ; cité dans Rabbi Yaakov Shapiro. The Empty Wagon : Zionism’s Journey from Identity Crisis to Identity Theft (Bais Medrash Society, 2017).</p>



<p><sup><a href="#text940" id="note940">940</a></sup> Robert Drews. The Coming of the Greeks (Princeton University Press, 1994), p. 5. </p>



<p><sup><a href="#text941" id="note941">941</a></sup> de Camp, Continents perdus, p. 81. </p>



<p><sup><a href="#text942" id="note942">942</a></sup> Francis Wilford. Journal of Asiatic Researches, Vol. VIII (Calcutta, 1808). </p>



<p><sup><a href="#text943" id="note943">943</a></sup> Poliakov. Le mythe aryen, p. 185.</p>



<p><sup><a href="#text944" id="note944">944</a></sup> Ibid, p. 184.</p>



<p><sup><a href="#text945" id="note945">945</a></sup> Ibid. p. 195. </p>



<p><sup><a href="#text946" id="note946">946</a></sup> Ibid, p. 186.</p>



<p><sup><a href="#text947" id="note947">947</a></sup> Ignatius Donnelly. L’Atlantide, le monde antédiluvien (1882) </p>



<p><sup><a href="#text948" id="note948">948</a></sup> Poliakov. Le mythe aryen, p. 192. </p>



<p><sup><a href="#text949" id="note949">949</a></sup> Ibid, p. 191. </p>



<p><sup><a href="#text950" id="note950">950</a></sup> Christopher Dandeker, éd. Nationalism and Violence (Transaction Publishers, 1998). p. 52. </p>



<p><sup><a href="#text951" id="note951">951</a></sup> Robert Ergang. Herder et les fondements du nationalisme allemand, pp. 243-244. Cité dans Francis R. Nicosia. The Third Reich and the Palestine Question (University of Texas Press, 1985), p. 17.</p>



<p><sup><a href="#text952" id="note952">952</a></sup> Laqueur. Histoire du sionisme, p. 20 ; Friedman. Allemagne, p. 6. Cité dans Nicosie. Le Troisième Reich et la question palestinienne, p. 20.</p>



<p><sup><a href="#text953" id="note953">953</a></sup> Jack Zipes. The Brothers Grimm : From Enchanted Forests to the Modern World, 1ère édition (Routledge, 1988), p. 35.</p>



<p><sup><a href="#text954" id="note954">954</a></sup> Ibid, p. xxiv.</p>



<p><sup><a href="#text955" id="note955">955</a></sup> Ibid, pp. 7-8.</p>



<p><sup><a href="#text956" id="note956">956</a></sup> Poliakov. Le mythe aryen, p. 198.</p>



<p><sup><a href="#text957" id="note957">957</a></sup> Ibid, p. 198.</p>



<p><sup><a href="#text958" id="note958">958</a></sup> Arash Abizadeh. “Fichte était-il un nationaliste ethnique ? On cultural Nationalism and its Double”. History of Political Thought, 26 : 2 (été 2005), p. 334.</p>



<p><sup><a href="#text959" id="note959">959</a></sup> Reden an die deutsche Nation, Sämmtliche Werke, 7, p. 38. Cité dans Michael D. McGuire. “Rhetoric, philosophy and the volk : Johann Gottlieb Fichte’s addresses to the German nation”. Quarterly Journal of Speech, 62:2 (1976), p. 141.</p>



<p><sup><a href="#text960" id="note960">960</a></sup> Michael Baur. Hegel and the Tradition (University of Toronto Press, 1998).</p>



<p><sup><a href="#text961" id="note961">961</a></sup> Christian J. Emden. “L’invention de l’Antiquité : Nietzsche sur le classicisme, la classicité et la tradition classique”. Dans (ed.) Paul Bishop. Nietzsche and Antiquity : His Reaction and Response to the Classical Tradition (Boydell &amp; Brewer, 2004), p. 377.</p>



<p><sup><a href="#text962" id="note962">962</a></sup> Hannu Salmi. L’Allemagne imaginée : Richard Wagner’s National Utopia (New York : Peter Lang, 2020), p. 72.</p>



<p><sup><a href="#text963" id="note963">963</a></sup> Alex Potts. La chair et l’idéal : Winckelmann and the Origins of Art History (Londres et New Haven : Yale University Press, 2000), 13, 24.</p>



<p><sup><a href="#text964" id="note964">964</a></sup> Georg Wilhelm Friedrich Hegel. Lectures on the philosophy of world history. Introduction, reason in history (traduit de l’édition allemande de Johannes Hoffmeister à partir des documents de Hegel rassemblés par H. B. Nisbet) (New York, NY : Cambridge University Press, 1975).</p>



<p><sup><a href="#text965" id="note965">965</a></sup> Magee. Hegel et la tradition hermétique, p. 65.</p>



<p><sup><a href="#text966" id="note966">966</a></sup> Ernst Benz. Mystical Sources of German Romantic Philosophy, (Eugene, Oregon : Prickwick Publications, 1983) p. 29.</p>



<p><sup><a href="#text967" id="note967">967</a></sup> Christopher Mcintosh. Les Rose-Croix : The History, Mythology and Rituals of an Occult Order, 2e éd. révisée (Wellingborough : Crucible, 1987), p. 47.</p>



<p><sup><a href="#text968" id="note968">968</a></sup> “Hegel, Georg Wilhelm Friedrich”. Encyclopaedia Judaica. Tiré de <a href="https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/hegel-georg-wilhelm-friedrichdeg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.encyclopedia.com/religion/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/hegel-georg-wilhelm-friedrichdeg</a></p>



<p><sup><a href="#text969" id="note969">969</a></sup> Theologische Jugendschriften, p. 260.</p>



<p><sup><a href="#text970" id="note970">970</a></sup> Cité dans Paul Lawrence Rose. German Question/Jewish Question : Revolutionary Antisemitism From Kant to Wagner (Princeston : Princeton University Press, 1990), p. 112.</p>
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		<title>XIV. Le classicisme de Weimar – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David Livingstone]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jan 2025 09:06:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme.]]></description>
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<p>Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre&nbsp;<em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



<span id="more-38178"></span>



<h2 class="wp-block-heading">Saxe-Weimar-Eisenach</h2>



<p>C’est grâce à l’influence qu’ils ont exercée lors du Convent maçonnique de Wilhelmsbad en 1782 que les Illuminati ont acquis une grande influence dans le monde des sociétés secrètes européennes. De nombreux intellectuels, ecclésiastiques et hommes politiques influents se sont comptés parmi les membres des Illuminati, dont Ferdinand Duc de Brunswick, Grand Maître de l’Ordre de la Stricte Observance, et le diplomate Xavier von Zwack, qui devint le second des Illuminati. Les Illuminati ont attiré des hommes de lettres tels que Goethe, Lessing et Herder, les principaux représentants du mouvement romantique et du classicisme de Weimar. En rejetant les Lumières et les ambitions impériales de la France sous Napoléon, ils ont contribué à façonner le nationalisme allemand grandissant et les théories raciales occultes qui l’accompagnaient et qui ont explosé avec des conséquences catastrophiques sous les nazis au XXe siècle.</p>



<p>En 1815, lorsque son fils est promu compagnon de la loge maçonnique de Weimar, Goethe écrit un poème intitulé Verschwiegenheit (“Secret”), dans lequel il fait l’éloge de la pratique de la discrétion au sein de la société :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Personne ne devrait voir et ne verra</p>



<p>ce que nous nous sommes confié les uns aux autres :</p>



<p>Car sur le silence et la confiance</p>



<p>le temple est construit.</p>
</blockquote>



<p>Ce qui allait devenir le classicisme de Weimar a été établi par Karl August, duc de Saxe-Weimar-Eisenach (1757 &#8211; 1828), membre des Illuminati et ami proche de Frédéric-Guillaume III, notamment en y faisant venir son ami Goethe.<sup><a href="#note832" id="text832">832</a></sup> Saxe-Eisenach était un duché Ernestine dirigé par la maison saxonne de Wettin qui, comme les maisons de Savoie, de Gonzague, de Clèves, de Lorraine et de Montferrat, ont toutes commencé leur ascension après avoir été reconnues par l’empereur Sigismond, fondateur de l’Ordre du Dragon. La ville d’Eisenach abrite le château de la Wartburg, lieu du Miracle des Roses accompli par sainte Élisabeth de Hongrie. C’est là qu’aurait eu lieu, en 1207, la légendaire Sängerkrieg, organisée par le beau-père d’Élisabeth, Hermann Ier, landgrave de Thuringe, et à laquelle aurait participé Wolfram von Eschenbach, auteur de Lohengrin, l’histoire du chevalier au cygne. L’une des interprétations les plus célèbres est Tannhäuser und der Sängerkrieg auf Wartburg (1845) de Wagner.</p>



<p>L’union entre Saxe-Weimar et Saxe-Eisenach devint permanente lorsque le grand-père de Karl August, Ernest Augustus I, duc de Saxe-Weimar-Eisenach (1688 &#8211; 1748), en hérita en 1741. Ernest Auguste Ier était le petit-fils de Jean VI, prince d’Anhalt-Zerbst, neveu de Christian d’Anhalt, principal conseiller de Frédéric V du Palatinat pour les Noces alchimiques et architecte de l’agenda politique du mouvement rosicrucien. Le frère de Christian était Auguste, prince d’Anhalt-Plötzkau, qui dirigeait la cour rosicrucienne comprenant le millénariste Paul Nagel, collaborateur de Balthazar Walther, dont les voyages au Moyen-Orient ont inspiré la légende de Christian Rosenkreutz et ont été à l’origine de la kabbale lourianique de Jacob Boehme. La sœur de Jean VI, Dorothée d’Anhalt-Zerbst, épouse Auguste le Jeune, duc de Brunswick-Lüneburg, ami de Johann Valentin Andreae, auteur réputé des manifestes rosicruciens, et du rabbin Templo.</p>



<p>La branche Ernestine de la maison Wettin compte également dans ses rangs Jean Frédéric Ier de Saxe, qui a planifié ce qui allait devenir l’université d’Iéna, dans le duché de Saxe-Weimar-Eisenach. C’est Jean Frédéric Ier qui, avec Philippe Ier, Landgrave de Hesse, fut l’un des principaux soutiens de Martin Luther et qui lui commanda son sceau en forme de rose. En 1548, ses trois fils ont créé la Höhere Landesschule à Iéna. Le statut d’université lui a été attribué en 1557 par l’empereur Ferdinand Ier, chevalier de l’ordre de la Toison d’or.<sup><a href="#note833" id="text833">833</a></sup></p>



<p>Le fils d’Ernest Auguste Ier, Ernest Auguste II, duc de Saxe-Weimar-Eisenach (1737 &#8211; 1758), est le père de Karl August. La mère de Karl August était la duchesse Anna Amalia de Brunswick-Wolfenbüttel (1739 &#8211; 1807). Anna Amalia était une cousine éloignée de l’ami de Weishaupt, Ernst II, duc de Saxe-Gotha-Altenburg, ancien Grand Maître de la Grande Loge Nationale située à Berlin, et l’arrière-grand-père du Prince Albert, l’époux de la Reine Victoria. Comme Ernst II, Anna Amalia était une arrière-arrière-petite-fille d’Auguste le Jeune et de Dorothée d’Anhalt-Zerbst. La mère d’Anna Amalia, la princesse Philippine Charlotte de Prusse, était la sœur de Frédéric le Grand et de Louisa Ulrika de Prusse, la mère de Charles XIII de Suède et de Gustav III de Suède, grands maîtres de la franc-maçonnerie suédoise et mécènes de Swedenborg.<sup><a href="#note834" id="text834">834</a></sup> Le père d’Anna Amalia, Charles Ier, duc de Brunswick-Wolfenbüttel, était le frère de Ferdinand, duc de Brunswick, Illuminatus, Grand Maître de la Stricte Observance et membre des Frères Asiatiques. Charles Ier et Ferdinand étaient les cousins germains de l’impératrice Marie-Thérèse &#8211; protectrice de Jacob Frank &#8211; et de Pierre II de Russie. Leur sœur, la duchesse Luise de Brunswick-Wolfenbüttel, était la mère de Frédéric-Guillaume II, membre de la Rose-Croix d’or.</p>



<p>Pendant la minorité de Karl August, Anna Amalia gère les affaires du duché. Mécène lettrée, pianiste et compositrice, Anna Amalia tient un célèbre salon littéraire, le Musenhof, et prépare Weimar à devenir une “Nouvelle Athènes”.<sup><a href="#note835" id="text835">835</a></sup> En tant que mécène, Anna Amalia attire à Weimar un grand nombre des personnalités les plus éminentes d’Allemagne. Elle réunit un groupe de savants, de poètes et de musiciens, professionnels et amateurs, pour des discussions et de la musique au palais Wittum. Elle réussit à engager la compagnie théâtrale d’Abel Seyler, considérée comme la meilleure d’Allemagne à l’époque.<sup><a href="#note836" id="text836">836</a></sup> Elle a également créé la bibliothèque de la duchesse Anna Amalia. Parmi ses collections spéciales, on trouve une importante collection de Shakespeare, ainsi qu’une Bible du XVIe siècle liée à Martin Luther. L’un des mécènes les plus célèbres de la bibliothèque fut Goethe, qui lui rendit hommage dans un ouvrage intitulé <em>Zum Andenken der Fürstin Anna-Amalia</em>.</p>



<p>Dans ce <em>Musenhof</em> (“Cour des muses”), comme l’appelait Wilhelm Bode, Herder, Goethe et Friedrich Schiller comptaient parmi les membres.<sup><a href="#note837" id="text837">837</a></sup> Dans sa jeunesse, Schiller attire l’attention de Charles Eugène, duc de Wurtemberg (1728 &#8211; 1793), dont la sœur, la duchesse Auguste de Wurtemberg, est mariée à Karl Anselm de Thurn und Taxis, membre de l’Ordre de la Toison d’Or, et dont le banquier est Amschel Rothschild. Charles Eugène a été éduqué à la cour de Frédéric II de Prusse et a également étudié le clavier avec le fils de Bach, Carl Philipp Emanuel Bach (1714 &#8211; 1788), qui lui a dédié ses sonates “Württemberg”. C.P.E. Bach, né à Weimar, obtient une nomination à Berlin au service du futur Frédéric le Grand. Pendant son séjour, Bach côtoie de nombreux musiciens accomplis, dont plusieurs anciens élèves remarquables de son père, et d’importantes personnalités littéraires, comme l’Illuminatus Lessing et Moses Mendelssohn, avec lesquels il deviendra un ami proche. En 1744, Charles Eugène ordonne que le corps de Joseph Süß Oppenheimer (1698 ? &#8211; 1738), banquier juif allemand et juif de cour de son père Charles Alexander, duc de Wurtemberg (1684 &#8211; 1737), exécuté par le duc de Wurtemberg-Neuenstadt, et dont le cadavre en décomposition a été suspendu dans une cage de fer près du gibet de Prag à Stuttgart pendant six ans, soit descendu et reçoive une sépulture convenable.</p>



<p>Bien que son nom ne figure sur aucune liste officielle des Illuminati, Schiller a été entouré toute sa vie par des membres de l’ordre, dont Goethe, Herder, Voigt et J.C. Bode, qui était avec Moses Mendelssohn un ami commun de Lessing, et qui a succédé à Weishaupt en tant que chef de l’ordre en 1784 et a contribué à déclencher la Révolution française lors de son voyage à Paris en 1787. Jeune homme, Schiller fréquente l’Académie militaire Karlsschule de Stuttgart, fondée par le duc Charles Eugène de Wurtemberg, où il reçoit l’enseignement philosophique de l’Illuminatus Jacob Friedrich von Abel (1751 &#8211; 1829), qui restera un bon ami toute sa vie. Même le thème de sa célèbre pièce Don Carlos (1787), qui a toujours été soupçonnée d’être truffée d’allusions aux Illuminati, a été suggéré par son ami le baron Karl Theodor von Dalberg, un Illuminatus de haut rang.<sup><a href="#note838" id="text838">838</a></sup> En 1787, Schiller s’installe à Weimar et en 1789, il est nommé professeur d’histoire et de philosophie à l’université d’Iéna. Dans les années 1790, le prince danois Friedrich Christian von Schleswig-Holstein-Sonderburg-Augustenburg (1765 &#8211; 1814), mécène de Schiller, cherche à réformer les Illuminati. Il finance Weishaupt, qui vit alors en exil à Gotha, et implique le poète danois Jens Baggesen (1764 &#8211; 1826), qui voyage à travers l’Europe en tant qu’émissaire, dans le projet de renaissance de l’ordre. Schiller fut invité à servir de leader théorique et fut régulièrement mis au courant.<sup><a href="#note839" id="text839">839</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Anna Amalia aux trois roses</h2>



<p>Le 24 octobre 1764, jour de l’anniversaire de son homonyme, la loge maçonnique Anna Amalia zu den drei Rosen (“Anna Amalia des trois roses”) a été fondée par Jakob Friedrich von Fritsch (1731 &#8211; 1814), avec des frères de la loge d’Iéna, précédemment dissoute.<sup><a href="#note840" id="text840">840</a></sup> Fritsch était membre du Geheimes Conseil (“Conseil privé”), l’organe politique et judiciaire le plus élevé du duché, et était responsable de toutes les décisions politiques importantes de l’État. Il dépendait directement du Grand-Duc et constituait l’autorité centrale du duché, supervisant toutes les autres autorités ainsi que la bibliothèque de la duchesse Anna Amalia.</p>



<p>Elle engage comme précepteur pour son fils, le grand-duc Karl August, un membre de la famille Anna Amalia zu den drei Rosen, Christoph Martin Wieland (1733 &#8211; 1813), poète important et traducteur réputé de William Shakespeare, qui deviendra l’une des figures centrales du classicisme de Weimar. Le roman Agathon de Wieland, qui fut l’un des “romans allemands les plus lus de l’époque”, selon Nicholas Till, “a eu un impact considérable sur Adam Weishaupt&#8230; qui l’a fréquemment cité comme l’une des influences les plus importantes sur sa propre conception de la signification de l’initiation maçonnique”.<sup><a href="#note841" id="text841">841</a></sup> L’ouvrage de Wieland, ainsi que celui de Christoph Meiners (1747 &#8211; 1810), membre des Illuminati, était recommandé aux membres de l’ordre.<sup><a href="#note842" id="text842">842</a></sup> Les œuvres homoérotiques allemandes du XVIIIe siècle sur “l’amour grec” comprennent les essais académiques de Meiners et d’Alexander von Humboldt, ainsi que les Comische Erzählungen de Wieland de 1765, dont l’un était le conte Juno und Ganymede, omis dans les éditions ultérieures, et A Year in Arcadia (Une année en Arcadie) : Kyllenion (1805), roman d’Auguste, duc de Saxe-Gotha-Altenbourg (1772 &#8211; 1822), fils d’Ernst II, duc de Saxe-Gotha-Altenbourg, qui raconte une histoire d’amour explicitement homosexuelle dans un cadre grec.<sup><a href="#note843" id="text843">843</a></sup></p>



<p>Goethe, tout juste auréolé du succès de son roman <em>Les Souffrances du jeune Werther</em> (1774), s’installe à Weimar où il devient conseiller de Karl August. La relation entre Goethe et Karl August était inhabituellement intime et a été décrite par le psychanalyste Kurt Eissler comme une homosexualité latente.<sup><a href="#note844" id="text844">844</a></sup> Comme le résume W. Daniel Wilson :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>L’ensemble de ces éléments suggère l’existence d’une sous-culture homosexuelle dans le Weimar classique ou, à tout le moins, d’une fascination manifeste pour les thèmes homoérotiques dans ce cercle d’hommes &#8211; dont aucun, pourrait-on ajouter, n’était conventionnellement et monogamiquement marié à cette époque.<sup><a href="#note845" id="text845">845</a></sup></p>
</blockquote>



<p>L’année suivante, Goethe nomme son ami Herder, franc-maçon à Riga et membre de la Stricte Observance Templière, surintendant général du consistoire luthérien et conseiller ecclésiastique de la cour.<sup><a href="#note846" id="text846">846</a></sup> En 1775, Karl August atteint sa majorité et assume le gouvernement de son duché. La même année, il épouse la princesse Louise de Hesse-Darmstadt, dont la sœur, Natalia Alexeievna, est l’épouse de Paul Ier de Russie. La seule fille survivante de Karl August, Caroline Louise, épousa Frédéric Louis, grand-duc héréditaire de Mecklembourg-Schwerin, et fut la mère d’Hélène, épouse de Ferdinand Philippe, duc d’Orléans, petit-fils de l’Illuminatus Philippe Égalité.</p>



<p> “L’ensemble de l’école de Weimar“, selon les termes d’un érudit, était un nid d’Illuminati.<sup><a href="#note847" id="text847">847</a></sup> Bode, qui était Procurator Generalis pour la septième province de la Stricte Observance, était le secrétaire privé de la veuve de l’ancien ministre danois des Affaires étrangères, la comtesse Charitas Emilie von Bernstorff, qui tenait un salon à Weimar.<sup><a href="#note848" id="text848">848</a></sup> Bode, qui vivait à Weimar depuis 1778, recruta comme Illuminati des membres de la loge maçonnique Anna Amalia, dont Karl August, Goethe et Herder, qui devint maçon à Riga et rejoignit la Stricte Observance. Goethe est initié à la loge Anna Amalia en 1780 et admis dans la Stricte Observance en 1782. Il fut insinué dans les Illuminati en 1783 et atteignit le rang de régent en 1784.<sup><a href="#note849" id="text849">849</a></sup> Karl August est initié en 1782, en présence de son frère, le prince Frédéric Ferdinand Constantin de Saxe-Weimar-Eisenach (1758 &#8211; 1793), et de l’ami de Weishaupt, Ernst II, duc de Saxe-Gotha-Altenburg, ancien Grand Maître de la Grande Loge nationale située à Berlin.<sup><a href="#note850" id="text850">850</a></sup> Le 25 février 1777, Ernst II fut initié à la Stricte Observance dans le château de Ferdinand, duc de Brunswick, où “une table de banquet, apportée par la duchesse et sept dames de la cour, <sup><a href="#note851" id="text851">851</a></sup> Ernst II fut initié aux Illuminati en 1783, nommé inspecteur de la Haute-Saxe et coadjuteur du supérieur national, Stolberg-Rossla, en 1784, directeur national de l’Allemagne, après avoir aidé Weishaupt à s’enfuir.<sup><a href="#note852" id="text852">852</a></sup> Karl August devient régent de l’Ordre en 1784. Il prend le pseudonyme d’Eschyle, du nom du dramaturge et tragédien grec du VIe siècle avant J.-C., traditionnellement considéré comme l’auteur de Prométhée enchaîné.<sup><a href="#note853" id="text853">853</a></sup> Bode était un invité régulier de Karl August. Au moins quinze membres de la loge des Illuminati à Weimar représentaient l’élite de Weimar, et parmi eux se trouvent trois des quatre membres du Geheimes Conseil : le duc Karl August et Goethe, et Fritsch, ainsi qu’un futur membre du Conseil, Christian Gottlob Voigt (1743 &#8211; 1819, président du ministère d’État.<sup><a href="#note854" id="text854">854</a></sup></p>



<p>Au moment où l’État bavarois interdit les Illuminati, Weishaupt se porte candidat à une chaire de philosophie à l’université d’Iéna. Goethe joue un rôle central dans la détermination des qualifications de Weishaupt auprès du duc Karl August, qui rejette finalement sa candidature.<sup><a href="#note855" id="text855">855</a></sup> Selon W. Daniel Wilson, la raison en aurait été la crainte de Goethe et de Karl August d’attirer indûment l’attention sur leurs activités en cours.<sup><a href="#note856" id="text856">856</a></sup> Au lieu de cela, Weishaupt s’est retrouvé dans le duché voisin de Saxe-Gotha, dirigé par une branche de la même famille que Karl August, l’ami de Weishaupt, Ernst II, duc de Saxe-Gotha-Altenburg.<sup><a href="#note857" id="text857">857</a></sup> Comme l’a souligné Wilson, juste avant que les documents des Illuminati de Weimar ne soient confisqués lors de la persécution nazie de la franc-maçonnerie et ne disparaissent pendant un demi-siècle, ils ont été consultés et en partie publiés par au moins quatre chercheurs. Après que des études antérieures eurent commencé à souligner l’importance de la renaissance des Illuminati par Bode après leur suppression en Bavière, Hermann Schüttler, qui avait accès aux documents de Weimar nouvellement disponibles, conclut que Weimar et Gotha devinrent le centre des Illuminati réformés.<sup><a href="#note858" id="text858">858</a></sup> Le conseiller d’État Clemens von Neumayr et un compagnon, tous deux anciens membres des Illuminati, entreprirent de déterminer si l’ordre avait survécu en Allemagne du Nord en rendant visite à Weishaupt à Gotha et à Bode près de Weimar, et découvrirent qu’au cours de l’été 1789, une organisation d’étudiants à Iéna avait pour objectif de “rétablir l’ordre des Illuminati”.<sup><a href="#note859" id="text859">859</a></sup> Comme le conclut Wilson, “lorsque nous mettons tous ces faits ensemble, il semble clair que Bode travaillait par l’intermédiaire des étudiants d’Iéna pour faire revivre les Illuminati.” <sup><a href="#note860" id="text860">860</a></sup></p>



<p>Ernst II joue un rôle important dans la conservation du volume X de la Schwedenkiste (“Boîte suédoise”), une collection de correspondances entre les membres des Illuminati provenant de la succession de J.J.C. Bode. À sa mort, fin 1793, les biens de Bode sont devenus la propriété d’Ernst II.<sup><a href="#note861" id="text861">861</a></sup> La collection a été confisquée par les nazis en 1933, transportée à Moscou par des commissaires soviétiques en 1945 et restituée aux Archives d’État de la République démocratique allemande à la fin des années 1950, à l’exception du volume X, qui est resté à Moscou et se trouve aujourd’hui au Geheimes Staatsarchiv Preussischer Kulturbesitz (“Archives secrètes de l’État &#8211; Fondation du patrimoine culturel prussien”) à Berlin.<sup><a href="#note862" id="text862">862</a></sup> L’agence représente les archives des anciens États du Brandebourg et de la Prusse, y compris leurs racines principales dans les Chevaliers teutoniques, qui couvrent “neuf siècles d’histoire européenne entre Königsberg et Clèves”.<sup><a href="#note863" id="text863">863</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">La controverse sur le panthéisme</h2>



<p>En 1794, Schiller et Goethe deviennent amis et alliés dans un projet visant à établir de nouvelles normes pour la littérature et les arts en Allemagne. Au départ, la loge des Illuminati de Weimar rassemble des nobles et des administrateurs du duché, dont Friedrich Justin Bertuch (1747 &#8211; 1822), secrétaire particulier du duc. Avec Wieland, Bertuch fonde en 1785 l’Allgemeine Literatur Zeitung, qui devient le journal de langue allemande le plus diffusé et le plus influent de l’époque. Le journal, dont le rédacteur en chef était Illuminatus Gottlieb Hufeland (1760 &#8211; 1817), se composait “exclusivement de critiques de livres, fournies anonymement et en grande partie&#8230; par des professeurs d’Iéna”.<sup><a href="#note864" id="text864">864</a></sup> Selon Goethe, c’était “la voix et, pour ainsi dire, l’aréopage du public”.<sup><a href="#note865" id="text865">865</a></sup> Parmi ses contributeurs les plus connus figuraient Goethe, Friedrich Schiller, Emmanuel Kant, Johann Gottlieb Fichte et Alexander von Humboldt, qui comptait parmi ses amis et bienfaiteurs le fils aîné de Moses Mendelssohn, Joseph, et David Friedländer.<sup><a href="#note866" id="text866">866</a></sup></p>



<p>Le classicisme de Weimar s’est formé entre 1786 et la mort de Schiller en 1805, lorsque celui-ci et Goethe se sont efforcés de recruter pour leur cause un réseau d’écrivains, de philosophes et de savants, dont Herder, Schiller et Wieland, ainsi qu’Alexander von Humboldt, qui ont jeté les bases de la compréhension que l’Allemagne du XIXe siècle avait d’elle-même en tant que culture et de l’unification politique de l’Allemagne.<sup><a href="#note867" id="text867">867</a></sup> Le mentor de Herder était Johann Georg Hamann (1730 &#8211; 1788), kabbaliste et bohémien, connu sous le nom de “Mage du Nord”. Hamann a également été le mentor de Goethe, Jacobi, Hegel, Kierkegaard, Lessing, Schelling et Mendelssohn, sur lesquels il a exercé une influence admirable. Friedrich Schelling (1775-1854), comme son mentor Fichte, était également associé aux Illuminati et s’intéressait à Boehme, Swedenborg et Mesmer.<sup><a href="#note868" id="text868">868</a></sup> Friedrich Heinrich Jacobi (1743 &#8211; 1819), membre des Illuminati, est un autre protégé de Hamann.<sup><a href="#note869" id="text869">869</a></sup> Jacobi fut converti à la philosophie anti-Lumières de Hamann et devint son avocat le plus énergique.<sup><a href="#note870" id="text870">870</a></sup> Jacobi entretenait des correspondances avec des personnalités telles que Moses Mendelssohn, Wieland, Goethe, Lavater, Herder, les frères Humboldt, Diderot, la duchesse Anna Amalia, le supérieur national des Illuminati, le comte Johann Martin zu Stolberg-Rossla (1728 &#8211; 1795), et l’adepte de la Rose-Croix maçonnique, auteur et éditeur, soupçonné d’être un Illuminatus, Georg Forster (1754 &#8211; 1794). Forster fait partie des fondateurs du club jacobin de Mayence, la Gesellschaft der Freunde der Freiheit und Gleichheit (“Société des amis de la liberté et de l’égalité”), qui s’est développée comme un renouveau des Illuminati en 1792.<sup><a href="#note871" id="text871">871</a></sup></p>



<p>Moses Mendelssohn finira par s’engager dans le Pantheismusstreit [conflit sur le panthéisme], pour défendre Lessing contre les allégations de Jacobi selon lesquelles Lessing aurait soutenu le panthéisme de Spinoza. Après une conversation avec Lessing en 1780, au sujet du poème panthéiste Prométhée de Goethe, alors non publié, Jacobi s’est lancé dans une étude intensive de Spinoza et a participé à des débats avec d’autres philosophes sur la question. Cela aboutit à la publication de Über die Lehre des Spinoza in Briefen an den Herrn Moses Mendelssohn [“Sur l’enseignement de Spinoza dans des lettres à M. Moses Mendelssohn”] (1785), dans lequel il critique le spinozisme, qu’il considère comme menant à l’athéisme et truffé de kabbalisme.</p>



<p>Cette question, rejetée par Kant, devint une préoccupation intellectuelle et religieuse majeure pour la société européenne de l’époque. Mendelssohn fut ainsi entraîné dans un débat acrimonieux et se trouva attaqué de toutes parts, y compris par d’anciens amis ou connaissances comme Herder. La contribution de Mendelssohn à ce débat, Aux amis de Lessing 1786, fut sa dernière œuvre, achevée quelques jours avant sa mort. Lorsque Mendelssohn mourut en 1786, Nicolai poursuivit le débat en son nom. Le résultat effectif de la controverse fut que Jacobi contribua involontairement à un renouveau du spinozisme et du panthéisme. Frederick C. Beiser écrit que “la réputation de Spinoza est passée de celle d’un démon à celle d’un saint”. Novalis appelait Spinoza “l’homme intoxiqué par Dieu”. Selon Glenn Alexander Magee, “on ne saurait trop insister sur l’importance de la querelle du panthéisme de la fin du XVIIIe siècle. Grâce aux révélations de Jacobi, le panthéisme est devenu, comme le dira Heinrich Heine au siècle suivant, “la religion officieuse de l’Allemagne”. <sup><a href="#note872" id="text872">872</a></sup></p>



<p>Un autre disciple de Spinoza, Friedrich Schleiermacher (1768 &#8211; 1834), qui avait été éduqué au sein de l’Église morave du comte Zinzendorf, se rangea du côté de Jacobi et étudia Spinoza, tout en reprenant certaines idées de Fichte et de Schelling.<sup><a href="#note873" id="text873">873</a></sup> Schleiermacher fait partie des fondateurs des Zionites, créés par des membres de la Philadelphian Society, inspirés par Jacob Boehme.<sup><a href="#note874" id="text874">874</a></sup> Plus tard, bien qu’il ne s’agisse plus officiellement d’un groupe en activité, de nombreux points de vue et écrits de la Philadelphian Society sont restés influents parmi certains groupes de Béhéménistes, de piétistes et de mystiques chrétiens, tels que la Society of the Woman in the Wilderness, dirigée par le rosicrucien Johannes Kelpius, le Ephrata Cloister (“Cloître d’Ephrata”) et la Harmony Society, entre autres.<sup><a href="#note875" id="text875">875</a></sup></p>



<p>Herder était également un ami de Kant. Dans une de ses lettres à son ami Moses Mendelssohn, Kant regrette de n’avoir jamais rencontré Swedenborg. Mendelssohn, Kant regrette de n’avoir jamais rencontré Swedenborg.<sup><a href="#note876" id="text876">876</a></sup> Selon Paul Rose, malgré ses critiques à l’égard du judaïsme, l’adhésion publique de Kant à Moses Mendelssohn s’explique par sa conviction que seuls les Juifs les plus éclairés sont actuellement capables d’être admis dans la vie intellectuelle allemande.<sup><a href="#note877" id="text877">877</a></sup> Car, selon Kant :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Il est certes étrange de concevoir une nation de tricheurs, mais il est tout aussi étrange de concevoir une nation de commerçants, dont la plupart &#8211; liés par une ancienne superstition &#8211; ne recherchent pas l’honneur civil de l’État dans lequel ils vivent, mais plutôt à rétablir leur perte aux dépens de ceux qui leur accordent leur protection ainsi que les uns des autres.<sup><a href="#note878" id="text878">878</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Dans La religion dans les limites de la simple raison (1793), Kant annonce que “la religion juive n’est pas vraiment une religion, mais simplement une communauté d’une masse d’hommes d’une même tribu [Stamm]”, en d’autres termes, simplement une communauté nationale façonnée par un ensemble ad hoc de règles pseudo-religieuses. Pour Kant, le judaïsme n’était pas une religion fondée sur une “pure croyance morale”, mais reposait plutôt sur l’obéissance à une loi imposée de l’extérieur, résultat de l’absence d’une conscience morale intérieure, ou de ce qu’il appellerait la “liberté”. Comme l’explique Rose :</p>



<p>L’implication la plus sinistre de la critique du judaïsme par Kant était qu’il ne reconnaissait aucune validité ni même aucun droit à une existence indépendante du judaïsme, qui était considéré non seulement comme immoral, mais aussi comme obsolète dans le monde moderne. “L’euthanasie du judaïsme, affirmait-il avec assurance, est la pure religion morale”.<sup><a href="#note879" id="text879">879</a></sup></p>



<p>Comme Kant, Herder attribue les défauts moraux des Juifs à un caractère national original et collectif. Mais Herder pensait que l’émancipation était la solution à ces erreurs :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Nous n’observons ici les Juifs que comme la plante parasite qui s’est attachée à presque toutes les nations européennes, et qui puise plus ou moins dans leur sève. Après la destruction de la vieille Rome, ils n’étaient encore que peu nombreux en Europe, mais par les persécutions des Arabes, ils sont arrivés en foule&#8230; Pendant les siècles barbares, ils ont été des hommes de change, des agents et des serviteurs impériaux&#8230; Ils ont été cruellement opprimés&#8230; et tyranniquement dépouillés de ce qu’ils avaient amassé par l’avarice et la tricherie, ou par le travail, l’intelligence et l’assiduité&#8230; Il viendra un temps où, en Europe, on ne se demandera plus qui est Juif et qui est Chrétien. Car le juif aussi vivra selon la loi européenne et contribuera au bien de l’État. Seule une constitution barbare peut l’en empêcher ou rendre sa capacité dangereuse.<sup><a href="#note880" id="text880">880</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Herder envoya à Mendelssohn son traité sur l’Apocalypse en 1779. “Vous voyez, mon ami, écrit Herder, combien ces livres sont saints et exaltés pour moi, et combien (selon les mots méprisants de Voltaire) je deviens juif en les lisant.<sup><a href="#note881" id="text881">881</a></sup> Herder ajoute : “Israël était et est le peuple le plus distingué de la terre ; dans son origine et sa vie continue jusqu’à ce jour, dans sa bonne et sa mauvaise fortune, dans ses mérites et ses fautes, dans son humiliation et son élévation si singulière, si unique, que je considère l’histoire, le caractère, l’existence du peuple comme la preuve la plus claire des miracles et des écrits que nous connaissons et possédons à son sujet”.<sup><a href="#note882" id="text882">882</a></sup> Herder a avancé que, dans une large mesure, les fautes des Juifs étaient dues au traitement cruel qu’ils ont reçu des nations qui les ont accueillis. Herder a soutenu que les Juifs d’Allemagne devraient jouir de tous les droits et obligations des Allemands, que les non-Juifs du monde avaient une dette envers les Juifs pour les siècles d’abus, et que cette dette ne pouvait être acquittée qu’en aidant activement les Juifs qui le souhaitaient à recouvrer la souveraineté politique dans leur ancienne patrie d’Israël.<sup><a href="#note883" id="text883">883</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Cercle de Iéna</h2>



<p>C’est Jacobi qui a transmis la pensée de Hamann aux romantiques, s’engageant dans d’autres discussions philosophiques avec Goethe, Herder, Fichte et Schelling.<sup><a href="#note884" id="text884">884</a></sup> Le mouvement contemporain du romantisme allemand s’opposait à Weimar et au classicisme allemand, et en particulier à Schiller. Avec Johann Fichte (1762 &#8211; 1814), Friedrich Schelling et Novalis (1772 &#8211; 1801) &#8211; qui étaient tous des francs-maçons actifs &#8211; dans le corps enseignant, l’université d’Iéna, sous les auspices du duc Karl August de Saxe-Weimar-Eisenach, devint le centre de l’émergence de l’idéalisme allemand et du début du romantisme.<sup><a href="#note885" id="text885">885</a></sup> Les penseurs les plus connus de l’idéalisme allemand, qui s’est développé à partir des travaux d’Emmanuel Kant dans les années 1780 et 1790, sont Fichte, Schelling et Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770 &#8211; 1831).</p>



<p>De nombreux membres de ce cercle ont été identifiés par la police impériale française comme membres des Illuminati, sur la base d’un ouvrage anonyme intitulé Mémoire sur les Illuminés et l’Allemagne, rédigé vers 1810. L’auteur y relate les confidences d’un certain Corbin, inspecteur des approvisionnements lors des campagnes napoléoniennes en Allemagne, et d’un franc-maçon initié aux degrés écossais en Écosse. Sur la base de ces faits, la police est arrivée à l’idée que l’Illuminisme était une vaste association, dont les principaux centres se trouvaient à Gotha, Berlin, Hambourg, Copenhague, Stockholm, Saint-Pétersbourg, Moscou, Constantinople, Vienne, Munich, Stuttgart et Saint-Gall. Toutes ces localités communiquent entre elles par différents canaux, notamment par l’intermédiaire des membres de l’association, qui font partie des loges maçonniques du Rite écossais, et de la loge de Berlin, la Grande Loge de Prusse, appelée Royal York of Friendship, et considérée comme l’un des principaux points intermédiaires pour les communications avec le Danemark, la Suède et la Russie, jusqu’à Moscou. De là, la correspondance passe par le palais de Tauride à Saint-Pétersbourg, puis par Constantinople et entre en Allemagne, en passant par la Hongrie et l’Autriche.<sup><a href="#note886" id="text886">886</a></sup></p>



<p>La loge Royal York of Friendship, ou Grande Loge de Prusse, avait fourni un brevet pour la fondation de la loge des Illuminati Théodore du Bon Conseil sur instruction des Chevaliers Bienfaisants de Willermoz à Lyon.<sup><a href="#note887" id="text887">887</a></sup> En 1765, la loge Royal York of Friendship initia le prince Édouard, duc d’York et d’Albany, frère du roi George III, et deuxième fils de Frédéric, prince de Galles, et de la princesse Augusta de Saxe-Gotha, dont le neveu était l’Illuminatus Ernst II, duc de Saxe-Gotha-Alternburg. Les parrains du prince Édouard étaient Frédéric-Guillaume Ier de Prusse et le père de la duchesse Anna Amalia, Charles Ier, duc de Brunswick-Wolfenbüttel. Dans son commentaire du Livre fait par force de Claude-Étienne Le Bauld-de-Nans (1735 &#8211; 1792), Grand Maître de la loge Royal York, François Labbé, dans Le message maçonnique au XVIIIe siècle, souligne que la loge représente le courant rationaliste qui perdure en Allemagne, s’intéresse aux Illuminati et se positionne ainsi en opposition aux Trois Globes ésotériques.<sup><a href="#note888" id="text888">888</a></sup> Le Bauld était acteur, metteur en scène et professeur de français à la cour de la princesse prussienne et future reine Frederica Louisa de Hesse-Darmstadt, épouse de Frédéric-Guillaume II de Prusse, et sœur de la princesse Louise de Hesse-Darmstadt, épouse de Karl August de Saxe-Weimar-Eisenach. Il a également enseigné aux frères von Humboldt.<sup><a href="#note889" id="text889">889</a></sup></p>



<p>Selon le rapport anonyme, “ces rêveurs, appelés idéalistes, ont au fond le même but que les Illuminati, avec lesquels ils ont des liens étroits” et “ils prêchent une régénération morale et politique qui assurera l’indépendance du peuple allemand et le règne des Idées”. Visant le même but que les Illuminati, leurs alliés sont toutes les personnalités allemandes connues pour leurs sentiments hostiles à la France. Une liste de quelque 140 noms, où figurent non seulement quelques authentiques Illuminati comme Sonnenfels et Maximilian von Montgelas (1759 &#8211; 1838), mais aussi des ennemis notoires de l’Illuminisme comme Starck, et dans laquelle von Dalberg &#8211; qui était au service de Mayer Amschel Rothschild en tant que “banquier de la cour” &#8211; est présenté comme son ennemi le plus impitoyable. On y trouve également le baron Franz Karl von Hompesch-Bollheim (1735 &#8211; 1800), ministre bavarois des finances de 1779 à sa mort, frère du 71e Grand Maître des Chevaliers de Malte, Ferdinand von Hompesch zu Bolheim (1744 &#8211; 1805), et premier Allemand élu à cette fonction.</p>



<p>Parmi les Illuminati cités figurent Jacobi, Schelling, Wilhelm von Humboldt, Karl Leonhard Reinhold et l’éminent juriste Paul Johann Anselm Ritter von Feuerbach (1775 &#8211; 1833). En 1801, Feuerbach est nommé professeur extraordinaire de droit, sans salaire, à l’université d’Iéna. L’année suivante, il accepte une chaire à Kiel, où il suit les cours de Karl Leonhard Reinhold et de Gottlieb Hufeland (1760 &#8211; 1817), membre des Illuminati. En 1780, Reinhold est ordonné prêtre et, en 1783, il devient membre de la loge des Illuminati, la célèbre loge maçonnique viennoise Zur wahren Eintracht, dirigée par le sabbatéen Joseph von Sonnenfels et Ignaz Edler von Born.<sup><a href="#note890" id="text890">890</a></sup> En 1784, après avoir étudié la philosophie pendant un semestre à Leipzig, il s’installe à Weimar, où il devient le collaborateur de Christoph Martin Wieland pour Der Teutsche Merkur, et épouse la fille de Wieland, Sophie, Herder officiant au mariage.<sup><a href="#note891" id="text891">891</a></sup> Suite à la publication de ses Briefe über die Kantische Philosophie (“Lettres sur la philosophie kantienne”) dans Der Teutsche Merkur, qui ont contribué à faire connaître Kant à un public plus large, Reinhold est appelé à l’université d’Iéna, où il enseigne de 1787 à 1794. Schiller lui-même a rapporté que l’une des principales sources de son essai, “La légation de Moïse”, qui fait partie de la série de conférences de Schiller sur l’histoire universelle de l’été 1789 à l’université d’Iéna, publiée pour la première fois dans Thalia, le journal de Schiller contenant des poèmes originaux et des écrits philosophiques, était Reinhold <em>Les mystères hébraïques, ou la plus ancienne franc-maçonnerie religieuse</em>.</p>



<p>La liste des idéalistes comprend les deux frères Schlegel, Jean Paul, Clemens Brentano et Achim von Arnim, Fichte, Zacharias Werner, Tieck et Madame de Staël.<sup><a href="#note892" id="text892">892</a></sup> Achim von Arnim (1781 &#8211; 1831) est considéré comme l’un des plus importants représentants du romantisme allemand. À Halle, Arnim fréquente le compositeur Johann Friedrich Reichardt, chez qui il fait la connaissance de Ludwig Tieck. À partir de 1800, Arnim poursuit ses études à l’université de Göttingen, même si, après avoir rencontré Goethe et Clemens Brentano (1778 &#8211; 1842), il opte pour la littérature plutôt que pour les sciences naturelles. La grand-mère maternelle de Brentano était Sophie von La Roche (1730 &#8211; 1807), qui avait été fiancée à un ami de Christoph Martin Wieland. La Roche organisait dans leur maison de Coblence un salon littéraire, mentionné par Goethe dans Dichtung und Wahrheit (“Poésie et Vérité”), auquel assistaient Lavater et les frères Jacobi. Dans le huitième volume de Dichtung und Wahrheit, écrit en 1811, Goethe reconstitue de mémoire comment il a construit toute une théogonie et une cosmogonie à partir des manuels alchimiques et gnostiques les plus divers et des œuvres ésotériques juives et chrétiennes, auxquelles “l’hermétisme, le mysticisme et la kabbale” ont apporté leur contribution.<sup><a href="#note893" id="text893">893</a></sup> Arnim a épousé la sœur de Brentano, Bettina, la comtesse d’Arnim.</p>



<p>Brentano a étudié à Halle et à Iéna et était proche de Wieland, Herder, Goethe, Friedrich Schlegel, Fichte et Tieck. En 1794, Ludwig Tieck (1773 &#8211; 1853) a publié à Berlin plusieurs nouvelles dans la série Straussfedern, publiée par l’éditeur illuminati Friedrich Nicolai et éditée à l’origine par Johann Karl August Musäus (1735 &#8211; 1787). Membre de son Musenhof, la duchesse Anna Amalia de Saxe-Weimar-Einsenach nomme Musäus professeur de langue classique et d’histoire au lycée Wilhelm-Ernst de Weimar. Musäus a été initié à la franc-maçonnerie en 1776 à la loge d’Anna Amalia à Weimar, et insinué dans les Illuminati par Bode en 1783.<sup><a href="#note894" id="text894">894</a></sup> À Weimar, Musäus se lie d’amitié avec le duc Karl August, Bertuch, Herder, Lavater, Nicolai et Christoph Martin Wieland. Le mémoire mentionne également le dramaturge allemand August von Kotzebue (1761 &#8211; 1819), neveu de Musäus, dont il a édité les Nachgelassene Schriften, et qui a également travaillé comme consul en Russie et en Allemagne.<sup><a href="#note895" id="text895">895</a></sup></p>



<p>Selon l’historien de la philosophie Karl Ameriks, Fichte, Hegel, Schelling, Schiller, Hölderlin, Novalis et Friedrich Schlegel ont tous développé leur pensée en réaction à l’interprétation de Kant par Reinhold. <sup><a href="#note896" id="text896">896</a></sup> En 1792, Jacob Friedrich von Abel, membre des Illuminati et ami proche de Schiller, est pédagogue des Schulen ob der Staig latins, période pendant laquelle, selon la sœur de Hegel, il adopte Hegel comme protégé.<sup><a href="#note897" id="text897">897</a></sup> En 1788, Hegel est entré au Tübinger Stift, un séminaire protestant rattaché à l’université de Tübingen, où il a partagé la chambre de Schelling et du poète et philosophe Friedrich Hölderlin (1770 &#8211; 1843). Tous trois deviennent des amis proches et s’influencent mutuellement. Comme l’a montré Laura Anna Macor, les contacts personnels de Hölderlin avec d’anciens Illuminati sont une caractéristique constante de sa vie, depuis ses études à l’université de Tübingen, en passant par ses séjours à Waltershausen, Iéna et Francfort-sur-le-Main, jusqu’à ses derniers séjours à Homburg vor der Höhe et Stuttgart. En 1792, la sœur de Hölderlin épouse l’ancien Illuminatus Christian Matthäus Theodor Breunlin (1752 &#8211; 1800).<sup><a href="#note898" id="text898">898</a></sup> Schelling rendit visite à son ami Hölderlin à Francfort à la fin du printemps 1796 après avoir rencontré l’Illuminé Johann Friedrich Mieg (1744-1811), qui avait recruté Abel au début des années 1780, et l’Illuminé jacobin Georg Christian Gottfried Freiherr von Wedekind (1761-1831) à Heidelberg.<sup><a href="#note899" id="text899">899</a></sup> Wedekind était également l’un des membres fondateurs du club jacobin de Mayence. <sup><a href="#note900" id="text900">900</a></sup></p>



<p>Ernst Moritz Arndt (1769 &#8211; 1860), historien, écrivain et poète nationaliste allemand, figure également sur la liste. Au début de sa vie, il s’est battu pour l’abolition du servage, puis contre la domination napoléonienne sur l’Allemagne. Arndt a dû fuir en Suède pendant un certain temps en raison de ses positions anti-françaises. Il est l’un des principaux fondateurs du nationalisme allemand pendant les guerres napoléoniennes et du mouvement pour l’unification allemande au XIXe siècle. Après un intervalle d’études privées, il entre en 1791 à l’université de Greifswald comme étudiant en théologie et en histoire et, en 1793, il s’installe à Iéna, où il subit l’influence de Fichte.<sup><a href="#note901" id="text901">901</a></sup></p>



<p>Fichte a été accusé d’être membre des Illuminati, et bien que cette accusation ne puisse être prouvée, un grand nombre de ses amis étaient effectivement membres de l’ordre, et il était également actif en tant que franc-maçon dans les années 1790.<sup><a href="#note902" id="text902">902</a></sup> Fichte est devenu franc-maçon à Zurich en 1793 et a écrit deux conférences sur la “philosophie de la maçonnerie”.<sup><a href="#note903" id="text903">903</a></sup> Bien qu’il n’y ait aucune trace de son appartenance à l’ordre des Illuminati, Schiller fréquentait régulièrement Bode et Herder. Dans Der Geisterseher (“Le Voyant fantôme”), fragment d’un roman qui a connu plusieurs suites entre 1787 et 1789, Schiller décrit la conspiration d’une société secrète jésuite qui veut convertir un prince protestant au catholicisme et en même temps lui assurer la couronne dans son pays d’origine afin d’y étendre son propre pouvoir. Combinant des éléments tels que la nécromancie, le spiritisme et les conspirations, le texte a valu à Schiller le plus grand succès public de son vivant.<sup><a href="#note904" id="text904">904</a></sup></p>



<p>La Grande Loge de Prusse a été façonnée de manière décisive par Ignaz Aurelius Fessler (1756 &#8211; 1839), moine capucin hongrois qui fut ordonné prêtre en 1779, mais dont les opinions libérales l’amenèrent à entrer fréquemment en conflit avec ses supérieurs. En 1796, il se rendit à Berlin, où il fonda une société humanitaire. En avril 1800, Fichte est initié à la franc-maçonnerie dans la loge royale d’York grâce à son introduction. Fessler est chargé par les francs-maçons d’aider Fichte à réformer les statuts et le rituel de la loge.<sup><a href="#note905" id="text905">905</a></sup> C’est dans cette loge qu’en 1800 Fichte prononce ses conférences sur la philosophie de la maçonnerie.<sup><a href="#note906" id="text906">906</a></sup> En 1815, Fessler se rend avec sa famille à Sarepta, où il rejoint l’Église morave, qui a fondé la communauté en 1765 lorsque Catherine la Grande a cherché à attirer des colons allemands dans la région et à développer la production agricole dans le sud de la Russie.<sup><a href="#note907" id="text907">907</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le groupe de Coppet</h2>



<p>En 1798, Tieck se marie et s’installe l’année suivante à Iéna, où il devient, avec les frères Schlegel et Novalis, les chefs de file du romantisme d’Iéna. La première période du romantisme allemand, qui s’étend approximativement de 1797 à 1802, est appelée Frühromantik ou romantisme d’Iéna. Iéna devient un deuxième centre de littérature et de philosophie avec Alexander von Humboldt, Fichte, Novalis, Hegel, Schelling et Ludwig Tieck ainsi que les frères Friedrich Schlegel (1772 &#8211; 1829) et son frère August Wilhelm Schlegel (1767 &#8211; 1845), s’inspirant librement de la devise de Goethe : “Weimar-Iéna, une grande ville, qui a beaucoup de bien de part et d’autre”. Les frères Schlegel ont jeté les bases théoriques du romantisme dans l’organe du cercle, l’Athenaeum, considéré comme la publication fondatrice du romantisme allemand. En juillet 1797, Friedrich von Schlegel rencontre Dorothea, la fille de Moses Mendelssohn, alors mariée à son époux juif, Simon Veit (1716 &#8211; 1786). En. En 1799, Dorothea divorce de Veit et, après avoir obtenu la garde de leur fils cadet, Philipp, vit avec lui dans un appartement à Iéna, qui devient un salon fréquenté par Schelling, les frères Schlegel, Novalis et Tieck.</p>



<p>Dorothea se convertit d’abord au protestantisme, puis au catholicisme après avoir divorcé de Veit, avant d’épouser Schlegel en 1804, dans le cadre de l’ambassade suédoise à Paris. La publication en 1799 du roman de Schlegel Lucinde, sous-titré Bekenntnisse eines Ungeschickten (“Confessions d’un homme inconvenant”), qui décrit ouvertement une liaison sexuelle adultère entre lui-même et Dorothea, est devenue pour Schlegel un scandale majeur.<sup><a href="#note908" id="text908">908</a></sup> Le roman était, selon Schlegel, une tentative de “chaos artistique façonné”, censé être “chaotique et pourtant systématique”. Selon George Pattison, parlant de l’esprit libéral des femmes dans le monde des romantiques, “c’est parce que des femmes comme Dorothea Veit ont été assez audacieuses pour rompre avec les coutumes établies qu’un livre comme Lucinde a pu être écrit”. Pattison ajoute :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Même son impact initial n’était pas tant dû à sa valeur intrinsèque qu’au fait qu’il fonctionnait comme une affirmation presque programmatique du style de vie non conventionnel de ce cercle d’écrivains et de penseurs Frühromantik [“premiers romantiques”] dont Schlegel était l’une des figures de proue. Un élément clé de ce style de vie était une attitude détendue à l’égard des normes conventionnelles de la moralité sexuelle. C’est dans la sphère de ce que nous avons tendance à appeler la morale “privée” ou “personnelle” que les premiers romantiques étaient les plus “avancés”.<sup><a href="#note909" id="text909">909</a></sup></p>
</blockquote>



<p>L’une des rares personnes à prendre la défense de Schlegel fut son ami Friedrich Schleiermacher. Parmi les travaux les plus célèbres associés au nom de Schlegel à cette époque, on peut citer le projet de la revue Athenaeum, qui a publié dans les années 1798-1800 un ensemble de fragments écrits par les deux frères Schlegel, Novalis et Schleiermacher. C’est pendant son séjour à Berlin que Schlegel entame également une relation avec Dorothea. À Noël 1797, Schlegel s’installe chez Schleiermacher, qui révèle le niveau de leur intimité dans une lettre à sa sœur : “Nos amis s’amusent à décrire notre vie commune comme un mariage, et ils sont tous d’accord pour dire que je dois être l’épouse, et les plaisanteries et les commentaires plus sérieux à ce sujet sont tout à fait suffisants”.<sup><a href="#note910" id="text910">910</a></sup> Lucinde a contribué à l’échec de la carrière académique de Schlegel à Iéna. En septembre 1800, il rencontre à quatre reprises Goethe, qui mettra plus tard en scène sa tragédie Alarcos (1802) à Weimar, avec un succès mitigé. Schlegel reste à Iéna jusqu’en décembre 1801, et son départ à cette occasion intervient à un moment qui marque un tournant important dans l’histoire du romantisme : la fin du “Cercle d’Iéna” et de ses collaborations. Plus tard, Tieck édita également la traduction de Shakespeare par August Wilhelm Schlegel, assisté de sa fille Dorothea (1790 &#8211; 1841). En 1806, Schlegel et Dorothée se rendent à Aubergenville, où son frère vit avec Madame Germaine de Staël (1766 &#8211; 1817), fille de Jacques Necker, membre des Illuminati, et de Suzanne Curchod, une salonnière réputée. La collaboration intellectuelle de Madame de Staël avec Benjamin Constant (1767 &#8211; 1830) entre 1795 et 1811 a fait d’eux l’un des couples d’intellectuels les plus célèbres de leur époque. Le mentor de Constant était Jakob Mauvillon (1743 &#8211; 1794), membre des Illuminati et ami proche du comte de Mirabeau. Madame de Staël tenait un salon à l’ambassade de Suède à Paris, où elle donnait des “dîners de coalition”, fréquentés par Thomas Jefferson et le marquis de Condorcet, un Illuminati.</p>



<p>Madame de Staël était présente lors d’événements critiques tels que les États généraux de 1789 et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Son association avec la franc-maçonnerie révolutionnaire a été mentionnée par Charles Louis Cadet de Gassicourt, fils de l’illustre chimiste du même nom, qui, en tant qu’avocat et journaliste, avait suivi de près les premiers développements de la Révolution française. Cadet de Gassicourt raconte avec force détails une réunion solennelle lors de la convocation des États généraux, où tous les vénérables membres des loges maçonniques devaient se retrouver sous la présidence du duc d’Orléans, et qui devait servir à unir ses partisans à ceux de Necker. On y trouve Mirabeau et d’autres chefs de la révolution, comme le duc d’Aiguillon, Jean-Jacques Duval d’Eprémesnil et Gérard de Lally-Tolendal, allié de Voltaire. L’objectif est de recevoir Madame de Staël en tant que franc-maçonne.<sup><a href="#note911" id="text911">911</a></sup></p>



<p>Madame de Staël trouvait le mysticisme “si attrayant pour le cœur”, affirmant qu’il “réunissait ce qu’il y avait de meilleur dans le catholicisme et le protestantisme” et que c’était la forme de religion qui convenait le mieux à un système politique libéral et qui le servait.<sup><a href="#note912" id="text912">912</a></sup> Elle a accueilli des mystiques de renom tels que Madame de Krüdener, qui a exercé une influence sur l’Église morave et sur le tsar Alexandre Ier de Russie. Madame de Staël, qui allait devenir son amie intime, décrivit von Krüdener comme “le précurseur d’une grande époque religieuse qui s’annonce pour la race humaine”.<sup><a href="#note913" id="text913">913</a></sup> Dans une lettre souvent citée, un ami dit à un autre au sujet de ce Cercle : “Ces gens deviendront tous catholiques, böhmiens, martinistes, mystiques, tout cela grâce à Schlegel ; et par-dessus le marché, tout devient allemand”.<sup><a href="#note914" id="text914">914</a></sup> Lorsque Kant s’enquit auprès d’un ami de la véracité des capacités psychiques de Swedenborg, on lui répondit que “le professeur Schlegel lui avait également déclaré qu’on ne pouvait en aucun cas en douter”.<sup><a href="#note915" id="text915">915</a></sup></p>



<p>Napoléon aurait dit : “J’ai quatre ennemis : La Prusse, la Russie, l’Angleterre et Madame de Staël”.<sup><a href="#note916" id="text916">916</a></sup> En 1803, Napoléon avait finalement décidé d’exiler de Staël sans procès. De Staël, finalement déçue par le rationalisme français, s’intéresse au romantisme allemand. Avec Constant, elle part pour la Prusse et la Saxe et voyage avec ses deux enfants jusqu’à Weimar. Ils arrivent en 1803, où elle séjourne pendant deux mois et demi à la cour du grand-duc Karl August et de sa mère Anna Amalia. À Weimar, de Staël et Constant rencontrent Schiller et Goethe, et à Berlin, les frères August et Friedrich Schlegel. Goethe, de Staël et Constant partagent une admiration mutuelle.<sup><a href="#note917" id="text917">917</a></sup></p>



<p>Selon Mémoire sur les Illuminés et l’Allemagne, les “liens étroits de Mme de Staël avec les frères Schlegel, en particulier William, lui ont donné une grande influence parmi les idéalistes”.<sup><a href="#note918" id="text918">918</a></sup> Avec son beau-frère Brentano, Achim von Arnim rendit visite à Madame de Staël à Coppet, et à Friedrich Schlegel et sa femme Dorothea à Paris. En 1804, Mme de Staël retourne dans sa résidence familiale, le château de Coppet, un domaine situé sur le lac Léman en Suisse, où elle crée ce que l’on appelle le groupe de Coppet, qui poursuit les activités de ses précédents salons et comprend Constant, Wilhelm von Humboldt, Jean de Sismondi, Charles Victor de Bonstetten, Prosper de Barante, Henry Brougham, Lord Byron, Alphonse de Lamartine, Sir James Mackintosh, Juliette Récamier et August Wilhelm Schlegel. La concentration sans précédent de penseurs européens au sein du groupe devait avoir une influence considérable sur le développement du romantisme, mais aussi sur le développement du libéralisme moderne à partir du libéralisme classique. Constant, qui se tournait vers la Grande-Bretagne plutôt que vers la Rome antique pour trouver un modèle pratique de liberté dans une grande société marchande, établissait une distinction entre la “liberté des Anciens” et la “liberté des Modernes”, fondée sur la possession de libertés civiles, l’État de droit et l’absence d’ingérence excessive de l’État.<sup><a href="#note919" id="text919">919</a></sup></p>



<p>Madame de Staël avait en tête Lady Hamilton, autre membre du groupe, lorsqu’elle composa Corinne, que Dorothea Schlegel traduisit en allemand.<sup><a href="#note920" id="text920">920</a></sup> L’échange d’idées avec Goethe, Schiller et Wieland avait inspiré à de Staël l’écriture de De l’Allemagne, l’un des livres les plus influents du dix-neuvième siècle sur l’Allemagne.<sup><a href="#note921" id="text921">921</a></sup> Comme Friedrich Schlegel, de Staël considérait le romantisme comme moderne, parce que ses racines se trouvent dans la culture chevaleresque du Moyen Âge, et non dans les modèles classiques de la Grèce et de la Rome antiques.<sup><a href="#note922" id="text922">922</a></sup> Madame de Staël présente le classicisme et le romantisme allemands comme une source potentielle d’autorité spirituelle pour l’Europe, et identifie Goethe comme un classique vivant.<sup><a href="#note923" id="text923">923</a></sup> Elle fait l’éloge de Goethe comme possédant “les principales caractéristiques du génie allemand” et réunissant “tout ce qui distingue l’esprit allemand”.<sup><a href="#note924" id="text924">924</a></sup> Son portrait a contribué à élever Goethe au-dessus de ses contemporains allemands plus célèbres et l’a transformé en une célébrité culturelle européenne.<sup><a href="#note925" id="text925">925</a></sup> Le livre a été publié en 1813, après que la première édition de 10 000 exemplaires, imprimée en 1810, eut été détruite sur ordre de Napoléon.</p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GFvudOtmoR"><a href="https://egregoor.com/2025/01/06/xiii-neoclassicisme-sionisme-de-david-livingstone/">XIII. Néoclassicisme – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XIII. Néoclassicisme – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2025/01/06/xiii-neoclassicisme-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=BmopZHoiAD#?secret=GFvudOtmoR" data-secret="GFvudOtmoR" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="T1EDozUAnZ"><a href="https://egregoor.com/2025/01/20/xv-le-mythe-aryen-sionisme-de-david-livingstone/">XV. Le Mythe aryen – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XV. Le Mythe aryen – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2025/01/20/xv-le-mythe-aryen-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=jvRREUKjbb#?secret=T1EDozUAnZ" data-secret="T1EDozUAnZ" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><sup><a href="#text832" id="note832">832</a></sup> Stefanie Kellner. “Die freiheitliche Geisteshaltung der Ernestiner prägte Europa”. Monumente (février 2016), pp. 9-16. Consulté sur <a href="http://www.monumente-online.de/de/ausgaben/2016/1/ernestiner-herrscherhaus.php#.VsWv9k32bGg" target="_blank" rel="noreferrer noopener">http://www.monumente-online.de/de/ausgaben/2016/1/ernestiner-herrscherhaus.php#.VsWv9k32bGg</a></p>



<p><sup><a href="#text833" id="note833">833</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text834" id="note834">834</a></sup> In-Ho Ly Ryu. “Freemasonry Under Catherine the Great : a Reinterpretation” (Ph.D. diss., Harvard University, 1967), 136, 145-59 ; et “Moscow Freemasons and the Rosicrucian Order”, dans J.G. Garrard (ed.) The Eighteenth Century in Russia (Oxford : Clarendon, 1973), p. 215 ; cité dans Marsha Keith Schuchard. “Samuel Jacob Falk”, p. 217.</p>



<p><sup><a href="#text835" id="note835">835</a></sup> “Anna Amalia zu den drei Rosen (Weimar)”. Musée virtuel de la musique maçonnique. Extrait de <a href="http://mvmm.org/c/docs/loges/Amalia.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">http://mvmm.org/c/docs/loges/Amalia.html</a></p>



<p><sup><a href="#text836" id="note836">836</a></sup> “Herzogin Anna Amalie von Weimar und ihr Theater” dans Robert Keil (ed.), Goethe’s Tagebuch aus den Jahren 1776-1782 (Veit, 1875), p. 69.</p>



<p><sup><a href="#text837" id="note837">837</a></sup> Christine A. Colin. “Exceptions à la règle : German Women in Music in the Eighteenth Century”. UCLA Historical Journal (1994). p. 242.</p>



<p><sup><a href="#text838" id="note838">838</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text839" id="note839">839</a></sup> H.-J. Schings. Die Brüder des Marquis Posa. Schiller und der Geheimbund der Illuminaten (Tübingen : Niemeyer, 1996) ; cité dans Laura Anna Macor. “Friedrich Hölderlin et la société clandestine des Illuminati de Bavière. A Plaidoyer.” Philosophica, 88 (2013), p. 110.</p>



<p><sup><a href="#text840" id="note840">840</a></sup> “Freimaurerliteratur”. Klassik-Archivs der Herzogin Anna Amalia Bibliothek Weimar. Tiré de <a href="https://www.klassik-stiftung.de/forschung/sammlungen-bestaende/sammlung/freimaurerliteratur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.klassik-stiftung.de/forschung/sammlungen-bestaende/sammlung/freimaurerliteratur/</a></p>



<p><sup><a href="#text841" id="note841">841</a></sup> Nicholas Till. Mozart and the Enlightenment : Truth, Virtue and Beauty in Mozart’s Operas (W. W. Norton &amp; Company, 1995), p. 276 ; cité dans Melanson. Perfectibilists.</p>



<p><sup><a href="#text842" id="note842">842</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text843" id="note843">843</a></sup> Robert Tobin. “Littérature allemande”. Gay Histories and Cultures : An Encyclopedia (Taylor &amp; Francis, 2000).</p>



<p><sup><a href="#text844" id="note844">844</a></sup> Kurt R. Eissler. Goethe : Eine psychoanalytische Studie 1775-1786 (trad.) Peter Fischer et Rüdiger Scholz (Munich : Deutscher Taschenbuch Verlag), 1987, 1446-62. Cité dans W. Daniel Wilson. “Diabolical Entrapment : Mephisto, the Angels, and the Homoerotic in Goethe’s Faust II” dans Goethe’s Faust : Theatre of Modernity (Cambridge University Press, 2011), p. 175.</p>



<p><sup><a href="#text845" id="note845">845</a></sup> Wilson. “Diabolique”, p. 176.</p>



<p><sup><a href="#text846" id="note846">846</a></sup> “Anna Amalia zu den drei Rosen (Weimar)”.</p>



<p><sup><a href="#text847" id="note847">847</a></sup> W. Daniel Wilson. “La politique de Weimar à l’ère de la Révolution française : Goethe et le spectre de la conspiration des Illuminati”. Goethe Yearbook, Volume 5, (1990), pp. 165-166.</p>



<p><sup><a href="#text848" id="note848">848</a></sup> Yves Hivert-Messeca. L’Europe sous l’acacia, Tome 2 : Histoire des franc-maçonneries européennes du XVIIIème siècle à nos jours (Dervy, 2012), pp. 122-5.</p>



<p><sup><a href="#text849" id="note849">849</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text850" id="note850">850</a></sup> Robert Tobin. “Littérature allemande”. Gay Histories and Cultures : An Encyclopedia (Taylor &amp; Francis, 2000).</p>



<p><sup><a href="#text851" id="note851">851</a></sup> le Forestier. Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande, p. 397 n. 1.</p>



<p><sup><a href="#text852" id="note852">852</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text853" id="note853">853</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text854" id="note854">854</a></sup> Wilson. “Weimar Politics in the Age of the French Revolution”, pp. 166.</p>



<p><sup><a href="#text855" id="note855">855</a></sup> Walter Müller-Seidel &amp; Wolfgang Riedel. Die Weimarer Klassik und ihre Geheimbünde (Würzburg : Verlag Königshausen &amp; Neumann, 2003). Cité dans <a href="https://www.h-net.org/reviews/showrev.php?id=11678" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.h-net.org/reviews/showrev.php?id=11678</a></p>



<p><sup><a href="#text856" id="note856">856</a></sup> Wilson. “La politique de Weimar à l’ère de la Révolution française”.</p>



<p><sup><a href="#text857" id="note857">857</a></sup> Robert Tobin. “Littérature allemande”. Gay Histories and Cultures : An Encyclopedia (Taylor &amp; Francis, 2000).</p>



<p><sup><a href="#text858" id="note858">858</a></sup> W. Daniel Wilson. “La politique de Weimar à l’ère de la Révolution française : Goethe et le spectre de la conspiration des Illuminati”. Goethe Yearbook, Volume 5, (1990), pp. 166.</p>



<p><sup><a href="#text859" id="note859">859</a></sup> Wilson. “Weimar Politics in the Age of the French Revolution”, pp. 169, 182 n. 29.</p>



<p><sup><a href="#text860" id="note860">860</a></sup> Ibid. p. 166.</p>



<p><sup><a href="#text861" id="note861">861</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text862" id="note862">862</a></sup> Hermann Schüttler. “Die ‘Schwedenkiste’” (La langue suédoise) Tiré de <a href="https://web.archive.org/web/20070623203757/http://www.2hap.org/Geheime-Gesellschaften/Illuminaten/schwk.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://web.archive.org/web/20070623203757/http://www.2hap.org/Geheime-Gesellschaften/Illuminaten/schwk.html</a></p>



<p><sup><a href="#text863" id="note863">863</a></sup> “Das Geheime Staatsarchiv Preußischer Kulturbesitz” . GStA PK. Tiré de <a href="http://www.gsta.spk-berlin.de/geschichte_und_gegenwart_431.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">http://www.gsta.spk-berlin.de/geschichte_und_gegenwart_431.html</a></p>



<p><sup><a href="#text864" id="note864">864</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text865" id="note865">865</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text866" id="note866">866</a></sup> Isidore Singer &amp; A. Kurrein “Friedländer, David”. Encyclopédie juive. Tiré de <a href="http://jewishencyclopedia.com/view.jsp?artid=398&amp;letter=F" target="_blank" rel="noreferrer noopener">http://jewishencyclopedia.com/view.jsp?artid=398&amp;letter=F</a></p>



<p><sup><a href="#text867" id="note867">867</a></sup> Andreas W. Daum. “Relations sociales, pratiques partagées et émotions : Alexander von Humboldt’s Excursion into Literary Classicism and the Challenges to Science around 1800”. Journal of Modern History. 91:1 (2019), p. 1-37.</p>



<p><sup><a href="#text868" id="note868">868</a></sup> Magee. Hegel et la tradition hermétique, p. 7 n. 12.</p>



<p><sup><a href="#text869" id="note869">869</a></sup> Isaiah Berlin. The Magus of the North : J.G. Hamann and the Origins of Modern Irrationalism (New York : Farrar, Strauss et Giroux, 1993), p. 2-3 ; cité dans Magee. Hegel et la tradition hermétique, p. 77.</p>



<p><sup><a href="#text870" id="note870">870</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text871" id="note871">871</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text872" id="note872">872</a></sup> Magee. Hegel et la tradition hermétique, p. 78 ; Melanson. Les Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text873" id="note873">873</a></sup> Thomas Erne. “Friedrich Schleiermacher et Felix Mendelssohn-Bartholdy &#8211; religiöse Bindung und freies Spiel”. Evangelischen Kirche Berlin-Brandenburg-schlesische Oberlausitz (novembre 2020). Extrait de <a href="https://www.ekbo.de/index.php?id=16959" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.ekbo.de/index.php?id=16959</a></p>



<p><sup><a href="#text874" id="note874">874</a></sup> Charles Herbermann (éd.). “Sionites”. Encyclopédie catholique (New York : Robert Appleton Company). Extrait de http://www.newadvent.org/cathen/15761a.htm</p>



<p><sup><a href="#text875" id="note875">875</a></sup> Elizabeth W. Fisher. “Prophéties et révélations : German Cabbalists in Early Pennsylvania”. The Pennsylvania Magazine of History and Biography, 109:3 (1985).</p>



<p><sup><a href="#text876" id="note876">876</a></sup> Ernst Benz. Emanuel Swedenborg : Visionary Savant in the Age of Reason (Swedenborg Foundation, 2002), p. xiii.</p>



<p><sup><a href="#text877" id="note877">877</a></sup> Paul Lawrence Rose. German Question/Jewish Question : Revolutionary Antisemitism From Kant to Wagner (Princeston : Princeton University Press, 1990), p. 96.</p>



<p><sup><a href="#text878" id="note878">878</a></sup> Kant. Anthropologique. Cité dans Paul Lawrence Rose. German Question/Jewish Question : Revolutionary Antisemitism From Kant to Wagner (Princeston : Princeton University Press, 1990), p. 94.</p>



<p><sup><a href="#text879" id="note879">879</a></sup> Rose. Question allemande/Qualité juive, p. 96.</p>



<p><sup><a href="#text880" id="note880">880</a></sup> Ideen, pp. 435-3. Cité dans Rose. Question allemande/Qualité juive, p. 99.</p>



<p><sup><a href="#text881" id="note881">881</a></sup> Briefe das Studium der Theologie betreffend (In Herder-Suphan, v. Io, p. 143) ; cité dans Apsler. “Herder et les Juifs”, p. 4.</p>



<p><sup><a href="#text882" id="note882">882</a></sup> Ibid, p. 139.</p>



<p><sup><a href="#text883" id="note883">883</a></sup> F. M.Barnard. “The Hebrews and Herder’s Political Creed”. Modern Language Review, vol. 54, no. 4, (octobre 1959), pp. 533-546.</p>



<p><sup><a href="#text884" id="note884">884</a></sup> Magee. Hegel et la tradition hermétique, p. 77.</p>



<p><sup><a href="#text885" id="note885">885</a></sup> Ibid. p. 55.</p>



<p><sup><a href="#text886" id="note886">886</a></sup> Leopold Engel. Geschichte des Illuminaten-Ordens (Berlin : Hugo Bermühler Verlag, 1906), pp. 447-461 (trans. DeepL). Extrait de <a href="https://de.wikisource.org/wiki/Geschichte_des_Illuminaten-Ordens/Der_Fortbestand_des_Ordens_und_die_Furcht_vor_ihm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://de.wikisource.org/wiki/Geschichte_des_Illuminaten-Ordens/Der_Fortbestand_des_Ordens_und_die_Furcht_vor_ihm</a></p>



<p><sup><a href="#text887" id="note887">887</a></sup> Robison. Preuves d’une conspiration (1798).</p>



<p><sup><a href="#text888" id="note888">888</a></sup> François Labbé. Le message maçonnique au XVIIIe siècle (Dervy, 2006), p. 194 ; cité dans “La Royale York de l’Amitiè Berlin”.</p>



<p><sup><a href="#text889" id="note889">889</a></sup> Karl Bruhns. Alexander von Humboldt. Band 1 (Leipzig 1872), p. 31.</p>



<p><sup><a href="#text890" id="note890">890</a></sup> Karl Leonhard Reinhold. Essai sur une nouvelle théorie de la capacité humaine de représentation (Walter de Gruyter, 2011), p. x.</p>



<p><sup><a href="#text891" id="note891">891</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text892" id="note892">892</a></sup> le Forestier. Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande, pp. 707-709</p>



<p><sup><a href="#text893" id="note893">893</a></sup> Johann Wolfgang Goethe. Dichtung und Wahrheit, in Hamburger Ausgabe, t. IX, éd. par E. Trunz, (Hambourg, 1961), 350-353 ; cité dans Christoph Schulte. “Les formes de réception de la kabbale dans le romantisme allemand”. Renue Germanique Internationale, 5 (1996). Extrait de <a href="https://doi.org/10.4000/rgi.547" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://doi.org/10.4000/rgi.547</a></p>



<p><sup><a href="#text894" id="note894">894</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text895" id="note895">895</a></sup> Hugh Chisholm (éd.). “Tieck, Johann Ludwig. Encyclopædia Britannica. Vol. 26, 11e édition (Cambridge University Press, 1911), p. 962.</p>



<p><sup><a href="#text896" id="note896">896</a></sup> Karl Ameriks. Reinhold : Letters on the Kantian Philosophy (Cambridge University Press, 2006), p. xl.</p>



<p><sup><a href="#text897" id="note897">897</a></sup> Alexandra Birkert. Hegels Schwester (Stuttgart 2008), p. 43 et suivantes</p>



<p><sup><a href="#text898" id="note898">898</a></sup> Laura Anna Macor. “Friedrich Hölderlin et la société clandestine des Illuminati de Bavière. Un plaidoyer “. Philosophica, 88 (2013), p. 113.</p>



<p><sup><a href="#text899" id="note899">899</a></sup> Ibid, p. 114.</p>



<p><sup><a href="#text900" id="note900">900</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text901" id="note901">901</a></sup> Hugh Chisholm (éd.). “Arndt, Ernst Moritz”. Encyclopædia Britannica, Vol. 2, 11e éd. (Cambridge University Press, 1911), pp. 627-628.</p>



<p><sup><a href="#text902" id="note902">902</a></sup> Radrizzani et al, J.G. Fichte : Philosophie de la maçonnerie et autres textes (Vrin : 1995).</p>



<p><sup><a href="#text903" id="note903">903</a></sup> Magee. Hegel et la tradition hermétique, p. 55.</p>



<p><sup><a href="#text904" id="note904">904</a></sup> Otto Dann. “Der Geisterseher”. Dans Schiller-Handbuch, Leben &#8211; Werk &#8211; Wirkung (Stuttgart : Metzler, 2001), p. 311.</p>



<p><sup><a href="#text905" id="note905">905</a></sup> Hugh Chisholm (ed). “Fessler, Ignaz Aurelius. Encyclopædia Britannica, Vol. 10, 11e éd. (Cambridge University Press, 1911). pp. 293-294.</p>



<p><sup><a href="#text906" id="note906">906</a></sup> “La Royale York de l’Amitiè Berlin”.</p>



<p><sup><a href="#text907" id="note907">907</a></sup> Hugh Chisholm (ed). “Fessler, Ignaz Aurelius. Encyclopædia Britannica, Vol. 10, 11e éd. (Cambridge University Press, 1911). pp. 293-294.</p>



<p><sup><a href="#text908" id="note908">908</a></sup> Allen Speight. “Friedrich Schlegel”. Edward N. Zalta (éd.). (Édition printemps 2021). Extrait de <a href="https://plato.stanford.edu/archives/spr2021/entries/schlegel/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://plato.stanford.edu/archives/spr2021/entries/schlegel/</a></p>



<p><sup><a href="#text909" id="note909">909</a></sup> George Pattison. “Friedrich Schlegel’s Lucinde : A Case Study in the Relation of Religion to Romanticism” (La Lucinde de Friedrich Schlegel : une étude de cas sur la relation entre la religion et le romantisme). Scottish Journal of Theology, 38 (1985), p. 546.</p>



<p><sup><a href="#text910" id="note910">910</a></sup> Ibid, p. 549.</p>



<p><sup><a href="#text911" id="note911">911</a></sup> Nicolas DesChamps. Les Sociétés Secrètes Et La Société, Ou Philosophie De L’histoire Contemporaine. Volume 3, Avignon, Seguin Aineè, 1874-1876, p. 78.</p>



<p><sup><a href="#text912" id="note912">912</a></sup> Helena Rosenblatt. “ The Liberal Mysticism of Madame de Staël “, dans Keith Baker &amp; Jenna Gibbs (eds.), Life Forms in the Thinking of the Long Eighteenth Century (University of Toronto Press, 2016).</p>



<p><sup><a href="#text913" id="note913">913</a></sup> “Krüdener, Julie de (1764-1824)” . Les femmes dans l’histoire du monde : A Biographical Encyclopedia (Encyclopedia.com) Consulté sur <a href="https://www.encyclopedia.com/women/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/krudener-julie-de-1764-1824" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.encyclopedia.com/women/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/krudener-julie-de-1764-1824</a></p>



<p><sup><a href="#text914" id="note914">914</a></sup> Karl Viktor von Bonstetten à Friederike Brun (12 octobre 1809 ; cité dans Roger Paulin). “The Life of August Wilhelm Schlegel (Cambridge : Open Book Publishers, 2016). Consulté sur le site https://books.openedition.org/obp/2957?lang=en#ftn354</p>



<p><sup><a href="#text915" id="note915">915</a></sup> Signe Toksvig. Emanuel Swedenborg : Scientist &amp; Mystic (West Chester, Pennsylvanie : Swedenborg Foundation Press), p. 185.</p>



<p><sup><a href="#text916" id="note916">916</a></sup> Laurence de Cambronne. Madame de Staël, la femme qui faisait trembler Napoléon (Allary éditions, 2015).</p>



<p><sup><a href="#text917" id="note917">917</a></sup> Dennis Wood. Benjamin Constant : A Biography (Routledge, 2002), p. 185.</p>



<p><sup><a href="#text918" id="note918">918</a></sup> Leopold Engel. Geschichte des Illuminaten-Ordens (Berlin : Hugo Bermühler Verlag, 1906), pp. 447-461 (trans. DeepL). Extrait de <a href="https://de.wikisource.org/wiki/Geschichte_des_Illuminaten-Ordens/Der_Fortbestand_des_Ordens_und_die_Furcht_vor_ihm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://de.wikisource.org/wiki/Geschichte_des_Illuminaten-Ordens/Der_Fortbestand_des_Ordens_und_die_Furcht_vor_ihm</a></p>



<p><sup><a href="#text919" id="note919">919</a></sup> “Constant, Benjamin, 1988, ‘The Liberty of the Ancients Compared with that of the Moderns’ (1819), in The Political Writings of Benjamin Constant, ed. Biancamaria Fontana, Cambridge, pp. 309-28.”</p>



<p> <sup><a href="#text920" id="note920">920</a></sup> John Isbell. “Introduction, Germaine De Stael, Corinne, ou l’Italie, trad. Sylvia Raphael (Oxford : Worlds Classics, 1998), p. ix.</p>



<p><sup><a href="#text921" id="note921">921</a></sup> Biancamaria Fontana. Germaine de Staël : A Political Portrait (Princeton : Princeton University Press, 2016), p. 206.</p>



<p><sup><a href="#text922" id="note922">922</a></sup> A. W. Halsall. “De l’Allemagne (On Germany) 1810”. Dans Murray, Christopher John (éd.). Encyclopedia of the Romantic Era, 1760-1850 (New York : Fitzroy Dearborn, 2004), p. 266.</p>



<p><sup><a href="#text923" id="note923">923</a></sup> Gerald Ernest Paul Gillespie &amp; Manfred Engel. Romantic Prose Fiction (John Benjamins Publishing 2008), p. 44.</p>



<p><sup><a href="#text924" id="note924">924</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text925" id="note925">925</a></sup> Ibid.</p>
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		<title>XIII. Néoclassicisme – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jan 2025 12:08:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme.]]></description>
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<p>Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre&nbsp;<em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Le Socrate allemand</h2>



<p>Alors que les idées des Lumières se répandent en Europe et aux États-Unis, cette période voit les arts s’orienter vers des normes de style néoclassiques, loin de la religiosité baroque et de la “décadence” rococo.<sup><a href="#note778" id="text778">778</a></sup> Goethe, tout comme Johann Gottfried Herder (1744-1803), membre des Illuminati, était l’un des chefs de file du mouvement littéraire et culturel connu sous le nom de “classicisme de Weimar”, dont les adeptes ont établi un nouvel humanisme à partir de la synthèse des idées du romantisme, du classicisme et du siècle des Lumières. Goethe, comme beaucoup d’autres de la période romantique allemande, dont Moses Mendelssohn (1729 &#8211; 1786), figure centrale du développement de la Haskala, ou “Lumières juives”, et ses amis Lessing et Herder, était un admirateur de Johann Joachim Winckelmann (1717 &#8211; 1768), historien de l’art et archéologue allemand qui a exercé une influence décisive sur l’essor du mouvement néoclassique. Comme l’explique Bernd Witte, dans “German Classicism and Judaism”, opposant les tendances sécularisantes du siècle des Lumières à l’émergence de l’influence de Mendelssohn, “le monothéisme juif est entré pour la première fois dans le domaine de la culture occidentale moderne au moment historique précis où la mémoire culturelle allemande a été obsédée par l’antiquité grecque”.<sup><a href="#note779" id="text779">779</a></sup> En rejetant le christianisme, les Lumières, ou les Illuminati, ont remplacé les icônes du passé par une expérience religieuse frauduleuse basée sur la contemplation de l’art et de la musique, dont l’exemple des Grecs anciens &#8211; un peuple non chrétien ou juif &#8211; constitue l’épitomé, une époque connue sous le nom de romantisme.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Les principales personnalités du classicisme de Weimar étaient des admirateurs du philosophe juif Moses Mendelssohn (1729 &#8211; 1786), figure centrale du développement de la Haskala, ou “Lumières juives” des XVIIIe et XIXe siècles. Le philosophe post-moderne Michel Foucault a proposé que les Lumières soient liées à la question juive, le débat sur le statut approprié des Juifs ayant débuté au siècle des Lumières et après la Révolution française. Dans une attaque claire contre l’autorité religieuse, Kant a publié sa célèbre réponse à Was ist Aufklärung ? (“Qu’est-ce que les Lumières ?”, trad. Jules Barni) dans le Berlinische Monatschrift en 1784 : Les lumières sont ce qui fait sortir l’homme de la minorité qu’il doit s’imputer à lui-même. La minorité consiste dans l’incapacité où il est de se servir de son intelligence sans être dirigé par autrui. Il doit s’imputer à lui-même cette minorité, quand elle n’a pas pour cause le manque d’intelligence, mais l’absence de la résolution et du courage nécessaires pour user de son esprit sans être guidé par un autre. Sapere aude, aie le courage de te servir de ta propre intelligence ! voilà donc la devise des lumières.<sup><a href="#note780" id="text780">780</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Pour Foucault, les Lumières, voire le début de la modernité elle-même, n’ont pas commencé avec l’essai de Kant, mais comme une combinaison avec l’essai de Mendelssohn publié quelques mois plus tôt, dans la même publication, en réponse à la même question. La réponse plus célèbre de Kant “marque”, selon Foucault, “l’entrée discrète dans l’histoire de la pensée d’une question à laquelle la philosophie moderne n’a pas été capable de répondre, mais dont elle n’a jamais réussi à se débarrasser non plus”. Avec les deux essais, poursuit Foucault, “l’Aufklärung allemande et la Haskala juive reconnaissent qu’elles appartiennent à la même histoire”.<sup><a href="#note781" id="text781">781</a></sup></p>



<p>L’<em>illuminati</em> sabbatéen Joseph von Sonnenfels invita Mendelssohn à embrasser le christianisme, mais lorsqu’il fut réprimandé dans la Jérusalem de Mendelssohn en 1783, il s’excusa en 1784 en le faisant membre de sa Société scientifique allemande et de l’Académie des sciences de Vienne.<sup><a href="#note782" id="text782">782</a></sup> D’après une liste d’ordination figurant dans un certificat conservé dans la collection Schiff de la New York Public Library, Mendelssohn était un successeur de Sabbataï Tsevi.<sup><a href="#note783" id="text783">783</a></sup> Ce certificat, brièvement mentionné par l’historien juif Jacob Katz dans Out of the Ghetto, a été conservé par l’ami de Mendelssohn, l’éditeur notoire des Illuminati Friedrich Nicolai. Mendelssohn était un ami proche d’un autre Illuminati, le philosophe allemand Gotthold Ephraim Lessing (1729 &#8211; 1781), qui créa avec Bode en 1767 la maison d’édition et le magasin J.J.C. Bode &amp; Co. à Hambourg.<sup><a href="#note784" id="text784">784</a></sup> Le premier à réussir fut le mentor de Sabbataï Tsevi, Nathan de Gaza (1643 &#8211; 1680). Son disciple Solomon Ayllon, rabbin sabbatéen de Bevis Marks, lui succéda. Le successeur d’Ayllon fut Nechemiah Chiyon (1655 &#8211; 1729), qui fut excommunié dans plusieurs communautés et erra en Europe et en Afrique du Nord. Chiyon ordonne son successeur Judah Leib Prossnitz (v. 1670 &#8211; v. 1730/1750) en Moravie. Prossnitz était connu comme kabbaliste et guérisseur charlatan qui avoua avoir sacrifié au diable et aux démons, ce qui lui valut d’être publiquement banni en exil pendant plusieurs mois. Il a entretenu des relations avec Jonathan Eybeschütz et le sabbatéen Mordecai Eisenstadt (vers 1650 &#8211; 1729). Après son ordination comme successeur de Tsevi, après s’être d’abord proclamé Messie, Judah Leib transmit ensuite le titre au rabbin Eybeschütz. En 1761, Mendelssohn rencontra à Hambourg Eybeschütz, qui écrivit un essai en sa faveur.<sup><a href="#note785" id="text785">785</a></sup> Le professeur de Mendelssohn, David Fränkel (v. 1704 &#8211; 1762), fut l’élève du rabbin Michael Chasid, grand rabbin de Berlin et sabbatéen.<sup><a href="#note786" id="text786">786</a></sup></p>



<p>Lessing a fait de Mendelssohn la figure centrale de son drame Nathan le Sage, qui reprend le thème maçonnique d’une religion universelle. Situé à Jérusalem pendant la troisième croisade, le livre décrit comment le sage marchand juif Nathan, le sultan éclairé Saladin et les Templiers, initialement anonymes, comblent leurs lacunes entre le judaïsme, l’islam et le christianisme. On pense également que le drame fait référence au patron de Sabbataï Tsevi, Nathan de Gaza. Il a également été suggéré que le personnage aurait pu être inspiré par Jacob Falk, auquel il est fait référence dans un autre ouvrage de Lessing, Ernst et Falk, son célèbre essai sur la franc-maçonnerie.<sup><a href="#note787" id="text787">787</a></sup></p>



<p>En 1762, Mendelssohn remporte le prix offert par l’Académie de Berlin pour un essai sur l’application des preuves mathématiques à la métaphysique, On Evidence in the Metaphysical Sciences. Parmi les concurrents, on trouve Thomas Abbt (1738 &#8211; 1766) et Emmanuel Kant (1724 &#8211; 1804), qui est arrivé deuxième. La même année, Frédéric le Grand accorde à Mendelssohn le privilège de Schutzjude (“Juif protégé”), qui lui assure le droit de vivre à Berlin sans être dérangé. Après que Abbt lui a fait découvrir le Phédon de Platon, Mendelssohn écrit Phädon oder über die Unsterblichkeit der Seele (Phédon ou De l’immortalité de l’âme ; 1767), publié par Nicolai, qui connaît un succès immédiat. En plus d’être l’un des livres les plus lus de son époque en allemand, il fut rapidement traduit dans plusieurs langues européennes, dont l’anglais. Mendelssohn a été salué comme le “Platon allemand” ou le “Socrate allemand”.<sup><a href="#note788" id="text788">788</a></sup> Kant a critiqué l’argument de Mendelssohn en faveur de l’immortalité dans la deuxième édition de sa Critique de la raison pure (1787).</p>



<p>Le Phädon de Mendelssohn a été le premier ouvrage philosophique lu par Johann Wolfgang von Goethe (1749 &#8211; 1832), qui est largement considéré comme le plus grand et le plus influent écrivain de langue allemande. L’artiste Lucas Cranach l’Ancien, ami de Martin Luther, qui a utilisé le dragon ailé comme sceau, avait trois filles, dont Barbara Cranach, une ancêtre de Goethe. Goethe, membre des Illuminati, s’est rendu célèbre en tant qu’auteur de plusieurs œuvres traitant de thèmes sataniques, comme son poème Prométhée, L’Apprenti sorcier et Faust, qui vend son âme au diable pour obtenir la connaissance, considéré comme la plus grande œuvre de la littérature allemande. Ses poèmes ont été mis en musique par de nombreux compositeurs, dont Mozart, Beethoven, Schubert, Mendelssohn, Berlioz, Liszt, Wagner et Mahler. Beethoven, qui idolâtrait Goethe, a déclaré qu’une symphonie de Faust serait la meilleure chose qui soit pour l’art.<sup><a href="#note789" id="text789">789</a></sup> Selon Magee, l’œuvre de Goethe “a été le principal vecteur de l’influence indirecte de l’alchimie, de Boehme, de la Kabbale et de diverses autres ramifications hermétiques”.<sup><a href="#note790" id="text790">790</a></sup> Dans sa jeunesse, il a lu Paracelse, Basile Valentin, van Helmont, Swedenborg et la Kabbale. Dans Die Geheimnisse (Les Mystères), il utilise à plusieurs reprises l’imagerie de la rose et de la croix. En 1768, Goethe a participé à des expériences alchimiques avec Suzanna von Klettenberg, une adepte du comte Zinzendorf.<sup><a href="#note791" id="text791">791</a></sup> Goethe a cité Spinoza aux côtés de Shakespeare et de Carl von Linné comme l’une des trois influences les plus fortes sur sa vie et son œuvre.<sup><a href="#note792" id="text792">792</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">La villa Albani</h2>



<p>Vers 1770, explique Witte, “la jeune génération de poètes allemands a radicalement rejeté les croyances religieuses traditionnelles, propageant à leur place la nouvelle religion de la productivité infinie de l’homme”.<sup><a href="#note793" id="text793">793</a></sup> Dans l’esthétique du classicisme de Weimar, l’Iliade et l’Odyssée d’Homère sont devenues les paradigmes de l’œuvre littéraire de génie. Comme l’explique Bernd Witte dans “German Classicism and Judaism” :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>De plus, la contemplation des statues grecques a remplacé le rituel des services religieux traditionnels. Elle devient le fondement ultime et la légitimation du nouveau discours anthropologique en Allemagne. L’idéal de la figure humaine, la représentation artistique du corps humain acquièrent désormais une aura quasi religieuse.<sup><a href="#note794" id="text794">794</a></sup> Goethe a acquis une renommée internationale grâce au succès de son premier roman, Les Souffrances du jeune Werther (1774). Comme l’explique Bernd Witte : Le succès européen sans précédent du roman repose non seulement sur l’introduction de l’idéal de l’amour profond, mais aussi sur l’idée que la littérature est le moyen par lequel les questions existentielles fondamentales sont tranchées. Il a démontré que les étapes décisives de la vie d’un individu ne sont plus déterminées par des principes métaphysiques, mais par des textes littéraires.<sup><a href="#note795" id="text795">795</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Avec l’avènement du Grand Tour, un engouement pour la collection d’antiquités s’installe et jette les bases de nombreuses grandes collections, propageant un renouveau néoclassique dans toute l’Europe.<sup><a href="#note796" id="text796">796</a></sup> En 1755, Winckelmann publie ses Gedanken über die Nachahmung der griechischen Werke in der Malerei und Bildhauerkunst (“Réflexions sur l’imitation des œuvres grecques dans la peinture et la sculpture”), qui contiennent le premier énoncé des doctrines qu’il développera par la suite, l’idéal de la “noble simplicité et de la grandeur tranquille” et l’affirmation définitive que “[l]a seule façon pour nous de devenir grands, peut-être inimitables, c’est d’imiter les anciens”. L’ouvrage rendit Winckelmann célèbre et fut réimprimé à plusieurs reprises et bientôt traduit en français et en anglais. Fort des Gedanken, Auguste III de Pologne &#8211; qui fut le parrain de Jacob Frank lors de son baptême et dont le baron von Hund, fondateur de la Stricte Observance, fut le conseiller intime<sup><a href="#note797" id="text797">797</a></sup> &#8211; lui accorda une pension afin qu’il puisse poursuivre ses études à Rome. Sa première tâche fut de décrire les statues du Cortile del Belvedere : l’Apollon du Belvédère, le Laocoön, le soi-disant Antinoüs et le Torse du Belvédère, qui représentaient à ses yeux “la plus grande perfection de la sculpture antique”.</p>



<p>“Aucun peuple, affirme Winckelmann, n’a autant estimé la beauté que les Grecs”, mais par “beauté”, Winckelmann entendait la titillation homoérotique des représentations de nus masculins.<sup><a href="#note798" id="text798">798</a></sup> “De l’admiration, je passe à l’extase&#8230;”, écrit-il à propos de l’Apollon du Belvédère.<sup><a href="#note799" id="text799">799</a></sup> Au sujet de l’expression de ses sentiments lubriques, Winckelmann écrit : “J’aurais pu en dire plus si j’avais écrit pour les Grecs, et non dans une langue moderne qui m’imposait certaines restrictions.<sup><a href="#note800" id="text800">800</a></sup> Susan E. Gustafson, dans Men Desiring Men : The Poetry of Same-Sex Identity and Desire in German Classicism, Susan E. Gustafson note que les lettres de Winckelmann fournissent “un ensemble de tropes qui signalent la lutte pour exprimer le désir homosexuel masculin”.<sup><a href="#note801" id="text801">801</a></sup> Le terme allemand griechische Liebe (“amour grec”) apparaît dans la littérature allemande entre 1750 et 1850, aux côtés de socratische Liebe (“amour socratique”) et platonische Liebe (“amour platonique”) en référence aux attirances masculines.<sup><a href="#note802" id="text802">802</a></sup></p>



<p>À Rome, Winckelmann, ouvertement homosexuel, a une liaison avec Franz Stauder, élève d’Anton Raphael Mengs (1728 &#8211; 1779), nommé premier peintre d’Auguste III de Pologne.<sup><a href="#note803" id="text803">803</a></sup> Mengs, comme Winckelmann, était soutenu par le neveu du pape Clément IX (1649 -1721), le cardinal Albani (1692 &#8211; 1779), qui lui commandait des œuvres. D’abord bibliothécaire-compagnon du cardinal Albani, Winckelmann devient d’abord bibliothécaire, puis contrôleur des antiquités au Vatican. Il est également nommé bibliothécaire du cardinal Passionei (1682 &#8211; 1761), qui est impressionné par son écriture grecque. “Le cardinal Passionei, un vieil homme jovial de soixante-dix-huit ans”, avoue ouvertement Winckelmann, le prend :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>&#8230; en voiture&#8230; et il me raccompagne toujours en personne. Lorsque je l’accompagne à Frascati, nous nous mettons à table en pantoufles et en bonnets de nuit ; et si je choisis de l’amuser, en chemise de nuit également. Cela peut paraître incroyable, mais je dis la vérité.<sup><a href="#note804" id="text804">804</a></sup></p>
</blockquote>



<p>La fresque de Mengs sur le thème païen du Parnasse à la Villa Albani lui a valu une réputation de maître peintre.<sup><a href="#note805" id="text805">805</a></sup> La Villa Albani a été construite pour abriter la collection d’antiquités d’Albani, conservée par Winckelmann. Albani devint l’un des plus puissants et des plus entreprenants collectionneurs d’antiquités romaines et mécènes de son époque.<sup><a href="#note806" id="text806">806</a></sup> Albani entretenait une correspondance avec Sir Horace Mann (1706 &#8211; 1786), l’envoyé britannique à Florence, dont les fonctions consistaient notamment à rendre compte des activités des Stuarts en exil, de l’Ancien Prétendant et du Jeune Prétendant.<sup><a href="#note807" id="text807">807</a></sup> Albani entretenait également une amitié avec Philipp von Stosch (1691 &#8211; 1757), un antiquaire prussien qui vivait à Rome et à Florence. Jonathan I. Israel a décrit von Stosch comme “le légendaire déiste, franc-maçon et ouvertement homosexuel”.<sup><a href="#note808" id="text808">808</a></sup> Stosch fut l’un des fondateurs d’une loge maçonnique à Florence en 1733, que le cardinal-neveu du pape Clément IX, Neri Corsini, accusa d’être devenue “corrompue”, ce qui entraîna l’interdiction pour les catholiques de devenir francs-maçons. Stosch était employé par le Foreign Office à Londres et utilisait probablement la franc-maçonnerie comme couverture pour espionner la cause des Stuart en exil à Rome, car le pape Clément IX, qui était favorable aux jacobites, gardait le Vieux Prétendant comme invité à Rome.<sup><a href="#note809" id="text809">809</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Hellfire Club</h2>



<p>Selon Karl H. Frick, la loge maçonnique, que Stosch a fondée avec Charles Sackville, 2e duc de Dorset (1711 &#8211; 1769), et un autre juif non nommé, aurait été la source de certains des documents et livres clés utilisés dans la Croix d’or et la Croix de roses.<sup><a href="#note810" id="text810">810</a></sup> Avec le fondateur du Hellfire Club, Sir Francis Dashwood (1708 &#8211; 1781), Sackville était membre de la Société des Dilettanti, une société britannique de nobles et d’érudits qui, inspirée par Winckelmann, a parrainé l’étude de l’art grec et romain antique et a influencé l’essor du néo-classicisme.<sup><a href="#note811" id="text811">811</a></sup> Bien que la date exacte soit inconnue, on pense que la Société a été créée en tant que club de gentlemen en 1734 par un groupe de personnes qui avaient fait le Grand Tour. En 1743, Horace Walpole dénonce le groupe et le décrit comme “&#8230;un club dont la qualification nominale est d’avoir été en Italie, et la réelle, d’être ivre : les deux chefs sont Lord Middlesex et Sir Francis Dashwood, qui étaient rarement sobres pendant tout le temps qu’ils ont passé en Italie”.<sup><a href="#note812" id="text812">812</a></sup></p>



<p>Le nom Hellfire Club est le plus souvent utilisé pour désigner l’Ordre des Frères de Saint-François de Wycombe, fondé par le Dilettanti Sir Francis Dashwood (1708 &#8211; 1781), l’année même où il fut élu à la Royal Society. Le premier Hellfire Club officiel a été fondé à Londres en 1718 par Philip, duc de Wharton (1698 &#8211; 1731), franc-maçon, grand maître d’Angleterre et ardent défenseur de la cause jacobite.<sup><a href="#note813" id="text813">813</a></sup> Wharton a également fondé une émanation du Hellfire Club basée à Twickenham, appelée The Schemers, qui penchait plus vers la débauche que vers le blasphème. En 1721, ces clubs ont été dissous par le roi George Ier, qui, fortement influencé par le rival politique de Wharton, Robert Walpole, a annoncé un projet de loi contre l’immoralité visant spécifiquement le Hellfire Club.<sup><a href="#note814" id="text814">814</a></sup></p>



<p>Wharton s’arrangea pour être élu sixième Grand Maître en 1722, et nomma Desaguiliers comme son adjoint et James Anderson comme Grand Surveillant. Cependant, Wharton abandonna apparemment la franc-maçonnerie en 1723 et fonda alors l’Ancien Noble Ordre des Gormogons, dont le premier Grand Maître connu (ou Volgi œcuménique) fut le Chevalier Andrew Michael Ramsay , alors à Rome pour assister le Jeune Prétendant . D’après les quelques articles publiés par le groupe, on pense que l’objectif premier de la société était de ridiculiser la franc-maçonnerie.<sup><a href="#note815" id="text815">815</a></sup> Les Gormogons ont été mentionnés pour la première fois dans le London Daily Post du 3 septembre 1724, qui affirmait que l’ordre avait été “institué par Chin-Qua Ky-Po, le premier empereur de Chine (selon leur récit), plusieurs milliers d’années avant Adam, et dont le grand philosophe Confucius était Oecumenicae Volgee (Grand maître)”. L’ordre aurait été introduit à Londres par un “Mandarin”, qui aurait à son tour initié plusieurs “Gentlemen of Honor” à ses rangs.</p>



<p>En 1751, Dashwood loue l’abbaye de Medmenham, qui comprend les ruines d’une abbaye cistercienne fondée en 1201. Dashwood fait reconstruire l’abbaye, mais pour qu’elle ressemble à une ruine, et la décore de diverses scènes pornographiques. La devise de Rabelais “Fais ce que tu voudras” a été placée en vitrail au-dessus d’une porte. Après la messe noire, les membres du club entraient dans l’abbaye où les attendaient des prostituées professionnelles habillées en nonnes et masquées qu’ils choisissaient pour participer à une orgie. Cependant, certaines des femmes participantes étaient des épouses ou des parentes des membres du club. John Montagu, 4e comte de Sandwich, inventeur du sandwich, se vantait de séduire des vierges pour jouir de la “corruption de l’innocence, pour son propre plaisir”.<sup><a href="#note816" id="text816">816</a></sup></p>



<p>Aux prostituées s’ajoutaient des amateurs connus sous le nom de “dollymops”, dont certaines étaient des femmes de la haute société, comme la juive Elizabeth Chudleigh, duchesse de Kingston (1721 &#8211; 1788).<sup><a href="#note817" id="text817">817</a></sup> L’un des incidents les plus tristement célèbres de la duchesse s’est produit en 1749, lorsqu’elle a assisté à un bal masqué lors de la célébration du jubilé du roi, déguisée en Iphigénie, personnage de la mythologie grecque, prête au sacrifice, dans une soie de couleur chair qui la faisait paraître pratiquement nue. Longtemps connue comme une “aventurière” et une intrigante sexuelle à la cour royale, la duchesse est la seule femme de l’histoire britannique à avoir été jugée et condamnée pour bigamie lors d’un procès public devant la Chambre des lords. Chudleigh a été forcée de quitter le pays et s’est rendue sur le continent où elle a eu des maisons à Paris et à Rome, s’est liée d’amitié avec le pape Clément XIV. Elle a vécu avec Frédéric le Grand et plusieurs membres de la noblesse française et russe, et a acheté un grand domaine à l’extérieur de Saint-Pétersbourg.<sup><a href="#note818" id="text818">818</a></sup></p>



<p>La duchesse était également la maîtresse de James Hamilton, 6e duc de Hamilton (1724 &#8211; 1758), franc-maçon et cousin d’un autre membre de la Société des Dilettanti, le diplomate britannique Sir William Hamilton (1730 &#8211; 1803).<sup><a href="#note819" id="text819">819</a></sup> Sir William Hamilton a collaboré avec Richard Payne Knight (1751 -1824), érudit classique et archéologue, à la rédaction de A Discourse on the Worship of Priapus (1786/87). L’affirmation centrale de l’ouvrage est qu’une impulsion religieuse internationale visant à vénérer “le principe générateur” s’est exprimée à travers l’imagerie phallique, et que cette imagerie a perduré jusqu’à l’époque moderne. Le discours de Knight trouve son origine dans le rapport de Hamilton sur les rituels phalliques présenté en 1781 à Sir Joseph Banks, président de la Royal Society et secrétaire-trésorier des Dilettanti. Knight a conduit les Dilettanti à rédiger l’ouvrage ultime de la Société, Specimens of Antient Sculpture, dont les divers hommages homoérotiques aux œuvres d’art grecques sont redevables à l’influence de l’Histoire de l’art antique de Winckelmann.<sup><a href="#note820" id="text820">820</a></sup></p>



<p>Sir William Hamilton était l’époux de la tristement célèbre Emma Hamilton (1765 &#8211; 1815). Également connue sous le nom de Lady Hamilton, elle était un mannequin et une actrice anglaise, dont on se souvient comme de la maîtresse de l’amiral Lord Nelson (1758 &#8211; 1805), considéré comme l’un des plus grands commandants navals de l’histoire. Emma a également été la maîtresse de l’homme politique Charles Greville (1749 &#8211; 1809). Cependant, lorsqu’Emma s’est opposée à la recherche d’une épouse fortunée, Greville l’a mise en gage auprès de son oncle, Sir William Hamilton, dont elle a tiré son titre.<sup><a href="#note821" id="text821">821</a></sup> Lady Hamilton devint célèbre pour une forme de strip-tease qu’elle développa, ce qu’elle appelait ses “Attitudes”, ou tableaux vivants, dans lesquels elle représentait des sculptures et des peintures semi-nues devant des visiteurs britanniques. Les spectacles d’Emma font sensation auprès des visiteurs de toute l’Europe et attirent même l’attention de Goethe. En 1800, Emma devient Dame Emma Hamilton, un titre qu’elle porte en tant que membre de l’Ordre de Malte, qui lui a été décerné par le Grand Maître de l’Ordre de l’époque, le Tsar Paul Ier, en reconnaissance de son rôle dans la défense de l’île de Malte contre les Français.<sup><a href="#note822" id="text822">822</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’amour grec</h2>



<p>L’œuvre majeure de Winckelmann, Geschichte der Kunst des Alterthums (1764, “Histoire de l’art antique”), qui a profondément influencé les opinions contemporaines sur la supériorité de l’art grec, a été traduite en français en 1766, puis en anglais et en italien. Lessing a basé de nombreuses idées de son Laocoön (1766) sur les vues de Winckelmann concernant l’harmonie et l’expression dans les arts visuels. Dans le premier numéro de Bibliothek der schönen Wissenschaften und der freyen Künste, la revue qu’il venait de fonder avec Moses Mendelssohn, le jeune Friedrich Nicolai &#8211; qui deviendrait plus tard l’éditeur des Illuminati &#8211; fit l’éloge de “Monsieur Winckelmann, qui s’est maintenant embarqué pour un voyage à Rome”, comme d’un homme “dont les beaux-arts tireront sans aucun doute un grand bénéfice”.<sup><a href="#note823" id="text823">823</a></sup></p>



<p>Adam Friedrich Oeser (1717 &#8211; 1799), qui a étudié avec Mengs et Winckelmann, a été le professeur de dessin de Goethe, avec lequel il a entretenu des relations amicales par la suite à Weimar. Winckelmann a ensuite exercé une forte influence sur Goethe. Par exemple, le voyage de Goethe dans la péninsule italienne et en Sicile de 1786 à 1788 a été d’une grande importance pour le développement de son esthétique et de sa philosophie. Au cours de ce voyage, Goethe rencontre et se lie d’amitié avec la peintre néoclassique suisse Angelica Kauffman (1741 &#8211; 1807) et le peintre allemand Johann Heinrich Wilhelm Tischbein (1751 &#8211; 1829), et fait la connaissance de Lady Hamilton et de Cagliostro.<sup><a href="#note824" id="text824">824</a></sup> En 1783, sur la recommandation de Goethe, Tischbein avait reçu un stipendium d’Ernst II, duc de Saxe-Gotha-Altenburg (1745 &#8211; 1804), un ami d’Adam Weishaupt, qui était l’arrière-grand-père du prince Albert, l’époux de la reine Victoria.<sup><a href="#note825" id="text825">825</a></sup></p>



<p>Dans Winkelmann und sein Jahrhundert (“Winkelmann et son siècle”), Goethe affirme que le classicisme littéraire doit son idéal de beauté à Winckelmann, qui a pu s’épanouir grâce à son homosexualité.<sup><a href="#note826" id="text826">826</a></sup> La relation de Goethe avec son serviteur, Philipp Seidel, qui a certainement été décrite par Seidel comme homoérotique.<sup><a href="#note827" id="text827">827</a></sup> Goethe a également défendu la pédérastie : “La pédérastie est aussi ancienne que l’humanité elle-même, et l’on peut donc dire qu’elle est naturelle, qu’elle réside dans la nature, même si elle procède contre la nature. Ce que la culture a gagné de la nature ne sera pas cédé ou abandonné à n’importe quel prix”.<sup><a href="#note828" id="text828">828</a></sup> Goethe publie son célèbre poème sur Ganymède (1789), mythe qui a servi de modèle à la coutume sociale grecque de la paiderastia, la relation amoureuse entre un homme adulte et un adolescent. Il suit immédiatement Prométhée, et les deux poèmes doivent être compris comme une paire, Ganymède &#8211; qui est séduit par Dieu (ou Zeus) à travers la beauté du printemps &#8211; exprimant le sentiment de “l’amour divin”, et l’autre le misothéisme, la “haine des dieux” ou la “haine de Dieu”.</p>



<p>Dans une lettre adressée à Johann Georg Zimmermann en 1784, Moses Mendelssohn imagine “l’homme idéal [&#8230;] qui ferait pour la cause de Dieu ce que Winckelmann a fait pour le paganisme”.<sup><a href="#note829" id="text829">829</a></sup> Winckelmann postule également l’existence d’une tradition artistique dans l’ancien Israël, qui aurait précédé tout ce qui s’est fait en Grèce, rappelant les images forgées dans la Bible. Comme Winckelmann pensait que l’excellence artistique était conditionnée par le climat et la physiologie, il a supposé que la conformation physique des anciens Juifs aurait été adaptée à l’expression des idées de beauté. Winckelmann suppose que l’art hébreu a dû atteindre un certain degré d’excellence, si ce n’est dans la sculpture, du moins dans le dessin et d’autres formes d’art, en notant que la Bible rapporte que le roi babylonien Nabuchodonosor a exilé de Jérusalem un millier d’artistes experts en incrustation.<sup><a href="#note830" id="text830">830</a></sup></p>



<p>En ce qui concerne l’Égypte et l’art égyptien, Winckelmann n’exprimait que du mépris. L’opinion fut donc réciproque chez Mendelssohn, pour des raisons similaires. Selon Braiterman, “bien qu’il ne l’ait jamais admis aux autres ou vu lui-même, la pensée juive de Mendelssohn faisait partie de la rébellion néoclassique contre la ‘tradition’, qui dans ce contexte signifie la fusion des parties dans l’art et la culture baroques du XVIIe siècle”. Braiterman note que dans son livre sur Mendelssohn, David Sorkin fait référence au “judaïsme baroque”, c’est-à-dire au judaïsme du Talmud et de la Kabbale, et que Gershom Scholem a comparé le sabbatéisme au baroque européen contemporain. L’intérêt de Mendelssohn pour le néoclassicisme de Winckelmann a donc été perçu comme une réforme du judaïsme ancien, en proposant qu’il y ait de nouvelles façons d’interpréter la beauté qu’il était capable de produire, et qui pouvaient rivaliser avec l’accent mis par les Lumières sur la “raison” de ses nouvelles formes d’art.<sup><a href="#note831" id="text831">831</a></sup></p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UTGnsfEmEX"><a href="https://egregoor.com/2025/01/13/xiv-le-classicisme-de-weimar-sionisme-de-david-livingstone/">XIV. Le classicisme de Weimar – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XIV. Le classicisme de Weimar – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2025/01/13/xiv-le-classicisme-de-weimar-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=fYZPe1IRHB#?secret=UTGnsfEmEX" data-secret="UTGnsfEmEX" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><sup><a href="#text778" id="note778">778</a></sup> Zachary Braiterman, “The Emergence of Modern Religion : Moses Mendelssohn, Neoclassicism, and Ceremonial Aesthetics” dans Christian Wiese &amp; Martina Urban (eds.) In Honor of Paul Mendes-Flohr (Berlin : de Guyer, 2012), p. 11.</p>



<p><sup><a href="#text779" id="note779">779</a></sup> Bernd Witte. “Le classicisme allemand et le judaïsme”. Dans Steven E. Aschheim &amp; Vivian Liska. L’expérience judéo-allemande revisitée. Perspectives on Jewish Texts and Contexts, Volume 3 (De Gruyter, 2015), p. 50.</p>



<p><sup><a href="#text780" id="note780">780</a></sup> Kant, “Beantwortung der Frage : Was ist Aufklarung”, Kants gesammelte Schriften. Akademie-Ausgabe (Berlin, 1904 ff.), ci-après “AA”, VIII, 35, tr. H.B. Nisbet in Kant’s Political Writings, ed. H. Reiss (Cambridge, 1970), 54 ; Cité dans James Schmidt. “The Question of Enlightenment : Kant, Mendelssohn, and the Mittwochsgesellschaft”, Journal of the History of Ideas, 50 : 2 (avril &#8211; juin 1989), pp. 269.</p>



<p><sup><a href="#text781" id="note781">781</a></sup> Miriam Leonard. “Grecs, Juifs et Lumières : Moses Mendelssohn’s Socrates”. Cultural Critique, 74 (hiver 2010), pp. 197.</p>



<p><sup><a href="#text782" id="note782">782</a></sup> M. B. Goldstein. The Newest Testament : A Secular Bible (ArchwayPublishing, 2013), p. 592.</p>



<p><sup><a href="#text783" id="note783">783</a></sup> Rabbin Antelman. Éliminer l’opiacé. Volume 2 (Jérusalem : Zionist Book Club, 2002). p. 102.</p>



<p><sup><a href="#text784" id="note784">784</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



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<p><sup><a href="#text794" id="note794">794</a></sup> Ibid, p. 48.</p>



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<p><sup><a href="#text815" id="note815">815</a></sup> Ibid.</p>



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<p><sup><a href="#text829" id="note829">829</a></sup> Braiterman, “L’émergence de la religion moderne”, p. 18.</p>



<p><sup><a href="#text830" id="note830">830</a></sup> Winckelmann. L’histoire de l’art antique, 31, 108-109. Cité dans Braiterman, “The Emergence of Modern Religion”, p. 15.</p>



<p><sup><a href="#text831" id="note831">831</a></sup> Braiterman, “L’émergence de la religion moderne”, p. 19.</p>
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		<title>XII. Les Frères asiatiques – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Dec 2024 05:32:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme.]]></description>
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<p>Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre&nbsp;<em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Ordre de la Rose-Croix d’or et de la Rose, dit « Rose-Croix d’or »</h2>



<p>La fondation du Rite écossais remonte à 1786, lorsque le Rite de Perfection fut réorganisé et rebaptisé “Rite écossais ancien et accepté”, et l’on dit que c’est Frédéric le Grand qui dirigea les opérations et rédigea les nouvelles Constitutions de l’Ordre. Les signataires des Grandes Constitutions étaient D’Esterno, Starck, Wöllner et H. Willelm, et la lettre initiale D&#8230;.. Wöllner était ministre de la Justice de Frédéric-Guillaume II de Prusse, qui dirigeait l’opposition de la Rose-Croix d’Or aux Illuminati, et était membre des Frères asiatiques.<sup><a href="#note711" id="text711">711</a></sup> Johann August von Starck (1741 &#8211; 1816), un autre opposant aux Illuminati, prétendait être un émissaire des Clerici Ordinis Templarii, qui ont été amalgamés à la Stricte Observance.<sup><a href="#note712" id="text712">712</a></sup> Starck se brouille avec l’éditeur Illuminati Nicolai qui l’accuse de jésuitisme.<sup><a href="#note713" id="text713">713</a></sup> D’Esterno était l’ambassadeur de France à Berlin, lorsque Mirabeau s’y rendit, qui le mentionna dans Histoire Secrète de la Cour de Berlin. <sup><a href="#note714" id="text714">714</a></sup></p>



<p>Accompagné de sa fille Eve, Frank se rendit à plusieurs reprises à Vienne et réussit à gagner les faveurs de l’impératrice Marie-Thérèse (1717 &#8211; 1780), la dernière de la maison des Habsbourg, qui le considérait comme un diffuseur du christianisme parmi les Juifs.<sup><a href="#note715" id="text715">715</a></sup> L’époux de Marie-Thérèse, l’empereur François Ier (1708 &#8211; 1765), est le fils de Léopold, duc de Lorraine (1679 &#8211; 1729) et d’Élisabeth Charlotte d’Orléans, fille de Philippe Ier, duc d’Orléans et d’Élisabeth Charlotte, Madame Palatine. En tant que duc de Lorraine et de Bar, François hérite du titre de roi de Jérusalem de Charles Ier d’Anjou, par l’intermédiaire de René d’Anjou, fondateur de l’ordre de la Fleur de Lys et prétendu Grand Maître du Prieuré de Sion. François est également devenu le Grand Maître de la branche habsbourgeoise de l’Ordre de la Toison d’Or, qui s’est séparée de sa branche espagnole après la guerre de Succession d’Espagne. Leur mariage est à l’origine de la Maison de Habsbourg-Lorraine. Leur plus jeune enfant, l’archiduc Maximilien François d’Autriche (1756 &#8211; 1801), en plus d’être chevalier de l’Ordre de la Toison d’Or, était également Grand Maître de l’Ordre de la Fleur de Lys, fondé par René d’Anjou, ainsi que prétendu Grand Maître du Prieuré de Sion, ayant succédé à son oncle, le prince Charles Alexandre de Lorraine (1712 &#8211; 1780). La plus jeune fille de François et Marie-Thérèse était Marie-Antoinette, qui a été exécutée avec son mari Louis XVI de France en 1793, pendant la Révolution française.</p>



<p>Le baron von Hund (1722 – 1776), fondateur de la Stricte Observance, fut conseiller d’État de Marie-Thérèse et de son mari François Ier, ainsi que conseiller intime du mari du cousin germain de Marie-Thérèse, Auguste III de Pologne (1696 &#8211; 1763), de la branche albertine de la maison de Wettin, qui fut le parrain de Jacob Frank lors de son baptême.<sup><a href="#note716" id="text716">716</a></sup> On dit même que le fils aîné de Marie-Thérèse et François, Joseph II (1741 &#8211; 1790), aurait eu une liaison avec Eve.<sup><a href="#note717" id="text717">717</a></sup> Il est également possible que Frank ait rencontré son protecteur, le prince Wolfgang Ernst II d&rsquo;Isenburg-Birstein à Offenbach, par l’intermédiaire de Joseph II, dont il était l&rsquo;adjudant.<sup><a href="#note718" id="text718">718</a></sup></p>



<p>L’architecte des principes qui ont guidé le “despotisme bienveillant” de l’empereur Joseph II était Joseph von Sonnenfels (1732 &#8211; 1817), qui, avec Ignaz Edler von Born (1742 &#8211; 1791), était l’un des dirigeants de la loge des Illuminati, la célèbre loge maçonnique Zur wahren Eintracht, la fille aînée de la loge mère Trois Globes à Berlin, qui a fusionné en 1764 avec la Stricte-Observance.<sup><a href="#note719" id="text719">719</a></sup> En 1771, von Born, qui était le principal scientifique du Saint-Empire romain germanique dans les années 1770, au siècle des Lumières, a été élu membre étranger de l’Académie royale suédoise des sciences et membre de la Royal Society. Sonnenfels était membre d’une famille sabbatéenne de Moravie convertie au christianisme. Le grand-père de Sonnenfels était le rabbin Michael Chasid et le père de Sonnenfels, le rabbin Lipman Perlin (1705 &#8211; 1768), était l’élève du rabbin Eybeschütz à Prague.<sup><a href="#note720" id="text720">720</a></sup></p>



<p>Johann Christoph von Wöllner (1732 &#8211; 1800), membre de la Stricte Observance, et Johann Rudolf von Bischoffwerder (1741 &#8211; 1803), sont les principaux responsables de l’intronisation de Frédéric-Guillaume II dans la Rose-Croix d’Or. L’Ordre de la Rose-Croix d’or et de la Rose, dit « Rose-Croix d’or », a été fondée en 1747 ou 1757 à Berlin, comme un renouveau des Rose-Croix du XVIIe siècle organisés en 1710 par Sincerus Renatus. De 1766 à 1781, Wöllner travaille comme employé de la Allgemeine deutsche Bibliothek, fondée par l’éditeur Illuminati Friedrich Nicolai (1733 &#8211; 1811). Wöllner devient membre de la Loge Zur wahren Eintracht en 1768. Bischoffwerder était également un ami de Wolf Eybeschütz, le fils du rabbin crypto-sabbatéen Jonathan Eybeschütz.<sup><a href="#note721" id="text721">721</a></sup> Bischoffwerder devint membre de l’Ordre de la Rose-Croix d’or et de la Rose à Berlin-Potsdam et, avec l’aide de Wöllner, réussit à faire accepter Frédéric Guillaume II dans l’ordre en 1781 sous le nom d’Ormerus Magnus.</p>



<p>Parmi les connaissances du fils du rabbin Eybeschütz, Wolf, qui suivait ouvertement les frankistes, figuraient également des membres de la famille Dobruschka.<sup><a href="#note722" id="text722">722</a></sup> Wöllner et von Bischoffwerder étaient également membres des Frères asiatiques, fondés par Moses Dobruschka (1753 &#8211; 1794), le cousin de Jacob Frank.<sup><a href="#note723" id="text723">723</a></sup> Sous le nom de Franz Thomas von Schoenfeld, Dobruschka entra dans la franc-maçonnerie autrichienne et se lia avec Hans Heinrich von Ecker und Eckhoffen (1750 &#8211; 1790), qui avait été l’un des dirigeants de la Rose-Croix d’Or. Expulsé de l’ordre en 1780, Eckhoffen crée les Ritter des Lichts (“Chevaliers de la lumière”) ou Fratres Lucis (“Frères de la lumière”), réorganisés plus tard en 1781 sous le nom de Frères asiatiques. <sup><a href="#note724" id="text724">724</a></sup></p>



<p>Le nom complet de l’ordre était les Chevaliers et Frères de Saint-Jean l’Évangéliste d’Asie en Europe. Les réunions des Frères asiatiques étaient appelées loges Melchizédek et, contrairement à d’autres ordres maçonniques, elles permettaient aux Juifs d’y adhérer, ainsi qu’aux Turcs, aux Persans et aux Arméniens. Les Frères asiatiques étaient influencés par les idées de Saint-Martin, qu’Ecker et Schoenfeld avaient rencontré, et selon Gershom Scholem, ils mélangeaient des idées kabbalistiques et sabbatéennes avec des idées théosophiques chrétiennes.<sup><a href="#note725" id="text725">725</a></sup> Selon Franz J. Molitor (1779 &#8211; 1860), membre de l’ordre, les initiés juifs s’inspiraient des traditions théurgiques de “Sabbataï Tsevi, Falk (le Baal Shem de Londres), Frank et leurs semblables”. <sup><a href="#note726" id="text726">726</a></sup></p>



<p>Selon G. van Rijnberk, qui s’appuie sur les archives de la famille, le prince Charles de Hesse-Kassel, qui devint Grand Maître des Frères asiatiques, introduisit pour la première fois le symbole bouddhiste de la svastika dans les Frères asiatiques &#8211; pour représenter la doctrine de la réincarnation, car elle était similaire à une croyance appelée Gilgul dans la Kabbale &#8211; à côté de l’étoile de David, le symbole sabbatéen de l’Ordre, introduit par Dobruschka.<sup><a href="#note727" id="text727">727</a></sup> Des interprétations modernes ont attribué l’utilisation de l’étoile de David à l’influence du Zohar par l’intermédiaire d’Isaac Louria, qui l’a identifiée à “l’homme primordial et au monde des émanations”.<sup><a href="#note728" id="text728">728</a></sup> Cependant, comme l’a souligné Scholem, l’étoile à six branches n’est pas un véritable symbole juif, mais un talisman magique associé à la magie de la Kabbale pratique, où elle est connue sous le nom de Sceau de Salomon.<sup><a href="#note729" id="text729">729</a></sup> L’identification la plus ancienne du symbole avec David se trouve dans le Livre du Désir, qui est une interprétation des soixante-dix noms magiques de Metatron, Prince de la Présence Divine, par Eleazar de Worms (vers 1176 &#8211; 1238) ou l’un de ses disciples.<sup><a href="#note730" id="text730">730</a></sup> Jusqu’au XVIIe siècle, le pentagramme à cinq branches et les étoiles à six branches étaient désignés par le même nom, le “sceau de Salomon”, mais peu à peu, l’étoile de David ne s’appliqua plus qu’à l’étoile à six branches. L’utilisation officielle de l’étoile de David a commencé à Prague et s’est étendue de là à la Moravie et à l’Autriche, bastions du sabbatéisme. C’est sous l’influence du rabbin Eybeschütz que l’étoile de David devient finalement un symbole messianique.<sup><a href="#note731" id="text731">731</a></sup> Une protestation déposée au congrès de Wilhelmsbad en 1782 dénonce Ecker comme un faux chrétien et un magicien qui s&rsquo;adonne à l&rsquo;occultisme. Le prince Johann Baptist Karl von Dietrichstein, grand maître des loges autrichiennes, et Ignaz von Born, persuadent Joseph II de promulguer le Freimaurerpatent (1785), qui place la franc-maçonnerie sous la protection de l’empereur, mettant fin à la présence des Frères asiatiques dans la monarchie des Habsbourg. Dans l&rsquo;année qui suit, les frères quittent l&rsquo;Autriche pour s&rsquo;installer dans le Schleswig. C&rsquo;est à cette époque que Moïse Dobruschka quitte l&rsquo;ordre et s&rsquo;installe à Vienne. Il est toutefois possible qu&rsquo;il ait changé d&rsquo;allégeance et rejoint les Illuminati, puisque de 1786 à 1790, les anciens membres de l&rsquo;ordre constituaient la force dominante de la franc-maçonnerie morave. Il existe également des preuves que le frère aîné de Moïse, Carl, était membre des Illuminati.<sup><a href="#note732" id="text732">732</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">La Flûte enchantée</h2>



<p>Bien que le terme “musique classique” englobe toute la musique occidentale depuis l’époque médiévale jusqu’au début des années 2010, l’ère classique est la période de la musique occidentale des années 1750 au début des années 1820, l’époque de Wolfgang Amadeus Mozart (1756 &#8211; 1791), de son ami et mentor Joseph Haydn (1732 &#8211; 1809), et de son élève Ludwig van Beethoven (1770 &#8211; 1827). L’empereur Joseph II soutenait les arts, et surtout des compositeurs comme Antonio Salieri (1750 &#8211; 1825) et Wolfgang Amadeus Mozart (1756 &#8211; 1791), qui fréquentaient également la loge Zur wahren Eintracht, dirigé par Sonnenfels et von Born.<sup><a href="#note733" id="text733">733</a></sup> Mozart était également un ami proche de Franz Anton Mesmer (1734 &#8211; 1815), un médecin et franc-maçon allemand, associé au comte Cagliostro, qui est devenu très populaire pour avoir induit artificiellement des états de transe, aujourd’hui connus sous le nom d’hypnotisme. Hans-Josef Irmen soupçonne Mozart d’avoir été membre des Frères asiatiques.<sup><a href="#note734" id="text734">734</a></sup> Le patron du célèbre “coureur de jupons” Giacomo Casanova (1725 &#8211; 1798), qui fréquentait la royauté européenne, les papes et les cardinaux, ainsi que des personnalités telles que Voltaire, Goethe et Mozart, était également lié aux Frères asiatiques. L’Histoire de ma vie de Casanova fait référence à Saint-Germain, Cagliostro et d’autres aventuriers. Casanova visite la loge maçonnique Zur aufgehenden Sonne im Orient (“Le soleil levant en Orient”) à Brünn, de la stricte observance templière, dont le Grand Maître est le comte von Salm-Reifferscheidt, fondateur de la Croix d’or et de rose, et qui avait été représentant de l’Autriche au Convent maçonnique de Wilhelmsbad en 1782.<sup><a href="#note735" id="text735">735</a></sup></p>



<p>Casanova était également un fervent adepte de diverses disciplines occultes et prétendait maîtriser la Kabbale.<sup><a href="#note736" id="text736">736</a></sup> Casanova se rendit à Brünn pour rencontrer Frank, dans le contexte de la scène maçonnique habsbourgeoise.<sup><a href="#note737" id="text737">737</a></sup> En 1793, il écrit à Eve Frank : “[J’ai été] un étudiant aussi assidu de cette vaste discipline que feu votre père”.<sup><a href="#note738" id="text738">738</a></sup> La loge comptait également deux membres de la famille Frank, qui soutenait les Juifs convertis et agissait en tant que mécène de Dobruschka.<sup><a href="#note739" id="text739">739</a></sup> Le mécène de Casanova, le comte Joseph Carl Emmanuel Waldstein, était associé à Wolf Eybeschütz.<sup><a href="#note740" id="text740">740</a></sup> Casanova a également eu des relations avec la famille Schönfeld. C’est le parrain de Dobruschka, Johann Ferdinand Edler von Schoenfeld, qui a publié le Soliloque d’un penseur et l’Histoire de ma fuite des prisons de la République de Venise de Casanova.<sup><a href="#note741" id="text741">741</a></sup> Casanova était également l’ami d’un autre franc-maçon, le comte Karl von Zinzendorf und Pottendor (1739 &#8211; 1813), neveu du comte Nicolaus Zinzendorf de l’Église morave. Karl était ministre privé des finances de l’empereur Joseph II. <sup><a href="#note742" id="text742">742</a></sup></p>



<p>À Vienne, avec l’aide du compositeur Salieri, Casanova rencontre l’empereur Joseph II, puis Mozart, chez le baron Wetzlar, un juif converti. Wetzlar soutient Mozart et veut aider Lorenzo Da Ponte (1749 &#8211; 1838), qui s’est converti au christianisme avec sa famille et a été baptisé en 1763.<sup><a href="#note743" id="text743">743</a></sup> Mozart a immortalisé son ancien mécène en incluant une référence comique à Mesmer dans son opéra Così fan tutte, ou, comme il est sous-titré, La Scuola Degli Amanti, c’est-à-dire “l’école des amoureux”.<sup><a href="#note744" id="text744">744</a></sup> Il est communément admis que Così fan tutte a été écrit et composé à la demande de l’empereur Joseph II.<sup><a href="#note745" id="text745">745</a></sup> Le livret de Così fan tutte de Mozart a été écrit par Da Ponte, qui a également écrit Don Giovanni et Les Noces de Figaro, un opéra basé sur une pièce de Pierre Beaumarchais (1732 &#8211; 1799), un autre franc-maçon. Da Ponte et Mozart étaient tous deux francs-maçons. Avec da Ponte, Emanuel Schikaneder (1751 &#8211; 1812), qui a écrit le livret de La Flûte enchantée, l’opéra maçonnique de Mozart, et de nombreux membres de haut rang de la noblesse et de l’armée, Mozart était un frère avec des droits égaux dans la loge maçonnique appelée Zur Wohltätigkeit.<sup><a href="#note746" id="text746">746</a></sup></p>



<p>Depuis quelque temps, la théorie veut que von Born, qui était un ami proche de Mozart, soit le prototype du personnage de Sarastro dans son opéra maçonnique, La Flûte enchantée.<sup><a href="#note747" id="text747">747</a></sup> Tous les personnages de la Flûte enchantée sont symboliques : Sarastro, hiérophante et dispensateur de lumière, est von Born, la Reine de la nuit est Marie-Thérèse, l’impératrice antimaçonnique, Monostatos, le méchant, est le clergé, Pamina est l’Autriche, tandis que le Néophyte est l’empereur Joseph II, qui a succédé à François Ier et qui, espérait-on à l’époque, envisageait de devenir franc-maçon.<sup><a href="#note748" id="text748">748</a></sup></p>



<p>Mozart lui-même était un ami d’Adam Weishaupt, le fondateur des Illuminati.<sup><a href="#note749" id="text749">749</a></sup> Une entrée dans l’album d’autographes de Johann Georg Kronauer, membre de la loge de Mozart, suggère que Mozart aurait lui-même été membre des Frères asiatiques.<sup><a href="#note750" id="text750">750</a></sup> Plusieurs membres des Frères asiatiques étaient également des amis et des bienfaiteurs de Mozart, notamment Karl Hieronymus Paul von Erdod, le prince Wenzel Paar, le comte Franz Joseph Thun und Hohenstein (1734 &#8211; 1800) et le baron Otto Heinrich von Gemmingen (1755 &#8211; 1836), qui était également membre des Illuminati.<sup><a href="#note751" id="text751">751</a></sup> En 1777 ou avant, Gemmingen devient Hofkammerrat à Mannheim, assumant un ensemble de fonctions dont Lessing vient de démissionner et qui s’étendent à la supervision du Théâtre national de Mannheim. En 1778, le projet de théâtre national devient réalité lorsque Wolfgang Heribert von Dalberg, frère de Karl Theodor von Dalberg, membre éminent des Illuminati, est nommé intendant du théâtre national de Mannheim. Friedrich Schiller, dont la pièce Intrigue et Amour fut clairement influencée par le Hausvater de Gemmingen, écrivit avec effusion à Dalberg, lui demandant de faire l’éloge de l’auteur de l’œuvre.<sup><a href="#note752" id="text752">752</a></sup> Soutenu par d’autres francs-maçons influents, Gemmingen tente de soutenir les réformes de Joseph II, en s’appuyant sur ses contributions aux revues politiques hebdomadaires Weltmann et Wahrheiten, dont il devient rédacteur en chef en 1783. D’autres francs-maçons y contribuent et on y retrouve certaines des idées des Illuminati.<sup><a href="#note753" id="text753">753</a></sup></p>



<p>Le comte von Thun figure sur la liste des contacts de Wolf Eybeschütz.<sup><a href="#note754" id="text754">754</a></sup> Le comte von Thun und Hohenstein, qui était l’un des alchimistes et rosicruciens les plus célèbres de Vienne, a servi comme Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix d’or et de la Rose et a pratiqué à la fois le mesmérisme mystique et la canalisation des esprits.<sup><a href="#note755" id="text755">755</a></sup> Le comte von Thun, qui devint plus tard chambellan impérial, épousa la comtesse Maria Wilhelmine von Thun und Hohenstein, née comtesse von Ulfeldt, une aristocrate viennoise connue pour être l’hôtesse d’un salon exceptionnel sur le plan musical et intellectuel. L’empereur Joseph II séjournait souvent incognito dans la maison.<sup><a href="#note756" id="text756">756</a></sup> Considérée comme une “fine pianiste”, elle était la mécène de Mozart et de Beethoven. <sup><a href="#note757" id="text757">75</a></sup></p>



<p> La fille de la comtesse Maria Wilhelmine, Maria Christiane Josepha, a épousé Karl Alois, prince Lichnowsky (1758 &#8211; 1814), chambellan de la cour impériale, musicien et compositeur, ami et mécène de Beethoven et de Mozart. Lichnowsky était membre des loges viennoises Zur Wohltätigkeit et Zur Wahrheit. Avec Mozart, Lichnowsky fit un mystérieux voyage à Berlin au printemps 1789, où ils rencontrèrent le monarque rosicrucien Frédéric-Guillaume II. Nicholas Till, biographe de Mozart, suggère que “l’explication la plus probable est que Lichnowsky et Mozart se sont rendus à Berlin à l’invitation de Frédéric-Guillaume en tant qu’émissaires rosicruciens de Vienne”. <sup><a href="#note758" id="text758">758</a></sup> Beethoven a été profondément influencé par l’œuvre de Mozart, qu’il a connu dès son adolescence.<sup><a href="#note759" id="text759">759</a></sup> Selon Maynard Solomon, “le nom de Beethoven n’apparaît pas sur les listes de membres d’une quelconque société maçonnique ou fraternelle, et on n’a jamais prétendu qu’il appartenait à une loge ou à un ordre spécifique”.1 Néanmoins, Solomon estime qu’il existe “de nombreuses indications des liens étroits de Beethoven avec les francs-maçons et les illuministes” et “une variété de remarques et d’allusions dans les lettres et autres écrits de Beethoven qui peuvent avoir des connotations maçonniques”.<sup><a href="#note760" id="text760">760</a></sup> Beethoven était associé à la Société de lecture de Bonn, qui était exclusivement contrôlée par d’anciens membres des Illuminati. À la mort de l’empereur Joseph II, la société a demandé à Beethoven de composer une cantate en l’honneur de l’empereur.<sup><a href="#note761" id="text761">761</a></sup> Joseph von Sonnenfels est également le dédicataire de la Sonate pour piano n° 15, opus 28, publiée en 1801.<sup><a href="#note762" id="text762">762</a></sup> Le frère de Joseph II, Maximilien de Lorraine, prétendu Grand Maître du Prieuré de Sion, s’intéressait vivement aux arts, en particulier à la musique, et comptait parmi ses protégés Mozart, Haydn et Beethoven, qui, dans ses jeunes années, avait l’intention de dédier sa première symphonie à Maximilien, malheureusement décédé avant son achèvement.<sup><a href="#note763" id="text763">763</a></sup> Beethoven a utilisé le thème musical de la prière hébraïque séculaire Kol Nidre pour le sixième mouvement de son Quatuor en do dièse mineur, qu’il a composé l’année suivante. Kol Nidre est la prière d’ouverture du Yom Kippour, le jour du Grand Pardon, le jour le plus sacré de l’année dans la religion juive.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La maison Romanov</h2>



<p>Saltykoff, l’un de ses nombreux pseudonymes, est le nom que le comte Saint-Germain a pris lorsqu’il était général russe et qu’il a participé à une conspiration lorsque l’armée russe a aidé la Grande Catherine (1729 &#8211; 1796) à usurper le trône de son mari Pierre III de Russie (1728 &#8211; 1762), de la maison Romanov.<sup><a href="#note764" id="text764">764</a></sup> Avant leur accession au pouvoir au XVIIe siècle, les Romanov étaient accusés par leurs ennemis de pratiquer la magie et de posséder des pouvoirs occultes.<sup><a href="#note765" id="text765">765</a></sup> Mikhaïl Romanov (1596 &#8211; 1645), premier tsar de la dynastie Romanov, serait monté sur le trône avec l’aide des services secrets britanniques et du fils de John Dee, Arthur (1579 &#8211; 1651).<sup><a href="#note766" id="text766">766</a></sup> Arthur avait accompagné son père dans ses voyages en Allemagne, en Pologne et en Bohême. En 1586, le tsar Boris Godounov (v. 1551 &#8211; 1605), dont la carrière avait débuté à la cour d’Ivan le Terrible, avait proposé au père d’Arthur, John Dee, qui était conseiller mathématique de la Compagnie de Moscovie, d’entrer à son service, offre que Dee avait déclinée.<sup><a href="#note767" id="text767">767</a></sup></p>



<p>Le fils de Mikhaïl, Alexis de Russie (1629 &#8211; 1676), fut confié à son tuteur Boris Morozov, un boyard corrompu et égoïste, et fut accusé de sorcellerie.<sup><a href="#note768" id="text768">768</a></sup> Une tradition russe veut que le fils d’Alexis, Pierre le Grand (1672 &#8211; 1725), ait été initié par Sir Christopher Wren et ait introduit la franc-maçonnerie dans son royaume.<sup><a href="#note769" id="text769">769</a></sup> Le fils de Pierre le Grand, Alexei Petrovich, tsarévitch de Russie (1690 &#8211; 1718), épousa Charlotte Christine de Brunswick-Wolfenbüttel, l’arrière-petite-fille d’Auguste le Jeune, duc de Brunswick-Lüneburg, ami de Johann Valentin Andreae, auteur présumé des manifestes rosicruciens, et du rabbin Templo, auteur de la célèbre maquette du Temple de Jérusalem, dont le dessin des chérubins a servi de base aux armoiries de la Grande loge des Anciens.</p>



<p>La lignée masculine directe des Romanov s’est éteinte à la mort de la fille de Pierre le Grand, l’impératrice Élisabeth de Russie, en 1762. La maison de Holstein-Gottorp, une branche cadette de la maison allemande d’Oldenburg qui régnait au Danemark, est alors montée sur le trône en la personne de Pierre III de Russie. La seconde épouse de Pierre était sa cousine au second degré, Catherine la Grande, qui lui succéda en tant qu’impératrice de Russie de 1762 à 1796. Leur fils, le tsar Paul Ier (1754 &#8211; 1801), rendit visite à Jacob Frank à Vienne, où il développait des liens étroits avec les communautés maçonniques. Jacob Frank a aussi délibérément entretenu la rumeur selon laquelle sa fille Eve était la fille illégitime de Catherine.<sup><a href="#note770" id="text770">770</a></sup> Catherine est également l’auteur d’une satire intitulée Obmanshchik (“Le trompeur”), dans laquelle le protagoniste Kalifalkzherston est un amalgame intentionnel de Cagliostro et du rabbin Falk.</p>



<p>La Grande Catherine est considérée comme l’un des “monarques éclairés”, car elle a mis en œuvre plusieurs réformes politiques et culturelles au nom des Illuminati. Catherine soupçonnait les francs-maçons de monter son fils Paul contre elle et d’être un instrument aux mains de son ennemi, Frédéric II le Grand, le roi de Prusse. Dans les années 1780, les enseignements de l’Ordre de la Croix d’Or et de la Croix Rose furent apportés d’Allemagne en Russie par deux martinistes, Nikolay Novikov (1744 &#8211; 1818) et Johann Georg Schwarz (1751 &#8211; 1784), et devinrent un mouvement important de la franc-maçonnerie russe. Le duc Ferdinand de Brunswick invita Schwarz à participer au Convent maçonnique de Wilhelmsbad en 1782, où la Russie fut reconnue comme huitième province autonome du Rite de la stricte observance, avec Novikov comme président et Schwarz comme chancelier. Schwarz avait été envoyé en Allemagne l’année précédente avec pour mission de s’affilier à la Loge des Trois Globes à Berlin, qui était devenue au cours de ces années le centre de la Rose-Croix d’Or, dirigée par Johann Christoph von Wöllner.<sup><a href="#note771" id="text771">771</a></sup> Peu après, Schwarz rencontre le duc Ferdinand de Brunswick, grand maître de toutes les loges écossaises d’Allemagne, qui accepte l’indépendance des loges russes. Schwarz subit également l’influence de Willermoz et rejoint, avec Novikov, les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte. C’est en grande partie grâce au système de Schwarz que le martinisme devint largement à la mode en Russie.<sup><a href="#note772" id="text772">772</a></sup></p>



<p>En plus d’être franc-maçon, Paul était également Grand Maître de l’Ordre Souverain de Saint-Jean de Jérusalem (SOSJ), qui fait partie de la tradition russe des Chevaliers Hospitaliers, issus des Chevaliers de Malte.<sup><a href="#note773" id="text773">773</a></sup> Lorsque Paul est assassiné en 1801, son fils Alexandre Ier (1777 &#8211; 1825) lui succède et c’est sous son règne que les sociétés secrètes exercent leur plus grande influence à la cour de Russie. Après sa victoire sur Napoléon, qui avait attaqué la Russie en 1812, qu’il considère comme une intervention divine, Alexandre s’intéresse au mysticisme, notamment aux écrits de Boehme, Swedenborg, Saint-Martin et de l’Illuminatus Karl von Eckartshausen (1752 &#8211; 1803). Il a été suggéré que la vision d’Alexander de la Sainte-Alliance a également été inspirée par sa lecture d’Eckartshausen et par ses contacts avec Heinrich Jung-Stilling et avec le mystique chrétien bavarois Franz von Baader (1765 &#8211; 1841). <sup><a href="#note774" id="text774">774</a></sup> Alexander avait subi l’influence de Madame von Krüdener (1764 &#8211; 1824), célèbre médium, élève de l’Emmanuel Swedenborg, qui l’aida à comprendre l’œuvre d’Eckartshausen.<sup><a href="#note775" id="text775">775</a></sup> Elle a eu une influence sur le Réveil suisse, un mouvement de renouveau au sein de l’Église réformée suisse de Suisse occidentale et de certaines communautés réformées du sud-est de la France, initié par des missionnaires de l’Église morave qui avaient déjà fait des efforts.<sup><a href="#note776" id="text776">776</a></sup> Grâce à ses contacts avec Alexandre, elle et Henri-Louis Empaytaz, membre du Réveil, sont en partie responsables des aspects religieux de la Sainte-Alliance, la coalition liant les monarchies de Russie, d’Autriche et de Prusse, créée après la défaite finale de Napoléon sur l’ordre d’Alexandre Ier et signée à Paris en 1815.<sup><a href="#note777" id="text777">777</a></sup></p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aoL2KW3k1M"><a href="https://egregoor.com/2024/12/23/xi-la-revolution-americaine-sionisme-de-david-livingstone/">XI. La révolution américaine – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XI. La révolution américaine – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2024/12/23/xi-la-revolution-americaine-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=tfnjU0ESFB#?secret=aoL2KW3k1M" data-secret="aoL2KW3k1M" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="B1VO8m9V3Q"><a href="https://egregoor.com/2025/01/06/xiii-neoclassicisme-sionisme-de-david-livingstone/">XIII. Néoclassicisme – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XIII. Néoclassicisme – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2025/01/06/xiii-neoclassicisme-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=kJrCQtBuNc#?secret=B1VO8m9V3Q" data-secret="B1VO8m9V3Q" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><sup><a href="#text711" id="note711">711</a></sup> Mcintosh. Rose Cross et l’âge de raison.</p>



<p><sup><a href="#text712" id="note712">712</a></sup> “Johann August, Freiherr von Starck (1741-1816)”. The Bloomsbury Dictionary of Eighteenth-Century German Philosophers, éd. Heiner F. Klemme &amp; Manfred Kuehn (Bloomsbury, 2010).</p>



<p><sup><a href="#text713" id="note713">713</a></sup> Une enquête historique sur les Grandes Constitutions de 1786 (Francs-maçons. États-Unis. Rite écossais. Supreme Council for the Southern Jurisdiction, 1883), p. 144.</p>



<p><sup><a href="#text714" id="note714">714</a></sup> Albert Pike. Rite écossais ancien et accepté de la franc-maçonnerie : The Grand Constitutions and Regulations of 1762 (New York, Masonic Publishing Company), p. 164.</p>



<p><sup><a href="#text715" id="note715">715</a></sup> Ben Zion Wacholder, “Jacob Frank and the Frankists Hebrew Zoharic Letters”. Hebrew Union College Annual, Vol. LIII (1982).</p>



<p><sup><a href="#text716" id="note716">716</a></sup> Lynn Picknett &amp; Clive Prince. The Sion Revelation : The Truth About the Guardians of Christ’s Sacred Bloodline (Simon and Schuster, 2006), p. 319.</p>



<p><sup><a href="#text717" id="note717">717</a></sup> Pawel Maciejko. “Les charlatans sabbatiens : les premiers cosmopolites juifs”. European Review of History-Revue européenne d’histoire, Vol. 17, No. 3 (juin 2010), p. 367.</p>



<p><sup><a href="#text718" id="note718">718</a></sup> Maciejko. The Mixed Multitude, p. 242.</p>



<p><sup><a href="#text719" id="note719">719</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text720" id="note720">720</a></sup> Maciejko. The Mixed Multitude, p. 195 n. 95.</p>



<p><sup><a href="#text721" id="note721">721</a></sup> Pawel Maciejko. “Les charlatans sabbatiens : les premiers cosmopolites juifs”. European Review of History-Revue europe’enne d’histoire, Vol. 17, No. 3 (juin 2010), p. 362. <sup><a href="#text722" id="note722">722</a></sup> Pawel Maciejko. “Portrait du kabbaliste en jeune homme”, p. 570.</p>



<p><sup><a href="#text723" id="note723">723</a></sup> Mcintosh. Rose Cross and the Age of Reason, p. 163 ; Jacob Katz. Jews and Freemasons in Europe 1723-1939 (Harvard University Press, 1970).</p>



<p><sup><a href="#text724" id="note724">724</a></sup> Godwin. The Theosophical Enlightenment, p. 121.</p>



<p><sup><a href="#text725" id="note725">725</a></sup> Mcintosh. Rose Cross and the Age of Reason, p. 168 ; Katz. Juifs et franc-maçonnerie en Europe.</p>



<p><sup><a href="#text726" id="note726">726</a></sup> Franz Joseph Molitor, cité dans Gershom Scholem. Du Frankisme au Jacobisme, Paris, Le Seul Gallimard, 1981, p. 39.</p>



<p><sup><a href="#text727" id="note727">727</a></sup> G. van Rijnberk. Épisodes de la vie ésotérique, 1780-1824 : Extraits de la correspondance inédite de J. B. Willermoz, du prince Charles de Hesse-Cassel et de quelques-uns de leurs contemporains, Lyon, Derain, 1948 ; Novak. Jacob Frank, p. 61.</p>



<p><sup><a href="#text728" id="note728">728</a></sup> Gershom Scholem (1949). “La curieuse histoire de l’étoile à six branches. Comment le ‘Magen David’ est devenu le symbole juif”. Commentaire. Vol. 8. pp. 244.</p>



<p><sup><a href="#text729" id="note729">729</a></sup> Ibid. pp. 243-251.</p>



<p><sup><a href="#text730" id="note730">730</a></sup> Ibid. pp. 247.</p>



<p><sup><a href="#text731" id="note731">731</a></sup> Ibid. pp. 247.</p>



<p><sup><a href="#text732" id="note732">732</a></sup> Maciejko. The Mixed Multitude, p. 228, n. 190.</p>



<p><sup><a href="#text733" id="note733">733</a></sup> Ibid. (Kindle Locations 5719-5720).</p>



<p><sup><a href="#text734" id="note734">734</a></sup> M.F.M. Van Den Berk. La Flûte enchantée (Leiden : Brill, 2004), p. 507.</p>



<p><sup><a href="#text735" id="note735">735</a></sup> Terry Melanson. “Les racines de l’Ordre hermétique de l’Aube dorée”. Conspiracy Archive (28 juillet 2015).</p>



<p><sup><a href="#text736" id="note736">736</a></sup> Casanova. L’histoire de ma vie, 2 : 195 ; Pawel Maciejko. La multitude mixte, pp. 222.</p>



<p><sup><a href="#text737" id="note737">737</a></sup> Maciejko. La multitude mixte, pp. 224-225.</p>



<p><sup><a href="#text738" id="note738">738</a></sup> Casanova. Briefwechsel, pp. 333-34 ; et Patrizi e avventurieri, pp. 416-17 ; Casanova. Histoire de ma vie, 2 : 195 ; Maciejko. La multitude mélangée, pp. 223.</p>



<p><sup><a href="#text739" id="note739">739</a></sup> Maciejko. La multitude mixte, pp. 224.</p>



<p><sup><a href="#text740" id="note740">740</a></sup> Maciejko. “Un portrait du kabbaliste en jeune homme”, pp. 521-576.</p>



<p><sup><a href="#text741" id="note741">741</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text742" id="note742">742</a></sup> P. G. M. Dickson (2007). “Count Karl von Zinzendorf’s ‘New Accountancy’ : the Structure of Austrian Government Finance in Peace and War, 1781-1791” (La nouvelle comptabilité du comte Karl von Zinzendorf : la structure des finances du gouvernement autrichien en temps de paix et de guerre, 1781-1791). International History Review. 29 (1), pp. 22-56.</p>



<p><sup><a href="#text743" id="note743">743</a></sup> Erol Araf. “Mozart, Casanova et un poète juif”. Nouvelles juives canadiennes (2 juin 2016).</p>



<p><sup><a href="#text744" id="note744">744</a></sup> Andrew Steptoe. “Mozart, Mesmer et Cosi Fan Tutte” Music &amp; Letters, 67, 3 (1986), pp. 248-255. </p>



<p><sup><a href="#text745" id="note745">745</a></sup> Bruce Alan Brown. W. A. Mozart : Così fan tutte (Cambridge University Press, 1995), p. 10.</p>



<p><sup><a href="#text746" id="note746">746</a></sup> Maynard Solomon. Mozart : A Life (HarperCollins, 1995), p. 321.</p>



<p><sup><a href="#text747" id="note747">747</a></sup> Ibid. (Kindle Locations 5858-5860).</p>



<p><sup><a href="#text748" id="note748">748</a></sup> Ibid. (Kindle Locations 5864-5867).</p>



<p><sup><a href="#text749" id="note749">749</a></sup> Katherine Thomson. The Masonic Thread in Mozart (Londres : Lawrence and Wishart, 1977), p. 14.</p>



<p><sup><a href="#text750" id="note750">750</a></sup> Nicholas Till. Mozart et les Lumières : Truth, Virtue and Beauty in Mozart’s Operas (W. W. Norton &amp; Company, 1995), p. 297.</p>



<p><sup><a href="#text751" id="note751">751</a></sup> Katz. Jews and Freemasonry, cité dans McIntosh. Rose Cross and the Age of Reason, p. 166.</p>



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<p><sup><a href="#text753" id="note753">753</a></sup> Ibid.</p>



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<p><sup><a href="#text755" id="note755">755</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text756" id="note756">756</a></sup> “Otto Heinrich von Gemmingen”. Epoche Napoleon. Extrait de <a href="https://www.epoche-napoleon.net/bio/g/gemmingen.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.epoche-napoleon.net/bio/g/gemmingen.html</a></p>



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<p><sup><a href="#text761" id="note761">761</a></sup> Ibid. (Kindle Locations 1432-1433).</p>



<p><sup><a href="#text762" id="note762">762</a></sup> Ibid. (emplacement Kindle 5720).</p>



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<p><sup><a href="#text764" id="note764">764</a></sup> Anonyme. Rituels des Fratres Lucis.</p>



<p><sup><a href="#text765" id="note765">765</a></sup> Howard. Sociétés secrètes, p. 113.</p>



<p><sup><a href="#text766" id="note766">766</a></sup> Mehmet Sabeheddin. “Le secret de l’Eurasie : la clé de l’histoire cachée et des événements mondiaux”. New Dawn (68).</p>



<p><sup><a href="#text767" id="note767">767</a></sup> Bernice Glatzer Rosenthal. The Occult in Russian and Soviet Culture (Cornell University, 1997), p. 46.</p>



<p><sup><a href="#text768" id="note768">768</a></sup> Walter Moss. Une histoire de la Russie : To 1917 (Anthem Press, 2002), pp. 163-166.</p>



<p><sup><a href="#text769" id="note769">769</a></sup> George William Speth. Royal Freemasons (Masonic Publishing Company, 1885), p. 70.</p>



<p><sup><a href="#text770" id="note770">770</a></sup> Rachel Elior. “Frank, Eva. Encyclopedia Judaica.</p>



<p><sup><a href="#text771" id="note771">771</a></sup> Boris Telepnef. Aperçu de l’histoire de la franc-maçonnerie russe (Éditions Kessinger, 2003), p. 21.</p>



<p><sup><a href="#text772" id="note772">772</a></sup> Mcintosh. Rose Cross and the Age of Reason (SUNY Press, 2012), pp. 153-154.</p>



<p><sup><a href="#text773" id="note773">773</a></sup> Schuchard, Marsha Keith. Pourquoi Mme Blake a pleuré.</p>



<p><sup><a href="#text774" id="note774">774</a></sup> McIntosh. The Rose Cross and the Age of Reason, p. 158.</p>



<p><sup><a href="#text775" id="note775">775</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text776" id="note776">776</a></sup> Léon Maury. Le Réveil religieux dans l’Église réformée à Genève et en France (Paris, 1892), pp. 316-319.</p>



<p><sup><a href="#text777" id="note777">777</a></sup> Timothy C.F. Stunt. From awakening to secession : radical evangelicals in Switzerland and Britain, 1815-35 (éd. illustrée), (Continuum International Publishing Group, 2000), p. 30.</p>
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		<title>XI. La Révolution américaine – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Dec 2024 20:58:02 +0000</pubDate>
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<p>Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre <em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d&rsquo;une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Philadelphie</h2>



<p>Les Grandes Constitutions Maçonniques de 1762 déclaraient qu’après la mort de Frédéric II le Grand, ses pouvoirs devaient être confiés à des Conseils Suprêmes du Rite dans le monde entier. Elles déclarent qu’il doit y avoir un tel Conseil suprême dans chaque Empire, Royaume ou État d’Europe, d’Afrique et d’Asie, mais deux Conseils suprêmes sur le continent nord-américain et deux Conseils suprêmes similaires sur le continent sud-américain. En 1761, le Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident avait accordé une patente à un juif français nommé Étienne Morin, le créant “Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde” (Grand Inspector for all parts of the New World), et signée par des fonctionnaires de la Grande Loge de Paris, sous l’autorité du Grand Maître, le comte de Clermont (1709 &#8211; 1771), arrière-petit-fils de Louis, Grand Condé, qui avait pour associés Menasseh ben Israël, Isaac La Peyrère et la Reine Christine. Morin fut investi du titre de “Grand Élu Parfait et Sublime Maître” et envoyé en Amérique par les “Empereurs” avec un mandat de la Grande Loge de Paris pour porter le “Rite de Perfection” en Amérique.<sup><a href="#note639" id="text639">639</a></sup> Les maçons américains recrutés dans le cadre de ce rite ont constitué le réseau qui a contribué à l’avènement de la Révolution américaine, la deuxième des grandes réussites politiques modernes des sociétés secrètes occultes. Philadelphie jouera un rôle déterminant dans la Révolution américaine en tant que lieu de rencontre des Pères fondateurs des États-Unis, qui signèrent la Déclaration d’indépendance en 1776 lors du deuxième Congrès continental, et la Constitution lors de la Convention de Philadelphie en 1787. Parmi les cinquante-six rebelles américains qui ont signé la Déclaration d’indépendance, seuls six n’étaient pas francs-maçons. Les signataires ont été influencés par les arguments de John Locke concernant la liberté et le contrat social. Au moment de son élection en 1789, Washington était Grand Maître de la Loge Alexandria n° 22 en Virginie.</p>



<p>Comme l’a noté Abba Eban, “les Juifs et le judaïsme ont joué un rôle important dans le succès de la révolution américaine et dans la croissance de la liberté religieuse aux États-Unis”.<sup><a href="#note640" id="text640">640</a></sup> Mikveh Israel, la plus ancienne congrégation juive de Philadelphie, a joué un rôle de premier plan dans ces événements. Elle a été fondée grâce aux contributions de Benjamin Franklin et de David Rittenhouse, astronome américain, inventeur et membre de la Royal Society de Londres.<sup><a href="#note641" id="text641">641</a></sup> Nombre de ses membres, ainsi que les synagogues sœurs de Shearith Israel à New York et de Beth Elohim à Charleston, ont été d’importants contributeurs à la cause de l’indépendance, et des francs-maçons responsables de la formation de la franc-maçonnerie de rite écossais. À l’époque, le nombre de Juifs vivant en Amérique dans les colonies était estimé à moins de 2 000 habitants.<sup><a href="#note642" id="text642">642</a></sup> Cependant, grâce à leur extraordinaire richesse et à leurs réseaux commerciaux internationaux, ils ont pu jouer un rôle dans les événements politiques à venir qui dépassait de loin leur maigre proportion par rapport à l’ensemble de la population.</p>



<p>La congrégation Shearith Israel, la plus ancienne congrégation juive des États-Unis, a été fondée par la nouvelle communauté qui est arrivée à la Nouvelle-Amsterdam, ce qui allait devenir New York, en 1654, la première migration juive organisée en Amérique du Nord. Au milieu des années 1640, environ 1 500 Juifs vivaient dans les régions du nord-est du Brésil contrôlées par les Hollandais. Ils y ont établi deux congrégations. Parmi elles, la congrégation de Zur Israel à Recife, dirigée par le premier rabbin américain Isaac Aboab da Fonseca (1605 &#8211; 1693), un rabbin kabbaliste qui avait été remplacé à Amsterdam par Menasseh ben Israel. En 1638, comme il avait du mal à subvenir aux besoins de sa femme et de sa famille à Amsterdam, Menasseh décida d’envoyer son beau-frère, Ephraim Soeiro, à Recife, la capitale de la colonie hollandaise, pour y faire du commerce, y compris l’achat d’esclaves africains.<sup><a href="#note643" id="text643">643</a></sup> Au début des années 1630, les Néerlandais, par l’intermédiaire de la West Indies Company, avaient conquis des Portugais une grande partie du nord-est du Brésil. Après avoir conquis les régions productrices de sucre du Brésil sur les Portugais, la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales a nommé Maurice, prince d’Orange, en 1636, gouverneur et commandant militaire de la colonie néerlandaise de Pernambuco, au Brésil. Maurice était le fils de Guillaume le Taciturne et d’Anna de Saxe, fille aînée de Philippe Ier, Landgrave de Hesse.</p>



<p>En 1654, un corps expéditionnaire portugais reprit Recife, forçant les Hollandais à abandonner le Brésil. Le départ des Hollandais entraîne celui de la population juive restante, environ 650 personnes, dont certaines retournent en Hollande et d’autres émigrent vers la colonie hollandaise de la Nouvelle-Amsterdam ou vers la colonie anglaise de la Barbade.<sup><a href="#note644" id="text644">644</a></sup> Le premier juif à s’installer à la Nouvelle-Amsterdam fut Jacob Barsimson, qui arriva en 1654 à bord du navire Pear Tree. Il fut suivi la même année par un groupe de 23 Juifs séfarades, réfugiés de familles fuyant les persécutions de l’Inquisition portugaise après la conquête de Recife. Selon les récits de Saul Levi Morteira et David Franco Mendes, ils ont ensuite été pris par des pirates espagnols pendant un certain temps, ont été volés, puis ont été détournés de leur route et ont finalement débarqué à la Nouvelle-Amsterdam.<sup><a href="#note645" id="text645">645</a></sup> Certains retournèrent à Curaçao, d’autres à Amsterdam, dont deux associés de Menasseh ben Israël, Isaac Aboab de Fonseca et Moses de Aguilar, qui devinrent tous deux des disciples de Sabbataï Tsevi.<sup><a href="#note646" id="text646">646</a></sup></p>



<p>Après avoir été chassés du Brésil, un certain nombre de Juifs et leur rabbin, Isaac Aboab da Fonseca, ont trouvé le chemin de la Jamaïque, qui entretenait des relations commerciales régulières avec Newport. En 1658, un groupe de Juifs s’installe à Newport en raison de la tolérance religieuse officielle de la colonie établie par Roger Williams. Ils fuyaient l’Inquisition en Espagne et au Portugal, mais n’avaient pas été autorisés à s’installer ailleurs. La congrégation de Newport est aujourd’hui connue sous le nom de Congrégation Jeshuat Israel et est la deuxième plus ancienne congrégation juive des États-Unis. Selon Samuel Oppenheim, “on peut dire que les Juifs ont eu l’honneur d’être parmi les premiers, sinon les premiers, à travailler sur les degrés de la maçonnerie dans ce pays, en les apportant avec eux à leur arrivée à Rhode Island en 1658”.<sup><a href="#note647" id="text647">647</a></sup></p>



<p>La synagogue Mikveh Israel, la plus ancienne congrégation juive de Philadelphie, a joué un rôle de premier plan dans la révolution américaine. Mikveh Israel était une congrégation sœur de la synagogue Bevis Marks de Londres, et nommée d’après Mikveh Israel, en hébreu “Espoir d’Israël”, le titre du livre de Menasseh ben Israel. Mikveh Israel a été fondée grâce aux contributions de Benjamin Franklin et de David Rittenhouse, un astronome américain, inventeur et membre de la Royal Society de Londres.<sup><a href="#note648" id="text648">648</a></sup> Nombre de ses membres, ainsi que les synagogues sœurs de Shearith Israel à New York et de Beth Elohim à Charleston, ont apporté une contribution importante à la cause de l’indépendance et ont été des francs-maçons responsables de la formation de la franc-maçonnerie de rite écossais. À l’époque, le nombre de Juifs vivant en Amérique dans les colonies était estimé à moins de 2 000 habitants.<sup><a href="#note649" id="text649">649</a></sup> Cependant, en raison de leur richesse relative et de leurs réseaux commerciaux internationaux, ils ont pu jouer un rôle dans les événements politiques à venir qui dépassait de loin leur nombre par rapport à la population globale.</p>



<p>Selon James Arcuri, auteur d’une biographie intitulée For God and Country : A Spy and A Patriot, Haym Salomon gave his Fortune and his life for Liberty and The Cause, Haym Salomon (1740 &#8211; 1785), homme d’affaires juif américain d’origine polonaise et membre du Mikveh Israel qui a financé la révolution américaine, était un agent de la maison Rothschild, malgré le fait qu’ils soutenaient simultanément les Britanniques dans le camp opposé du même conflit. Une légende veut que, lors de la conception du Grand Sceau, le président George Washington ait demandé à Haym Salomon quelle compensation il souhaitait en échange de son importante contribution. Washington aurait répondu qu’il ne voulait rien pour lui, mais qu’il voulait quelque chose pour son peuple. Bien qu’il n’y ait aucune preuve, il existe une théorie selon laquelle les treize étoiles représentant les colonies sur le sceau ont été disposées en forme d’étoile de David en commémoration des contributions de Salomon.<sup><a href="#note650" id="text650">650</a></sup></p>



<p>Salomon rejoint la branche new-yorkaise des Fils de la Liberté, une société secrète composée en grande partie de francs-maçons et à l’origine de la Boston Tea Party.<sup><a href="#note651" id="text651">651</a></sup> Les Fils de la Liberté planifiaient leurs activités à la Taverne du Dragon Vert à Boston, connue par les historiens comme le “Quartier Général de la Révolution”. Andrews Lodge of Freemasons en 1766.<sup><a href="#note652" id="text652">652</a></sup> Les francs-maçons utilisaient le premier étage pour leurs salles de réunion, avec à leur tête le Grand Maître Joseph Warren, suivi de John Hancock. C’est de là que le franc-maçon Paul Revere fut envoyé à Lexington pour sa fameuse chevauchée de minuit, destinée à alerter la milice coloniale, en avril 1775, de l’approche des forces britanniques avant les batailles de Lexington et de Concord, lorsqu’il annonça, on s’en souvient, “Les Britanniques arrivent !”. En 1781, il commence à travailler intensivement avec Robert Morris (1734 &#8211; 1806), le surintendant des finances nouvellement nommé pour les treize colonies. Les activités de courtage de Salomon deviennent si importantes qu’il est le premier déposant de la Bank of North America de Robert Morris. De 1781 à 1784, Salomon occupe le poste de surintendant des finances des États-Unis, ce qui lui vaut le surnom de “financier de la révolution”. Il accorde des prêts privés à d’éminents hommes d’État tels que James Madison, Thomas Jefferson, le général Arthur St. Clair et James Monroe, dont il ne prend pas les intérêts.<sup><a href="#note653" id="text653">653</a></sup> Salomon a également soutenu personnellement plusieurs membres du Congrès continental pendant leur séjour à Philadelphie, notamment James Madison et James Wilson. Au total, Salomon aurait contribué à l’effort de guerre révolutionnaire à hauteur de 650 000 dollars (plus de 9,4 milliards de dollars de 2017).<sup><a href="#note654" id="text654">654</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Shearith Israël</h2>



<p>Jacob Franks (1688 &#8211; 1769), né à Londres et arrivé à New York en 1708 ou 1709, était l’un des administrateurs du terrain de Mill Street où a été construite la synagogue Shearith Israel. Il devient citoyen libre de New York en 1711. Un an plus tard, il épouse Abigail Bilhah Levy, fille de Moses Levy, un riche marchand, anciennement marrane né en Espagne.<sup><a href="#note655" id="text655">655</a></sup> En tant que marchand, Franks avait agi comme agent du roi d’Angleterre et approvisionné les troupes britanniques à New York et dans les colonies du Nord.<sup><a href="#note656" id="text656">656</a></sup> Franks s’établit dans une variété de métiers, y compris “le commerce des esclaves, le corsage, le commerce général et le transport maritime”, et devint assez riche.<sup><a href="#note657" id="text657">657</a></sup> Moses Levy et Jacob Franks étaient copropriétaires du navire négrier Abigail, et avec Adolphe Philipse et John Van Cortlandt, deux autres marchands prospères de New York d’origine hollandaise, ils étaient copropriétaires du navire Charlotte avec John Van Cortlandt.<sup><a href="#note658" id="text658">658</a></sup> Moses Levy devient le pumas, ou président, de Shearith Israel. Jacob Franks succéda à son beau-père en tant que parnas de Shearith Israel, poste qu’il occupait lorsque la synagogue fut inaugurée en 1730.</p>



<p>Franks et Levy ont noué des relations avec plusieurs marchands, dont Thomas Hyam, un marchand de Philadelphie qui était l’agent de la famille Penn.<sup><a href="#note659" id="text659">659</a></sup> En septembre 1752, le Myrtilla, un navire appartenant à Levy et Franks, a accosté dans le port de Philadelphie et a livré l’un des symboles les plus importants et les plus reconnaissables de la liberté américaine, la Liberty Bell. L’Assemblée générale de Philadelphie avait décidé de construire une maison d’État, l’actuelle Independence Hall. En 1751, une lettre a été adressée à Robert Charles, l’agent colonial de Pennsylvanie qui travaillait à Londres, afin qu’il achète une cloche pour la State House. La cloche a été commandée pour commémorer le cinquantième anniversaire de la Charte des privilèges de William Penn (1701), qui évoque les libertés religieuses, les positions libérales sur les droits des Amérindiens et l’inclusion des citoyens dans la promulgation des lois.</p>



<p>Levy et Franks avaient des relations d’affaires dans tout le monde atlantique, et leur partenariat a renforcé les liens entre des familles déjà étroitement associées par des alliances matrimoniales qui soutenaient leur commerce. Le cimetière Mikveh Israel était à l’origine un cimetière privé pour la famille du fils de Moïse, Nathan Levy (1704 &#8211; 1753), issu d’une grande et importante famille juive d’Angleterre, et fondateur de la communauté juive de Philadelphie. Né à New York, Levy s’installa très jeune à Philadelphie où il se lança dans les affaires avec son neveu David Franks (1720 &#8211; 1794), sous le nom de Levy &amp; Franks, la première maison de commerce juive de Philadelphie. La sœur cadette de la fille de Moïse, Abigail, Rachel, épouse Isaac Mendes Seixas (1709 &#8211; 1781), un ancien marrane venu de Lisbonne à New York en passant par la Barbade.</p>



<p>La sœur de David Franks, Phila (Bilhah), a épousé un païen, le major-général Oliver De Lancey (1718 &#8211; 1785), dont la mère était Anne van Cortlandt (1676 &#8211; 1724), troisième enfant de Gertrude Schuyler (née en 1654) et de Stephanus van Cortlandt (1643 &#8211; 1700), juge en chef de la province de New York. Les ancêtres et les liens de la famille Schuyler ont joué un rôle dans plusieurs grandes familles américaines, notamment la famille Livingston, la branche Oyster Bay de la famille Roosevelt, la famille Bayard, la famille Bush et la famille Kean, entre autres. De Lancey était un marchand, un politicien et un soldat loyaliste pendant la guerre d’Indépendance américaine. De Lancey est membre du conseil exécutif provincial de 1760 jusqu’à la guerre d’Indépendance américaine. En 1768, il s’allie à Isaac Sears et aux Fils de la Liberté.</p>



<p>Franks et son épouse Margaret Evans (1720 &#8211; 1780), issue d’une des familles chrétiennes de Philadelphie, jouissaient d’une grande notoriété sociale dans la ville. Franks était un chrétien pratiquant depuis plusieurs années avant son mariage. Pendant le conflit, Franks se fait remarquer par sa loyauté à la cause britannique, étant l’agent anglais chargé des prisonniers. La fille de Franks, également nommée Abigail, épouse Andrew Hamilton (c.1676 &#8211; 1741), procureur général de Pennsylvanie en 1768, et neveu du gouverneur James Hamilton (1710 &#8211; 1783), fils du célèbre avocat américain Andrew Hamilton, (c.1676 &#8211; 1741), qui était proche de la famille Penn. L’autre fille de Franks, Rebecca, épousa Sir Henry Johnson (1748 &#8211; 1835), alors lieutenant-colonel puis général de l’armée britannique, et participa à la “Mischianza”, la célèbre fête donnée en l’honneur du général Howe, commandant en chef des forces britanniques en Amérique, lors de l’occupation britannique de Philadelphie.</p>



<p>Michael Gratz (1740 &#8211; 1811) a été Parnas de Mikveh Israel de 1784 à 1785. Michael arrive d’Allemagne en 1758, à la suite de son frère aîné, Bernard, qui était auparavant apprenti chez David Franks. Ensemble, ils mettent en place un service de cabotage entre la Nouvelle-Orléans et le Québec. Les guerres françaises et indiennes perturbent le transport maritime et poussent les frères à se lancer dans le commerce frontalier en Pennsylvanie, dans l’Illinois et dans le Kentucky. Avec David Franks, Mathias Bush et d’autres, ils signent les Résolutions de non-importation de 1765 pour protester contre le Stamp Act. Plus tard, les frères Gratz ont approvisionné l’armée continentale. Pendant l’occupation britannique de Philadelphie, l’entreprise s’installe à Lancaster, où réside le beau-père de Michael Gratz, Joseph Simon.</p>



<h2 class="wp-block-heading">King David Lodge</h2>



<p>Morin, qui avait été impliqué dans la maçonnerie de haut degré à Bordeaux, retourna aux Antilles en 1762 ou 1763, à Saint-Domingue, où il répandit les hauts degrés à travers les Antilles et l’Amérique du Nord. Morin, agissant sous l’autorité de Frédéric II de Prusse, nomma Henry Andrew Francken (1720 &#8211; 1795) comme Grand Inspecteur Général Adjoint (DGI), qui fut le plus important assistant de Morin dans la diffusion des degrés dans le Nouveau Monde.<sup><a href="#note660" id="text660">660</a></sup> Francken se rendit à New York en 1767 où il accorda un brevet pour la formation d’une Loge de Perfection à Albany, qui fut appelée “Ineffable Lodge of Perfection”.<sup><a href="#note661" id="text661">661</a></sup> Pendant son séjour à New York, Francken communiqua également les degrés à l’homme d’affaires juif Moses Michael Hays (1739 &#8211; 1805), la principale figure juive liée aux débuts de la maçonnerie aux États-Unis.<sup><a href="#note662" id="text662">662</a></sup> La famille Hays était l’une des plus importantes familles juives de New York et avait des liens avec d’autres riches familles juives des colonies par le biais de mariages. Hays était un membre éminent de Shearith Israel, où il a occupé les fonctions de second Parnas et d’administrateur.<sup><a href="#note663" id="text663">663</a></sup> En 1769, Hays a créé la King David’s Lodge of Freemasons à New York, la plus ancienne loge maçonnique juive du pays.<sup><a href="#note664" id="text664">664</a></sup> Cependant, l’année suivante, il déménagea avec sa famille à Newport et utilisa le même mandat pour transférer la King David Lodge. <sup><a href="#note665" id="text665">665</a></sup></p>



<p>Pour leur première réunion, Moses Mendes Seixas et David Lopez ont assumé les fonctions de premier et de second surveillants.<sup><a href="#note666" id="text666">666</a></sup> La communauté juive de Newport a prospéré avant la Révolution américaine et comprenait des familles telles que Rivera, Lopez, Hart, Seixas, Levy, Pollock, deToro (Touro), Gomez et Hays. Seixas, qui organisa la Banque de Rhode Island en 1796, aida Hays à fonder la King David Lodge à Newport, et fut Grand Maître de l’Ordre maçonnique de Rhode Island.<sup><a href="#note667" id="text667">667</a></sup> Seixas est devenu le président de l’historique synagogue Touro de Newport, Rhode Island, le plus ancien bâtiment synagogal encore debout aux États-Unis. La synagogue Touro a été construite de 1759 à 1763 pour la congrégation Jeshuat Israel de Newport sous la direction du beau-frère de Hays, Hazzan Isaac Touro (1738 &#8211; 1783), dont la famille est arrivée en Amérique depuis Amsterdam via les Antilles, bien qu’originaire d’Espagne où le nom de famille était “de Toro”. La synagogue Touro a été conçue par Peter Harrison (1716 &#8211; 1775), un architecte colonial américain réputé pour avoir introduit le mouvement architectural palladien dans les colonies. En juin 1776, Hays souscrit à une déclaration affirmant son allégeance aux treize colonies américaines nouvellement indépendantes. Le mois suivant, le 12 juillet 1776, Hays est convoqué devant une commission de l’Assemblée générale du Rhode Island pour signer un test supplémentaire de loyauté envers le régime révolutionnaire, un serment demandé uniquement à ceux qui sont soupçonnés d’hostilité envers le nouveau gouvernement américain. Cinq jours plus tard, il envoie à l’Assemblée générale une lettre justifiant sa position :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Nous, les souscripteurs, déclarons solennellement et sincèrement que nous croyons que la guerre de résistance et d’opposition dans laquelle les colonies américaines unies sont actuellement engagées contre les flottes et les armées de la Grande-Bretagne est, de la part desdites colonies, juste et nécessaire, et que nous n’apporterons pas, directement ou indirectement, d’aide de quelque sorte que ce soit auxdites flottes et armées pendant la durée de la présente guerre, mais que nous aiderons de tout cœur à la défense des colonies unies. <sup><a href="#note668" id="text668">668</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Le 17 août 1790, jour de la visite du président George Washington à Newport, Moses Seixas écrivit à Washington pour lui exprimer le soutien de la congrégation à l’administration de Washington et lui souhaiter bonne chance : “Nous ne donnons aucune sanction au fanatisme, aucune aide à la persécution, mais nous accordons généreusement à tous la liberté de conscience et les immunités de la citoyenneté, considérant que chacun, quelle que soit sa nation, sa langue ou son langage, est un élément égal de la grande machine gouvernementale”. La célèbre réponse de Washington reprend les mots exacts de Moïse : “&#8230;heureusement, le gouvernement des États-Unis, qui n’accorde aucune sanction au fanatisme, ni aucune aide à la persécution, exige seulement que ceux qui vivent sous sa protection se comportent en bons citoyens en lui apportant en toute occasion leur soutien effectif.” <sup><a href="#note669" id="text669">669</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Mikveh Israël</h2>



<p>Pendant la guerre d’indépendance, des Juifs de New York, Richmond, Charleston, Savannah, Lancaster et Easton se sont réfugiés à Philadelphie pour échapper aux Britanniques. Parmi eux se trouvait le frère cadet de Moïse, Gershom Mendes Seixas (1745 &#8211; 1816), Hazzan (ministre) de Shearith Israel, qui se rendit lui aussi à Philadelphie en 1780. Seixas s’est fait connaître pour ses activités civiques ainsi que pour sa défense de la liberté religieuse, en participant à l’inauguration de George Washington en tant que président et en aidant à fonder le King’s College, précurseur de la grande université Columbia de New York.<sup><a href="#note670" id="text670">670</a></sup> Gershom Seixas a également contribué à la création de Mikveh Israel, qui a construit sa première synagogue en 1782 à l’angle de la troisième rue et de la rue Cherry. À l’achèvement de la construction, Seixas invita le gouverneur de Pennsylvanie à assister à l’inauguration, au cours de laquelle il invoqua la bénédiction de Dieu tout-puissant sur “les membres de ces États réunis en Congrès et sur son Excellence George Washington, commandant général de ces colonies”.<sup><a href="#note671" id="text671">671</a></sup> Le frère de Gershom Mendes, Benjamin Seixas (1748 &#8211; 1817), qui possédait le grade maçonnique de Prince de Jérusalem, fut trésorier du Mikveh Israel en 1782, l’un des fondateurs de la Bourse de New York en 1792, et servit au début de la guerre d’Indépendance. <sup><a href="#note672" id="text672">672</a></sup></p>



<p>Benjamin Franklin et Robert Morris, le nouveau surintendant des finances des Treize Colonies, ont contribué au fonds de construction.<sup><a href="#note673" id="text673">673</a></sup> Morris était un marchand d’origine anglaise et l’un des pères fondateurs des États-Unis. Il a été membre de la législature de Pennsylvanie, du deuxième Congrès continental et du Sénat des États-Unis, et a signé la Déclaration d’indépendance, les Articles de la Confédération et la Constitution des États-Unis. Morris était considéré, bien que civil, comme le deuxième personnage en puissance après George Washington. Mikveh Israel a été fondé grâce au soutien financier d’Ephraim Hart (1747 &#8211; 1825), qui était inscrit comme électeur de Shearith Israel. En 1792, Hart était devenu l’un des marchands les plus prospères de Philadelphie et avait contribué à l’organisation du Board of Stock-Brokers, aujourd’hui connu sous le nom de New York Stock Exchange.<sup><a href="#note674" id="text674">674</a></sup> Le fils d’Ephraim, Joel Hart (1784 &#8211; 1842), était bien connu dans les cercles maçonniques de la ville de New York.<sup><a href="#note675" id="text675">675</a></sup> En 1817, Joel est nommé par le président Madison consul des États-Unis à Leith, en Écosse. La fille de Jacob Hart (1746 &#8211; 1822), qui fut parnas de Shearith Israel, épousa Haym Moses Salomon, fils de Haym Salomon. <sup><a href="#note676" id="text676">676</a></sup></p>



<p>Isaac Franks (1759 &#8211; 1822), fils d’un neveu de Jacob Franks, dont la sœur épousa Haym Salomon, aurait été aide de camp du général Washington. Le 5 décembre 1786, Franks reçoit le grade maçonnique de Maître secret et, le 21 février 1788, il est élu Steward.<sup><a href="#note677" id="text677">677</a></sup> En 1793, pendant l’épidémie de fièvre jaune qui ravagea Philadelphie, Franks loua sa maison à Washington pour qu’elle serve de substitut à la Maison Blanche. Washington s’y réunit avec son cabinet jusqu’à ce que l’épidémie disparaisse et qu’il retourne à Philadelphie. Franks accueillit à nouveau Washington et son épouse en 1794, alors qu’ils étaient en vacances. <sup><a href="#note678" id="text678">678</a></sup></p>



<p>Jonas Phillips (1736 &#8211; 1803), également franc-maçon et fondateur et président de Mikveh Israel, était un vétéran de la guerre d’Indépendance américaine et un marchand américain établi à New York et à Philadelphie. Le 28 juillet 1776, Phillips écrivit en yiddish à un parent et correspondant commercial, Gumpel Samson des Pays-Bas, pour discuter du conflit et inclure une annexe d’articles qu’il souhaitait importer pour les vendre en Amérique. Enthousiasmé par la Révolution, Phillips joint une copie de la Déclaration d’indépendance. L’utilisation du yiddish par Phillips a empêché la plupart des Britanniques de lire la lettre, pensant qu’elle était codée. <sup><a href="#note679" id="text679">679</a></sup></p>



<p>Un autre franc-maçon associé à Mikveh Israel était Simon Nathan (1746 &#8211; 1822), beau-frère de Benjamin Seixas. Né en Angleterre, Nathan se rendit dans les colonies en 1773 en passant par La Havane. Pendant la révolution américaine, il a aidé à expédier des fournitures aux colons depuis la Jamaïque où il résidait. Après avoir quitté l’île, il se rendit à la Nouvelle-Orléans, puis à Williamsburg, en Virginie, en 1779. Il a prêté d’importantes sommes d’argent au gouvernement de l’État de Virginie, ce dont l’a remercié le gouverneur de l’époque, Thomas Jefferson. Lorsque ces prêts n’ont pas été remboursés, il a subi de lourdes pertes financières et a été impliqué dans un litige prolongé avec la Virginie pendant de nombreuses années. En 1780, il rencontre et épouse Grace Mendes Seixas, la fille d’Isaac Mendes Seixas. Nathan devient franc-maçon l’année suivante, administrateur du Mikveh Israel en 1782 et président en 1782 et 1783. Il s’installe à New York, où il est président de Shearith Israel en 1785, 1786, 1794 et 1796. <sup><a href="#note680" id="text680">680</a></sup></p>



<p>Après le rappel de Gershom Mendes Seixas à Shearith Israel, Mikveh Israel élit le révérend Jacob Raphael Cohen (1738 &#8211; 1811) à sa place. Cohen avait été Hazzan de la synagogue espagnole et portugaise de Montréal et avait exercé des fonctions similaires à New York pendant l’occupation britannique. Lors de la célébration de la ratification de la Constitution des États-Unis par la Pennsylvanie le 4 juillet 1788, Cohen marche bras dessus bras dessous avec deux ministres, dont le révérend William White (1748 -1836) de Christ Church, évêque de Pennsylvanie. La sœur cadette de White, Mary, était mariée à Robert Morris. White était administrateur de l’université de Pennsylvanie et membre de l’American Philosophical Society (APS), fondée à l’origine en 1743 par Benjamin Franklin, James Alexander et d’autres. L’APS était une émanation d’un club antérieur, le Junto, également connu sous le nom de Leather Apron Club, créé par Benjamin Franklin à Philadelphie en 1727 et inspiré par la Lantern Society de Benjamin Furly. Une autre émanation du Junto est la Library Company, fondée en 1731, également par Franklin. La Library Company of Philadelphia opérait à partir de Library Hall, juste en face de la Cinquième rue de Philosophical Hall, le lieu de réunion de l’APS. David Franks est devenu membre de la Library Company en 1754.<sup><a href="#note681" id="text681">681</a></sup> L’Illuminatus Joseph von Sonnenfels était également membre de l’APS.<sup><a href="#note682" id="text682">682</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">La franc-maçonnerie de rite écossais</h2>



<p>Bien que Moses Michael Hays ait introduit le Rite écossais en Amérique en 1768, c’est à la Sublime Loge de Perfection de Philadelphie que revient le mérite de l’avoir popularisé à travers les Etats-Unis, grâce à ses membres.<sup><a href="#note683" id="text683">683</a></sup> La nomination de Hays par l’émissaire de Morin, Francken, fut faite dans le but d’établir le Rite écossais en Amérique, et le pouvoir lui fut donné d’en nommer d’autres avec la même autorité. Après la Révolution, Hays s’installe à Boston où il se lance dans le courtage et l’assurance et possède, avec son fils Judah, un bureau d’expédition et une maison de comptage. C’est là qu’il devient le premier bienfaiteur juif du Harvard College. Il est considéré comme l’un des fondateurs de la Massachusetts Fire and Marine Insurance Co. qui deviendra la Banque de Boston. Hays est accepté dans la Massachusetts Lodge à Boston en novembre 1782. Il fut ensuite élu maître avec Paul Revere, un ami de Thomas Paine, comme adjoint, poste qu’il occupa pendant trois ans, puis devint le “Most Worshipful Grand Master” de 1788 à 1793. <sup><a href="#note684" id="text684">684</a></sup></p>



<p>Lors de la première réunion officielle du Rite de Perfection, enregistrée le 23 octobre 1782, plus de la moitié des onze hommes présents étaient juifs, y compris les deux principaux responsables, Isaac da Costa (1721 &#8211; 1783) et Solomon Bush (1753 &#8211; 1795).<sup><a href="#note685" id="text685">685</a></sup> En 1781, Hays nomme Bush inspecteur général adjoint pour la Pennsylvanie et Barnard M. Spitzer inspecteur général adjoint pour la Géorgie.<sup><a href="#note686" id="text686">686</a></sup> Solomon Bush rejoint la milice de Pennsylvanie en 1776 et, l’année suivante, il est nommé adjudant général adjoint de la milice de l’État de Pennsylvanie. Solomon a été fait Grand Maître et est enregistré comme étant “dans la chaise” à presque toutes les réunions de la Sublime Loge de Perfection de 1782 à 1788.<sup><a href="#note687" id="text687">687</a></sup> En 1788, Bush joua un rôle déterminant dans l’établissement de relations fraternelles entre la Grande Loge de Pennsylvanie et les deux Grandes Loges rivales d’Angleterre, les Anciens et les Modernes. <sup><a href="#note688" id="text688">688</a></sup></p>



<p>Tout comme Haym Salomon, Bush était membre de la loge maçonnique n° 2 de Philadelphie.<sup><a href="#note689" id="text689">689</a></sup> De nombreux autres membres de Mikveh Israel étaient également membres de la loge maçonnique n° 2 de Philadelphie. Il s’agit de : Isaac Da Costa, Simon Nathan, Samuel Myers, Barnard M. Spitzer, Moses Cohen, Myer M. Cohen, Benjamin Nones, Isaiah Bush, Solomon Etting, Joseph M. Myers, Solomon M. Cohen, Solomon M. Myers, Michael Gratz et Isaac Franks. Spitzer faisait partie des quatre des huit maçons juifs de Mikveh Israel que Hays nomma inspecteurs généraux adjoints et qui jouèrent plus tard un rôle important dans l’établissement de la franc-maçonnerie de rite écossais en Caroline du Sud, parmi lesquels Isaac Da Costa Sr. pour la Caroline du Sud, Abraham Forst pour la Virginie et Joseph M. Myers pour le Maryland.<sup><a href="#note690" id="text690">690</a></sup> Forst était le gendre du rabbin Jacob R. Cohen, ministre du Mikveh Israel de 1784 à 1811, et était lié à ce dernier dans une capacité rituelle. <sup><a href="#note691" id="text691">691</a></sup></p>



<p>Après la fin de la guerre d’Indépendance américaine, beaucoup de ces Juifs quittèrent Philadelphie pour retourner dans leurs communautés d’origine, comme Charleston, contribuant ainsi à la diffusion de la maçonnerie de rite écossais. Parmi ceux qui revinrent à Charleston se trouvait Isaac Da Costa, Grand Warden, Grand Inspecteur Général pour les Antilles et l’Amérique du Nord de la Sublime Loge de Perfection de Philadelphie. Da Costa est né à Londres, descendant d’une illustre famille hispano-portugaise qui joua un rôle important dans la communauté anglo-juive dans les premiers temps qui suivirent la réinstallation sous Cromwell.<sup><a href="#note692" id="text692">692</a></sup> Il a reçu une formation religieuse auprès d’Isaac Nieto (1702 &#8211; 1774), qui a succédé à son père le rabbin David Nieto (1654 &#8211; 1728) en tant que haham de la synagogue Bevis Marks de Londres, qui était dominée par les francs-maçons juifs, membres de la Première Grande Loge de Londres. <sup><a href="#note693" id="text693">693</a></sup></p>



<p>Da Costa, qui est le premier maçon juif enregistré en Caroline du Sud, est arrivé à Charleston en 1747, où il s’est établi comme marchand, agent maritime et trafiquant d’esclaves, qui a bâti une fortune considérable en ramenant des centaines d’esclaves d’Afrique.<sup><a href="#note694" id="text694">694</a></sup> En 1749, il participe à la fondation de la Congrégation Kahal Kadosh Beth Elohim, l’une des plus anciennes congrégations juives des États-Unis, dont il est le ḥazzan. La force motrice de la fondation de Beth Elohim est Moses Cohen (1709 &#8211; 1762), qui était également Sublime Loge de Perfection à Philadelphie et membre de Mikveh Israel. En 1753, le nom de Da Costa apparaît dans les registres de la King Solomon’s Lodge No. 1, la plus ancienne loge maçonnique constituée en Caroline du Sud.<sup><a href="#note695" id="text695">695</a></sup> Ardent partisan de la cause patriote, Da Costa est banni et ses biens sont saisis par les Britanniques lors de la chute de Charleston en 1780. Da Costa revint à Charleston en 1782 où il organisa sa propre Grande Loge Sublime de Perfection.<sup><a href="#note696" id="text696">696</a></sup></p>



<p>Lorsque le premier Conseil Suprême jamais établi sous la nouvelle constitution de 1786 fut organisé en 1801, à Charleston, en Caroline du Sud, Isaac DaCosta, Hays était inscrit comme membre honoraire de la Sublime Grande Loge de Perfection, et détenteur du trente-deuxième degré.<sup><a href="#note697" id="text697">697</a></sup> A Charleston résidait “la communauté juive la plus cultivée et la plus riche d’Amérique”.<sup><a href="#note698" id="text698">698</a></sup> En 1820, Charleston comptait une population juive d’environ 800 personnes. En comparaison, la communauté juive de New York est la deuxième plus importante, avec environ 550 personnes. Philadelphie était la troisième, avec environ 450 juifs. Lorsque le marquis Lafayette effectua sa célèbre visite aux États-Unis à l’occasion du cinquantième anniversaire de la révolution américaine, un Français de son groupe commenta l’importance des Juifs de Charleston et fit remarquer qu’en aucun autre endroit du pays, les Juifs ne constituaient un élément important.<sup><a href="#note699" id="text699">699</a></sup></p>



<p>En vertu de l’autorité qu’il avait reçue de Spitzer, Hyman Isaac Long, un médecin juif originaire de la Jamaïque et installé à New York, se rendit à Charleston en 1796 pour nommer huit Français arrivés en tant que réfugiés de la révolution haïtienne de 1804. Long est le fils d’Isaac Long, un écrivain hollandais, l’un des principaux membres de l’Église morave et étroitement lié au comte Zinzendorf.<sup><a href="#note700" id="text700">700</a></sup> En 1796, à Charleston, Long délivre un brevet à Alexandre François Auguste de Grasse (1765 &#8211; 1845), fils de l’amiral François Joseph Paul de Grasse, de la Society of the Cincinnati, le nommant, ainsi que son beau-père Jean-Baptiste Marie de La Hogue et six autres réfugiés français de Saint-Domingue, chacun Grand Inspecteur Général Adjoint (DGIG). <sup><a href="#note701" id="text701">701</a></sup></p>



<p>Le Rite de Perfection changea de nom et d’apparence en 1801, lorsque le docteur Frederick Dalcho et le colonel John Mitchell, nommé Grand Inspecteur Adjoint par Francken, arrivèrent à Charleston avec un document daté de 1786 accordant à son porteur le droit d’établir de nouveaux chapitres du Rite Écossais Ancien et Accepté, prétendument sous l’autorité de Frédéric le Grand.<sup><a href="#note702" id="text702">702</a></sup> En 1801, six ans après son retour d’Europe, selon Domenico Margiotta, un ancien franc-maçon de haut rang, Long apporta avec lui l’idole Baphomet des Templiers et ce qu’il prétendait être le crâne de leur Grand Maître Jacques de Molay qu’ils auraient réussi à acheter à son bourreau avant de s’enfuir en Écosse. <sup><a href="#note703" id="text703">703</a></sup> </p>



<p>Les corps déjà établis à Charleston acceptèrent le nouveau régime et adoptèrent les nouveaux degrés. En 1801, une convention fut organisée et des mesures préliminaires furent prises pour former un Conseil Suprême du 33ème et dernier degré du Rite Écossais Ancien et Accepté de la Franc-maçonnerie, après quoi la loge de Charleston devint le Conseil Mère du Monde.<sup><a href="#note704" id="text704">704</a></sup> Les pères fondateurs du Rite écossais qui y assistèrent furent connus sous le nom de “The Eleven Gentlemen of Charleston” (les onze messieurs de Charleston). Cinq des onze fondateurs étaient des fidèles de Beth Elohim : Isaac Da Costa, Israel DeLieben, Abraham Alexander Sr, Emanuel De La Motta et Moses Clava Levy.<sup><a href="#note705" id="text705">705</a></sup> Les autres étaient John Mitchell, James Moultrie, Frederick Dalcho, Alexandre François Auguste de Grasse, Jean-Baptiste Marie de La Hogue, Thomas Bartholomew Bowen et Isaac Auld. Le Supreme Council, Ancient and Accepted Scottish Rite, Southern Jurisdiction, USA, à Charleston &#8211; communément appelé Mother Supreme Council of the World &#8211; a été le premier Conseil Suprême de la franc-maçonnerie de rite écossais. Il affirme que tous les autres Conseils Suprêmes et Corps Subordonnés du Rite Ecossais en sont issus.<sup><a href="#note706" id="text706">706</a></sup></p>



<p>De Grasse poursuit son travail de développement auprès des francs-maçons de France et d’Europe. En 1804, il forme une seconde Grande Loge pour contrer le Grand Orient, le Suprême Conseil de France, qui marque le début de la diffusion internationale du Rite écossais. Le Rite écossais adopte l’aigle bicéphale, ou Reichsalder (“aigle impérial”), symbole des Empereurs du Saint-Empire romain germanique, qui était l’emblème personnel de Frédéric le Grand, Premier Souverain Grand Commandeur, qui conféra au Rite le droit de l’utiliser en 1786. Il a été introduit en France au début des années 1760 comme emblème du degré Kadosh.<sup><a href="#note707" id="text707">707</a></sup> L’aigle bicéphale représentait les deux royaumes du Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident.<sup><a href="#note708" id="text708">708</a></sup> Les Chevaliers d’Orient, selon la tradition maçonnique, représentaient les “francs-maçons” restés en Orient après la construction du Premier Temple, tandis que les Chevaliers d’Orient et d’Occident représentaient ceux qui avaient voyagé vers l’Ouest et diffusé l’”Ordre” en Europe, mais qui étaient revenus pendant les Croisades et s’étaient réunis avec leurs anciens frères. Dans une allusion évidente aux Templiers, on dit qu’ils ont organisé l’Ordre en l’an 1118, au retour de la Terre Sainte.<sup><a href="#note709" id="text709">709</a></sup> Albert Pike a cité plusieurs ouvrages alchimiques présentant l’aigle bicéphale comme preuve de la véritable signification et de l’importance du symbole, qu’il a assimilé à la pierre alchimique des philosophes.<sup><a href="#note710" id="text710">710</a></sup></p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lRqDFntYT1"><a href="https://egregoor.com/2024/12/02/viii-la-nouvelle-atlantide-sionisme-de-david-livingstone/">VIII. La Nouvelle Atlantide – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« VIII. La Nouvelle Atlantide – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2024/12/02/viii-la-nouvelle-atlantide-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=dKphNdlaKr#?secret=lRqDFntYT1" data-secret="lRqDFntYT1" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TWbtHs4lb1"><a href="https://egregoor.com/2024/12/30/xii-les-freres-asiatiques-sionisme-de-david-livingstone/">XII. Les Frères asiatiques – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XII. Les Frères asiatiques – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2024/12/30/xii-les-freres-asiatiques-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=ntugEmBU1v#?secret=TWbtHs4lb1" data-secret="TWbtHs4lb1" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><sup><a href="#text639" id="note639">639</a></sup> Rebold Emmanuel. Histoire des Trois Grandes Loges (Collignon, 1864). p. 49.</p>



<p><sup><a href="#text640" id="note640">640</a></sup> Eban. Mon peuple, p. 27.</p>



<p><sup><a href="#text641" id="note641">641</a></sup> William Pencak. “Jews and Anti-Semitism in Early Pennsylvania” The Pennsylvania Magazine of History and Biography, Vol. 126, No. 3 (Jul., 2002), pp. 365-408.</p>



<p><sup><a href="#text642" id="note642">642</a></sup> Menasseh ben Israël. Hope of Israel, 142-43, section 24 ; cité dans Natalie Zemon Davis. “Regaining Jerusalem : Eschatologie et esclavage dans la colonisation juive au Suriname au XVIIe siècle.” The Cambridge Journal of Postcolonial Literary Inquiry, 3,1 (janvier 2016).</p>



<p><sup><a href="#text643" id="note643">643</a></sup> Natalie Zemon Davis. “Regaining Jerusalem : Eschatologie et esclavage dans la colonisation juive au Suriname au XVIIe siècle.” The Cambridge Journal of Postcolonial Literary Inquiry, 3,1 (janvier 2016), p. 15.</p>



<p><sup><a href="#text644" id="note644">644</a></sup> Eli Faber. Jews, Slaves, and the Slave Trade : Setting the Record Straight (New York University, 1998), p. 16.</p>



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<p><sup><a href="#text677" id="note677">677</a></sup> Samuel Oppenheim. “The Jews and Masonry in the United States Before 1810” (Les Juifs et la maçonnerie aux États-Unis avant 1810). American Jewish Historical Quarterly, Vol 19 (1910).</p>



<p><sup><a href="#text678" id="note678">678</a></sup> “Les premiers juifs américains”. Ambassadeur John L. Loeb Jr. Visitor Center. Extrait de <a href="https://web.archive.org/web/20090106145312/http://www.loeb-tourovisitorscenter.org/jll_jews.shtml" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://web.archive.org/web/20090106145312/http://www.loeb-tourovisitorscenter.org/jll_jews.shtml</a></p>



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<p><sup><a href="#text681" id="note681">681</a></sup> William Pencak. “Jews and Anti-Semitism in Early Pennsylvania” The Pennsylvania Magazine of History and Biography, Vol. 126, No. 3 (juillet 2002).</p>



<p><sup><a href="#text682" id="note682">682</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text683" id="note683">683</a></sup> Sachse. Documents anciens, p. 29.</p>



<p><sup><a href="#text684" id="note684">684</a></sup> Ibid, p. 22.</p>



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<p><sup><a href="#text688" id="note688">688</a></sup> Oppenheim. “Les juifs et la maçonnerie aux États-Unis avant 1810”.</p>



<p><sup><a href="#text689" id="note689">689</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text690" id="note690">690</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text691" id="note691">691</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text692" id="note692">692</a></sup> Barnett A. Elzas. The Jews of South Carolina (Philadelphie : J.P. Lippincott Company), p. 35.</p>



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		<title>X. Les Illuminati – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Dec 2024 20:52:26 +0000</pubDate>
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<p>Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre <em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Les Supérieurs Inconnus</h2>



<p>Soucieux de l’activisme politique de la secte frankiste, Frédéric-Guillaume III de Prusse charge son chargé d’affaires à Francfort, le conseiller Formey, de mener une enquête à Offenbach qui rapporte que “la secte frankiste serait en contact étroit avec les francs-maçons, les illuminati, les rosicruciens et les jacobins”.<sup><a href="#note557" id="text557">557</a></sup> Dans son célèbre article intitulé La rédemption par le péché, Gershom Scholem explique que “vers la fin de la vie de Frank, les espoirs qu’il avait nourris d’abolir toutes les lois et conventions ont pris une signification historique très réelle”.<sup><a href="#note558" id="text558">558</a></sup> Le propre neveu de Frank, Moses Dobruschka, ayant pris part aux bouleversements, Scholem note que “La Révolution française a soudain placé la subversion sabbatéenne et frankiste de l’ancienne morale et religion dans un contexte nouveau et pertinent, et peut-être pas seulement de manière abstraite…”<sup><a href="#note559" id="text559">559</a></sup> Les agents du gouvernement qui ont intercepté les communications entre les Frankistes les ont amenés à soupçonner que les nombreuses références à un homme nommé “Jacob” concernaient les Jacobins, qui avaient l’intention de radicaliser les Juifs du ghetto.<sup><a href="#note560" id="text560">560</a></sup></p>



<p>Les Illuminati ont donné leur nom au siècle des Lumières, dont les idées ont joué un rôle majeur dans l’inspiration de la Révolution française, et ont mis l’accent sur les droits des hommes ordinaires par opposition aux droits exclusifs des élites. Le diable trompe l’humanité en se déguisant en ange de lumière. De nombreux penseurs européens ont affirmé avoir été influencés par les philosophes britanniques John Locke, Thomas Paine et Adam Smith, qui ont servi de source d’inspiration à de nombreuses générations de libéraux européens.<sup><a href="#note561" id="text561">561</a></sup> Selon Yirmiyahu Yovel, auteur de The Other Within : The Marranos : Split Identity and Emerging Modernity, l’expérience marrane a contribué à l’utilisation d’un “double langage”, qui employait délibérément l’équivoque, où des termes et des idées devaient être présentés pour donner l’impression de discuter d’un sujet à des étrangers, sans révéler leur véritable signification au public auquel ils étaient destinés, “établissant un modèle linguistique qui a joué un rôle indispensable dans le processus de modernisation européenne”. Ainsi, les idées ésotériques juives pouvaient être déguisées en philosophie “chrétienne” ou même laïque. C’est pourquoi, selon Yovel, expliquer les sources de la philosophie des Lumières :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>En perfectionnant les usages et les modes d’équivoque, les Marranes ont établi un modèle linguistique qui a joué un rôle indispensable dans le processus de modernisation de l’Europe&#8230; On peut donc dire qu’une certaine dose d’élément marranesque était indispensable dans cette évolution ; les créateurs de la modernité ont souvent dû agir comme des quasi-Marranes. Les Lumières en particulier ont manifesté ce besoin : Hobbes et Spinoza, Hume et Shaftesbury, Diderot et Mandeville, Locke et Montaigne, les déistes, les matérialistes, peut-être Boyle, même Kant (sur la religion) et Descartes (sur son projet), et une multitude de figures et de médiateurs de moindre importance ont jugé nécessaire de recourir à diverses techniques d’écriture masquée.<sup><a href="#note562" id="text562">562</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Les principaux hommes d’État et intellectuels juifs, tels que Heinrich Heine, Johann Jacoby, Gabriel Riesser et Lionel de Rothschild, ont soutenu la cause générale de la liberté qui balayait l’Europe, car c’était aussi un moyen d’obtenir l’émancipation des Juifs. John Locke, membre de la société des Rose-Croix de Benjamin Furly, connue sous le nom de Lanterne, et considéré comme le “père du libéralisme”, est considéré comme l’un des prophètes des révolutions américaine et française.<sup><a href="#note563" id="text563">563</a></sup> La Révolution française s’est inspirée d’idéaux empruntés à la franc-maçonnerie, “Liberté, Égalité, Fraternité”, conditions essentielles de l’émancipation juive. Inspirées par les idéaux de “liberté”, les premières lois d’émancipation des Juifs en France ont été promulguées pendant la Révolution française, les établissant comme des citoyens égaux aux autres Français. Les deux auteurs de l’époque partagent la conclusion que les Illuminati, fondés en 1776 par Adam Weishaupt (1717 &#8211; 1753), sont à l’origine de la Révolution française. En 1797, l’abbé Augustin de Barruel (1741 &#8211; 1820), un ancien jésuite venu en Grande-Bretagne à la suite du massacre de septembre, publie les premiers volumes de son récit en quatre volumes de la Révolution française, Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme. La même année, John Robison (1739 &#8211; 1805), professeur de philosophie naturelle à Édimbourg, publie sa propre histoire de la Révolution, Proofs of a Conspiracy against all the religions and governments of Europe (Preuves d’une conspiration contre toutes les religions et tous les gouvernements d’Europe). Comme Robison, Barruel affirme que la Révolution française est le résultat d’une conspiration délibérée visant à renverser le pouvoir de l’Église catholique et de l’aristocratie, ourdie par une coalition de philosophes, de francs-maçons et de l’ordre des Illuminati.</p>



<p>En 1771, selon Barruel et Lecouteulx de Canteleu, un marchand du Jutland nommé Kölmer, qui avait passé de nombreuses années en Égypte, revint en Europe à la recherche de convertis à une doctrine secrète fondée sur le manichéisme qu’il avait apprise en Orient. Lecouteulx de Canteleu suggère que Kölmer est Altotas, décrit par Figuier comme “ce génie universel, presque divin, dont Cagliostro nous a parlé avec tant de respect et d’admiration”. En route pour la France, Kölmer s’arrête à Malte, où il rencontre le célèbre charlatan Comte Cagliostro (1743 &#8211; 1795) &#8211; mystique notoire largement considéré comme un charlatan, et autre disciple important de Jacob Falk &#8211; mais il est chassé de l’île par les Chevaliers de Malte après avoir failli provoquer une insurrection au sein de la population. Kölmer se rend alors à Avignon et à Lyon, où il fait quelques disciples parmi les Illuminés. La même année, Kölmer se rend en Allemagne, où il rencontre Adam Weishaupt et l’initie à tous les mystères de sa doctrine secrète.<sup><a href="#note564" id="text564">564</a></sup> De l’aveu même de Cagliostro, sa mission “était de travailler à tourner la franc-maçonnerie dans le sens des projets de Weishaupt”, et les fonds qu’il puisait étaient ceux des Illuminés.<sup><a href="#note565" id="text565">565</a></sup></p>



<p>Comme le rapporte Terry Melanson dans Perfectibilists, son histoire de l’ordre, la famille Rothschild avait au moins trois liens importants avec les Illuminati. Il s’agit de Karl Theodor Anton Maria von Dalberg (1744 &#8211; 1817), du prince Charles de Hesse-Kassel (1744 &#8211; 1836) et de la famille Thurn und Taxis.<sup><a href="#note566" id="text566">566</a></sup> Selon Niall Ferguson, Mayer Amschel Rothschild était le “banquier de la cour” de Dalberg.<sup><a href="#note567" id="text567">567</a></sup> Dalberg était également un grand mécène, ami de Johann Wolfgang von Goethe (1749 &#8211; 1832) et de Friedrich Schiller (1759 &#8211; 1805).<sup><a href="#note568" id="text568">568</a></sup> En 1780, Amschel Rothschild devient l’un des banquiers privilégiés de Karl Anselm de Thurn und Taxis (1733 &#8211; 1805), chef de la Maison princière de Thurn und Taxis, maître de poste général du Reichspost impérial. Comme l’explique Amos Elon dans Founder : A Portrait of the First Rothschild and His Time :</p>



<p>Le service postal de Thurn und Taxis couvrait la majeure partie de l’Europe centrale et son efficacité était proverbiale&#8230; Les liens de Rothschild avec l’administration du service postal de Thurn und Taxis lui ont été profitables à plus d’un titre. Il croyait fermement à l’importance d’une bonne information. Le service postal est une source importante de nouvelles commerciales et politiques. On pense généralement que le prince paie son monopole de maître de poste impérial en fournissant à l’empereur des renseignements politiques tirés du courrier qui passe entre ses mains. Il n’est pas hostile à l’idée d’utiliser lui-même ces renseignements, peut-être en collaboration avec Rothschild, pour réaliser des profits commerciaux.<sup><a href="#note569" id="text569">569</a></sup></p>



<p>On dit que le plan de base de la Révolution française a été discuté lors de la Grand Convent maçonnique de 1782 à Wilhelmsbad, à laquelle le comte de Mirabeau (1749 &#8211; 1791), chef des Jacobins, a assisté en tant qu’observateur.<sup><a href="#note570" id="text570">570</a></sup> Le congrès a été convoqué par Wilhelm Ier de Hesse-Kassel (1743 &#8211; 1821), tandis que son frère, le prince Illuminatus Charles de Hesse-Kassel, en était le principal organisateur.<sup><a href="#note571" id="text571">571</a></sup> Le prince Charles et son frère Wilhelm étaient tous deux membres d’une famille issue des “Noces alchimiques” et de Maurice de Hesse-Kassel, principal défenseur de la cause rosicrucienne, et étroitement liée aux Rothschild. Mayer Amschel Rothschild, le fondateur de la dynastie, a bâti sa fortune en tant que banquier du frère du prince Charles, Guillaume Ier. De treize enfants, l’aînée des filles de Frédéric V et d’Élisabeth Stuart était Élisabeth, princesse de Bohême, qui correspondait avec Descartes, mais qui n’a pas eu d’enfant. Leur frère Rupert (1619 &#8211; 1682) s’est fait connaître pour ses expériences chimiques ainsi que pour ses exploits militaires et entrepreneuriaux, notamment la fondation de la Compagnie de la baie d’Hudson au Canada, et a également joué un rôle dans les débuts de la traite des esclaves africains. Louise Hollandine (1622 &#8211; 1709), peintre accomplie, fut l’élève de Gerritt van Honthorst. Sophia, qui devint l’électrice de Hanovre, était réputée pour son mécénat intellectuel, en particulier en faveur de Leibniz et de John Toland.<sup><a href="#note572" id="text572">572</a></sup> Elle connaissait bien les œuvres de Descartes et de Spinoza. Le fils aîné, Charles Ier Louis, électeur palatin (1617 &#8211; 1680), et son frère cadet Rupert ont passé une grande partie des années 1630 à la cour de son oncle maternel, Charles Ier d’Angleterre, dans l’espoir d’obtenir le soutien des Britanniques à sa cause. Charles Louis était encore en Angleterre en 1648 lorsque la paix de Westphalie lui a restitué le Bas-Palatinat. Il est resté en Angleterre assez longtemps pour assister à l’exécution de Charles Ier par les forces d’Oliver Cromwell. Il retourne ensuite dans le Palatinat dévasté en 1649. En 1650, il épouse la landgravine Charlotte de Hesse-Kassel, petite-fille de Maurice de Hesse-Kassel. Pendant plus de trente ans de règne, il s’efforce, avec un certain succès, de reconstruire son territoire dévasté. En 1671, il marie sa fille Élisabeth Charlotte à Philippe Ier, duc d’Orléans (1617 &#8211; 1680).</p>



<p>Philippe Ier était l’arrière-arrière-grand-père de Louis Philippe II, duc d’Orléans (1747 &#8211; 1793), un autre ami de Jacob Falk, ainsi qu’un membre des Illuminati et Grand Maître du Grand Orient de France.<sup><a href="#note573" id="text573">573</a></sup> Philippe Ier était le fils cadet de Louis XIII de France, fils d’Henri IV et de Marie de Médicis. Le frère de Philippe Ier était Louis XIV de France, le “Roi-Soleil”, dont les principaux conseillers étaient les cardinaux Richelieu et Mazarin. La sœur de Mazarin, Anne Marie Martinozzi, était mariée à Armand, prince de Conti, le frère de Louis, prince de Condé, qui était impliqué dans une conspiration avec Menasseh ben Israël, Isaac La Peyrère et la reine Christine pour créer un gouvernement mondial du Messie basé à Jérusalem. Comme l’explique Joscelyn Godwin dans The Theosophical Enlightenment, “toute la famille d’Orléans, depuis [Philippe Ier, duc d’Orléans], était notoirement impliquée dans les arts noirs”.<sup><a href="#note574" id="text574">574</a></sup> Philippe Ier était proche de la maîtresse de Louis XIV, Madame de Montespan, qui était impliquée dans l’affaire des poisons, où Catherine Monvoisin, connue sous le nom de La Voisin, et le prêtre Étienne Guibourg pratiquaient pour elle des messes noires en vue de sacrifices humains.<sup><a href="#note575" id="text575">575</a></sup></p>



<p>Sous l’influence de Swedenborg et de son élève le comte Cagliostro, Falk était devenu le supérieur inconnu de la franc-maçonnerie révolutionnaire, et la convention était déterminée à en savoir plus sur lui.<sup><a href="#note576" id="text576">576</a></sup> Certains francs-maçons pensaient que Falk était le “Vieux de la montagne”, nom traditionnel du chef des assassins ismaéliens.<sup><a href="#note577" id="text577">577</a></sup> Falk était l’un des “Supérieurs Inconnus” du Rite de la Stricte Observance, fondé dans les années 1760 par Karl Gotthelf, Baron Hund (1722 &#8211; 1776).<sup><a href="#note578" id="text578">578</a></sup> Cagliostro était également un disciple du personnage le plus célèbre de l’époque, l’énigmatique comte de Saint-Germain (v. 1691 ou 1712 &#8211; 1784).<sup><a href="#note579" id="text579">579</a></sup> Le prince Charles, préoccupé par la recherche des “supérieurs cachés” et du “vrai secret”, était également un fervent adepte de l’alchimie, possédant son propre laboratoire, et était l’élève du comte de St-Germain, qu’il avait accueilli chez lui.<sup><a href="#note580" id="text580">580</a></sup></p>



<p>Germain prétendait être le fils de François II Rakoczi (1676 &#8211; 1735), prince de Transylvanie et chevalier de l’Ordre de la Toison d’Or, et de Charlotte Amalie de Hesse-Wanfried, arrière-petite-fille de Maurice de Hesse-Kassel.<sup><a href="#note581" id="text581">581</a></sup> Le grand-père de François II était Georges II Rakoczi (1621 &#8211; 1660) et Sophia Báthory, deux familles qui employaient l’emblème de l’Ordre du Dragon. En 1639, Samuel Hartlib publia un pamphlet dédié à Georges II.<sup><a href="#note582" id="text582">582</a></sup> German aurait été éduqué par Gian Gastone de Médicis (1671 &#8211; 1737), grand-duc de Toscane et dernier des Médicis.<sup><a href="#note583" id="text583">583</a></sup> La mère de Gian, Marguerite Louise d’Orléans, était la fille de Gaston, duc d’Orléans, fils d’Henri IV de France et de Marie de Médicis, ce qui fait d’elle une cousine germaine de Louis XIV, le “Roi-Soleil”, qui épousa Madame de Montespan et dont le frère était Philippe Ier, duc d’Orléans. Gian a épousé Anna Maria Franziska de Saxe-Lauenburg, petite-fille de Christian Augustus, comte palatin de Sulzbach, à la cour duquel se trouvaient les kabbalistes Mercurius van Helmont et Knorr von Rosenroth. <sup><a href="#note584" id="text584">584</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les jacobites</h2>



<p>Après la mort de Charles II d’Angleterre en 1685, son frère catholique Jacques II d’Angleterre (1633 &#8211; 1701) monte sur le trône. Lorsque Jacques II publia une déclaration pour la liberté de conscience, autorisant la coexistence de diverses croyances opposées, le Parlement ne se contenta pas de condamner le roi, mais le fit déposer pour avoir osé reconnaître les croyances alternatives. Sept Anglais éminents écrivent à Guillaume III, prince d’Orange (1650 &#8211; 1702), l’invitant à envahir l’Angleterre et à accepter le trône. Le père de Guillaume III était Guillaume II, prince d’Orange (1626 &#8211; 1650), fils de Frédéric Henri, prince d’Orange, et petit-fils de Guillaume le Taciturne. La mère de Guillaume III était Marie, princesse royale, sœur de Charles II et de Jacques II.</p>



<p>Comme le rapporte William Thomas Walsh, Guillaume III rejoignit les francs-maçons et, avec leur connivence, envahit l’Angleterre le 5 novembre 1688, dans une action qui déposa finalement Jacques II et lui valut les couronnes d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, ce qui devint connu sous le nom de “Glorieuse Révolution”. Selon Walsh, les frais de l’expédition ont été payés par un banquier juif d’Amsterdam, Isaac Suaso, qui a été nommé baron de Gras, tandis que d’autres juifs, notamment Sir Solomon de Medina et Alfonso Rodrigues, ont assuré le financement de la conquête finale de l’Irlande.<sup><a href="#note585" id="text585">585</a></sup> Le roi est contraint de quitter le trône, ce qui met fin à la succession des Stuart au trône d’Angleterre. Le trône est alors offert conjointement à Guillaume III et à son épouse Marie, sœur de Charles II et de Jacques II, ce que l’on appelle le règne de “Guillaume et Marie”.</p>



<p>Jacques II a épousé la nièce du cardinal Mazarin, Marie de Modène, de la maison d’Este qui avait des liens de longue date avec les maisons de Médicis, de Savoie, de Gonzague et des Habsbourg. Leur fils, James Francis Edward Stuart (1688 &#8211; 1766), surnommé le Vieux Prétendant, épouse Maria Clementina Sobieska, dont la famille est apparentée à Jacob Frank.<sup><a href="#note586" id="text586">586</a></sup> La princesse Maria Clementina Sobieska est la petite-fille du roi de Pologne et du grand-duc de Lituanie, Jean III Sobieski. Parmi leurs fils, Charles Edward Stuart (1720 &#8211; 1788), connu sous le nom de Bonnie Prince Charlie et de Young Pretender, et son frère Henry Benedict Stuart, le Cardinal York (1725 &#8211; 1807), le quatrième et dernier héritier jacobite à revendiquer publiquement les trônes d’Angleterre, d’Écosse, de France et d’Irlande, qui était un grand partisan des frankistes.<sup><a href="#note587" id="text587">587</a></sup> Dans les cercles crypto-juifs, on pensait qu’Henry Benedict avait eu une liaison avec une femme juive nommée Reyna Barzillai de Venise.<sup><a href="#note588" id="text588">588</a></sup> Bien que Guillaume et Marie soient de la lignée des Stuart, les Écossais sont déçus de la perte d’un monarque Stuart et, en 1689, l’année de la déposition de Jacques II, Bonnie Dundee mène une force de Highlanders contre les troupes gouvernementales à Killiecrankie. La rébellion fut appelée “soulèvement jacobite”, en raison du soutien apporté à Jacques II, nom dérivé du latin Jacomus, ou Jacob en hébreu.</p>



<p>Le Parlement adopte la Déclaration des droits qui interdit aux catholiques romains d’accéder au trône d’Angleterre et donne la succession à la sœur de Marie, Anne, qui hérite du trône à la mort de Guillaume III en mars 1702. Cependant, le Parlement avait adopté l’Acte d’établissement en 1701, afin de réserver la succession aux couronnes anglaise et irlandaise aux seuls protestants. Sophia de Hanovre, fille d’Elisabeth Stuart et de Frédéric V du Palatinat, issu des noces alchimiques, fut désignée comme la prochaine héritière du trône britannique, en tant que protestante la plus proche. Lorsque Sophia mourut quelques semaines avant Anne, l’Act of Settlement fut à l’origine de l’accession du fils de Sophia, George Ier de Grande-Bretagne (1660 &#8211; 1727), en 1714, dont tous les rois et reines britanniques ultérieurs allaient descendre.</p>



<p>La Grande Loge maçonnique d’Angleterre a été fondée peu après l’accession au trône de Georges Ier et la fin du premier soulèvement jacobite de 1715. La fédéralisation de quatre loges londoniennes au sein de la Grande Loge de Londres et de Westminster a été fondée à Londres le jour de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin 1717, coïncidant avec le solstice d’été. L’un des premiers Grands Maîtres fut Jean Theophilus Desaguiliers (1683 &#8211; 1744), scientifique et, plus tard, ecclésiastique ordonné dans l’Église d’Angleterre. Desaguiliers était un philosophe naturel, un ecclésiastique et un ingénieur britannique qui fut élu à la Royal Society en 1714 en tant qu’assistant expérimental de Newton. En 1721, un pasteur presbytérien écossais, le révérend James Anderson (v. 1679/1680 &#8211; 1739), fut chargé par le Grand Maître Desaguiliers de réviser et de condenser les anciens manuscrits maçonniques observés par les loges anglaises. Cette tâche aboutit à la Constitution d’Anderson de 1721. La Constitution d’Anderson fut réimprimée à Philadelphie en 1734 par Benjamin Franklin (1706 &#8211; 1790), élu cette année-là Grand Maître des Maçons de Pennsylvanie.</p>



<p>La fondation de la Grande Loge de Londres avait été suivie par l’inauguration de loges maçonniques sur le continent, recevant leur mandat de la Grande Loge d’Angleterre. Cependant, les hommes qui fondèrent la Grande Loge de Paris, dont le chef était Charles Radclyffe (1693 &#8211; 1746), étaient des jacobites, cousins de Bonnie Prince Charlie. Alors que la franc-maçonnerie anglaise proposait trois degrés d’initiation qui devinrent universels dans l’ordre vers 1730, Radclyffe, qui fut finalement reconnu grand maître de toutes les loges françaises, se chargea de promulguer la franc-maçonnerie écossaise, qui introduisit des degrés supérieurs.</p>



<p>Parmi les jacobites qui soutenaient Radclyffe se trouvait un membre de la Royal Society, Andrew Michael Ramsay (1686 &#8211; 1743), connu sous le nom de Chevalier Ramsay, qui vivait alors comme expatrié à Paris. En 1710, Ramsay est converti à la foi catholique romaine par François Fénelon (1651 &#8211; 1715), archevêque de Cambrai, éduqué par les jésuites. Jeune homme, Ramsay rejoint une société para-rosicrucienne appelée les Philadelphiens et étudie avec un ami proche d’Isaac Newton. Il s’est ensuite associé à d’autres amis de Newton, dont Jean Desaguiliers. Il était également un ami particulièrement proche de David Hume. Lorsqu’il vit à Paris, il fréquente le Club littéraire parisien de l’Entresol en compagnie de Montesquieu. En 1715, lors de son séjour en France, Ramsay s’était également lié d’amitié avec le Régent de France, Philippe II, duc d’Orléans (1674 &#8211; 1723), fils de Philippe Ier, duc d’Orléans et d’Élisabeth Charlotte, Madame Palatine. Philippe II a épousé Françoise Marie de Bourbon, Mademoiselle de Blois, fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan. Philippe II était Grand Maître de l’Ordre de Saint-Lazare, institué pendant les Croisades comme un corps d’Hospitaliers, et a intronisé Ramsay dans l’ordre, après quoi il a été connu sous le nom de “Chevalier”. <sup><a href="#note589" id="text589">589</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Illuminés d’Avignon</h2>



<p>Après la démission de Radclyffe comme Grand Maître de la Grande Loge de Paris en 1738, la Franc-maçonnerie écossaise “se présenta hardiment et prétendit être non seulement une partie de la Maçonnerie, mais la vraie Maçonnerie, possédant des connaissances supérieures et ayant droit à de plus grands privilèges et au droit de régner sur la Maçonnerie ordinaire, c’est-à-dire la Maçonnerie artisanale”.<sup><a href="#note590" id="text590">590</a></sup> C’est après 1738, lorsque Louis de Pardaillan de Gondrin, duc d’Antin (1707 &#8211; 1743), arrière-petit-fils de Madame de Montespan, succéda à Radclyffe, que l’on entendit parler pour la première fois des degrés supplémentaires. Le degré Rose-Croix, adopté pour la première fois par les francs-maçons de France vers 1741, avait un caractère si catholique qu’on le soupçonnait d’avoir été conçu par les Jésuites.<sup><a href="#note591" id="text591">591</a></sup> Cependant, à la mort du duc d’Antin en 1743, il fut remplacé par le comte de Clermont (1709 &#8211; 1771), qui devint le cinquième Grand Maître de la Grande Loge de France. <sup><a href="#note592" id="text592">592</a></sup> Clermont descendait également de Madame de Montespan, sa mère étant la tante du duc d’Antin. Le père de Clermont était Louis III, prince de Condé, petit-fils de Louis, Grand Condé, co-conspirateur avec Menasseh ben Israël, Isaac La Peyrère et la reine Christine.<sup><a href="#note593" id="text593">593</a></sup> Selon certaines sources, le Comte de Clermont conserva la fonction de Grand Maître jusqu’à sa mort en 1771, et son cousin Louis Philippe d’Orléans lui succéda.<sup><a href="#note594" id="text594">594</a></sup></p>



<p>L’Ordre royal de Heredom entretenait des liens avec le comte de Clermont et son rite d’élite Rose-Croix, le Rite de Perfection.<sup><a href="#note595" id="text595">595</a></sup> On attribue généralement à Ramsay la paternité des degrés hautement christianisés d’un ordre spécial de la franc-maçonnerie, l’Ordre royal de Hérédité de Kilwinning, dont le Grand Maître était Bonnie Prince Charlie.<sup><a href="#note596" id="text596">596</a></sup> Le degré du Rite écossais connu dans la Maçonnerie moderne sous le nom de “Prince Rose-Croix d’Heredom ou Chevalier du Pélican et de l’Aigle” est devenu le dix-huitième et le plus important degré de ce qui fut appelé plus tard le Rite écossais. Selon la tradition de l’Ordre royal d’Écosse, ce degré y figurait depuis le XIVe siècle et avait été institué par Robert Bruce en collaboration avec les Templiers après la bataille de Bannockburn.<sup><a href="#note597" id="text597">597</a></sup> En réponse à une question sur le terme rituel “Heredom”, Charles R. Rainsford (1728 &#8211; 1809), député britannique, franc-maçon swedenborgien et ami proche de Falk, a répondu qu’il ne faisait pas référence à une montagne réelle en Écosse, mais plutôt au symbole juif de Mons Domini ou Malchuth, la dixième séphira de la Kabbale :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le mot “Heridon” [sic] est connu dans plusieurs degrés de maçonnerie, c’est-à-dire dans certains degrés inventés, ou dans des soi-disant degrés de maçonnerie. Apparemment, les frères éclairés qui ont jugé bon de faire la loi pour que les juifs soient admis dans la Société ont reçu le mot avec les mystères qui leur ont été confiés.<sup><a href="#note598" id="text598">598</a></sup></p>
</blockquote>



<p>En 1741, Swedenborg et ses collègues maçons de Londres assimilèrent les pratiques sexuelles des Sabbatéens au sein de l’Ordre de Heredom.<sup><a href="#note599" id="text599">599</a></sup> Comme l’explique Schuchard, la croyance kabbalistique selon laquelle l’exécution correcte des rites sexuels kabbalistiques reconstruit le Temple et manifeste la Shekhinah entre les chérubins conjoints était particulièrement attrayante pour les initiés de l’Ordre. L’un des chefs de file de ce rite, l’artiste et graveur français Lambert de Lintot, a produit une série de dessins hiéroglyphiques, incluant le symbolisme phallique et vaginal, représentant la régénération de la psyché et la reconstruction du Temple de la Nouvelle Jérusalem.<sup><a href="#note600" id="text600">600</a></sup> Dans le Rite des Sept Degrés, auquel appartenaient Falk et Swedenborg, de Lintot citait le Duc d’Orléans comme son Grand Maître Adjoint.<sup><a href="#note601" id="text601">601</a></sup> À partir des activités consignées par le serviteur de Falk, Hirsch Kalisch, dans son journal de 1747-1751, des preuves apparaissent dans les journaux, la correspondance et les rapports diplomatiques des visiteurs à Londres qui suggèrent, explique Schuchard, “que Falk s’est impliqué dans un système maçonnique clandestin qui utilisait la kabbale et l’alchimie pour soutenir les efforts visant à restaurer James Stuart, le “Vieux Prétendant”, sur le trône d’Angleterre”.<sup><a href="#note602" id="text602">602</a></sup> Dès le premier rapport publié sur ses talents kabbalistiques, les Mémoires du comte de Rantzow (1741) rapportent que Falk a également exécuté une cérémonie magique avec une chèvre noire devant le duc de Richelieu (1696 &#8211; 1788), ambassadeur de France à Vienne, et le comte de Westerloh, au cours de laquelle le valet de Westerloh a eu la tête renversée en arrière et est mort d’une fracture de la nuque.<sup><a href="#note603" id="text603">603</a></sup> Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu, était maréchal de France et l’amant de Marie Louise Élisabeth d’Orléans, duchesse de Berry, l’aînée des enfants survivants de Philippe II, duc d’Orléans.</p>



<p>La première loge “écossaise” de haut degré a été fondée en 1756 par Carl Friedrich Eckleff (1723 &#8211; 1786), dont le père avait travaillé en étroite collaboration avec Swedenborg, en tant que maître. En 1759, Eckleff créa le Chapitre Illuminé “L’Innocente”, qui utilisait le système à sept degrés de l’Ordre Royal de Heredom et du Rite de Clermont.<sup><a href="#note604" id="text604">604</a></sup> Eckleff établit ses loges de degrés supérieurs et inférieurs sur la base de certains dossiers reçus de l’étranger, datant d’environ 1750, sous le nom de Grand Chapitre de la Confraternité I’Illuminée, un chapitre à Genève qui avait reçu ses connaissances d’un autre à Avignon, où il y avait un système d’Illuminés de haut niveau.<sup><a href="#note605" id="text605">605</a></sup> Les Martinistes, ou Illuminés français, étaient un mouvement manifestement plus puissant et plus influent que les Illuminati, plus tristement célèbres. Le martinisme a été fondé par Martinez Pasqually (1727 ? &#8211; 1774), un franc-maçon Rose-Croix qui s’intéressait également à Swedenborg, et qui a fondé l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus-Coën de l’Univers en 1754. Pasqually connaissait la Kabbale et la légende veut qu’il ait voyagé en Chine pour apprendre les traditions secrètes.<sup><a href="#note606" id="text606">606</a></sup> Pasqually a souvent été décrit comme un juif. Un martiniste, le baron de Gleichen (1733-1807), a écrit que “Pasqually était d’origine espagnole, peut-être de race juive, car ses disciples ont hérité de lui un grand nombre de manuscrits juifs”.<sup><a href="#note607" id="text607">607</a></sup> Gershom Scholem a attiré l’attention sur les contacts entre l’Ordre des Elus-Coën et les Sabbatéens.<sup><a href="#note608" id="text608">608</a></sup> Le système de Pasqually était dérivé de la philosophie de Swedenborg et de sa croyance en l’existence d’êtres surnaturels. Selon J. M. Roberts, la philosophie des Elus-Coën “s’exprimait dans une série de rituels dont le but était de permettre à des êtres spirituels de prendre forme physiquement et de transmettre des messages de l’autre monde”.<sup><a href="#note609" id="text609">609</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Grand Orient</h2>



<p>La première couverture des Illuminati fut les Amis Réunis et les Philadelphes, un noyau secret créé au sein des Philalèthes. En 1771, une fusion de tous les groupes maçonniques est réalisée dans la nouvelle loge des Amis Réunis. La société a été fondée par Savalette de Langes (1745 &#8211; 1797), trésorier d’État de France sous Louis XVI, qui fut Grand Officier du Grand Orient, sous Louis Philippe II, duc d’Orléans, en tant que Grand Maître. Avant de soutenir les idées de la Révolution française, de Langes était capitaine des gardes nationaux du bataillon de Saint-Roch et aide de camp du marquis de La Fayette (1757 &#8211; 1834). Comme Savalette, de nombreux membres des Amis Réunis étaient issus de l’establishment financier français, ainsi que de hauts fonctionnaires, en plus de banquiers, d’hommes d’affaires, de propriétaires terriens et des plus hauts responsables financiers de l’armée.</p>



<p>Le Rite des Philalèthes, composé par Savalette de Langes en 1773 à partir des mystères swedenborgiens, martinistes et rosicruciens, fut un développement ultérieur des Amis Réunis. Il étudiait les prétentions théosophiques de Falk, Swedenborg et d’autres gourous de l’illuminisme.<sup><a href="#note610" id="text610">610</a></sup> Les membres de ce rite &#8211; que certains historiens qualifient d’”académie occulte” &#8211; se consacraient à la découverte des “rapports de la maçonnerie avec la théosophie, l’alchimie, la kabbale, la magie divine, les emblèmes, les hiéroglyphes, les cérémonies religieuses et les rites de différentes institutions ou associations, maçonniques ou autres”.<sup><a href="#note611" id="text611">611</a></sup> Ils s’intéressent particulièrement aux Frères de Bohême de Comenius, qui deviendront l’Église morave de Zinzendorf.<sup><a href="#note612" id="text612">612</a></sup> Leur but ultime était une “synthèse totale de toutes les connaissances”, en vue de la création d’une “religion mondiale que tous les dévots, quelle que soit leur persuasion, peuvent embrasser”.<sup><a href="#note613" id="text613">613</a></sup> Une forme modifiée du Rite des Philalèthes fut instituée à Narbonne en 1780 sous le nom de Maçons Libres et Acceptés du Rit Primitif, par le Marquis de Chefdebien d’Armisson, membre de la Stricte Observance ainsi que des Amis Réunis.</p>



<p>Les Philalèthes attiraient les initiés supérieurs des Amis Réunis, de la Cour de Gebelin, du Prince Charles de Hesse-Kassel, de Condorcet, du Vicomte de Tavannes, de Jean-Baptiste Willermoz (1730 &#8211; 1824), et d’autres encore. À l’époque du congrès, les francs-maçons français et allemands n’étaient pas très clairs en ce qui concerne l’ensemble du sujet, l’objectif et les récits contradictoires sur les origines de la maçonnerie. Comme le rapporte Savalette de Langes, trésorier royal à Paris, dans sa correspondance avec le marquis de Chefdebien :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Falc, en Angleterre. Ce Dr Falc est connu de nombreux Allemands. À tous points de vue, c’est un homme extraordinaire. Certains croient qu’il est le chef de tous les Juifs et attribuent tout ce qu’il y a de merveilleux et d’étrange dans sa conduite et dans sa vie à des projets entièrement politiques&#8230; Il y a eu une curieuse histoire à son sujet en rapport avec le Prince de Guemene et le Chev. de Luxembourg concernant Louis XV dont il avait prédit la mort. Il est pratiquement inaccessible. Dans toutes les sectes supérieures d’adeptes des sciences occultes, il passe pour un homme d’un niveau supérieur&#8230;<sup><a href="#note614" id="text614">614</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Dans le troisième quart du XVIIIe siècle, l’Allemagne compte plusieurs autorités maçonniques différentes. À Berlin, la loge Zu den drei Weltkugeln (“Trois Globes”) adopte la Stricte Observance. Une autre grande loge berlinoise, la Grosse Landesloge, fondée en 1770, pratiquait le Rite suédois à plusieurs degrés, dont les Grands Maîtres étaient des neveux de Frédéric le Grand, les frères Charles XIII de Suède (1748 &#8211; 1818) et Gustave III de Suède (1746 &#8211; 1792), Grands Maîtres de la franc-maçonnerie suédoise et mécènes de Swedenborg. Les loges suédoises prétendaient posséder de précieux documents contenant les secrets maçonniques intégrés dans “le langage hiéroglyphique des anciens livres de sagesse juifs”, une référence aux gravures de De Lintot et aux révélations de Falk.<sup><a href="#note615" id="text615">615</a></sup></p>



<p>Un autre groupe de loges pratiquant la Maçonnerie française de haut degré, dont la plus connue était la Grande Loge de Prusse appelée l’York royal de l’Amitié.<sup><a href="#note616" id="text616">616</a></sup> La loge L’Amitié, fondée en 1752 par les francs-maçons français à Berlin, devient en 1761, par fusion avec la loge Trois Globes, la loge Amitié des Trois Colombes, puis en 1765, la loge Royal York de l’Amitié, après avoir initié le prince Édouard, duc d’York et d’Albany (1739 -1767), frère du roi George III, et deuxième fils de Frédéric, prince de Galles, et de la princesse Augusta de Saxe-Gotha, dont le neveu était l’Illuminatus Ernst II, duc de Saxe-Gotha-Alternburg (1745 &#8211; 1804), ami d’Adam Weishaupt, qui fut l’arrière-grand-père du prince Albert, époux de la reine Victoria. Les parrains du prince Édouard étaient Frédéric-Guillaume Ier de Prusse. La loge se sépara ensuite des Trois Globes après avoir rejoint la Stricte Observance en 1767, pour devenir à son tour une Loge Mère, et fut affiliée à la Grande Loge d’Angleterre.<sup><a href="#note617" id="text617">617</a></sup> Lorsque Londres reconnaît la Grande Loge Nationale des Francs-Maçons d’Allemagne en 1773, elle est rejointe par la Royal York l’année suivante, mais des divergences de vues fondamentales sur les rituels et les degrés conduiront à une rupture en 1778.</p>



<p>Weishaupt avait décidé d’infiltrer les francs-maçons afin d’acquérir du matériel pour développer son propre rituel et établir une base de pouvoir pour son plan à long terme de changement politique en Europe. Au début du mois de février 1777, il fut admis au Rite de la Stricte Observance. Weishaupt fut persuadé par l’une de ses premières recrues, son ancien élève Xavier von Zwack, que son propre ordre devait nouer des relations amicales avec la franc-maçonnerie et obtenir la dispense de fonder sa propre loge. Un mandat fut obtenu de la Grande Loge de Prusse sous le nom de Royal York for Friendship, et la nouvelle loge fut baptisée Théodore du Bon Conseil, qui fut rapidement remplie d’Illuminati. En établissant des relations maçonniques avec la loge Union de Francfort, qui était affiliée à la Première Grande Loge d’Angleterre, la loge Théodore fut reconnue de manière indépendante et put déclarer son indépendance. La loge Théodore fut nommée dans l’intention de flatter Charles Théodore, Electeur de Bavière (1724 &#8211; 1799).<sup><a href="#note618" id="text618">618</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Convent de Wilhelmsbad</h2>



<p>Bien que recevant un brevet de la Loge d’York, la Loge Théodore forma un système particulier qui lui était propre, selon les instructions de la Loge Martiniste des Chevaliers Bienfaisants de Lyon, avec laquelle elle était en correspondance.<sup><a href="#note619" id="text619">619</a></sup> Le martinisme fut ensuite propagé sous différentes formes par les deux élèves de Pasqually, Louis Claude de Saint-Martin (1743 &#8211; 1803) et Jean-Baptiste Willermoz (1730 &#8211; 1824), qui était membre du Rite des Philalèthes. Saint-Martin s’intéresse à Swedenborg et est le premier à traduire les écrits de Jakob Boehme de l’allemand vers le français. Dans les années 1770, Willermoz entre en contact avec le baron Hund, fondateur de la Stricte Observance, à laquelle il adhère en 1773. Willermoz est le formulateur de l’”Ordre intérieur” du Rite écossais rectifié, ou Chevaliers Bienfaisants de la Cité-Sainte (CBCS), fondé en 1778 comme une variante du Rite de la Stricte Observance, dont certains éléments proviennent de l’Elus-Coën de son maître Pasqually. L’ordre chapeaute de nombreuses loges, dont la Stricte Observance et la Loge Théodore du Bon Conseil à Munich.<sup><a href="#note620" id="text620">620</a></sup></p>



<p>Le Convent de Wilhelmsbad avait pour objectif principal de décider du sort de la Stricte Observance, qui prétendait être une renaissance de l’Ordre du Temple. Le grand maître de l’ordre est Ferdinand, duc de Brunswick (1721 &#8211; 1792), dont l’arrière-arrière-grand-père est Auguste le Jeune, duc de Brunswick-Wolfenbüttel.<sup><a href="#note621" id="text621">621</a></sup> L’Ordre de la Stricte Observance était en réalité une association purement allemande composée d’hommes entièrement issus des classes intellectuelles et aristocratiques et, à l’instar des ordres chevaleresques du passé, connus les uns des autres sous des titres chevaleresques. Ainsi, le prince Charles devient Eques a Leone Resurgente, Ferdinand, duc de Brunswick, membre des Illuminati, est Eques a Victoria, le ministre prussien Johann Rudolph von Bischoffswerder (1741 &#8211; 1803) Eques a Grypho, Baron de Wächter Eques a Ceraso, Joachim Christoph Bode (1731 &#8211; 1793), conseiller de légation à Saxe-Gotha, Eques a Lilio Convallium, Christian Graf von Haugwitz (1752 &#8211; 1832), ministre du cabinet de Frédéric le Grand Eques a Monte Sancto.</p>



<p>Le Convent de Wilhelmsbad a en fait entraîné la disparition de la Stricte Observance. L’absence d’alternative cohérente aux deux courants mystiques a permis aux Illuminati de se présenter comme une option crédible. C’est grâce à l’influence qu’ils ont exercée lors du Convent maçonnique de Wilhelmsbad en 1782 que les Illuminati ont acquis une influence considérable dans le monde des sociétés secrètes européennes. De nombreux intellectuels, ecclésiastiques et hommes politiques influents se sont comptés parmi les membres des Illuminati, dont Ferdinand, duc de Brunswick, et le diplomate Xavier von Zwack, qui est devenu le commandant en second de l’ordre. Les Illuminati ont attiré des hommes de lettres tels que Johann Wolfgang von Goethe, Gotthold Ephraim Lessing et Johann Gottfried Herder, les principaux représentants du mouvement romantique et du classicisme de Weimar.</p>



<p>À Wilhelmsbad en 1782, Bode abandonne le mysticisme chrétien de Willermoz en faveur d’une interprétation radicale des Lumières. Il entame des négociations avec Adolph Freiherr Knigge (1752 &#8211; 1796), membre des Illuminati, et rejoint finalement l’ordre en 1783, acquérant le rang de Major Illuminatus. Le prince Charles de Hesse-Kassel y adhère le mois suivant.<sup><a href="#note622" id="text622">622</a></sup> Après que les Illuminati ont été mis hors la loi en Bavière en 1784, par un édit de Charles Théodore, avec l’encouragement de l’Église catholique, Bode est devenu le chef exécutif de facto après la démission de Knigge et l’évasion de Weishaupt.<sup><a href="#note623" id="text623">623</a></sup></p>



<p>Barruel affirme dans ses écrits que les Philalèthes ont été constituées pour combattre la monarchie.<sup><a href="#note624" id="text624">624</a></sup> C’est lors d’un congrès secret des Philalèthes convoqué en 1785, auquel participèrent Bode, le baron de Busche, Cagliostro, Savalette de Langes et d’autres, que la mort de Louis XVI fut décrétée.<sup><a href="#note625" id="text625">625</a></sup> Le congrès réunit 120 députés, dont la plupart sont des occultistes notoires.<sup><a href="#note626" id="text626">626</a></sup> Parmi les sujets abordés, on trouve les liens entre Jacob Falk et Jacob Frank.<sup><a href="#note627" id="text627">627</a></sup> Ferdinand, duc de Brunswick, dirigeait la délégation allemande, tandis que la délégation anglaise était conduite par un ami proche de Falk, le général Charles R. Rainsford, député britannique, franc-maçon swedenborgien et membre de la Royal Society.<sup><a href="#note628" id="text628">628</a></sup> En guise de nouvelle couverture pour l’ordre, Bode déclara : “Nous avons convenu [&#8230;] que pour la France, nous adopterions le nom de Philadelphes au lieu de celui d’Illuminati”.<sup><a href="#note629" id="text629">629</a></sup> Chaillon de Jonville, Grand Maître adjoint de la Grande Loge, institution qui a précédé le Grand Orient, dans un texte paru en 1789, dénonce les Philadelphes comme responsables des troubles révolutionnaires. <sup><a href="#note630" id="text630">630</a></sup></p>



<p>Comme l’explique Terry Melanson, “contrairement à la croyance populaire, la plupart des loges maçonniques en dehors de la Bavière n’ont pas été complètement purgées de leur Illuminisme ; et l’Ordre &#8211; à tout le moins, ses membres &#8211; est simplement entré dans la clandestinité, pour refaire surface plus tard sous la forme de sociétés de lecture et de clubs jacobins”.<sup><a href="#note631" id="text631">631</a></sup> En 1790, Mirabeau devient le président du plus influent des “clubs” politiques français, les Jacobins, fondés en 1789. À son retour en France, Mirabeau a introduit la philosophie de l’Illuminisme dans sa loge maçonnique. En 1788, des députés des Illuminati sont envoyés à la demande de Mirabeau pour informer les loges françaises sur la stratégie à adopter. Leur premier conseil est la création d’un Comité politique dans chaque loge, d’où naîtront les Jacobins. Bientôt, presque toutes les loges du Grand Orient sont infiltrées par des partisans de Weishaupt, qui s’emploient à diffuser la politique de terrorisme contre l’État.<sup><a href="#note632" id="text632">632</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">La Révolution française</h2>



<p>La conspiration des Illuminati à l’origine de la Révolution française a été orchestrée sous la surveillance du duc d’Orléans, au Palais-Royal. En 1790, au Palais-Royal, Nicolas de Bonneville (1760 &#8211; 1828) et Claude Fauchet (1744 &#8211; 1793) fondent l’organisation révolutionnaire française des Amis de la Vérité, également connue sous le nom de Cercle social. En 1787, Bonneville avait été converti aux idéaux des Illuminati lors de la première des deux visites de J.C. Bode à Paris.<sup><a href="#note633" id="text633">633</a></sup> Un communiqué diplomatique officiel, daté de 1791, contenant une liste d’”Illuminati et de francs-maçons” a été envoyé par le ministre bavarois des Affaires étrangères, le comte Karl Matthäus von Vieregg (1719 &#8211; 1802), à l’ambassadeur impérial Ludwig Konrad von Lehrbach (1750 &#8211; 1805) à Munich, qui l’a ensuite transmis à Vienne. Connue sous le nom de Graf Lehrbachs Illuminaten-Liste, cette liste n’a été découverte dans les archives de Vienne qu’en 1869 par Sebastian Brunner. La liste comprend de nombreux membres connus qui n’avaient pas été confirmés ailleurs, tels que le duc d’Orléans, Jacques Necker, le marquis de Lafayette, Jacques-Pierre Brissot, Mirabeau, Fauchet et le révolutionnaire américain d’origine anglaise Thomas Paine (1737 &#8211; 1736).<sup><a href="#note634" id="text634">634</a></sup></p>



<p>Bonneville était une figure politique influente de la Révolution française et fut l’un des premiers à proposer la prise de la Bastille. Le Cercle social, qui compte parmi ses membres éminents Camille Desmoulins, Marie-Jean Condorcet, Brissot et Jean Baptiste Louvet, devient un forum pour les idées révolutionnaires et égalitaires, attirant Gracchus Babeuf (1760 &#8211; 1797) et Sylvain Maréchal (1750 &#8211; 1803), qui rédige un manifeste en faveur des objectifs de Babeuf, le Manifeste des Égaux. Babeuf était le chef de la Conspiration des Égaux, un coup d’État manqué de 1796 pendant la Révolution française. On peut dire que la Révolution française a été déclenchée dans les jardins du Palais-Royal le 12 juillet 1789, lorsque Camille Desmoulins (1760 &#8211; 1794) a rallié la foule en criant “Aux armes ! (appelant à réagir à la nouvelle qui venait de parvenir de Versailles, à savoir le renvoi par le roi de son ministre des finances, Jacques Necker (1732 &#8211; 1804). La foule fait irruption en portant un buste de Necker et du duc d’Orléans. Le 14 juillet, ils prennent d’assaut la prison et l’armurerie peu peuplées connues sous le nom de Bastille. Lors de la prise de la Bastille, le comte de Mirabeau aurait déclaré : “l’idolâtrie de la monarchie a reçu un coup mortel des fils et des filles de l’Ordre des Templiers”. <sup><a href="#note635" id="text635">635</a></sup></p>



<p>Le duc d’Orléans, qui jouera un rôle de premier plan dans la Révolution française sous le nom de Philippe Égalité, sera le prochain à accéder au trône si la lignée principale des Bourbons s’éteint à la mort du roi Louis XIV. La motivation première du duc, outre sa haine du roi Louis XIV et de son épouse Marie-Antoinette, est sa propre succession au trône. Pour assurer sa succession au trône, Jacob Falk lui aurait remis un talisman composé d’un anneau que Philippe Égalité, avant son exécution le 6 novembre 1793, aurait envoyé à une juive, Juliette Goudchaux, qui l’aurait transmis à son fils, futur roi Louis-Philippe.<sup><a href="#note636" id="text636">636</a></sup> Cependant, l’année de son exécution, Philippe Égalité avait publié un manifeste dans lequel il répudiait ses liens avec la franc-maçonnerie et estimait désormais que, dans une république, aucune société secrète ne devait être autorisée à exister.<sup><a href="#note637" id="text637">637</a></sup> Lors de l’exécution de Louis XIV, roi de France, le 21 janvier 1793, une voix dans la foule s’écria : “De Molay est vengé !”.<sup><a href="#note638" id="text638">638</a></sup></p>



<p>En août 1789, Mirabeau et l’abbé Emmanuel Joseph Sieyès (1748 &#8211; 1836), membre des Philalèthes et de Neuf Sœurs, jouent un rôle central dans la conception et la rédaction de la Déclaration finale des droits de l’homme et du citoyen. L’Illuminatus Lafayette a préparé les principaux projets en consultation avec son ami Thomas Jefferson. En guise d’indice énigmatique sur sa véritable origine, la déclaration comporte plusieurs symboles occultes de premier plan. Tout d’abord, le symbole Illuminati de l’œil qui voit tout dans un triangle, que l’on retrouve aujourd’hui sur le Grand Sceau des États-Unis. Sous le titre se trouve un Ouroboros, ancien symbole gnostique de Satan, que l’on retrouve dans l’alchimie occidentale. En dessous se trouve un bonnet phrygien rouge, dérivé des mystères païens de Mithra. L’ensemble de la déclaration est gardé par les piliers maçonniques jumeaux.</p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YYCrY0lrQM"><a href="https://egregoor.com/2024/12/09/ix-les-zoharistes-sionisme-de-david-livingstone/">IX. Les Zoharistes – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« IX. Les Zoharistes – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2024/12/09/ix-les-zoharistes-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=R4Y1CtxiLA#?secret=YYCrY0lrQM" data-secret="YYCrY0lrQM" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZgfisssnJt"><a href="https://egregoor.com/2024/12/23/xi-la-revolution-americaine-sionisme-de-david-livingstone/">XI. La révolution américaine – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« XI. La révolution américaine – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2024/12/23/xi-la-revolution-americaine-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=TSX6akl7fB#?secret=ZgfisssnJt" data-secret="ZgfisssnJt" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><sup><a href="#text557" id="note557">557</a></sup> Maciejko. The Mixed Multitude, p. 242.</p>



<p><sup><a href="#text558" id="note558">558</a></sup> Gershom Scholem. The Messianic Idea in Judaism.</p>



<p><sup><a href="#text559" id="note559">559</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text560" id="note560">560</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text561" id="note561">561</a></sup> Keith A.P. Sandiford. “La Grande-Bretagne et les révolutions de 1848”. Encyclopédie des révolutions de 1848. Tiré de <a href="https://www.ohio.edu/chastain/dh/greatbri.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.ohio.edu/chastain/dh/greatbri.htm</a> </p>



<p><sup><a href="#text562" id="note562">562</a></sup> Yirmiyahu Yovel. Spinoza et autres hérétiques : The Marrano of Reason (Princeton University Press, 1992), p. 351.</p>



<p><sup><a href="#text563" id="note563">563</a></sup> William Uzgalis. “John Locke”. The Stanford Encyclopedia of Philosophy (Fall 2022 Edition), Edward N. Zalta &amp; Uri Nodelman (eds.). Extrait de <a href="https://plato.stanford.edu/archives/fall2022/entries/locke/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://plato.stanford.edu/archives/fall2022/entries/locke/</a></p>



<p><sup><a href="#text564" id="note564">564</a></sup> Webster. Sociétés secrètes et mouvements subversifs.</p>



<p><sup><a href="#text565" id="note565">565</a></sup> Henri Martin. Histoire de France, Vol. XVI. p. 531 ; cité dans Webster, Secret Societies and Subversive Movements, p. 233.</p>



<p><sup><a href="#text566" id="note566">566</a></sup> Melanson. “Les Illuminati de Murdoch”.</p>



<p><sup><a href="#text567" id="note567">567</a></sup> Terry Melanson. Les Perfectibilistes : L’ordre bavarois des Illuminati au XVIIIe siècle (Trine Day).</p>



<p><sup><a href="#text568" id="note568">568</a></sup> Hugh Chisholm, éd. “Dalberg § 2. Karl Theodor Anton Maria von Dalberg”. Encyclopædia Britannica. 7, 11e édition (Cambridge University Press, 1911). pp. 762-763 ; Melanson. Perfectibilists.</p>



<p><sup><a href="#text569" id="note569">569</a></sup> Amos Elon. Founder : A Portrait of the First Rothschild and His Time (Viking Adult, 1996), pp. 75-76 ; cité dans Melanson. “Murdoch’s Illuminati”.</p>



<p><sup><a href="#text570" id="note570">570</a></sup> Howard. Sociétés secrètes, pp. 73-74.</p>



<p><sup><a href="#text571" id="note571">571</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text572" id="note572">572</a></sup> Lloyd Strickland (éd. et trad.). Leibniz et les deux sophies : The Philosophical Correspondence, (Toronto : Centre for Reformation and Renaissance Studies, 2011).</p>



<p><sup><a href="#text573" id="note573">573</a></sup> George Rude. The Crowd in the French Revolution (Oxford University Press, 1967), pp. 215. Cité dans Melanson. Les Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text574" id="note574">574</a></sup> Joscelyn Godwin. The Theosophical Enlightenment, (State University of New York Press, 1994), p. 101.</p>



<p><sup><a href="#text575" id="note575">575</a></sup> Ibid, p. 101.</p>



<p><sup><a href="#text576" id="note576">576</a></sup> J.S. Tuckett. “Savalette de Langes, les Philaletes et le convent de Wilhelmsbad, 1782”. Ars Quatuor Coronatorum, 30 (1917), pp. 153-54 ; cité dans Schuchard, “Dr. Samuel Jacob Falk”.</p>



<p><sup><a href="#text577" id="note577">577</a></sup> Marsha Keith Schuchard. “Falk, Samuel Jacob”. Dans Wouter J. Hanegraaff ed. Dictionary of Gnosis &amp; Western Esotericism (Leiden : Brill, 2006). p. 357.</p>



<p><sup><a href="#text578" id="note578">578</a></sup> Webster. Sociétés secrètes et mouvements subversifs.</p>



<p><sup><a href="#text579" id="note579">579</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text580" id="note580">580</a></sup> Christopher McIntosh. Rose Cross and the Age of Reason : The Eighteenth-Century Rosicrucianism in Central Europe and its Relationship to the Enlightenment (SUNY Press, 2012), p. 170.</p>



<p><sup><a href="#text581" id="note581">581</a></sup> Isabel Cooper-Oakley. Germain (Milan, Italie : Ars Regia, 1912).</p>



<p><sup><a href="#text582" id="note582">582</a></sup> Trevor-Roper. La crise du XVIIe siècle, p. 239.</p>



<p><sup><a href="#text583" id="note583">583</a></sup> Isabel Cooper Oakley. Germain : le secret des rois (Milan : Sulli- Rao, 1912), pp. 21-22. Cité dans David Hunter. “Monsieur le comte de Saint-Germain : The Great Pretender”. The Musical Times, 144 (1885), pp. 40-44.</p>



<p><sup><a href="#text584" id="note584">584</a></sup> Elizabeth W. Fisher. “Prophéties et révélations : German Cabbalists in Early Pennsylvania”. The Pennsylvania Magazine of History and Biography, 109:3 (1985), p. 306.</p>



<p><sup><a href="#text585" id="note585">585</a></sup> William Thomas Walsh. Philip II (New York, Sheed &amp; Ward, Inc., 1937).</p>



<p><sup><a href="#text586" id="note586">586</a></sup> Juif catholique. “ Les frankistes et l’Église catholique “, alternativegenhist.blogspot.ca (15 avril 2014).</p>



<p><sup><a href="#text587" id="note587">587</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text588" id="note588">588</a></sup> Edward Gelles. The Jewish Journey : A Passage through European History (The Radcliffe Press, 2016), p. 151.</p>



<p><sup><a href="#text589" id="note589">589</a></sup> Facsimile of the ms Minutes, Renaissance Traditionnelle, 114 (avril 1998):110-111 ; cité dans Ramsay’s Life, The Beginnings of French Freemasonry, The Two Main Versions of the Discours by W. Bro. Alain Bernheim, PS Review of Freemasonry. Extrait de <a href="http://www.freemasons-freemasonry.com/bernheim_ramsay01.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">http://www.freemasons-freemasonry.com/bernheim_ramsay01.html</a></p>



<p><sup><a href="#text590" id="note590">590</a></sup> E. J. Castle. Procédures contre les Templiers, A.Q.C., Vol. XX. Partie III.</p>



<p><sup><a href="#text591" id="note591">591</a></sup> F.-T. B.-Clavel. Histoire pittoresque de la Franc-Maçonnerie, Paris, Pagnerre, 1843, p. 166.</p>



<p><sup><a href="#text592" id="note592">592</a></sup> Conseil Suprême, 33 ̊ U.S.A. Condensed History of the Ancient and Accepted Scottish Rite Masonry from Its Introduction Into the United States (Drummond &amp; Neu, 1887), p. 5.</p>



<p><sup><a href="#text593" id="note593">593</a></sup> Richard Popkin. “Chapitre 14 : Le contexte religieux de la philosophie du XVIIe siècle. Dans Daniel Garber &amp; Michael Ayers, (eds.). The Cambridge History of Seventeenth-century Philosophy, Volume 1 (Cambridge University Press, 1999).</p>



<p><sup><a href="#text594" id="note594">594</a></sup> Henry Wilson Coil. Coil’s Masonic Encyclopedia (Richmond, Virginie : Macoy Publishing Co., 1961).</p>



<p><sup><a href="#text595" id="note595">595</a></sup> Ibid. p. 213.</p>



<p><sup><a href="#text596" id="note596">596</a></sup> David Murray Lyon, “The Royal Order of Scotland”, The Freemason (4 septembre 1880), p. 393 ; cité dans Schuchard. Emanuel Swedenborg, p. 305.</p>



<p><sup><a href="#text597" id="note597">597</a></sup> Albert G. Mackey. A Lexicon of Freemasonry (Philadelphie : Moss, Brother &amp; Co., 1860), p. 267.</p>



<p><sup><a href="#text598" id="note598">598</a></sup> G. Hills. “Notes on the Rainsford Papers in the British Museum”, Ars Quatuor Coronatorum, 26 (1913 ), pp. 98-99 ; Schuchard. “Samuel Jacob Falk”, p. 211.</p>



<p><sup><a href="#text599" id="note599">599</a></sup> Schuchard. “Pourquoi Mme Blake a pleuré”.</p>



<p><sup><a href="#text600" id="note600">600</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text601" id="note601">601</a></sup> Keith Schuchard. “L’histoire maçonnique secrète de la Société Swedenborg de Blake”.</p>



<p><sup><a href="#text602" id="note602">602</a></sup> Keith Schuchard. “Samuel Jacob Falk.</p>



<p><sup><a href="#text603" id="note603">603</a></sup> Ibid, p. 204.</p>



<p><sup><a href="#text604" id="note604">604</a></sup> Keith Schuchard. Emanuel Swedenborg, p. 511.</p>



<p><sup><a href="#text605" id="note605">605</a></sup> “Eckleffsche Akten”. Freimaurer-Wiki. Tiré de <a href="https://www.freimaurer-wiki.de/index.php/Eckleffsche_Akten" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.freimaurer-wiki.de/index.php/Eckleffsche_Akten</a></p>



<p><sup><a href="#text606" id="note606">606</a></sup> Edmund Mazet, “Freemasonry and Esotericism”, dans Modern Esoteric Spirituality, édité par A. Faivre (New York : Crossroad, 1993), p. 256 ; cité dans Hugh Urban, “Elitism and Esotericism : Strategies of Secrecy and Power in South Indian Tantra and French Freemasonry”. Numen, 44 (1997), p. 34 n. 22.</p>



<p><sup><a href="#text607" id="note607">607</a></sup> Souvenirs du Baron de Gleichen, p. 151, cité par Webster. Sociétés secrètes et mouvements subversifs, p. 169.</p>



<p><sup><a href="#text608" id="note608">608</a></sup> Duker. “La durée du frankisme polonais”, p. 312</p>



<p><sup><a href="#text609" id="note609">609</a></sup> J. M. Roberts. The Mythology of Secret Societies (Londres : Secker and Warburg, 1972) p. 104.</p>



<p><sup><a href="#text610" id="note610">610</a></sup> J.E.S. Tuckett. “Savalette de Langes, Les Philaléthes, and the Convent of Wilhelmsbad, 1782”, AQC (1917), pp. 131-71 ; série d’articles dans Le Monde Maçonnique, 14-15 (1873-74) ; cité dans Keith Schuchard. “The Secret Masonic History of Blake’s Swedenborg Society”.</p>



<p><sup><a href="#text611" id="note611">611</a></sup> Margaret C. Jacob. Strangers Nowhere in the World : The Rise of Cosmopolitanism in Early Modern Europe (University of Pennsylvania Press, 2006) p. 109.</p>



<p><sup><a href="#text612" id="note612">612</a></sup> Karl R. H. Frick. Die Erleuchteten : Gnostisch-theosophische und alchemistisch-rosenkreuzerische Geheimgesellschaften bis zum Ende des 18. Jahrhunderts, ein Beitrag zur Geistesgeschichte der Neuzeit (1973), p. 574 et suivantes, initialement incluses comme appendice à la fin de McBean et Gabirro. A Complete History Of The Ancient And Primitive Rite (2002). Cité dans Terry Melanson, “Karl R. H. Frick on The Philalèthes”. Bavarian-Illuminati.com.</p>



<p><sup><a href="#text613" id="note613">613</a></sup> Jacob. Strangers Nowhere in the World, p. 109.</p>



<p><sup><a href="#text614" id="note614">614</a></sup> J.S. Tuckett. “Savalette de Langes, les Philaletes et le convent de Wilhelmsbad, 1782”. Ars Quatuor Coronatorum, 30 (1917), pp. 153-54 ; cité dans Schuchard, “Dr. Samuel Jacob Falk”.</p>



<p><sup><a href="#text615" id="note615">615</a></sup> In-Ho Ly Ryu. “Freemasonry Under Catherine the Great : a Reinterpretation” (Ph.D. diss., Harvard University, 1967), 136, 145-59 ; et “Moscow Freemasons and the Rosicrucian Order”, dans J.G. Garrard (ed.) The Eighteenth Century in Russia (Oxford : Clarendon, 1973), p. 215 ; cité dans Keith Schuchard. “Samuel Jacob Falk”, p. 217. <sup><a href="#text616" id="note616">616</a></sup> McIntosh. Rose Cross et l’âge de raison, p. 43.</p>



<p><sup><a href="#text617" id="note617">617</a></sup> “La Royale York de l’Amitiè Berlin”. Musée virtuel de la musique maçonnique. Vincent Lombardo (trans). Extrait de <a href="https://www.freemasonryresearchforumqsa.com/grandlodgeof-prussia-royal-york.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.freemasonryresearchforumqsa.com/grandlodgeof-prussia-royal-york.php</a></p>



<p><sup><a href="#text618" id="note618">618</a></sup> René le Forestier. Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande, Livre 3 (Paris, 1914), pp. 193-201.</p>



<p><sup><a href="#text619" id="note619">619</a></sup> John Robison. Preuves d’une conspiration (1798).</p>



<p><sup><a href="#text620" id="note620">620</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text621" id="note621">621</a></sup> Vera Keller. Knowledge and the Public Interest, 1575-1725 (Cambridge University Press, 2015), p. 89.</p>



<p><sup><a href="#text622" id="note622">622</a></sup> le Forestier. Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande, pp. 343-88.</p>



<p><sup><a href="#text623" id="note623">623</a></sup> Ibid, pp. 453, 468-469, 507-508, 614-615.</p>



<p><sup><a href="#text624" id="note624">624</a></sup> Collectif. Encyclopédie de la franc-maçonnerie (Le Livre de poche, 2008).</p>



<p><sup><a href="#text625" id="note625">625</a></sup> Webster. Sociétés secrètes et mouvements subversifs, p. 234.</p>



<p><sup><a href="#text626" id="note626">626</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text627" id="note627">627</a></sup> C. Porset. Philalethes, p. 502 ; cité dans Keith Schuchard. “Samuel Jacob Falk”, p. 220.</p>



<p><sup><a href="#text628" id="note628">628</a></sup> Marsha Keith Schuchard. “La franc-maçonnerie, les sociétés secrètes et la continuité de la tradition occulte dans la littérature anglaise”. Thèse de doctorat, (Université du Texas, Austin, 1975).</p>



<p><sup><a href="#text629" id="note629">629</a></sup> Bode. Travel Journal ; cité dans Melanson. Perfectibilists.</p>



<p><sup><a href="#text630" id="note630">630</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text631" id="note631">631</a></sup> Melanson. Perfectibilistes.</p>



<p><sup><a href="#text632" id="note632">632</a></sup> Michael Howard. Secret Societies : Their Influence and Power from Antiquity to the Present Day (Simon and Schuster, 2007), pp. 74.</p>



<p><sup><a href="#text633" id="note633">633</a></sup> James H. Billington. Fire in the Minds of Men : Origins of the Revolutionary Faith (Basic Books 1980), p. 96.</p>



<p><sup><a href="#text634" id="note634">634</a></sup> Marco di Luchetti. Manifeste des Illuminati sur la révolution mondiale (1792) (Éditions Booksurge, 2011), p. 235-239 ; Le Forestier. Les Illuminés de Bavière et la franc-maçonnerie allemande, p. 654.</p>



<p><sup><a href="#text635" id="note635">635</a></sup> Howard. Sociétés secrètes.</p>



<p><sup><a href="#text636" id="note636">636</a></sup> “Falk, Hayyim Samuel Jacob (également connu sous le nom de De Falk, Dr. Falk, ou Falkon)”, Encyclopédie juive (1906)</p>



<p><sup><a href="#text637" id="note637">637</a></sup> George William Speth. Royal Freemasons (Masonic Publishing Company, 1885), p. 12.</p>



<p><sup><a href="#text638" id="note638">638</a></sup> Ibid.</p>
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		<title>IX. Les Zoharistes – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David Livingstone]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Dec 2024 19:53:00 +0000</pubDate>
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<p>Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre <em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Les frankistes</h2>



<p>Ben-Zion Katz, dans un autre ouvrage en hébreu, Rabbinate, Hassidism, Enlightenment : The History of Jewish Culture Between the End of the Sixteenth and the Beginning of the Nineteenth Century, explique que les mêmes idées racistes que l’on retrouve dans la kabbale d’Isaac Louria ont également été intégrées au mouvement hassidique, né à la fin du XVIIIe siècle en Pologne.<sup><a href="#note497" id="text497">497</a></sup> Selon Gershom Scholem, la plus grande autorité du vingtième siècle en matière de Kabbale, comme l’explique Elisheva Carlebach, “le sabbatéisme est la matrice de tous les mouvements importants qui ont émergé aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, du hassidisme au judaïsme réformé, en passant par les premiers cercles maçonniques et l’idéalisme révolutionnaire”.<sup><a href="#note498" id="text498">498</a></sup> Judah Leibes évoque la possibilité qu’Israël ben Eliezer (1698 &#8211; 1760), connu sous le nom de Besht, acronyme de Baal Shem Tov, le fondateur du hassidisme, soit mort en 1760 de chagrin suite à la conversion au christianisme de la secte sabbatéenne connue sous le nom de frankistes un an plus tôt, car il les considérait comme un organe du corps mystique du judaïsme.<sup><a href="#note499" id="text499">499</a></sup></p>



<p>Le rabbin Jacob Emden (1697 &#8211; 1776), grand rabbin allemand et défenseur du judaïsme orthodoxe, a décrit une violente altercation qui a eu lieu chez lui avec deux défenseurs de la secte sabbatéenne connue sous le nom de frankistes, l’un d’entre eux étant nommé Jacob Rothschild.<sup><a href="#note500" id="text500">500</a></sup> La dynastie Rothschild a été fondée par Amschel Mayer Bauer (1744 &#8211; 1812), qui a pris le nom de “Rothschild”, qui signifie “bouclier rouge” en allemand. Rothschild a été qualifié de “père fondateur de la finance internationale” et a été classé septième sur la liste du magazine Forbes des “vingt hommes d’affaires les plus influents de tous les temps” en 2005.<sup><a href="#note501" id="text501">501</a></sup> Emden, farouche opposant aux sabbatéens, est bien connu comme protagoniste de la controverse Emden-Eybeschütz, un incident capital dans l’histoire juive de l’époque, qui a suivi les accusations portées contre le rabbin Johnathan Eybeschütz (1690 &#8211; 1764). En 1751, Emden accuse Eybeschütz d’être un adepte secret de Sabbataï Tsevi, citant comme preuve des amulettes écrites par Eybeschütz qui contiennent des formules sabbatéennes. En 1753, Eybeschütz a été disculpé par le Conseil des quatre terres en Pologne, et ses ouvrages halakhiques sont encore utilisés aujourd’hui, même si les historiens modernes soupçonnent fortement l’accusation d’Emden d’avoir été justifiée.<sup><a href="#note502" id="text502">502</a></sup></p>



<p>Le fondateur des frankistes était un successeur autoproclamé de Tsevi, nommé Jacob Frank (1726 &#8211; 1791), qui rejetait le Talmud en faveur du Zohar, un ouvrage fondateur de la littérature de la Kabbale, écrit dans l’Espagne du treizième siècle. Frank prétendait être venu pour débarrasser le monde du Talmud et de la loi juive, qu’il considérait comme oppressive. Frank prétendait au contraire que la Rédemption s’accomplirait par un renversement de la Torah, affirmant que pour que le “Bon Dieu” apparaisse, il serait nécessaire de précipiter le chaos.<sup><a href="#note503" id="text503">503</a></sup> Comme le résume Abba Eban, Frank “enseignait une idée étrange selon laquelle Dieu n’enverrait pas de Messie tant que le monde ne serait pas devenu aussi mauvais qu’il est possible de l’être”. Ainsi, disait Frank, il était de son devoir, en tant qu’adepte de Sabbataï Tsevi, de provoquer une période de mal absolu”.<sup><a href="#note504" id="text504">504</a></sup> Frank enseignait la doctrine de la “sainteté du péché”, affirmant qu’avec l’arrivée du messie, tout était permis. Parmi les frankistes les plus radicaux, explique Gershom Scholem, s’est développée une “véritable mythologie du nihilisme”, dans laquelle la nouvelle dispensation messianique “impliquait un renversement complet des valeurs, symbolisé par le changement des trente-six interdictions de la Torah&#8230; en commandements positifs”.<sup><a href="#note505" id="text505">505</a></sup></p>



<p>Comme l’a souligné Abraham Duker, l’antisémitisme était également caractéristique des frankistes, qui rejetaient les juifs orthodoxes, auxquels ils en voulaient pour les persécutions qu’ils avaient subies en tant qu’hérétiques :</p>



<p>Les frankistes étaient également unis par des aspects moins positifs, à savoir l’aversion pour les Juifs qui les avaient forcés à se convertir et les avaient ainsi coupés de leurs proches, ainsi que la haine du clergé catholique qui avait sa part dans cette mesure drastique&#8230; La tâche d’élever une nouvelle génération dans ces conditions de double marranisme était en effet difficile et exigeait beaucoup de coopération et d’intimité. La parenté et les relations sociales étroites ont fait du frankisme, dans une large mesure, une religion familiale, qui a été continuellement renforcée par le mariage et par les liens économiques grâce à la concentration dans certaines professions.<sup><a href="#note506" id="text506">506</a></sup></p>



<p>En conséquence, le congrès des rabbins de Brody excommunia les frankistes et obligea tout juif pieux à les rechercher et à les dénoncer. Les sabbatéens informent Dembowski, l’évêque catholique de Kamieniec Podolski, en Pologne. L’évêque prit Frank et ses disciples sous sa protection et, en 1757, organisa un débat religieux entre eux et les rabbins orthodoxes. L’évêque se rangea du côté des frankistes et ordonna de brûler tous les exemplaires du Talmud en Pologne. Plus controversé encore, Frank dénonça ses compatriotes juifs comme coupables de l’infâme libelle du sang. <sup><a href="#note507" id="text507">507</a></sup></p>



<p>À ce moment critique, Frank se proclame le successeur direct de Sabbataï Tsevi et assure ses disciples qu’il a reçu des révélations du Ciel qui appellent à leur conversion au christianisme. Cette conversion devait cependant servir de moyen pour parvenir à la défaite finale du christianisme. Comme le révèle The Sayings of Jacob Frank, Frank mettait en garde ses disciples contre une persécution immanente et violente, et leur conseillait d’adopter la “religion d’Edom”, c’est-à-dire le christianisme, pour finalement adopter une future religion appelée das (“connaissance”), qui devait être révélée par Frank.</p>



<p>Cependant, les frankistes continuent d&rsquo;être considérés avec suspicion et Frank est arrêté à Varsovie le 6 février 1760, livré au tribunal de l&rsquo;Église qui le déclare coupable d&rsquo;hérésie et l&#8217;emprisonne au monastère de Częstochowa. Lorsque Czestochowa est prise par les Russes en 1772, après le premier partage de la Pologne, Frank est libéré et se rend à Brünn en Moravie, chez son cousin Schoendel Dobrushka. Frank quitta Brünn en 1786 ou 1787, et s&rsquo;installa avec ses disciples dans le château inutilisé du prince Wolfgang Ernst II d&rsquo;Isenburg-Birstein (1735 &#8211; 1803). C&rsquo;est probablement par des voies maçonniques que Frank rencontra le prince, qui était rosicrucien et avait de nombreuses relations avec les francs-maçons et les Illuminati de Brünn.<sup><a href="#note508" id="text508">508</a></sup> Personne n’a pu comprendre la nature de la relation entre Frank et le prince. Selon Leopold von Sacher-Masoch (1836 &#8211; 1895), source littéraire du terme “masochisme”, qui a conquis un large public avec ses récits pornographiques, certains ont évoqué des liens avec la Rose-Croix ou les Illuminati.<sup><a href="#note509" id="text509">509</a></sup> Sacher-Masoch connaissait la biographie de Frank et en a même tiré un récit intitulé “Der Prophet von Offenbach.”<sup><a href="#note510" id="text510">510</a></sup> Goethe a qualifié de “mascaraed” l’apparat ostentatoire mis en place par Frank et son entourage à Offenbach.<sup><a href="#note511" id="text511">511</a></sup></p>



<p>Frank mourut en 1790. Les frankistes se sont dispersés en Pologne et en Bohême, se mêlant finalement à l’aristocratie et à la classe moyenne. Selon Gershom Scholem, “entre l’apostasie de Frank et sa mort, les convertis ont renforcé leur position économique, en particulier à Varsovie où nombre d’entre eux ont construit des usines et étaient également actifs dans les sociétés maçonniques”.<sup><a href="#note512" id="text512">512</a></sup> Scholem ajoute ensuite:</p>



<p>L&rsquo;organisation exclusive de la secte a continué à survivre pendant cette période grâce à des agents qui allaient de lieu en lieu, grâce à des réunions secrètes et des rites religieux séparés, et grâce à la diffusion d&rsquo;une littérature spécifiquement frankiste. Les « croyants » s&rsquo;efforçaient de ne se marier qu&rsquo;entre eux, et un vaste réseau de relations interfamiliales se créait parmi les Frankistes, même parmi ceux qui restaient dans le giron juif. Plus tard, le frankisme fut dans une large mesure la religion des familles qui avaient donné à leurs enfants une éducation appropriée.<sup><a href="#note513" id="text513">513</a></sup> </p>



<p>Les plus grands hommes de Pologne Frédéric Chopin, Adam Mickiewicz et Juliusz Slowacki, seraient également des descendants de la secte frankiste.<sup><a href="#note514" id="text514">514</a></sup> La mère de Celina, l’épouse de Mickiewicz, la compositrice polonaise Maria Szymanowska, était membre de la famille franckiste Wolowski. L’un de ses ancêtres était Jacob Leibowicz, l&rsquo;assistant personnel de Jacob Frank.<sup><a href="#note515" id="text515">515</a></sup> Maria a effectué de nombreuses tournées en Europe, en particulier dans les années 1820, où elle a impressionné Goethe, Humboldt, Beethoven, Felix Mendelssohn et Bartel Thorwardsen, qui a sculpté sa statue.<sup><a href="#note516" id="text516">516</a></sup> Maria a rencontré le tsar Alexandre Ier à Vienne et à Varsovie, qui l&rsquo;a nommée première pianiste de la cour et tutrice de sa fille. Maria finit par s’installer définitivement à Saint-Pétersbourg, où elle tient un salon qui attire des hommes politiques et des intellectuels influents. Parmi eux, Mickiewicz compose des poèmes qui lui sont dédiés.<sup><a href="#note517" id="text517">517</a></sup> La sœur de Celina, Helena, a épousé l’avocat polonais Franciszek Malewski (1800 &#8211; 1870), qui a fondé avec son ami Mickiewicz la Société Philomath, une organisation secrète d&rsquo;étudiants à l’Université impériale de Vilnius. Les Philomathes ont contribué à établir des contacts avec l’ancienne génération de conspirateurs, en particulier avec la franc-maçonnerie, et des organisations conspiratrices dans le royaume de Pologne et en Russie, telles que les Décembristes.<sup><a href="#note518" id="text518">518</a></sup> Après avoir été condamné pour son appartenance aux Philomathes et exilé en Russie, Mickiewicz a décrit plus tard ses expériences dans Dziady (“La veille des ancêtres”). Le père Hieronim Kajsiewicz (1812 &#8211; 1873), prédicateur polonais cofondateur de l’Ordre de la Résurrection, qui connaissait bien Mickiewicz, a affirmé que, pendant son séjour en Russie, Mickiewicz avait été en contact étroit avec des martinistes et qu’il se trouvait fréquemment « en compagnie de rêveurs de toutes sortes, et même de cabalistes juifs.”<sup><a href="#note519" id="text519">519</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Hassidisme</h2>



<p>Le mouvement hassidique moderne est né en Ukraine avec le Baal Shem Tov, dont la philosophie s’inspirait fortement de la Kabbale d’Isaac Louria. Le nom adopté par le mouvement a apparemment été employé pour la première fois par les hassidim de la Judée de la période du Deuxième temple, connus sous le nom de hassidiens, qui, selon Heinrich Grätz, se sont ensuite fait connaître sous le nom d’esséniens.<sup><a href="#note520" id="text520">520</a></sup> Le titre a continué à être appliqué comme un honneur pour les personnes considérées comme pieuses, et a été adopté par les Hassidim ashkénazes. Le titre a également été associé à la diffusion de la Kabbale au XVIe siècle. Au XVIIe siècle, Jacob ben Hayyim Zemah a écrit dans sa glose sur la version de Louria du Shulchan Aruch (“Table mise”) que “celui qui souhaite puiser dans la sagesse cachée doit se conduire à la manière des Hassidim [“Pieux”]”.</p>



<p>Le disciple et successeur du Besht, Rabbi Dov Baer ben Avraham de Mezeritch (mort en 1772), également connu sous le nom de “Grand Maggid”, est considéré comme le premier représentant systématique de la philosophie mystique qui sous-tend les enseignements du Baal Shem Tov et, par son enseignement et sa direction, comme le principal architecte du mouvement.<sup><a href="#note521" id="text521">521</a></sup> Comme le Besht enseignait que les formes traditionnelles du culte juif étaient non seulement inutiles, mais même nuisibles, il s’est attiré l’opposition des érudits juifs traditionnels, menés par le célèbre rabbin Elijah ben Solomon (1720 &#8211; 1797), connu sous le nom de Gaon de Vilna, et de ses disciples, connus sous le nom de Mitnagdim. Un décret d’excommunication (herem) déclare que les Hassidim “doivent quitter nos communautés avec leurs femmes et leurs enfants&#8230; On ne doit pas leur donner une nuit d’hébergement&#8230; Il est interdit de faire des affaires avec eux ou d’assister à leur enterrement”.<sup><a href="#note522" id="text522">522</a></sup></p>



<p>Lorsque Rabbi Shneur Zalman de Liadi (1745 &#8211; 1812), membre du cercle restreint des disciples du Maggid, connu sous le nom de Chevraia Kadisha (“Sainte Fraternité”), se rendit en Lituanie pour affirmer que les Hassidim respectaient la loi juive, le Gaon de Vilna ne voulut même pas lui adresser la parole.<sup><a href="#note523" id="text523">523</a></sup> Zalman, adepte du système de Kabbale d’Isaac Louria et fondateur de la branche Chabad-Lubavitch du hassidisme, fut accusé par ses contemporains d’être sabbatéen.<sup><a href="#note524" id="text524">524</a></sup> Le nom “Chabad” est un acronyme formé à partir de trois mots hébreux &#8211; Chokhmah, Binah, Da’at, les trois premiers sefirot de l’arbre de vie kabbalistique, qui signifient “Sagesse, Compréhension et Connaissance”. Le nom de Lubavitch dérive du village de Lyubavichi, ou Lubavitch en yiddish, dans l’actuelle Russie, où le Rabbin Dovber Shneuri (1773 &#8211; 1827), le Deuxième Rebbe, s’est installé en 1813, et d’où la lignée dominante de dirigeants a résidé pendant une centaine d’années. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’église morave</h2>



<p>Les origines des chrétiens évangéliques remontent généralement à 1738, différents courants théologiques ayant contribué à leur fondation, notamment le méthodisme anglais, le piétisme luthérien allemand et l’Église morave crypto-sabbatéenne du comte Nicolaus Zinzendorf (1700 &#8211; 1760).<sup><a href="#note525" id="text525">525</a></sup> L’Église morave, officiellement appelée Unitas Fratrum (latin pour “Unité des frères”), est dérivée du mouvement hussite hérétique lancé par Jan Hus et auquel appartenait Comenius, un des principaux membres du cercle Hartlib. Zinzendorf a été élevé par une grand-mère qui correspondait avec Leibniz en latin, lisait la Bible en hébreu et en grec, étudiait le syrien et le chaldéen et l’exposait aux thèmes de Jacob Boehme et du kabbalisme chrétien.<sup><a href="#note526" id="text526">526</a></sup> Zinzendorf entre alors en contact avec des juifs hétérodoxes, dont les sympathies pour les enseignements de Sabbataï Tsevi les amènent à se rapprocher des étudiants chrétiens de la Kabbale, considérés par de nombreux piétistes comme un médium entre les deux religions.<sup><a href="#note527" id="text527">527</a></sup></p>



<p>Zinzendorf était l’élève et le filleul de l’initiateur direct du piétisme, Philipp Jakob Spener (1635 &#8211; 1705). Le piétisme est un mouvement luthérien né à la fin du XVIIe siècle, dont les précurseurs sont Jakob Boehme et Johann Valentin Andrea, l’auteur des manifestes rosicruciens.<sup><a href="#note528" id="text528">528</a></sup> Spener était un ami intime de Johann Jakob Schütz (1640 &#8211; 1690), un cousin d’Andreae. Spener et Schütz admiraient tous deux beaucoup la Kabbala Denudata de Knorr von Rosenroth. En 1672, Schütz, qui était également un ami proche de von Rosenroth, écrivit la préface de son Harmonia Evangeliorum.<sup><a href="#note529" id="text529">529</a></sup> Spener a été fortement influencé par la prédication du prédicateur jésuite converti Jean de Labadie (1610 &#8211; 1674). D’abord prêtre jésuite, Labadie devient membre de l’Église réformée en 1650, avant de fonder en 1669 la communauté qui deviendra connue sous le nom d’”Église réformée”. Labadie faisait partie de ceux qui avaient été tenus au courant des progrès de la mission de Tsevi par Peter Serrarius, et parlait des sabbatéens dans ses sermons.<sup><a href="#note530" id="text530">530</a></sup></p>



<p>Selon Glenn Dynner, c’est peut-être à cette époque que les Moraves et le rabbin Eybeschütz, alors dénoncé comme crypto-sabbatéen dans la controverse Emden-Eybeschütz, ont découvert leurs intérêts mutuels.<sup><a href="#note531" id="text531">531</a></sup> Zinzendorf est tellement fasciné par la mission de Jacob Frank, qu’après la conversion de milliers de frankistes au catholicisme en Pologne, il envoie des missionnaires parmi ces adeptes juifs convertis au moravianisme pour rencontrer les disciples de Frank.<sup><a href="#note532" id="text532">532</a></sup> Zinzendorf adopta alors l’antinomianisme des frankistes en élaborant des rites sexuels kabbalistiques pour en faire des enseignements chrétiens bizarres. Selon les théories kabbalistiques de Zinzendorf, Dieu et l’univers sont constitués de puissances sexuelles, les Sephiroth de la Kabbale, qui interagissent entre elles et produisent une joie orgasmique lorsqu’elles sont en parfait équilibre, rappelant l’union des chérubins dans le Saint des Saints.<sup><a href="#note533" id="text533">533</a></sup> C’est par l’intermédiaire d’un ami morave que le célèbre mystique suédois Emanuel Swedenborg (1688 &#8211; 1772) aurait rencontré Samuel Jacob Falk (1708 &#8211; 1782), un kabbaliste connu sous le nom de Baal Shem de Londres, et au cours des décennies suivantes, leurs carrières mystiques auraient été étroitement liées.<sup><a href="#note534" id="text534">534</a></sup> Le rabbin Jacob Emden accuse Falk d’être un sabbatéen, alors qu’il a invité chez lui Moïse David de Podhayce, un sabbatéen connu ayant des liens avec Jonathan Eybeschütz.<sup><a href="#note535" id="text535">535</a></sup> Falk a collaboré avec un réseau sabbatéen frankiste en Angleterre, en Hollande, en Pologne et en Allemagne, qui a exercé une influence importante dans les cercles maçonniques et occultes au cours du dix-huitième siècle. <sup><a href="#note536" id="text536">536</a></sup></p>



<p>À partir de 1764, Falk reçoit le patronage des riches frères Goldsmid, qui deviennent également francs-maçons.<sup><a href="#note537" id="text537">537</a></sup> Goldsmid est le nom d’une famille de banquiers anglo-juifs issus d’Aaron Goldsmid (mort en 1782), un marchand hollandais qui s’installa en Angleterre vers 1763 et participa activement aux affaires de la Grande Synagogue de Londres. Deux de ses fils, Benjamin Goldsmid (v. 1753 &#8211; 1808) et Abraham Goldsmid (v. 1756 &#8211; 1810), sont devenus d’éminents financiers de la City de Londres pendant les guerres révolutionnaires françaises. Swedenborg était un théologien et mystique chrétien pluraliste suédois, surtout connu pour son livre sur la vie après la mort, Le Ciel et l’Enfer (1758). Un grand nombre de personnalités culturelles importantes ont été influencées par ses écrits, notamment Robert Frost, Johnny Appleseed, William Blake, Jorge Luis Borges, Daniel Burnham, Arthur Conan Doyle, Ralph Waldo Emerson, John Flaxman, George Inness, Henry et William James, Carl Jung, Emmanuel Kant, Honoré de Balzac, Helen Keller, Czesław Miłosz, August Strindberg, D.T. Suzuki et W. B. Yeats. Sa philosophie a eu un grand impact sur le roi Carl XIII de Suède (1748 &#8211; 1818), neveu de Frédéric le Grand, qui, en tant que Grand Maître de la franc-maçonnerie suédoise, a construit son système unique de degrés et rédigé ses rituels.</p>



<p>Swedenborg s’était déjà imprégné des influences sabbatéennes, qui avaient fait une percée importante en Suède. À l’Université d’Uppsala, les hébraïsants et les orientalistes connaissaient la mission de Sabbataï Tsevi par l’intermédiaire d’Abraham Texeira, confident de la reine Christine et résident à Hambourg. Texeira tenait informé l’hébraïsant chrétien Esdras Edzard (1629 -1708) qui avait cru en Sabbataï Tsevi, avant d’exploiter la désillusion de l’apostasie de Tsevi. Le père de Swedenborg, l’évêque Jesper Swedberg, passa dix semaines dans la maison d’Edzard, où il apprit le sabbatéisme de son hôte.<sup><a href="#note538" id="text538">538</a></sup> Swedenborg fut également exposé au sabbatéisme par l’influence de son beau-frère, le savant suédois Eric Benzelius (1675 &#8211; 1743), son principal mentor pendant quarante ans, qui fonda la Société royale des sciences à Uppsala en 1739, dont Swedenborg devint membre. Benzelius avait visité Edzard et étudié la Kabbale avec Leibniz et Van Helmont, et travaillait étroitement avec le rabbin Johann Kemper (1670 &#8211; 1716), anciennement Moses ben Aaron de Cracovie, qui avait été un adepte du prophète sabbatéen Zadoq avant de se convertir au christianisme.<sup><a href="#note539" id="text539">539</a></sup> À partir de son étude de la “Kabbale nordique” de Johannes Bureus, Kemper a soutenu que les études kabbalistiques étaient essentielles à l’identité nationale de la Suède.<sup><a href="#note540" id="text540">540</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le grand réveil (“Great Awakening”)</h2>



<p>En 1738, Peter Boehler, le leader morave londonien, et ses disciples ont créé la Fetter Lane Society à Londres, la première branche de l’Église morave en Angleterre. Le mystique suédois Emmanuel Swedenborg, qui a exercé une énorme influence sur l’occultisme, est également associé à Fetter Lane. L’Église morave a non seulement influencé des dirigeants et des figures majeures du mouvement protestant évangélique, tels que les puritains anglais John Wesley (1703 &#8211; 1791), George Whitefield (1714 &#8211; 1770) et Jonathan Edwards (1703 &#8211; 1758) lors des grands réveils en Angleterre et aux États-Unis, mais elle est également à l’origine d’une autre secte évangélique, celle des Frères de Plymouth.<sup><a href="#note541" id="text541">541</a></sup> Zinzendorf a été l’élève de Philipp Jakob Spener, le fondateur du piétisme, qui était un ami proche de Johann Jakob Schütz, un cousin de Johann Valentin Andreae, l’auteur des manifestes rosicruciens. Schütz était également un ami de Johann Jacob Zimmermann, dont l’élève, Johannes Kelpius, établit la colonie rosicrucienne de Philadelphie avec l’aide de Benjamin Furly, chef de la Lanterne, qui comprenait .<sup><a href="#note542" id="text542">542</a></sup></p>



<p>L’Église morave de Zinzendorf a exercé une influence majeure sur le Grand Réveil, qui désigne la première d’un certain nombre de périodes de réveil religieux dans l’histoire chrétienne des États-Unis. Le premier grand réveil, qui a commencé dans les années 1730 et a duré jusqu’en 1740 environ, était une rébellion contre un régime religieux autoritaire qui s’est étendu à d’autres domaines de la vie coloniale.<sup><a href="#note543" id="text543">543</a></sup> Mikveh Israel à Philadelphie, la synagogue sœur de Bevis Marks à Londres, a été fondée grâce aux contributions de Benjamin Franklin (1706 &#8211; 1705), qui a également joué un rôle de premier plan dans le Grand Réveil.<sup><a href="#note544" id="text544">544</a></sup> Franklin était étroitement lié à Whitefield et connaissait bien Zinzendorf.<sup><a href="#note545" id="text545">545</a></sup> Franklin a rencontré Zinzendorf après que celui-ci et David Nitschmann, le premier évêque de l’Église morave, aient conduit une petite communauté à fonder une mission dans la colonie de Pennsylvanie la veille de Noël 1741. En 1735, à Berlin, Nitschmann avait été consacré premier évêque des Moraves par Daniel Ernst Jablonski, petit-fils du rosicrucien Jan Amos Comenius. Les colons locaux de Pennsylvanie s’alarment de la présence des Moraves. Zinzendorf y est dénoncé comme “la Bête de l’Apocalypse”, un “faux prophète”, le chef d’une bande de “diables” et de “sauterelles” venant de “l’abîme”.<sup><a href="#note546" id="text546">546</a></sup></p>



<p>La visite de Zinzendorf en Pennsylvanie répondait en partie aux lettres que lui avait envoyées George Whitefield.<sup><a href="#note547" id="text547">547</a></sup> En 1737, Whitefield était devenu une célébrité nationale en Angleterre où ses prêches attiraient de grandes foules, en particulier à Londres où la Fetter Lane Society était devenue un centre d’activité évangélique.<sup><a href="#note548" id="text548">548</a></sup> Whitefield, John Wesley et son frère Charles sont considérés comme les fondateurs du mouvement évangélique connu sous le nom de méthodisme, fortement influencé par le piétisme morave. En 1735, John Wesley et son frère Charles s’embarquent pour Savannah, où il rencontre un groupe de Frères moraves dirigé par August Gottlieb Spangenberg. Après un ministère infructueux de deux ans à Savannah, Wesley retourna en Angleterre et s’aligna sur Fetter Lane.<sup><a href="#note549" id="text549">549</a></sup> Wesley a été initié dans une loge maçonnique à Downpatrick en Irlande en 1788.<sup><a href="#note550" id="text550">550</a></sup> Plus tard, Wesley lit et commente abondamment l’œuvre de Swedenborg.<sup><a href="#note551" id="text551">551</a></sup></p>



<p>Le premier grand réveil a commencé en 1740, lorsque Whitefield s’est rendu en Amérique du Nord. Whitfield s’est associé à Jonathan Edwards pour “attiser la flamme du réveil” dans les treize colonies en 1739-1740. Edwards a épousé Sarah Pierpont, la fille de James Pierpont (1659 &#8211; 1714), le fondateur principal du Yale College, et sa mère était l’arrière-petite-fille de Thomas Hooker (1586 &#8211; 1647), un éminent dirigeant colonial puritain, qui a fondé la colonie du Connecticut après avoir été en désaccord avec les dirigeants puritains du Massachusetts. Le fils de Jonathan Edwards, Piermont Edwards (1750 &#8211; 1826), a été le premier grand maître d’une loge maçonnique à New Haven, dans le Connecticut.<sup><a href="#note552" id="text552">552</a></sup> Son fils, Henry W. Edwards, fut gouverneur du Connecticut et sa fille, Harriett Pierpont Edwards, épousa l’inventeur Eli Whitney. Son neveu, qui n’avait que cinq ans de moins que lui, était le vice-président Aaron Burr.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La secte de Clapham</h2>



<p>Les chrétiens évangéliques ont été les principaux responsables de l’avancement de la cause de l’abolition de l’esclavage. Ce n’est que lorsque John Wesley s’est activement opposé à l’esclavage que la petite protestation s’est transformée en un mouvement de masse aboutissant à l’abolition de l’esclavage. En 1791, Wesley écrit à son ami, l’homme politique anglais William Wilberforce (1759 &#8211; 1833), pour l’encourager dans ses efforts visant à mettre fin à la traite des esclaves. Wilberforce était devenu chrétien évangélique en 1785 et avait pris la tête de la secte de Clapham, un groupe de réformateurs sociaux de l’Église d’Angleterre influents et partageant les mêmes idées, basé à Clapham, à Londres, au début du dix-neuvième siècle. Les membres de la secte de Clapham étaient principalement d’éminents et riches anglicans évangéliques. Ils partageaient des opinions politiques communes concernant la libération des esclaves, l’abolition de la traite des esclaves et la réforme du système pénal. On attribue à la secte de Clapham un rôle important dans le développement de la morale victorienne. Selon l’historien Stephen Tomkins, “l’éthique de Clapham est devenue l’esprit de l’époque”.<sup><a href="#note553" id="text553">553</a></sup> Tomkins décrit la secte comme suit :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Un réseau d’amis et de familles en Angleterre, avec William Wilberforce comme centre de gravité, qui étaient puissamment liés par leurs valeurs morales et spirituelles partagées, par leur mission religieuse et leur activisme social, par leur amour les uns pour les autres et par le mariage. <sup><a href="#note554" id="text554">554</a></sup></p>
</blockquote>



<p>En 1783, lorsque Wilberforce et ses compagnons se sont rendus en France et ont visité Paris, ils ont rencontré d’éminents francs-maçons comme Benjamin Franklin, le général Lafayette ainsi que Marie-Antoinette et Louis XVI.<sup><a href="#note555" id="text555">555</a></sup> Wilberforce a mené la campagne parlementaire contre la traite des esclaves britannique pendant vingt ans, jusqu’à l’adoption de la loi sur la traite des esclaves de 1807. En 1787, Wilberforce est entré en contact avec Thomas Clarkson, qui lui a demandé de défendre la cause au Parlement. Les abolitionnistes britanniques ayant été quelque peu déçus par leur propre campagne en Grande-Bretagne, Wilberforce, espérant que les idéaux de la Révolution française soutiendraient la cause, confie à Clarkson la mission de se rendre en France pour obtenir la collaboration des abolitionnistes français. Dès son arrivée à Paris, en août 1789, Clarkson prend donc immédiatement contact avec les opposants français à la traite négrière, Condorcet, Brissot, Clavière, La Fayette et l’Illuminé Comte de Mirabeau, qui l’impressionnent particulièrement. Wilberforce fait sa dernière apparition publique lorsqu’il est nommé par Clarkson président de la convention de la Société antiesclavagiste de 1830, au Freemasons’ Hall de Londres, siège de la Grande Loge Unie d’Angleterre et du Grand Chapitre Suprême des Maçons de l’Arche Royale d’Angleterre, et lieu de rencontre de nombreuses loges maçonniques de la région londonienne.<sup><a href="#note556" id="text556">556</a></sup> En 1833, le gouvernement britannique a adopté la loi sur l’abolition de l’esclavage (Slavery Abolition Act), préconisée par Wilberforce, qui a aboli l’esclavage dans l’Empire britannique l’année suivante.</p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jMR1OcdGyv"><a href="https://egregoor.com/2024/12/02/viii-la-nouvelle-atlantide-sionisme-de-david-livingstone/">VIII. La Nouvelle Atlantide – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« VIII. La Nouvelle Atlantide – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2024/12/02/viii-la-nouvelle-atlantide-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=WKzxrgN81q#?secret=jMR1OcdGyv" data-secret="jMR1OcdGyv" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="0njI9yEIho"><a href="https://egregoor.com/2024/12/16/x-les-illuminati-sionisme-de-david-livingstone/">X. Les Illuminati – Sionisme de David Livingstone</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« X. Les Illuminati – Sionisme de David Livingstone » &#8212; EØR" src="https://egregoor.com/2024/12/16/x-les-illuminati-sionisme-de-david-livingstone/embed/#?secret=R75uTd9cWy#?secret=0njI9yEIho" data-secret="0njI9yEIho" width="500" height="282" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><sup><a href="#text497" id="note497">497</a></sup> Israël Shahak &amp; Norton Mezvinsky. Jewish Fundamentalism in Israel (Pluto Press, 1999), p. 58.</p>



<p><sup><a href="#text498" id="note498">498</a></sup> Elisheva Carlebach. La poursuite de l’hérésie : Rabbi Moses Hagiz and the Sabbatian Controversies (Columbia University Press, 1990), p. 15.</p>



<p><sup><a href="#text499" id="note499">499</a></sup> Liebes, “Ha-tikkun ha-kelali shel R’ Nahman mi-Breslav ve-yahaso le-Shabbeta’ut,” dans Shod ha-emunah ha-Shabbeta’it, pp. 238-61, esp. pp. 251-52 ; cité dans Maciejko. The Mixed Multitude.</p>



<p><sup><a href="#text500" id="note500">500</a></sup> Charles Novak. Jacob Frank, Le Faux Messie : Déviance de la kabbale ou théorie du complot (Paris : L’Harmattan, 2012).</p>



<p><sup><a href="#text501" id="note501">501</a></sup> Michael Noel. “Les vingt hommes d’affaires les plus influents de tous les temps”. Forbes (29 juillet 2005).</p>



<p><sup><a href="#text502" id="note502">502</a></sup> Martin Goodman. A History of Judaism (Princeton University Press, 2018), p. 413.</p>



<p><sup><a href="#text503" id="note503">503</a></sup> Novak. Jacob Frank, p. 47.</p>



<p><sup><a href="#text504" id="note504">504</a></sup> Abba Eban. Mon peuple : Abba Eban’s History of the Jews. Volume II (New York, Behrman House, 1979), p. 29.</p>



<p><sup><a href="#text505" id="note505">505</a></sup> Scholem. Kabbale, p. 272-74.</p>



<p><sup><a href="#text506" id="note506">506</a></sup> Abraham G. Duker. “Polish Frankism’s Duration : From Cabbalistic Judaism to Roman Catholicism and From Jewishness to Polishness”, Jewish Social Studies, 25 : 4 (1963 : Oct) p. 301.</p>



<p><sup><a href="#text507" id="note507">507</a></sup> Ibid, p. 176.</p>



<p><sup><a href="#text508" id="note508">508</a></sup> Maciejko. The Mixed Multitude, p. 232.</p>



<p><sup><a href="#text509" id="note509">509</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text510" id="note510">510</a></sup> David Biale. “Masochism and Philosemitism: The Strange Case of Leopold von Sacher-Masoch.” Journal of Contemporary History, 17: 2 (1982), p. 321, n. 16.</p>



<p><sup><a href="#text511" id="note511">511</a></sup> Maciejko. The Mixed Multitude, p. 238.</p>



<p><sup><a href="#text512" id="note512">512</a></sup> Scholem. Kabbalah, p. 304.</p>



<p><sup><a href="#text513" id="note513">513</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text514" id="note514">514</a></sup> Michał Galas. “The Influence of Frankism on Polish Culture” dans Antony Polonsky (ed.), Polin : Studies in Polish Jewry Volume 15 : Focusing on Jewish Religious Life, 1500-1900 (Liverpool, 2002 ; online edn, Liverpool Scholarship Online, 25 Feb. 2021).</p>



<p><sup><a href="#text515" id="note515">515</a></sup> Sławomir Dobrzański. “Maria Szymanowska: pianist and composer.” Polish Music Center at USC (2006), p. 27.</p>



<p><sup><a href="#text516" id="note516">516</a></sup> Duker. “La durée du frankisme polonaise,” p. 319.</p>



<p><sup><a href="#text517" id="note517">517</a></sup> Ibid., p. 320.</p>



<p><sup><a href="#text518" id="note518">518</a></sup> WIEM Encyklopedia, Filomaci. Retrieved from <a href="https://web.archive.org/web/20120218152011/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://web.archive.org/web/20120218152011/</a> <a href="http://portalwiedzy.onet.pl/60999,,,,filomaci,haslo.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">http://portalwiedzy.onet.pl/60999,,,,filomaci,haslo.html</a></p>



<p><sup><a href="#text519" id="note519">519</a></sup> Pawel Smolikowski. Historja zgromadzenia Zmartwychwsta panskiego (“History of the Order of the Lord’s Resurrection”), vol. iii (Krakow, 1896), pp. 427–428, cité dans Duker. “La durée du frankisme polonaise,” p. 312.</p>



<p><sup><a href="#text520" id="note520">520</a></sup> Heinrich Grätz. Geschichte der Juden von den ältesten Zeiten bis auf die Gegenwart, Volume 2. p. 273. Voir aussi pp. 240-374 ; Volume 3, pp. 2, 7, 83, 99.</p>



<p><sup><a href="#text521" id="note521">521</a></sup> Kaufmann Kohler &amp; Louis Ginzberg. “Baer (Dov) de Meseritz”. Encyclopédie juive.</p>



<p><sup><a href="#text522" id="note522">522</a></sup> Cité dans Eban. Mon peuple, p. 30.</p>



<p><sup><a href="#text523" id="note523">523</a></sup> Eban. Mon peuple, p. 30.</p>



<p><sup><a href="#text524" id="note524">524</a></sup> Immanuel Etkes. Rabbi Shneur Zalman of Liady : The Origins of Chabad Hasidis (Brandeis University Press, 2015), p. 185.</p>



<p><sup><a href="#text525" id="note525">525</a></sup> Donald M. Lewis, Richard V. Pierard. Global Evangelicalism : Theology, History &amp; Culture in Regional Perspective (InterVarsity Press, 2014) ; Evan Burns. “Moravian Missionary Piety and the Influence of Count Zinzendorf”. Journal of Global Christianity (1.2 / 2015) ; Jonathan M. Yeager. Early Evangelicalism : A Reader (Oxford University Press, 2013) ; Mark A. Noll. The Rise of Evangelicalism : The Age of Edwards, Whitefield, and the Wesleys (InterVarsity Press, 2004).</p>



<p><sup><a href="#text526" id="note526">526</a></sup> Marsha Keith Schuchard. Pourquoi Mme Blake a pleuré : William Blake and the Sexual Basis of Spiritual Vision (William Blake et la base sexuelle de la vision spirituelle) (Vintage, 2013).</p>



<p><sup><a href="#text527" id="note527">527</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text528" id="note528">528</a></sup> Dickson. The Tessera of Antilia, p. 19 ; Popkin, Laursen, Force. Millenarianism and Messianism in Early Modern European Culture, Volume IV, p. 108.</p>



<p><sup><a href="#text529" id="note529">529</a></sup> Elizabeth W. Fisher. “‘Prophesies and Revelations’ : German Cabbalists in Early Pennsylvania”. The Pennsylvania Magazine of History and Biography, 109:3 (1985), p. 311.</p>



<p><sup><a href="#text530" id="note530">530</a></sup> Matt Goldish. The Sabbatean Prophets (Cambridge, Mass : Harvard University Press), p. 17.</p>



<p><sup><a href="#text531" id="note531">531</a></sup> Glenn Dynner. Holy Dissent : Jewish and Christian Mystics in Eastern Europe (Wayne State University Press, 2011).</p>



<p><sup><a href="#text532" id="note532">532</a></sup> Erich Beyreuther. “Zinzendorf und das Judentum”, Judaica, l9 (l963), pp. l93-246 ; Markus Schoop. “Zum Gespräch Zinzendorfs mit Israel”, Reformatio, 16 (l967), p. 240 ; cité dans Keith Schuschard, “Why Mrs Blake Cried”.</p>



<p><sup><a href="#text533" id="note533">533</a></sup> Raphael Patai. The Hebrew Goddess (New York : Ktav, l967), pp. 101-03, 120-22.</p>



<p><sup><a href="#text534" id="note534">534</a></sup> Schuchard. Pourquoi Mme Blake a pleuré.</p>



<p><sup><a href="#text535" id="note535">535</a></sup> Karl-Erich Grözinger &amp; Joseph Dan. Mysticisme, magie et kabbale dans le judaïsme ashkénaze (Berlin : Walter de Gruyter, 1991).</p>



<p><sup><a href="#text536" id="note536">536</a></sup> Keith Schuchard. “Pourquoi Mme Blake a pleuré”.</p>



<p><sup><a href="#text537" id="note537">537</a></sup> Ibid, p. 216.</p>



<p><sup><a href="#text538" id="note538">538</a></sup> Schuchard. Emanuel Swedenborg, p. 15.</p>



<p><sup><a href="#text539" id="note539">539</a></sup> Ibid, p. 15.</p>



<p><sup><a href="#text540" id="note540">540</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text541" id="note541">541</a></sup> Tim O’Neill. “La franc-maçonnerie érotique du comte Nicholas von Zinzendorf”, dans Secret and Suppressed : Banned Ideas and Hidden History, ed. Jim Keith (Feral House, 1993), pp. 103-08.</p>



<p><sup><a href="#text542" id="note542">542</a></sup> Elizabeth W. Fisher. “Prophéties et révélations : German Cabbalists in Early Pennsylvania”. The Pennsylvania Magazine of History and Biography, 109:3 (1985), pp. 299-333.</p>



<p><sup><a href="#text543" id="note543">543</a></sup> “Grand Réveil”. Encyclopédie Britannica.</p>



<p><sup><a href="#text544" id="note544">544</a></sup> David B. Green. “Ce jour dans l’histoire juive 1788 : Benjamin Franklin aide à sauver la synagogue de Philadelphie qui bat de l’aile”. Haaretz (30 avril 2015).</p>



<p><sup><a href="#text545" id="note545">545</a></sup> A.J. Lewis. Zinzendorf the Ecumenical Pioneer (Londres, Royaume-Uni : SCM Press, 1962), pp. 149-50.</p>



<p><sup><a href="#text546" id="note546">546</a></sup> Alan Sica. The Anthem Companion to Max Weber (Anthem Press, 2016), p. 77.</p>



<p><sup><a href="#text547" id="note547">547</a></sup> John Joseph Stoudt. “Le comte Zinzendorf et la Congrégation de Dieu dans l’Esprit de Pennsylvanie : Le premier mouvement œcuménique américain”. Church History Vol. 9, No. 4 (Dec., 1940), p. 370.</p>



<p><sup><a href="#text548" id="note548">548</a></sup> Mark A. Noll. The Rise of Evangelicalism : The Age of Edwards, Whitefield, and the Wesleys (InterVarsity Press, 2004), pp. 87, 95.</p>



<p><sup><a href="#text549" id="note549">549</a></sup> Kai Dose. “A Note on John Wesley’s Visit to Herrnhut in 1738” (Note sur la visite de John Wesley à Herrnhut en 1738). Wesley and Methodist Studies. 7 (1) 2015 : 117-120.</p>



<p><sup><a href="#text550" id="note550">550</a></sup> W.J. Chetwode Crawley, LL.D. Senior Grand Deacon, Irlande. “The Wesleys and Irish Freemasonry”. Ars Quatuor Coronatorum (Volume XV, 1902).</p>



<p><sup><a href="#text551" id="note551">551</a></sup> E. Swedenborg. True Christianity, Containing a Comprehensive Theology of the New Church That Was Predicted by the Lord in Daniel 7:13-14 and Revelation 21:1, 2 (Swedenborg Foundation, 2006, Translator’s Preface, Vol. 2, p. 36 et suivantes).</p>



<p><sup><a href="#text552" id="note552">552</a></sup> The Freemason’s Repository, Volume 18 (E. L. Freeman &amp; Son, 1889), p. 557 ; The Freemason’s Chronicle, Volume 30, (W.W. Morgan., 1889) p. 90.</p>



<p><sup><a href="#text553" id="note553">553</a></sup> Stephen Tomkins. La secte de Clapham : How Wilberforce’s circle changed Britain (Oxford : Lion, 2010), p. 248.</p>



<p><sup><a href="#text554" id="note554">554</a></sup> Ibid, p. 1.</p>



<p><sup><a href="#text555" id="note555">555</a></sup> William Hague. William Wilberforce : The Life of the Great Anti-Slave Trade Campaigner (Londres : HarperPress, 2007), pp. 53-55.</p>



<p><sup><a href="#text556" id="note556">556</a></sup> Zachary Macaulay. Anti-slavery Monthly Reporter, Volume 3 (London Society for the Mitigation and Abolition of Slavery in the British Dominions, 1831), p. 229.</p>
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		<title>VIII. La Nouvelle Atlantide – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David Livingstone]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2024 19:58:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire depuis trente-cinq ans. Depuis le 7 octobre, nous publions un chapitre par semaine de Sionisme : Histoire d'une hérésie du judaïsme.]]></description>
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<p>David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire depuis trente-cinq ans. Depuis le 7 octobre, nous publions un chapitre par semaine de <em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d&rsquo;une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">La malédiction de Cham</h2>



<p>Colomb était lui aussi à la recherche du continent perdu de l’Atlantide.<sup><a href="#note459" id="text459">459</a></sup> Grâce à son mariage avec Felipa Perestrello, Colomb a eu accès aux cartes marines et aux journaux de bord qui avaient appartenu à son père décédé, Bartolomeu Perestrello, chevalier de l’ordre de Santiago, qui avait servi comme capitaine dans la marine portugaise sous les ordres du prince Henri le Navigateur (1394 &#8211; 1460), Grand Maître de l’ordre du Christ.<sup><a href="#note460" id="text460">460</a></sup> Le prince Henri est le fils du roi Jean Ier de Portugal et de Philippa de Lancastre, fille de Jean de Gaunt, fils d’Édouard III d’Angleterre, fondateur de l’Ordre de la Jarretière. Le frère d’Henri était Édouard, roi du Portugal, également chevalier de la Jarretière, qui épousa Éléonore d’Aragon, reine du Portugal. Leur fils fut Afonso V de Portugal, également Chevalier de la Jarretière et de l’Ordre de la Toison d’Or. La sœur d’Alphonse V, Aliénor de Portugal, épousa Frédéric III, empereur romain germanique, successeur de Sigismond, empereur romain germanique, et membre de l’Ordre du Dragon. Le fils de Frédéric III et d’Éléonore est Maximilien Ier, empereur romain, chevalier de la Jarretière et grand maître de l’ordre de la Toison d’or, fondé en 1340 par Philippe le Bon pour célébrer son mariage avec la sœur du prince Henri, Isabela de Portugal.</p>



<p>Tragiquement, selon David Brion Davis, directeur du Gilder Lehrman Center for the Study of Slavery, Resistance and Abolition à Yale et historien lauréat du prix Pulitzer, le parrain de Colomb, Don Isaac Abarbanel, a également joué un rôle clé dans la justification de l’esclavage des Africains noirs, sur la base de la “malédiction de Cham” :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>[&#8230;] le grand philosophe et homme d’État juif Isaac ben Abarbanel, ayant vu de nombreux esclaves noirs dans son Portugal natal et en Espagne, a fusionné la théorie d’Aristote sur les esclaves naturels avec la croyance que le Noé biblique avait maudit et condamné à l’esclavage son fils Cham et son jeune petit-fils Canaan. Abarbanel en conclut que la servitude des Africains noirs animalisés devrait être perpétuelle. <sup><a href="#note461" id="text461">461</a></sup></p>
</blockquote>



<p>La première formulation chrétienne de la malédiction de Cham a été formulée dans la Chronique de la découverte et de la conquête de la Guinée de Gomes Eannes de Zurara (v. 1410 &#8211; v. 1474), adressée au prince Henri le Navigateur.<sup><a href="#note462" id="text462">462</a></sup> Selon Zurara, la revendication a été avancée par l’archevêque Don Roderic de Tolède, identifié comme Rodrigo Jiménez de Rada (v. &#8211; 1247), qui, à la tête de l’archevêché de Tolède, a joué un rôle religieux et politique important dans le royaume de Castille sous les règnes de son ami Alphonse VIII, protecteur de l’ordre de Santiago, et de Ferdinand III de Castille, le père d’Alphonse X.<sup><a href="#note463" id="text463">463</a></sup></p>



<p>Certains auteurs ont souligné que, lorsque le monde occidental a commencé à tirer un profit croissant du commerce des esclaves, l’image du Noir s’est détériorée en proportion directe de sa valeur en tant que marchandise, et les érudits ont commencé à chercher des preuves définitives de l’infériorité du Noir.<sup><a href="#note464" id="text464">464</a></sup> Malgré l’interdiction faite aux Juifs de participer au commerce des esclaves pendant le Moyen Âge, les Juifs étaient les principaux négociants d’esclaves chrétiens et ont joué un rôle important dans le commerce des esclaves en Europe et dans d’autres régions.<sup><a href="#note465" id="text465">465</a></sup> Le Talmud de Babylone, paru au VIe siècle après J.-C., affirme que les descendants de Cham sont maudits parce qu’ils sont noirs, et dépeint Cham comme un homme pécheur et sa progéniture comme des dégénérés.<sup><a href="#note466" id="text466">466</a></sup> Les explications talmudiques ou midRachiques du mythe de Cham étaient bien connues des écrivains juifs du Moyen Âge, comme Benjamin de Tudela (1130 &#8211; 1173). Vers 1600, la notion était généralement acceptée. Dans l’une des premières références post-médiévales retrouvées, Leo Africanus, le grand voyageur arabe et ancien protégé du pape Léon X, écrit que les Négro-africains descendent de Cham. Son traducteur, l’Anglais John Pory, a fait suivre le texte de son propre commentaire.</p>



<p>Selon Henri Pirenne, si de nombreux marchands se sont livrés à la traite des esclaves, il semble qu’il s’agisse principalement de Juifs.<sup><a href="#note467" id="text467">467</a></sup> Dans son livre <em>A History of the Jews</em>, Solomon Grayzel affirme que “les Juifs étaient parmi les plus importants marchands d’esclaves” de la société européenne.<sup><a href="#note468" id="text468">468</a></sup> Lady Magnus écrit qu’au Moyen Âge, “les principaux acheteurs d’esclaves se trouvaient parmi les Juifs&#8230; Ils semblaient être toujours et partout à portée de main pour acheter, et avoir les moyens également prêts à payer”.<sup><a href="#note469" id="text469">469</a></sup> Selon Roberta Strauss Feuerlicht, auteur de The Fate of the Jews : A People Torn Between Israeli Power and Jewish Ethics, “L’âge d’or de la juiverie en Espagne doit une partie de sa richesse à un réseau international de marchands d’esclaves juifs. Les Juifs de Bohème achetaient des Slavons et les revendaient à des Juifs espagnols qui les revendaient aux Maures”.<sup><a href="#note470" id="text470">470</a></sup> Seymour Drescher conclut que les marchands “néo-chrétiens” ou “conversos” ont réussi à prendre le contrôle d’une part importante de tous les segments du commerce d’esclaves dans l’Atlantique portugais.<sup><a href="#note471" id="text471">471</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Christianopolis</h2>



<p>Alors que la Contre-Réforme progresse en Europe, Hartlib se tourne vers l’Angleterre pour faire avancer son projet. Pour assurer la coopération, Hartlib préconise une union de tous les hommes de bien, réunis dans un “collège invisible” par des pactes religieux et se consacrant au progrès de la science et à l’étude de l’Apocalypse.<sup><a href="#note472" id="text472">472</a></sup> Depuis 1620, année de l’effondrement du mouvement rosicrucien, Hartlib et ses amis rêvaient d’établir des “modèles” de société chrétienne, basés sur la Christianopolis d’Andreae. Ils l’appelaient <em>“Antilia”</em> ou <em>“Macaria”</em>. Le premier nom provient de l’œuvre d’Andreae, le second de l’<em>Utopie</em> de More.<sup><a href="#note473" id="text473">473</a></sup> Dans A Description of the Famous Kingdom of Macaria, publié par Hartlib en 1641, ce “modèle” idéal est le premier pas vers “la réforme du monde entier”.<sup><a href="#note474" id="text474">474</a></sup></p>



<p>Christianopolis d’Andreae a été influencée par la <em>Cité du Soleil</em> de Tommaso Campanella, qui s’est également inspirée de la <em>République </em>de Platon et de la description de l’Atlantide dans le Timée, un capitaine génois qui a parcouru la terre entière dialogue avec son hôte, un Grand Maître des Chevaliers Hospitaliers, à qui il raconte ses expériences dans la Cité du Soleil, à Taprobane, “immédiatement sous l’équateur”, qu’il décrit comme une société théocratique où les biens, les femmes et les enfants sont mis en commun. Dans la dernière partie de l’ouvrage, Campanella prophétise, dans le langage voilé de l’astrologie, que les rois d’Espagne, en alliance avec le pape, sont destinés à être les instruments d’un plan divin : la victoire finale de la vraie foi et sa diffusion dans le monde entier.</p>



<p>La Nouvelle Atlantide de Bacon, qui a inspiré la fondation de l’Amérique, ressemble beaucoup à la Description de la République de Christianopolis de Johann Valentin Andreae. L’île sur laquelle se trouve la cité utopique de Christianopolis a été découverte par Christian Rosenkreutz lors du voyage qu’il entreprend à la fin des Noces Chymiques. À Christianopolis, l’épanouissement spirituel est l’objectif principal de chaque individu et la recherche scientifique est la vocation intellectuelle la plus élevée. L’île d’Andreae présente également de grandes innovations technologiques, avec de nombreuses industries réparties dans différentes zones qui répondent aux besoins de la population, ce qui ressemble beaucoup aux méthodes et aux objectifs scientifiques de Bacon.</p>



<p>Ben Jonson a fait référence à l’idée de la Maison de Salomon dans son masque The Fortunate Isles and Their Union, qui fait la satire des Rose-Croix. Les îles Fortunées étaient des îles semi-légendaires de l’océan Atlantique et constituaient l’un des thèmes les plus récurrents de la mythologie européenne. Plus tard, on a dit que les îles se trouvaient dans l’océan occidental, près du fleuve Oceanus, ainsi que Madère, les îles Canaries, les Açores, le Cap-Vert, les Bermudes et les Petites Antilles. Les Antilles ont été nommées d’après Antilia, un nom alternatif, avec Macaria, utilisé par Samuel Hartlib pour son Collège Invisible et lié au collège décrit par Andreae dans son Christianae Societatis Imago.<sup><a href="#note475" id="text475">475</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Mayflower</h2>



<p>Selon Nicholas Hagger dans The Secret Founding of America : The Real Story of Freemasons, Puritans, &amp; the Battle for The New World, “En effet, le puritanisme et le rosicrucianisme étaient si proches dans leur essence que l’on peut dire que la philosophie puritaine était en fait rosicrucienne”.<sup><a href="#note476" id="text476">476</a></sup> Un groupe mécontent des efforts des puritains décida de rompre tous les liens et fut connu sous le nom de Séparatistes, dirigé par John Robinson (1576 &#8211; 1625) et William Brewster (1560 &#8211; 1644). Cependant, en 1608, peu après que Jacques Ier ait déclaré l’Église séparatiste illégale, la congrégation émigre à Leyde où elle est rejointe par les cercles rosicruciens. C’est là que Brewster créa une nouvelle imprimerie afin de publier des brochures promouvant les objectifs séparatistes et des pamphlets soutenant la cause rosicrucienne.<sup><a href="#note477" id="text477">477</a></sup></p>



<p>En novembre 1620, à la suite du déclenchement de la guerre de Trente Ans, qui a éclaté après que les Habsbourg eurent entrepris d’écraser le mouvement rosicrucien, Frédéric V et Élisabeth Stuart se sont exilés à La Haye, aux Pays-Bas, et de nombreux rosicruciens ont émigré avec eux. Frédéric et Élisabeth se réfugient aux Pays-Bas chez l’oncle de Frédéric, Maurice, prince d’Orange (1567 &#8211; 1625), le fils de Guillaume le Taciturne, qui est un fervent défenseur de leur cause et sympathise avec les rosicruciens. Pendant les deux premières décennies du XVIIe siècle, et jusqu’à sa mort en 1625, Maurice fut le Stadtholder des provinces néerlandaises de Hollande et de Zélande, les États côtiers du sud, qui comprenaient les villes d’Amsterdam, de Leyde et de La Haye. C’est d’ailleurs Maurice qui avait offert aux séparatistes anglais un refuge à Leyde en 1608.<sup><a href="#note478" id="text478">478</a></sup> Le dernier document rosicrucien connu, publié en latin par Brewster à Leyde en 1615, s’intitule Confessio Fraternitatis, ou “Confession de la Fraternité”, et a été écrit sous un pseudonyme, Philip A Gabella (Philip le Kabbaliste), alors que certains érudits ont proposé que son véritable auteur était Pierre Du Gua.<sup><a href="#note479" id="text479">479</a></sup></p>



<p>C’est au domicile de Brewster, à Leyde, qu’est arrivé en 1615 Pierre Du Gua, sieur de Monts (v. 1558 &#8211; 1628), un marchand, explorateur et colonisateur français ayant des liens avec la Rose-Croix.<sup><a href="#note480" id="text480">480</a></sup> Du Gua, un calviniste, a fondé la première colonie française permanente au Canada. Il se rendit pour la première fois dans le nord-est de l’Amérique du Nord en 1599 avec Pierre de Chauvin de Tonnetuit. Il envoya Samuel de Champlain ouvrir une colonie à Québec en 1608, jouant ainsi un rôle majeur dans la fondation de la première colonie française permanente en Amérique du Nord.</p>



<p>Lorsque la Fama Fraternitatis annonça publiquement l’existence de la fraternité rosicrucienne en 1610, le document circula à Paris et l’un des premiers à y répondre publiquement fut Du Gua.<sup><a href="#note481" id="text481">481</a></sup> Du Gua était également membre de l’École de la nuit, un nom moderne pour un groupe d’hommes centré sur Sir Walter Raleigh qui fut autrefois appelé en 1592 l’”École de l’athéisme”.<sup><a href="#note482" id="text482">482</a></sup> Le groupe était censé comprendre les poètes et scientifiques Christopher Marlowe, George Chapman et Thomas Harriot. Chacun de ces hommes aurait étudié les sciences, la philosophie et la religion, et tous auraient été soupçonnés d’athéisme. Marlowe est l’auteur du Docteur Faustus, la pièce élisabéthaine la plus controversée en dehors de Shakespeare. Elle est basée sur l’histoire allemande de Faust, un érudit très brillant qui n’est pas satisfait de sa vie, ce qui l’amène à conclure un pacte avec le diable et à échanger son âme contre un savoir illimité et des plaisirs mondains. Il n’existe aucune preuve solide que tous ces hommes se connaissaient, mais les spéculations sur leurs liens figurent en bonne place dans certains écrits sur l’ère élisabéthaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">City Upon a Hill</h2>



<p>John Winthrop (1587 &#8211; 1649), un riche avocat puritain anglais, a traversé l’Atlantique à bord de l’Arbella, ce qui a conduit à la fondation de la colonie de la baie du Massachusetts.<sup><a href="#note483" id="text483">483</a></sup> L’arrivée de Winthrop a marqué le début de la Grande Migration. Le terme “grande migration” fait généralement référence à la migration, à cette époque, des colons anglais, principalement des puritains, vers le Massachusetts et les îles chaudes des Antilles, en particulier l’île de la Barbade, riche en sucre, entre 1630 et 1640. De 1630 à 1640, environ 20 000 colons sont arrivés en Nouvelle-Angleterre. Ils sont venus en groupes familiaux (plutôt qu’en tant qu’individus isolés) et sont principalement motivés par la recherche de la liberté de pratiquer leur religion puritaine. Les mots de Winthrop, “une ville sur une colline”, renvoient à la vision d’une nouvelle société, et pas seulement à des opportunités économiques.</p>



<p>Le 12 juin 1630, l’Arbella conduisit la petite flotte transportant les 700 colons suivants dans le port de Salem. Salem pourrait avoir inspiré la ville de Bensalem dans la Nouvelle Atlantide de Bacon, publiée en 1627. La colonisation de Salem par les rosicruciens expliquerait l’existence de la sorcellerie dans la ville, ce qui aurait donné lieu au célèbre procès des sorcières de 1692. Frances Yates note que l’influence de Dee s’est ensuite étendue au puritanisme du Nouveau Monde par l’intermédiaire du fils de John Winthrop, John Winthrop Jr, alchimiste et adepte de Dee. Winthrop utilisa le symbole ésotérique de Dee, le Monas Hieroglyphica, comme marque personnelle.<sup><a href="#note484" id="text484">484</a></sup> En 1628, afin d’acquérir les connaissances alchimiques du Moyen-Orient, Winthrop se rendit à Venise et à Constantinople, ce qui lui permit d’élargir ses compétences et ses contacts chimiques. Winthrop est célèbre pour avoir qualifié Cotton Matther d’”Hermès Christianus” et pour avoir maîtrisé le secret alchimique de la transformation du plomb en or.<sup><a href="#note485" id="text485">485</a></sup></p>



<p>Dans Prospero’s America : John Winthrop Jr, Alchemy, and the Creation of New England Culture (1606-1676), estime que, bien que moins célèbre que son père, John Winthrop Jr était l’une des figures les plus importantes de toute l’Amérique anglaise coloniale, et décrit comment il a utilisé l’alchimie pour façonner de nombreux aspects de l’établissement colonial de la Nouvelle-Angleterre, et comment cette science moderne précoce a influencé un puritanisme naissant. Winthrop a rejoint son père en Nouvelle-Angleterre en 1631. Après l’effondrement de l’économie de la Nouvelle-Angleterre au début de la guerre civile anglaise, Winthrop retourne en Europe de 1641 à 1643. Il y subit l’influence de Samuel Hartlib et des membres de son cercle, dont John Dury et Jan Comenius. Dury était également un conseiller actif et un collecteur de fonds pour la colonie de la baie du Massachusetts, ayant également tenté de faire nommer Comenius comme premier président de Harvard.<sup><a href="#note486" id="text486">486</a></sup> Winthrop était également réputé être Eirenaeus Philalethes, un auteur pseudonyme dont les textes largement loués circulaient alors dans les cercles alchimiques anglais. Ces ouvrages ont été identifiés avec certitude comme étant l’œuvre de George Starkey (1628 &#8211; 1665), un jeune alchimiste que Winthrop a aidé à former et qui était un fervent adepte de van Helmont. Starkey a rapporté à Hartlib qu’il avait été arrêté dans le Massachusetts pendant deux ans, soupçonné d’être un jésuite ou un espion. Starkey émigra en Angleterre en 1650, où il acquit une importante réputation d’adepte et influença à la fois Robert Boyle et Isaac Newton. Les liens anglais de Winthrop avec le révérend John Everard (1584 ? &#8211; 1641), un alchimiste chrétien qui était en contact avec Robert Fludd. L’intérêt de Winthrop pour Everard visait à déterminer s’il était ou non membre des Rose-Croix, Winthrop ayant finalement conclu qu’il ne l’était pas. Les croyances antinomiques d’Everard ont conduit certains chercheurs à supposer que Winthrop les partageait.<sup><a href="#note487" id="text487">487</a></sup> Le révérend George Phillips, fondateur de l’Église congrégationaliste d’Amérique, est arrivé sur l’Arbella en 1630 avec le gouverneur Winthrop. En 1781, l’arrière-petit-fils de Phillips, le banquier John Phillips, a créé l’Exeter Academy, une prestigieuse école privée américaine du New Hampshire, qui est l’une des plus anciennes écoles secondaires des États-Unis. The Economist a décrit l’école comme appartenant à “une élite d’écoles privées” en Grande-Bretagne et en Amérique, qui compte Eton et Harrow dans ses rangs. Exeter compte une longue liste d’anciens élèves célèbres, parmi lesquels Arthur M. Schlesinger Jr, Gore Vidal, Stewart Brand, Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, le romancier John Irving et Dan Brown, l’auteur du Da Vinci Code et du Symbole perdu, d’inspiration maçonnique.</p>



<p>En 1681, William Penn (1644 &#8211; 1718), quaker et membre de la Furly’s Lantern, est élu membre de la Royal Society.<sup><a href="#note488" id="text488">488</a></sup> En 1682, Penn fonde la ville de Philadelphie, nommée d’après l’une des “sept Églises d’Asie” mentionnées dans le Livre de l’Apocalypse (3:10), comme “l’Église inébranlable dans la foi, qui a gardé la parole de Dieu et qui a enduré avec patience”. Une autre raison possible de l’utilisation de ce nom est la Société des Philadelphiens. George Fox et William Penn connaissaient tous deux sa fondatrice, Jane Lead (1624 &#8211; 1704), influencée par Jacob Boehme. Les visions que Lead reçut de la “Vierge Sophia”, l’aspect féminin de Dieu, qui lui promettait de lui révéler les secrets de l’univers, furent au cœur de la fondation de la société. Lead se déclara “Épouse du Christ”. La société fit de nombreux prosélytes en Angleterre et sur le continent européen, en Hollande, en Belgique et en Allemagne.<sup><a href="#note489" id="text489">489</a></sup></p>



<p>Penn connaissait personnellement plusieurs membres de la Royal Society, dont John Wallis, Isaac Newton, John Locke, John Aubrey, Robert Hooke, John Dury et William Petty.<sup><a href="#note490" id="text490">490</a></sup> Comme l’explique le Dr John Palo, dans New World Mystics, après le premier voyage de Penn en Amérique en 1681, lors de plusieurs voyages qu’il a effectués en Europe, il est entré en contact avec des personnes en Angleterre, en Hollande et en Allemagne, qui jouaient un rôle important dans l’exécution d’un plan visant à établir une colonie rosicrucienne en Amérique d’ici 1694. Parmi eux, citons William Markham, de la Philadelphian Society de Londres, qui sera plus tard gouverneur adjoint de Pennsylvanie, et Jacob Isaac Van Bebber, rosicrucien allemand, qui achètera plus tard mille acres de terre à Penn dans le but d’établir une colonie en Amérique. <sup><a href="#note491" id="text491">491</a></sup></p>



<p>Selon la légende rosicrucienne, La Nouvelle Atlantide de Bacon a inspiré la fondation d’une colonie de rosicruciens en Amérique en 1694 sous la direction du Grand Maître Johannes Kelpius (1667 &#8211; 1708), qui était un ami du secrétaire de Bacon, Heinrich Johann Deichmann. Né en Transylvanie, Kelpius était un adepte de Johann Jacob Zimmerman, un fervent disciple de Jacob Boehme, qui était également “intimement lié” à Benjamin Furly, l’agent de Penn à Rotterdam.<sup><a href="#note492" id="text492">492</a></sup> Zimmerman était considéré par les autorités allemandes comme “le plus savant des astrologues, magiciens et kabbalistes”.<sup><a href="#note493" id="text493">493</a></sup> Kelpius fit la connaissance du kabbaliste Knorr von Rosenroth et s’inspira plus tard de nombre de ses hymnes pour composer les siens.<sup><a href="#note494" id="text494">494</a></sup> Selon Elizabeth W. Fisher, ses derniers écrits indiquent qu’il connaissait bien les manifestes rosicruciens.<sup><a href="#note495" id="text495">495</a></sup></p>



<p>Avec ses disciples de la Société de la femme dans le désert, Kelpius en vint à croire que la fin du monde aurait lieu en 1694. Cette croyance, basée sur une interprétation élaborée d’un passage de l’Apocalypse, prévoyait l’avènement d’un royaume céleste quelque part dans le désert au cours de cette année. Répondant à l’appel de Penn d’établir un pays pieux sur ses terres américaines nouvellement acquises, Kelpius estima que la Pennsylvanie, compte tenu de sa réputation de tolérance religieuse à l’orée d’une région sauvage à peine peuplée, était le meilleur endroit où s’installer. Avec l’aide de Furly, Kelpius et ses disciples traversèrent l’Atlantique et s’installèrent dans la vallée du Wissahickon Creek à Philadelphie de 1694 jusqu’à sa mort en 1708. Après la mort de Kelpius, la confrérie diminua considérablement et les quelques membres restants vécurent leurs jours en tant que saints hommes solitaires associés au cloître d’Ephrata et à l’Église morave.<sup><a href="#note496" id="text496">496</a></sup></p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<p><sup><a href="#text459" id="note459">459</a></sup> Frederick A. Ober. Amerigo Vespuci (New York : Harper Brothers, 1907), p. 28.</p>



<p><sup><a href="#text460" id="note460">460</a></sup> Samuel Eliot Morison. Admiral of the Ocean Sea (Read Books, 2008), pp. 37-39</p>



<p><sup><a href="#text461" id="note461">461</a></sup> David Brion Davis. Inhuman Bondage : The Rise and Fall of Slavery in the New World (New York : Oxford University Press, 2006) p. 55 ; Cf. Schorsch, Jews and Blacks, pp. 17-22;27;36-49.</p>



<p><sup><a href="#text462" id="note462">462</a></sup> Cité dans Benjamin Braude. “The Sons of Noah and the Construction of Ethnic and Geographical Identities in the Medieval and Early Modern Periods”, p. 128.</p>



<p><sup><a href="#text463" id="note463">463</a></sup> Braude. “Les fils de Noé”, p. 128.</p>



<p><sup><a href="#text464" id="note464">464</a></sup> Edith R. Sanders. “The Hamitic Hypothesis ; Its Origin and Functions in Time Perspective”. The Journal of African History, Vol. 10, No. 4 (1969), pp. 524.</p>



<p><sup><a href="#text465" id="note465">465</a></sup> Drescher. “Le rôle des Juifs dans la traite négrière transatlantique”, p. 107.</p>



<p><sup><a href="#text466" id="note466">466</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text467" id="note467">467</a></sup> Pirenne. Mahomet et Charlemagne. p. 99.</p>



<p><sup><a href="#text468" id="note468">468</a></sup> Solomon Grayzel. A History of the Jew : From Babylonian Exile to the End of World II (Philadelphie : Jewish Publication Society of America, 1948), p. 312.</p>



<p><sup><a href="#text469" id="note469">469</a></sup> Lady Magnus. Outlines of Jewish History, révisé par M. Friedlander (Philadelphie : Jewish Publication Society of America, 1890), p. 107.</p>



<p><sup><a href="#text470" id="note470">470</a></sup> Roberta Strauss Feuerlicht. Le destin des Juifs : A People Torn Between Israeli Power and Jewish Ethics (New York : Times Books, 1983), p. 39 : également, Jewish Encyclopaedia, vol. 11, p. 402.</p>



<p><sup><a href="#text471" id="note471">471</a></sup> Seymour Drescher. “The Role of Jews in the Transatlantic Slave Trade”. Strangers &amp; neighbors : relations between Blacks &amp; Jews in the United States, Maurianne Adams (Ed.), (University of Massachusetts Press, 1999), p. 109.</p>



<p><sup><a href="#text472" id="note472">472</a></sup> Hugh Trevor-Roper. The Crisis of the Seventeenth Century (Indianapolis : Liberty Fund, 1967), p. 232.</p>



<p><sup><a href="#text473" id="note473">473</a></sup> Ibid, p. 233.</p>



<p><sup><a href="#text474" id="note474">474</a></sup> Ibid, p. 249.</p>



<p><sup><a href="#text475" id="note475">475</a></sup> G. H. Turnbull. “Samuel Hartlib’s Influence on the Early History of the Royal Society”. Notes and Records of the Royal Society of London, Vol. 10, No. 2 (avril 1953), pp. 103.</p>



<p><sup><a href="#text476" id="note476">476</a></sup> Nicholas Hagger. La fondation secrète de l’Amérique : La véritable histoire des francs-maçons, des puritains et de la bataille pour le nouveau monde (Watkins, 2009). <sup><a href="#text477" id="note477">477</a></sup> La vie d’un explorateur (Paris : Laperouse, 1625) cité dans Graham Philips, Merlin and the Discovery of Avalon in the New World (Rochester, Vermont : Bear &amp; Company, 2011).</p>



<p><sup><a href="#text478" id="note478">478</a></sup> C. Oman. The Winter Queen (Londres : Hodder &amp; Stoughton, 1938), ch. 50 ; cité dans Graham Phillips. Merlin et la découverte d’Avalon dans le Nouveau Monde (p. 169) (Inner Traditions/Bear &amp; Company). Édition Kindle.</p>



<p><sup><a href="#text479" id="note479">479</a></sup> Ibid, p. 103.</p>



<p><sup><a href="#text480" id="note480">480</a></sup> L’autobiographie de Du Gua subsiste en deux volumes dans La vie d’un explorateur (Paris : Lapérouse, 1626). Cité dans Graham Phillips. Merlin et la découverte d’Avalon dans le Nouveau Monde (Inner Traditions/Bear &amp; Company. Kindle Edition).</p>



<p><sup><a href="#text481" id="note481">481</a></sup> D. Simmons. Henri de Naverre (Londres : Blakewell, 1941), p. 67-78.</p>



<p><sup><a href="#text482" id="note482">482</a></sup> Frederick Samuel Boas. Christopher Marlowe : a biographical and critical study (Oxford : Clarendon Press, 1940).</p>



<p><sup><a href="#text483" id="note483">483</a></sup> Yates. The Rosicrucian Enlightenment, p. 226.</p>



<p><sup><a href="#text484" id="note484">484</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text485" id="note485">485</a></sup> Neil Kamil. Fortress of the Soul : Violence, Metaphysics, and Material Life in the Huguenots’ New World, 1517-1751 (JHU Press, 2020), p. 243.</p>



<p><sup><a href="#text486" id="note486">486</a></sup> Laursen &amp; Popkin. “Introduction. Dans Millenarianism and Messianism in Early Modern European Culture, Volume IV, p. xvii.</p>



<p><sup><a href="#text487" id="note487">487</a></sup> “Winthrop, John, Jr. Dictionnaire complet de la biographie scientifique. Encyclopedia.com (25 janvier 2022). Tiré de <a href="https://www.encyclopedia.com/science/dictionaries-thesauruses-pictures-and-press-releases/winthrop-john-jr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.encyclopedia.com/science/dictionaries-thesauruses-pictures-and-press-releases/winthrop-john-jr</a></p>



<p><sup><a href="#text488" id="note488">488</a></sup> Elaine Pryce. “Un nouvel ordre des choses : Benjamin Furly, Quakers and Quietism in the Seventeenth Century”. Quaker Studies, vol. 23/2 (2018) ; Marion Balderston. “Le mystère de William Penn, de la Société royale et de la première carte de Pennsylvanie”. Quaker History, 55 : 2 (automne 1966), p. 79.</p>



<p><sup><a href="#text489" id="note489">489</a></sup> J. Thomas Scharf. History of Philadelphia, 1609-1884 (Philadelphie : L. H. Everts &amp; co., 1884), p. 155.</p>



<p><sup><a href="#text490" id="note490">490</a></sup> Quaker History, Volumes 58-59 (Friends Historical Association, 1969), p. 29 n. 20.</p>



<p><sup><a href="#text491" id="note491">491</a></sup> Linda S. Schrigner, et al. Bacon’s “Secret Society” &#8211; The Ephrata Connection : Rosicrucianism in Early America (1983)</p>



<p><sup><a href="#text492" id="note492">492</a></sup> Julius Friedrich Sachse. The German Pietists of Provincial Pennsylvania (Philadelphie, 1895 ; New York, 1970 [réimpression]), p. 258.</p>



<p><sup><a href="#text493" id="note493">493</a></sup> doctissimus Astrologus, Magus et Cabbalista”, cité dans Levente Juhász, “Johannes Kelpius (1673-1708) : Mystic on the Wissahickon”, dans M. Caricchio, G. Tarantino, eds, Cromohs Virtual Seminars. Recent historiographical trends of the British Studies (17th-18th Centuries), 2006-2007 : 1-9.</p>



<p><sup><a href="#text494" id="note494">494</a></sup> Elizabeth W. Fisher. “‘Prophesies and Revelations’ : German Cabbalists in Early Pennsylvania”. The Pennsylvania Magazine of History and Biography, 109:3 (1985), p. 318.</p>



<p><sup><a href="#text495" id="note495">495</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text496" id="note496">496</a></sup> Ibid, p. 300.</p>
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		<title>VII. Le Collège invisible – Sionisme de David Livingstone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[David Livingstone]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2024 19:55:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme.]]></description>
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<p>Depuis 35 ans David Livingstone enquête sur les dessous de l’histoire. Chaque semaine depuis le 7 octobre 2024, nous publions un chapitre de son livre <em><a href="https://www.amazon.fr/Sionisme-Histoire-dune-h%C3%A9r%C3%A9sie-juda%C3%AFsme/dp/B0DHTH8N4L" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sionisme : Histoire d’une hérésie du judaïsme</a></em>.</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Menasseh ben Israël</h2>



<p>C’est en promouvant la “Grande Instauration” initiée par Francis Bacon que la Royal Society a jeté les bases philosophiques de la révolution scientifique, qui a marqué l’émergence de la science moderne en Europe vers la fin de la Renaissance et s’est poursuivie jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, influençant le Siècle des Lumières. L’expression “le savoir, c’est le pouvoir” est communément attribuée à Bacon, sous la forme scientia potestas est (“le savoir lui-même est un pouvoir”) dans ses Meditationes Sacrae (1597). Paradoxalement, la révolution scientifique commence par l’étude de la magie en tant que “philosophie naturelle” initiée par Bacon, dont on pensait qu’il représentait l’avènement d’Elias Artista. “Cette transformation d’Elias et d’Elisha de prophètes en mages et philosophes naturels, observe Allison P. Coudert, révèle la manière dont la pensée apocalyptique et messianique a contribué à l’émergence de l’idée de progrès scientifique.<sup><a href="#note367" id="text367">367</a></sup> Comme l’explique Herbert Breger, dans “Elias artista &#8211; a Precursor of the Messiah in Natural Science” :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Une association courante au 19e siècle, qui s’est maintenue au 20e siècle, consistait à lier le développement des sciences naturelles à l’amélioration de la condition humaine. Ainsi, il semblerait que la figure de l’artiste Elias ait été un précurseur de la définition libérale du progrès en sciences naturelles : le progrès scientifique comme vecteur de progrès social, de bien-être individuel et comme moyen de parvenir à une société plus humaine.<sup><a href="#note368" id="text368">368</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Dans son Anatomie de la mélancolie (1621), l’érudit d’Oxford Richard Burton a montré que les premiers Rose-Croix attendaient la venue du maître alchimiste Elias Artista (Élie l’artiste), avancé par le kabbaliste Guillaume Postel. Paracelse, l’une des figures les plus célèbres de l’histoire de l’alchimie, a fait une célèbre prophétie fondée sur sa connaissance des conjonctions et configurations planétaires spéciales qui devaient se produire en 1603 : elles marqueraient l’avènement ou l’apparition d’Elias Artista (“Elias l’Artiste”), un maître alchimiste et une “grande lumière” qui raviverait les arts et les sciences, enseignerait la transmutation de tous les métaux et révélerait de nombreuses choses. L’annonce des Rose-Croix au monde, en 1623, coïncide avec la Grande Conjonction qui, en astrologie, est associée à l’avènement du Messie, dont l’étoile des Mages qui signale la naissance de Jésus. Selon leurs calculs, la prochaine date importante serait l’année 1666, année où Sabbataï Tsevi s’est proclamé le messie attendu par les Juifs et a réussi à duper, selon certaines estimations, la moitié de la population juive mondiale.</p>



<p>Comme le rapporte Richard Popkin dans “The religious background of seventeenth-century philosophy”, de récentes découvertes ont souligné que Louis de Bourbon, le Grand Condé &#8211; l’un des principaux généraux de Louis XIV, le “Roi Soleil”, en collaboration avec les cardinaux Richelieu et Mazarin &#8211; Oliver Cromwell et la reine Christine négociaient la création d’un gouvernement mondial du Messie, avec le prince Condé comme régent, basé à Jérusalem, après avoir aidé les Juifs à libérer la Terre Sainte et à reconstruire le Temple.<sup><a href="#note369" id="text369">369</a></sup> Avant de se rendre en Angleterre en 1655 pour plaider auprès de Cromwell en faveur de la réadmission des Juifs, qui avaient été bannis du pays par Édouard Ier en 1290, Menasseh ben Israël (1604 &#8211; 1657), un dirigeant de la communauté juive d’Amsterdam, s’est d’abord arrêté en Belgique, où il a rencontré la reine Christine et Isaac La Peyrère (1596 &#8211; 1676), le secrétaire du prince de Condé, l’un des plus grands généraux de Louis XIV. La Peyrère est surtout connu pour son hypothèse pré-adamite, selon laquelle il y aurait eu deux créations : d’abord celle des Gentils, puis celle d’Adam, père des Juifs. La Peyrère est également considéré comme l’un des premiers partisans du sionisme, car il prône le retour des Juifs en Palestine. Comme l’a noté Richard Popkin : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Des découvertes récentes indiquent que Condé, Cromwell et Christina négociaient la création d’un État mondial théologico-politique, impliquant notamment le renversement du roi catholique de France. La Peyrère avait proclamé que le Messie juif arriverait bientôt et se joindrait au roi de France (le prince de Condé) et aux Juifs pour libérer la Terre Sainte, reconstruire le Temple et établir un gouvernement mondial du Messie et de son régent, le roi de France.<sup><a href="#note370" id="text370">370</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Marié à Rachel Soeiro, une descendante de la famille Abarbanel, Menasseh était fier que ses enfants soient issus de la lignée du roi David, d’où devait surgir le messie.<sup><a href="#note371" id="text371">371</a></sup> Dans son livre Hope of Israel (“Mikveh Israel”), publié en 1650, Menasseh proclame la nécessaire dispersion des Juifs dans tous les pays du monde, y compris l’Amérique, avant leur retour final en Terre sainte, en accomplissement des prophéties des derniers jours. Mais il considérait également que les Juifs apportaient un “profit” aux pays dans lesquels ils vivaient : “Ils enrichissent abondamment les terres et les pays des étrangers où ils vivent”. C’est dans ce but que Menasseh a œuvré à la réadmission des Juifs en Angleterre, qui avaient été bannis du pays en 1290 par Édouard Ier d’Angleterre.</p>



<p>La diffusion de la ferveur du mouvement sabbatéen a été coordonnée par les adeptes rosicruciens de Menasseh ben Israel, également professeur de Baruch Spinoza (1632 &#8211; 1677), excommunié pour hérésie en 1655. Connus sous le nom de Cercle Hartlib, ils comprenaient un groupe de millénaristes actifs en Angleterre, dont Samuel Hartlib (c. 1600 &#8211; 1662), John Dury (1596 &#8211; 1680) et Jan Amos Comenius (1592 &#8211; 1670), appelés les “trois étrangers”, dont le principal sponsor était Elisabeth de Bohême, fille d’Elisabeth Stuart et de Frédéric V du Palatinat, des Noces Alchimiques.<sup><a href="#note372" id="text372">372</a></sup> Hartlib avait été à la tête d’un groupe mystique comme les Unions Chrétiennes de Johann Valentin Andreae, une couverture pour le Collège Invisible, qui poursuivait les idées rosicruciennes.<sup><a href="#note373" id="text373">373</a></sup> Tous trois “Baconiens millénaristes” et membres d’un “Collège Invisible” rosicrucien, ils ont été responsables de la diffusion d’idées millénaristes parmi les puritains anglais sur l’approche des temps messianiques, idées qui sont devenues populaires au XVIIe siècle.<sup><a href="#note374" id="text374">374</a></sup></p>



<p>Gerardus Vossius, Hugo Grotius, Petrus Serrarius, António Vieira et Pierre Daniel Huet, ainsi que d’autres hommes de ce que l’on appelle la “République des lettres”, faisaient partie du cercle de contacts de Menasseh, ce qui montre la grande réputation dont il bénéficiait parmi les intellectuels non juifs.<sup><a href="#note375" id="text375">375</a></sup> Gerardus Vossius (1577 &#8211; 1649) était le fils de Johannes (Jan) Vos, un protestant des Pays-Bas qui, fuyant les persécutions, s’était réfugié dans l’Electorat du Palatinat. Vossius est devenu l’ami de longue date de Hugo Grotius (1583 &#8211; 1645), qui a contribué à jeter les bases du droit international, fondé sur le droit naturel. Grotius a étudié avec certains des intellectuels les plus réputés d’Europe du Nord, dont Joseph Scaliger.<sup><a href="#note376" id="text376">376</a></sup> Les rencontres scientifiques de Christina à Stockholm ont été organisées à l’origine en 1649 par Vossius.<sup><a href="#note377" id="text377">377</a></sup> Abraham von Franckenberg, ami proche et biographe de Balthasar Walther, qui a inspiré la légende de Christian Rosenkreutz, faisait également partie du cercle de Menasseh.<sup><a href="#note378" id="text378">378</a></sup></p>



<p>Vossius était un ami du peintre néerlandais du Siècle d’or Rembrandt (1606 &#8211; 1669). L’historien de l’art Frits Lugt a décrit Menasseh comme “l’ami intime et très estimé de Rembrandt”.<sup><a href="#note379" id="text379">379</a></sup> Rembrandt s’est installé dans le quartier juif de Vlooienburg à Amsterdam “pour s’imprégner de la couleur locale [juive]”.<sup><a href="#note380" id="text380">380</a></sup> Il était apparemment si attaché à ses voisins juifs que cela a changé son art pour toujours. On dit souvent de Rembrandt qu’il avait une profonde “affinité” et “tendresse” pour les Juifs et que, plus que d’autres artistes, il avait un véritable intérêt pour les personnages de l’”Ancien Testament”.<sup><a href="#note381" id="text381">381</a></sup> Pour son Festin de Belshazzar, qui représente l’histoire de Belshazzar et l’écriture sur le mur tirée du livre de Daniel, Rembrandt a tiré la forme de l’inscription hébraïque d’un diagramme figurant dans un livre de Manassé qui contient des discussions approfondies sur les prophéties de ce livre.<sup><a href="#note382" id="text382">382</a></sup></p>



<p>Les rosicruciens espéraient l’âge d’or annoncé par Joachim de Flore. Près de cent ans après la date de 1260 prédite par Joachim, les Rose-Croix se sont finalement fait connaître en 1623, déclenchant la “fureur rosicrucienne”, qui coïncidait avec la grande conjonction de Saturne et de Jupiter qui, selon les kabbalistes, était censée signaler l’arrivée du messie.<sup><a href="#note383" id="text383">383</a></sup> Une grande conjonction se produit tous les vingt ans lorsque les deux planètes se rejoignent dans un nouveau signe au sein d’une triplicité donnée. Une conjonction plus importante, qui se reproduisait tous les 200 ou 240 ans, se produisait lorsque les deux planètes entraient dans une nouvelle triplicité, ou trigone, qui, en astrologie, désigne un groupe de trois signes appartenant au même élément ou à l’un des quatre éléments. Une plus grande conjonction, qui se reproduit tous les 200 ou 240 ans, se produit lorsqu’ils se déplacent dans une nouvelle triplicité ou trigone. L’astronome Johannes Kepler (1571 &#8211; 1630), qui était également associé aux Rose-Croix, a émis l’hypothèse que l’étoile de Bethléem suivie par les mages était la grande conjonction de Jupiter et Saturne en 7 av. Selon Isaac Abarbanel : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Puisque l’effet de la grande conjonction est de transférer la nation ou le sujet qui reçoit son influence d’un extrême à l’autre&#8230;, son activité n’affectera pas une nation de niveau et de taille moyens pour l’améliorer. Par nécessité, cependant, son influence affectera une nation qui est à l’extrême de la dégradation, à l’extrême de l’abaissement, et qui est asservie dans un pays étranger. Le résultat est que la conjonction est alors capable de les porter à l’extrême [opposé] de la haute stature. La conjonction de Jupiter et de Saturne dans les Poissons en 1464 avait donc inauguré une ère qui, à moins d’une intercession divine, culminerait avec la délivrance du peuple juif cinquante ans plus tard, alors que des millénaires plus tôt, cette même configuration astrale avait inauguré la rédemption de leurs ancêtres hors d’Égypte.<sup><a href="#note384" id="text384">384</a></sup></p>
</blockquote>



<p>Selon les calculs du Rose-Croix Paul Nagel, la Grande Conjonction de 1623 est associée à l’année 1666, année où Sabbataï Tsevi, inspiré par la Kabbale d’Isaac Louria, se déclare “messie”.<sup><a href="#note385" id="text385">385</a></sup> La ville de Salonique, dans la Grèce ottomane, dont la population était majoritairement juive, devint l’un des principaux centres de conversos et de marranes qui se reconvertirent au judaïsme, après Amsterdam et les villes italiennes. Selon Gershom Scholem, c’est là que le traumatisme collectif de l’Expulsion et leur expérience de Marranes, combinés aux attentes messianiques suscitées par le kabbaliste Isaac Louria, ont contribué à la ferveur qui a soutenu l’essor de la mission du faux prophète Sabbataï Tsevi (1626 &#8211; 1676).<sup><a href="#note386" id="text386">386</a></sup> En rejetant le judaïsme traditionnel au profit des interprétations mystiques de la Kabbale, le mouvement sabbatéen a finalement inspiré la montée du judaïsme réformé et conservateur, et enfin le mouvement sioniste.</p>



<p>Le nom de Sabbataï signifiait littéralement la planète Saturne et, dans la tradition juive, le “règne de Sabbataï” (la planète la plus haute) était souvent lié à l’avènement du Messie, un lien mis en avant par Sabbataï et ses disciples.<sup><a href="#note387" id="text387">387</a></sup> La venue du Messie aura une relation particulière avec Saturne, affirme Moshe Idel dans Saturn’s Jews : On the Witches’ Sabbat and Sabbateanism, est l’un des facteurs expliquant à la fois le caractère et le succès de la mission de Tsevi. Comme le note Idel, pendant la folie des sorcières, certains chrétiens ont soutenu que la sorcellerie avait une origine juive et ont fait le lien entre le sabbat des sorcières et le jour saint juif, le sabbat, qui commençaient tous deux un vendredi. Les astrologues hellénistiques et arabes pensaient que la planète des Juifs était Saturne, associée aux arts obscurs et à la sorcellerie, et de nombreux kabbalistes juifs associaient également Saturne à Israël.</p>



<p>La particularité du mouvement sabbatéen était son antinomianisme, fondé sur la croyance qu’avec l’arrivée du messie, les règles de la Torah ne s’appliquaient plus. Cela signifie que les adeptes de Tsevi se croyaient autorisés à renverser les prescriptions morales de la Torah et à violer les lois et coutumes juives, notamment en se livrant à des orgies sexuelles impliquant des relations adultères et incestueuses. Selon certaines estimations, Tsevi a dupé jusqu’à la moitié de la population juive mondiale avec ses prétentions messianiques, jusqu’à ce qu’il se convertisse à l’islam. Considérant l’apostasie de Tsevi comme un mystère sacré, certains de ses disciples en Turquie ottomane ont imité sa conversion. Sarah, son épouse prostituée, et un certain nombre de ses disciples se convertirent également à l’islam. Environ 300 familles se convertirent et furent connues sous le nom de Dönmeh, d’un mot turc signifiant “converti”. Ils pratiquaient l’islam en apparence, tout en conservant secrètement leurs doctrines kabbalistiques. Tsevi intègre à la fois la tradition juive et le soufisme dans sa théosophie et, en particulier, aurait été initié à l’ordre soufi Bektashi, qui aurait longtemps été associé à la religion juive, qui aurait depuis longtemps des liens avec les Dönmeh.<sup><a href="#note388" id="text388">388</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Oliver Cromwell</h2>



<p>Dury organisa la traduction et la publication en anglais de l’ouvrage de Menasseh, avec une dédicace au Parlement anglais. Dury et d’autres ont ensuite convaincu le gouvernement de Cromwell d’inviter Menasseh en Angleterre pour négocier, au nom de la communauté juive mondiale, les conditions de la réadmission. Cromwell avait dirigé les forces du Parlement contre Charles Ier d’Angleterre, frère d’Élisabeth Stuart, lors des guerres civiles anglaises, qui mettaient en cause ses tentatives de négation de l’autorité parlementaire, tout en utilisant sa position de chef de l’Église anglaise pour mener des politiques religieuses qui suscitaient l’animosité de groupes réformés tels que les puritains. Charles a été vaincu lors de la première guerre civile (1642-45), à l’issue de laquelle le Parlement attendait de lui qu’il accepte ses exigences en matière de monarchie constitutionnelle. Charles Ier est resté défiant en tentant de forger une alliance avec l’Écosse et en s’enfuyant sur l’île de Wight. En 1648, Cromwell ordonne au colonel Pryde de purger le Parlement des députés qui ont voté en faveur d’un accord avec le roi, ce que l’on appelle la “purge de Pryde”. Les membres restants sont connus sous le nom de “Parlement croupion”. Lord Alfred Douglas, éditeur de Plain English, dans un article du 3 septembre 1921, explique comment son ami, M. L.D. Van Valckert d’Amsterdam, est entré en possession d’une lettre écrite aux directeurs de la synagogue de Muljeim, datée du 16 juin 1647, dans laquelle on peut lire ce qui suit :</p>



<p>De O.C. [Olivier Cromwell] à Ebenezer Pratt : En échange d’un soutien financier, il préconisera l’admission des Juifs en Angleterre. Ceci est cependant impossible tant que Charles est en vie. Charles ne peut être exécuté sans procès, car il n’y a pas de motifs suffisants pour le faire à l’heure actuelle. Conseille donc l’assassinat de Charles, mais n’interviendra pas dans la recherche d’un assassin, tout en étant prêt à l’aider à s’enfuir.<sup><a href="#note389" id="text389">389</a></sup></p>



<p>Le 12 juillet 1647, Ebenezer Pratt répond : “J’accorderai une aide financière dès que Charles aura disparu et que les Juifs auront été admis. L’assassinat est trop dangereux. Il faut donner à Charles la possibilité de s’échapper. Sa capture permettra alors de le juger et de l’exécuter. L’aide sera généreuse, mais il est inutile de discuter des conditions jusqu’à ce que le procès commence”.<sup><a href="#note390" id="text390">390</a></sup> Charles Ier finit par se rendre et, en 1649, il est jugé et décapité. Sans roi à considérer, le Parlement établit une période intérimaire de Commonwealth. En 1653, Oliver Cromwell met fin à la fois au Parlement et au Commonwealth et, se nommant Lord Protecteur, gouverne par la seule force militaire.</p>



<p>Dans la poursuite de ses réformes, comme le rapporte Hugh Trevor-Roper, Cromwell a fondé sa politique sur les ambitions des “trois étrangers”, Hartlib, Dury et Comenius.<sup><a href="#note391" id="text391">391</a></sup> Le gouvernement cromwellien était communément considéré comme un cercle rosicrucien. Samuel Butler (1612 &#8211; 1680), dans sa satire de la Restauration, Characters, parle des “Frères de la Rose-Croix” comme ayant tenté une réforme malencontreuse de “leur gouvernement”. Un personnage de l’autre œuvre de Butler, Hudibras, explique : “La Fraternité des Rose-Croix ressemble beaucoup à la Secte des anciens Gnostiques qui s’appelaient ainsi en raison de l’excellent apprentissage auquel ils prétendaient, bien qu’ils fussent en réalité les imbéciles les plus ridicules de toute l’humanité.<sup><a href="#note392" id="text392">392</a></sup> Selon Paul Benbridge, les Cromwelliens se sont également qualifiés de Rose-Croix, comme Andrew Marvell (1621 &#8211; 1678), un poète métaphysique qui siégeait à la Chambre des communes.<sup><a href="#note393" id="text393">393</a></sup></p>



<p>Menasseh ben Israel est venu en Angleterre en 1655 pour demander au Parlement le retour des Juifs en Angleterre. Le résultat fut une conférence nationale tenue à Whitehall, qui déclara qu’”aucune loi n’interdisait le retour des Juifs en Angleterre”. Henry Jessey, un contact de Menasseh et de Serrarius (1600 &#8211; 1669), a travaillé dans les coulisses de la conférence de Whitehall. Serrarius était également le principal responsable de la communication de la mission de Sabbataï Tsevi aux millénaristes et rosicruciens anglais du Cercle Hartlib.<sup><a href="#note394" id="text394">394</a></sup> En 1662, Serrarius avait publié un traité affirmant que la huitième conjonction de Saturne et de Jupiter, qui devait se produire cette même année, annonçait le plus grand événement de tous : l’établissement du millénaire, où le Christ rassemblerait les Juifs dispersés, abolirait l’homme du péché et créerait son royaume de Terre.<sup><a href="#note395" id="text395">395</a></sup> Serrarius avait réussi à convaincre John Dury et Comenius de la messianité de Sabbataï Tsevi.<sup><a href="#note396" id="text396">396</a></sup></p>



<p>Le tuteur de la reine Christine, Johannes Matthiae, a été influencé par John Dury et Comenius. En 1642, Comenius se rendit en Suède pour travailler avec la reine Christine et le grand chancelier de Suède, Axel Oxenstierna, à la réorganisation du système éducatif suédois. La reine Christine fut tellement fascinée par les affirmations de Sabbataï Tsevi qu’elle faillit en devenir une disciple. Fin 1665, Christina, qui a abdiqué son trône en Suède, s’est convertie au catholicisme et s’est installée à Rome, se rend chez son banquier juif, Diego Teixeira (1581 &#8211; 1666), à Hambourg, et arrive juste au moment où la nouvelle de l’annonce de Tsevi atteint les juifs de Hambourg. Elle aurait dansé dans les rues de Hambourg avec des amis juifs en prévision de l’événement apocalyptique.<sup><a href="#note397" id="text397">397</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Bevis Marks</h2>



<p>En 1656, après que Cromwell eut autorisé les Juifs à se réunir en privé et à louer un cimetière, les disciples de Menasseh fondèrent la synagogue de Creechurch Lane, qui devint connue sous le nom de Bevis Marks Synagogue, le plus ancien lieu de culte juif de Londres, souvent dirigé par des rabbins sabbatéens, et qui fut intimement lié aux premiers fondateurs de la Royal Society, dont beaucoup étaient francs-maçons, inspirés par les travaux de Francis Bacon.<sup><a href="#note398" id="text398">398</a></sup> La Royal Society a été fondée en 1660, lorsqu’elle a reçu une charte royale de Charles II d’Angleterre (1630 &#8211; 1685), frère d’Elisabeth Stuart des Noces Alchimiques. En 1649, après l’exécution de Charles Ier (1600 &#8211; 1649) et l’établissement du Commonwealth cromwellien, son fils en exil Charles II fut initié à la franc-maçonnerie.<sup><a href="#note399" id="text399">399</a></sup> En tant que “rois maçons”, explique Schuchard, Jacques, son fils Charles Ier et son petit-fils Charles II se considéraient comme des monarques solomoniques et utilisaient des thèmes visionnaires et rituels juifs tout en cherchant à reconstruire le “Temple de la Sagesse” dans leurs royaumes.<sup><a href="#note400" id="text400">400</a></sup> En 1665, l’identification des francs-maçons des Stuart avec les Juifs a été exprimée dans un rare manuscrit, “Ye History of Masonry”, écrit par Thomas Treloar.<sup><a href="#note401" id="text401">401</a></sup> Treloar y dépeint Charles II comme le roi restauré et oint qui régnait désormais sur le “Craft”.<sup><a href="#note402" id="text402">402</a></sup></p>



<p>La mère de Charles II, Henriette Marie de France, fille de Marie de Médicis et veuve de Charles Ier, patronne des érudits juifs qui “pratiquent la divination par l’intermédiaire de la Kabbale”.<sup><a href="#note403" id="text403">403</a></sup> Charles II a épousé Catherine de Bragance, la fille de Jean IV de Portugal (1604 &#8211; 1656), dont l’accession a établi la Maison de Bragance sur le trône portugais.<sup><a href="#note404" id="text404">404</a></sup> La mère de Catherine était Luisa de Guzmán, issue de la maison ducale de Medina-Sidonia et prétendument crypto-juive. Selon les études généalogiques d’Edward Gelles, The Jewish Journey :</p>



<p>La lignée des Stuart, comme la plupart des maisons régnantes d’Europe, comportait des éléments d’origine juive. Certains remontent aux descendants des exilarques davidiques. Marie de Guise et la maison ducale de Lorraine sont ainsi liées à David-Carolingien, tout comme les d’Este de Ferrare et de Modène. La belle-mère de Charles II était issue de la maison ducale de Medina-Sidonia, dont les origines seraient crypto-juives.<sup><a href="#note405" id="text405">405</a></sup></p>



<p>En 1641, Henriette Marie, accompagnée de sa fille Marie, quitte l’Angleterre pour La Haye, où vit depuis quelques années sa belle-sœur Elisabeth Stuart, veuve de Frédéric V du Palatinat &#8211; dont le mariage avec Elisabeth Stuart est à l’origine des Noces Alchimiques des Rose-Croix &#8211; et mère de son vieux favori, le prince Rupert (1619 &#8211; 1682). La Haye était le siège de Guillaume II, prince d’Orange (1626 &#8211; 1650), cousin germain de Marie, qu’elle devait épouser peu après. Le père de Guillaume II était Frédéric Henri, prince d’Orange (1584 &#8211; 1647), fils de Guillaume le Taciturne. La belle-sœur de Frédéric Henri, la comtesse Louise Juliana de Nassau, est la mère de Frédéric V.</p>



<p>Pendant son exil sur le continent, la famille royale anglaise a eu l’occasion de rencontrer des membres de la communauté juive locale. Henriette Marie entretenait depuis longtemps de bonnes relations avec les Juifs. Comme l’explique A.L. Shane, “le soutien des marchands juifs s’est prolongé tout au long de l’exil de la famille royale et ce sont les marchands juifs d’Amsterdam qui ont fourni l’argent dont la famille royale anglaise avait besoin pour financer son retour en Angleterre, un fait qui a été reconnu avec gratitude par Charles II, qui a promis d’étendre sa protection aux juifs lorsqu’il serait rétabli dans son royaume”.<sup><a href="#note406" id="text406">406</a></sup> Mais la meilleure preuve de l’intérêt d’Henrietta Maria pour la communauté juive est sa visite royale à la synagogue d’Amsterdam en 1642, en compagnie de Frédéric Henri, de Guillaume III et de sa nouvelle belle-fille. Cette visite fut l’occasion du célèbre discours de bienvenue de Menasseh ben Israël, qui comprenait un éloge de la reine, décrite comme la “digne consort du très auguste Charles, roi de Grande-Bretagne, de France et d’Irlande”.<sup><a href="#note407" id="text407">407</a></sup></p>



<p>Peu après, Henrietta Maria a visité la résidence du rabbin Jacob Judah Leon Templo (1603 &#8211; après 1675), un ami proche du rabbin Jacob Abendana (1630 &#8211; 1685), le premier chef de Creechurch. Rabbi Templo était un érudit juif hollandais, traducteur des Psaumes et expert en héraldique, d’origine séfarade, célèbre pour son dessin du Temple de Jérusalem.<sup><a href="#note408" id="text408">408</a></sup> Sa fascination pour le Temple lui a valu le nom de “Templo”. Templo fut assisté dans sa conception par Adam Boreel (1602 &#8211; 1665), théologien et hébraïsant néerlandais, qui comptait parmi ses proches associés Peter Serrarius, Baruch Spinoza, John Dury et le gendre de Dury, Henry Oldenburg (c. 1618 &#8211; 1677), membre originel du cercle Hartlib et premier secret de la Royal Society.<sup><a href="#note409" id="text409">409</a></sup> Oldenburg a été peint en 1668 par Jan van Cleve (1646 &#8211; 1716) en train de faire le signe de la main marrane.</p>



<p>Selon Willem Surenhuis (c.1664 &#8211; 1729), un chrétien hollandais spécialiste de l’hébreu, Templo “a gagné l’admiration des hommes les plus élevés et les plus éminents de son époque en exposant aux antiquaires et à tous ceux qui s’intéressent à ces questions une maquette élaborée du Temple de Jérusalem, construite par lui-même”.<sup><a href="#note410" id="text410">410</a></sup> La dernière œuvre de Templo, une paraphrase espagnole des Psaumes, a été dédiée à Isaac Senior Teixeira, agent financier de la co-conspiratrice de Menasseh ben Israel, la reine Christine de Suède.<sup><a href="#note411" id="text411">411</a></sup> La renommée de Templo incita Auguste le Jeune, duc de Brunswick-Wolfenbüttel (1579 &#8211; 1666) &#8211; un ami proche de Johann Valentin Andreae &#8211; à faire traduire en latin son traité hébreu sur le Temple et à faire graver le portrait de Léon.<sup><a href="#note412" id="text412">412</a></sup> Auguste épouse Dorothée d’Anhalt-Zerbst, nièce de Christian d’Anhalt (1568 &#8211; 1630), prince allemand de la maison d’Ascania, principal promoteur du mouvement rosicrucien. Le frère de Christian, Auguste, prince d’Anhalt-Plötzkau, dirigeait une cour rosicrucienne, dont faisait partie le millénariste Paul Nagel, collaborateur de Balthazar Walther.<sup><a href="#note413" id="text413">413</a></sup></p>



<p>Le modèle de Templo a été exposé au public à Paris et à Vienne, puis à Londres. Selon les historiens juifs et maçonniques du XVIIIe siècle, Templo fut accueilli par le fils d’Henriette Marie, Charles II d’Angleterre, comme un “frère maçon”, et il dessina des armoiries comportant des symboles kabbalistiques pour la fraternité restaurée des Stuart.<sup><a href="#note414" id="text414">414</a></sup> Henrietta Maria elle-même a examiné la maquette du Temple de Templo et étudié son pamphlet explicatif.<sup><a href="#note415" id="text415">415</a></sup> Laurence Dermott (1720 -1791), qui fonda en 1751 l’Ancient Grand Lodge of England, aujourd’hui appelée “Antients”, en tant que Grande Loge rivale de la Premier Grand Lodge of England, appelée “Moderns”, s’inspira des armoiries dessinées par le rabbin Templo pour créer les armoiries des Antients.</p>



<p>En 1656, une délégation d’éminents Juifs d’Amsterdam fait appel à l’agent écossais John Middleton pour s’engager à apporter leur aide secrète, financière et organisationnelle, à l’effort de restauration.<sup><a href="#note416" id="text416">416</a></sup> En retour, Charles II leur promet la liberté de vivre et de pratiquer leur culte en tant que Juifs en Grande-Bretagne. Pour consolider le soutien financier des Juifs, Charles fait appel à Sir William Davidson (1614/5 &#8211; vers 1689), un marchand et espion écossais établi à Amsterdam, qui collabore avec des partenaires commerciaux juifs.<sup><a href="#note417" id="text417">417</a></sup> La tolérance de Davidson suscite l’admiration d’Abendana.<sup><a href="#note418" id="text418">418</a></sup> Davidson a travaillé en étroite collaboration avec Sir Robert Moray (1608 ou 1609 &#8211; 1673), Alexander Bruce (1629 -1681).<sup><a href="#note419" id="text419">419</a></sup> Moray était également bien connu des cardinaux Richelieu et Mazarin. Moray connaissait probablement le travail d’Abendana sur le Kuzar (“Livre des Khazars”) de Judah Halevi, car il a fait l’éloge des écrits des Juifs médiévaux sur les mathématiques, l’astronomie et la cosmologie dans ses lettres à son protégé maçonnique, Alexander Bruce.<sup><a href="#note420" id="text420">420</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Mot de maçon</h2>



<p>Dès 1638, une allusion à un lien entre le rosicrucianisme et la franc-maçonnerie a été publiée, avec la première référence connue au “Mot de Maçon” (“Mason Word”), dans un poème à Édimbourg en 1638 :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Car ce que nous présageons n’est pas dans la grosse,</p>



<p>Car nous sommes des frères de la Rosie Crosse :</p>



<p>Nous avons le mot de Mason et la seconde vue,</p>



<p>Nous pouvons prédire les choses à venir&#8230;<sup><a href="#note421" id="text421">421</a></sup></p>
</blockquote>



<p>En 1689, un évêque Williamite, Edward Stillingfleet (1635 &#8211; 1699), interrogea son visiteur écossais, le révérend Robert Kirk, sur le phénomène écossais de la seconde vue et sur le Mot de maçon. Rejetant l’explication de Kirk sur la seconde vue, Stillingfleet la qualifie d’”œuvre du diable” et méprise ensuite le Mot de maçon en le qualifiant de “mystère rabbinique”.<sup><a href="#note422" id="text422">422</a></sup> Provoqué par cette conversation, Kirk se rendit à la synagogue de Bevis Marks à Londres afin d’observer les cérémonies, qui étaient dirigées par son Haham ou Grand Rabbin, Solomon Ayllon (1660 ou 1664 &#8211; 1728), un adepte de Sabbataï Tsevi de Salonique.<sup><a href="#note423" id="text423">423</a></sup> De retour en Écosse, Kirk publie ses découvertes en 1691 :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>C’est comme une tradition rabbinique qui commente Jachin et Boaz, les deux piliers érigés dans le Temple de Salomon, en y ajoutant un signe secret transmis de main en main, par lequel on se connaît et on se familiarise avec l’autre.<sup><a href="#note424" id="text424">424</a></sup> Parmi les premiers francs-maçons connus, Moray et Elias Ashmole (1617 &#8211; 1692) sont devenus les premiers membres de la Royal Society. Le 16 octobre 1646, il écrit dans son journal : “J’ai été fait franc-maçon à Warrington, dans le Lancashire : “J’ai été fait franc-maçon à Warrington dans le Lancashire, avec Coll : Henry Mainwaring de Karincham [Kermincham] dans le Cheshire”.<sup><a href="#note425" id="text425">425</a></sup> En 1652, Ashmole se lie d’amitié avec Solomon Franco, un juif converti à l’anglicanisme qui associe son intérêt pour la Kabbale et l’architecture du Temple à un soutien à la monarchie anglaise.<sup><a href="#note426" id="text426">426</a></sup> Franco enseigne l’hébreu à Ashmole et est probablement à l’origine de son manuscrit “Of the Cabalistic Doctrine”.<sup><a href="#note427" id="text427">427</a></sup> Également partisan de Stuart, Franco croyait aux traditions hébraïques de l’onction royale et cherchait des présages spirituels dans la vie de Charles II, dont il était très satisfait de l’éventuelle restauration.<sup><a href="#note428" id="text428">428</a></sup> Après la Restauration, Franco s’est converti au christianisme, persuadé que Dieu avait un plan divin pour Charles II. Il donna un exemplaire de son livre à Ashmole.</p>
</blockquote>



<p>Ashmole a copié de sa propre main une traduction anglaise de la Fama et de la Confessio, et a ajouté une lettre en latin adressée aux “très illuminés Frères de la Rose-Croix”, leur demandant de lui permettre de rejoindre leur fraternité. Ashmole avait un fort penchant baconien pour l’étude de la nature.<sup><a href="#note429" id="text429">429</a></sup> C’est un antiquaire qui s’intéresse particulièrement à l’histoire de l’Ordre de la Jarretière. Ashmole vénérait John Dee, dont il collectionnait les écrits et dont il s’efforçait de mettre en pratique les enseignements alchimiques et magiques. En 1650, il publie Fasciculus Chemicus sous le pseudonyme anagrammatique de James Hasolle. Cet ouvrage est une traduction anglaise de deux ouvrages alchimiques latins, l’un d’Arthur Dee, fils de John Dee.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Royal Society</h2>



<p>Robert Boyle (1627 &#8211; 1691), ami de Samuel Hartlib, est l’un des membres fondateurs de la Royal Society, qui est influencée par la “nouvelle science” promue par Francis Bacon dans sa Nouvelle Atlantide.<sup><a href="#note430" id="text430">430</a></sup> Bacon suggère que le continent américain était l’ancienne Atlantide où vivait une race avancée pendant l’âge d’or de la civilisation. Bacon raconte l’histoire d’un pays gouverné par des philosophes-scientifiques dans leur grand collège appelé Solomon’s House. Hartlib mentionne spécifiquement la Maison de Salomon en référence aux types d’institutions qu’il aimerait voir créées, comme son Collège invisible, qui a inspiré la fondation de la Royal Society.<sup><a href="#note431" id="text431">431</a></sup> En 1647, Robert Boyle avait écrit à Samuel Hartlib pour lui parler de son “Collège invisible” et lui dire qu’il souhaitait soutenir “un projet aussi glorieux”.<sup><a href="#note432" id="text432">432</a></sup> En 1663, le Collège invisible devient la Royal Society et la charte d’incorporation accordée par Charles II nomme Boyle membre du conseil. Alexander Bruce était l’un des membres du comité des 12 de 1660, auquel participait également le franc-maçon Sir Robert Moray, qui a conduit à la formation de la Royal Society, et qui comprenait également le franc-maçon Elias Ashmole.</p>



<p>Le premier secrétaire de la Royal Society fut Henry Oldenburg, qui noua des relations étroites avec John Milton (1608 &#8211; 1674) et son mécène de toujours, Robert Boyle. Dury était lié à Boyle par son mariage avec Dorothy Moore, une veuve puritaine irlandaise. Leur fille, Dora Katherina Dury, devint plus tard la seconde épouse d’Henry Oldenburg. Lorsque Menasseh ben Israel arriva à Londres en 1650, Cromwell désigna un comité d’ecclésiastiques millénaristes importants et de fonctionnaires pour le recevoir. Lady Ranelegh, la sœur de Robert Boyle, organisa des dîners pour Menasseh et Oldenburg le rencontra également.<sup><a href="#note433" id="text433">433</a></sup> Milton, qui faisait partie du vaste réseau du Cercle Hartlib, a été peint par le peintre flamand Pieter van der Plas (vers 1595 &#8211; vers 1650) en train de faire le signe de la main marrane. Outre son célèbre Paradis perdu, Milton est l’auteur du masque intitulé Comus, qui met en scène le Seigneur de l’égarement. Selon Matthews dans Modern Satanism, “dépouillée de toute implication théiste, l’utilisation de Satan par le satanisme moderne s’inscrit fermement dans la tradition que John Milton a engendrée par inadvertance &#8211; une représentation du noble rebelle, du contestataire de principe du pouvoir illégitime”.<sup><a href="#note434" id="text434">434</a></sup> La déclaration de Lucifer dans le Paradis perdu de Milton, “Mieux vaut régner en enfer que servir au ciel”, est devenue une source d’inspiration pour ceux qui ont embrassé la rébellion contre Dieu. Comme l’a noté Frances Yates, l’influence de la Kabbale sur Milton est aujourd’hui généralement reconnue. Denis Saurat pensait avoir trouvé des traces de la Kabbale lourianique dans le Paradis perdu.<sup><a href="#note435" id="text435">435</a></sup> En 1955, l’éminent spécialiste de l’hébreu Zwi Werblowsky a déclaré que, bien que l’influence de la kabbale lourianique sur Milton n’ait pu être prouvée, il y avait bien une influence de la kabbale chrétienne sur lui : “Milton n’est pas influencé par le tsimtsoum lourianique, encore moins par le Zohar, mais par la Kabbale chrétienne de la post-Renaissance dans sa phase pré-lourianique”.<sup><a href="#note436" id="text436">436</a></sup></p>



<p>Selon Laursen et Popkin, “la publication de la correspondance d’Henry Oldenburg et de Robert Boyle a clairement montré que le millénarisme était au centre des préoccupations de la Royal Society dans ses années de fondation”.<sup><a href="#note437" id="text437">437</a></sup> Oldenburg, premier secrétaire de la Royal Society, avait suivi de près la mission de Sabbataï Tsevi, en raison de son intérêt pour la restauration des Juifs.<sup><a href="#note438" id="text438">438</a></sup> Petrus Serrarius avait réussi à convaincre Dury, le beau-père d’Oldenburg, et Comenius de la messianité de Sabbataï Tsevi.<sup><a href="#note439" id="text439">439</a></sup> Oldenburg avait probablement entendu parler de Spinoza par l’intermédiaire de leur ami commun, Serrarius.<sup><a href="#note440" id="text440">440</a></sup> Au début des années 1660, le nom de Spinoza est devenu plus connu, et Gottfried Leibniz, Hobbes et Oldenburg lui ont rendu visite.<sup><a href="#note441" id="text441">441</a></sup> Spinoza était également au courant de la mission de Sabbataï et envisageait la possibilité que, grâce à ces événements, les Juifs puissent rétablir leur royaume et redevenir les élus de Dieu.<sup><a href="#note442" id="text442">442</a></sup> Lorsqu’il entendit parler de l’enthousiasme suscité par Sabbataï Tsevi, Oldenburg écrivit à Spinoza pour lui demander si le roi des Juifs était entré en scène : “Tout le monde ici parle d’une rumeur sur le retour des Israélites&#8230; dans leur propre pays&#8230; Si la nouvelle se confirme, elle pourrait provoquer une révolution en toutes choses.” <sup><a href="#note443" id="text443">443</a></sup></p>



<p>Adam Boreel &#8211; qui compte parmi ses associés Serrarius, le Cercle Hartlib et le rabbin Templo &#8211; est également le fondateur des Collégiens, qui comprennent Spinoza et sont étroitement associés au mouvement des Quakers, fondé par George Fox (1624 &#8211; 1691) et son épouse Margaret Fell, populairement connue comme la “mère du Quakerisme”. Lady Anne Conway (1631 &#8211; 1679), dont les travaux ont influencé Leibniz, s’est intéressée à la kabbale lourianique, puis a été initiée par l’alchimiste rosicrucien Francis Mercury van Helmont (1614 &#8211; -1699) au quakerisme, auquel elle s’est convertie en 1677.<sup><a href="#note444" id="text444">444</a></sup> Van Helmont et le kabbaliste chrétien Christian Knorr von Rosenroth (1636 &#8211; 1689) ont également été en contact avec Serrarius.<sup><a href="#note445" id="text445">445</a></sup> Rosenroth est célèbre pour sa Kabbala Denudata (“Kabbale dévoilée”), dont Henry Oldenburg était l’un des éditeurs.<sup><a href="#note446" id="text446">446</a></sup></p>



<p>Van Helmont et Knorr von Rosenroth étaient à la tête d’un groupe kabbalistique qui se réunissait à la cour du comte Christian August von Pfalz-Sulzbach (1622 &#8211; 1708), dont la mère, Anna de Clèves, était la nièce de l’ami de Martin Luther, Jean Frédéric Ier, électeur de Saxe,<sup><a href="#note447" id="text447">447</a></sup> , qui avait commandé la Rose de Luther. Ce groupe était lié au cercle du marchand de Rotterdam Benjamin Furly (1636 &#8211; 1714), un quaker et un proche partisan de George Fox, connu sous le nom de Lanterne, qui comprenait Lady Conway, Henry More, Adam Boreel et John Locke.<sup><a href="#note448" id="text448">448</a></sup> John Locke, (1632 &#8211; 1704), membre éminent de la Royal Society et franc-maçon,<sup><a href="#note449" id="text449">449</a></sup> est la personne généralement considérée comme le fondateur de l’empirisme, une théorie qui affirme que la connaissance provient uniquement ou principalement de l’expérience sensorielle.<sup><a href="#note450" id="text450">450</a></sup> Locke est considéré comme le “père du libéralisme”.<sup><a href="#note451" id="text451">451</a></sup> Locke, qui a également séjourné à Amsterdam, a été influencé par Spinoza.<sup><a href="#note452" id="text452">452</a></sup> La plupart des spécialistes attribuent à la théorie des droits de Locke la phrase “La vie, la liberté et la recherche du bonheur”, qui figure dans la Déclaration d’indépendance américaine.</p>



<p>Le frère de Jacob Abendana, Isaac, qui enseignait l’hébreu à Cambridge et connaissait Locke, ainsi que Henry More et Robert Boyle.<sup><a href="#note453" id="text453">453</a></sup> La fille de Charles Cudworth, Damaris Cudworth (1659 &#8211; 1708), était une amie de Locke et une correspondante de Gottfried Leibniz.<sup><a href="#note454" id="text454">454</a></sup> Van Helmont était un ami de Leibniz, qui a écrit son épitaphe et l’a présenté à von Rosenroth en 1671.<sup><a href="#note455" id="text455">455</a></sup> Leibniz avait rendu visite à la reine Christine peu avant sa mort en 1689, et était ensuite devenu membre de son Accademia fisico-matematica à Rome, qui comprenait de nombreux éléments rosicruciens.<sup><a href="#note456" id="text456">456</a></sup></p>



<p>Allison Coudert a proposé que van Helmont et von Rosenroth, et à des degrés divers les philosophes naturels du XVIIe siècle qui les connaissaient ou qui connaissaient leurs travaux, y compris Leibniz et Isaac Newton (1642 &#8211; 1726/27), l’ami de Locke, s’intéressaient vivement à la kabbale lourianique.<sup><a href="#note457" id="text457">457</a></sup> Newton, président de la Royal Society, a été peint par le peintre anglais Sir James Thornhill (1675 ou 1676 &#8211; 1734) en train de faire le signe de la main marrane. Newton était attaché aux interprétations de la “restauration” des Juifs sur leur propre terre de Palestine et a passé les dernières années de sa vie intellectuelle à explorer le Livre de Daniel. Dans sa bibliothèque, Newton conservait un exemplaire fortement annoté de The Fame and Confession of the Fraternity R.C., la traduction anglaise de Thomas Vaughan des Manifestes rosicruciens. Newton possédait également des exemplaires de Themis Aurea et Symbola Aurea Mensae Duodecium de l’alchimiste Michael Maier. En tant que spécialiste de la Bible, Newton s’est d’abord intéressé à la géométrie sacrée du temple de Salomon, consacrant un chapitre entier de The Chronology of Ancient Kingdoms Amended (La chronologie des anciens royaumes modifiée).<sup><a href="#note458" id="text458">458</a></sup></p>



<p class="has-text-align-right">David LIVINGSTONE</p>



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<p><sup><a href="#text367" id="note367">367</a></sup> Allison P. Coudert. “Kabbalistic Messianism versus Kabbalistic Enlightenment” dans M. Goldish, R.H. Popkin. Millenarianism and Messianism in Early Modern European Culture : Volume I : Jewish Messianism in the Early Modern World (Springer Science &amp; Business Media, 9 mars 2013), p. 117.</p>



<p><sup><a href="#text368" id="note368">368</a></sup> Herbert Breger. “Elias artista &#8211; a Precursor of the Messiah in Natural Science” dans Nineteen Eighty-Four : Science between Utopia and Dystopia, ed. Everett Mendelsohn et Helga Nowotny, Sociologie des sciences, vol. 8 (New York : D. Reidel Publishing Company, 1984), p. 49.</p>



<p><sup><a href="#text369" id="note369">369</a></sup> Richard Popkin. “Chapitre 14 : L’arrière-plan religieux de la philosophie du XVIIe siècle. Dans Daniel Garber, Michael Ayers, (eds.). The Cambridge History of Seventeenth-century Philosophy Volume 1 (Cambridge University Press, 1998), p. 407.</p>



<p><sup><a href="#text370" id="note370">370</a></sup> Richard Popkin. “Chapitre 14 : L’arrière-plan religieux de la philosophie du XVIIe siècle. Dans Daniel Garber, Michael Ayers, (eds.). The Cambridge History of Seventeenth-century Philosophy Volume 1 (Cambridge University Press, 1998), p. 407.</p>



<p><sup><a href="#text371" id="note371">371</a></sup> Albert Montefiore Hyamson. A History of the Jews in England (1908), p. 182.</p>



<p><sup><a href="#text372" id="note372">372</a></sup> Frances Yates. “Science, Salvation, and the Cabala” New York Review of Books (numéro du 27 mai 1976) ; Hugh Trevor-Roper. The Crisis of the Seventeenth Century (Indianapolis : Liberty Fund, 1967).</p>



<p><sup><a href="#text373" id="note373">373</a></sup> Yates. Les Lumières rosicruciennes.</p>



<p><sup><a href="#text374" id="note374">374</a></sup> Frances Yates. “Science, Salvation, and the Cabala” New York Review of Books (numéro du 27 mai 1976) ; Hugh Trevor-Roper. The Crisis of the Seventeenth Century (Indianapolis : Liberty Fund, 1967).</p>



<p><sup><a href="#text375" id="note375">375</a></sup> Ernestine G.E. van der Wall. “Petrus Serrarius et Menasseh ben Israel”, p. 164.</p>



<p><sup><a href="#text376" id="note376">376</a></sup> Hamilton Vreeland. Hugo Grotius : Le père de la science moderne du droit international (New York : Oxford University Press, 1917), chapitre 1.</p>



<p><sup><a href="#text377" id="note377">377</a></sup> Åkerman. “Les intérêts ésotériques de la reine Christine comme toile de fond de ses académies platoniciennes”.</p>



<p><sup><a href="#text378" id="note378">378</a></sup> Voir Penman, “A Second Christian Rosencreuz ?”, p. 163.</p>



<p><sup><a href="#text379" id="note379">379</a></sup> Fritz Lugt. Wanderlingen met Rembrandt in en om Amsterdam (Amsterdam : P. N. van Kampen, 1915) ; cité dans Steven Nadler. Menasseh ben Israel : Rabbi of Amsterdam (New Haven : Yale University Press, 2018).</p>



<p><sup><a href="#text380" id="note380">380</a></sup> Cecil Roth. Une vie de Menasseh ben Israël : Rabbin, imprimeur et diplomate, 2e édition (Philadelphie : Jewish Publication Society, 1945), p. 168.</p>



<p><sup><a href="#text381" id="note381">381</a></sup> Steven Nadler. Menasseh ben Israel : Rabbi of Amsterdam (New Haven : Yale University Press, 2018).</p>



<p><sup><a href="#text382" id="note382">382</a></sup> Steven Nadler. Menasseh ben Israel : Rabbi of Amsterdam (New Haven : Yale University Press, 2018). </p>



<p><sup><a href="#text383" id="note383">383</a></sup> Roy A. Rosenberg. “The ‘Star of the Messiah’ Reconsidered”. Biblica, Vol. 53, No. 1 (1972), pp. 105.</p>



<p><sup><a href="#text384" id="note384">384</a></sup> Cité dans Eric Lawee. “The Messianism of Isaac Abarbanel, ‘Father of the [Jewish] Messianic Movements of the Sixteenth and Seventeenth Centuries’” dans Richard H. Popkin. Millenarianism and Messianism in English Literature and Thought 1650-1800 : Clark Library Lectures 1981-1982, Volume I (Brill Academic Publishers, 1997), p. 8. <sup><a href="#text385" id="note385">385</a></sup> Penman. “Grimper l’échelle de Jacob”, pp. 201-226.</p>



<p><sup><a href="#text386" id="note386">386</a></sup> Gershom Scholem. L’idée messianique dans le judaïsme, p. 221.</p>



<p><sup><a href="#text387" id="note387">387</a></sup> Pawel Maciejko. The mixed multitude : Jacob Frank and the Frankist movement (University of Pennsylvania Press, 2011), p. 45.</p>



<p><sup><a href="#text388" id="note388">388</a></sup> Elli Kohen. History of the Turkish Jews and Sephardim : memories of a past golden age (Lanham : University Press of America, 2007), p. 120.</p>



<p><sup><a href="#text389" id="note389">389</a></sup> Lord Alfred Douglas. Plain English (3 septembre 1921).</p>



<p><sup><a href="#text390" id="note390">390</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text391" id="note391">391</a></sup> Trevor-Roper. La crise du XVIIe siècle, p. 261.</p>



<p><sup><a href="#text392" id="note392">392</a></sup> Samuel Butler. Hudibras, op. cit. note de Butler à la partie 1, chant I, 527-544.</p>



<p><sup><a href="#text393" id="note393">393</a></sup> Paul Benbridge, “The Rosicrucian Resurgence at the Court of Cromwell”, dans The Rosicrucian Enlightenment Revisited, p. 225.</p>



<p><sup><a href="#text394" id="note394">394</a></sup> Daniel Frank. History of Jewish Philosophy (Londres : Routledge, 1997) p. 607.</p>



<p><sup><a href="#text395" id="note395">395</a></sup> Van Der Wall. “Un éveil au monde de l’âme”, p. 76.</p>



<p><sup><a href="#text396" id="note396">396</a></sup> Mark Greengrass, Michael Leslie &amp; Timothy Raylor, éditeurs. Samuel Hartlib et la Réforme universelle : Studies in Intellectual Communication (Cambridge : Cambridge University Press, 1994) p. 134.</p>



<p><sup><a href="#text397" id="note397">397</a></sup> Popkin. Millenarianism and Messianism in English Literature and Thought 1650-1800, p. 93.</p>



<p><sup><a href="#text398" id="note398">398</a></sup> Cecil Roth. Histoire de la Grande Synagogue (1950). Tiré de <a href="https://www.jewishgen.org/jcr-uk/susser/roth/chone.htm">https://www.jewishgen.org/jcr-uk/susser/roth/chone.htm</a></p>



<p><sup><a href="#text399" id="note399">399</a></sup> Keith Schuchard. “Judaized Scots, Jacobite Jews, and the Development of Cabalistic Freemasonry” (Écossais judaïsés, Juifs jacobites et développement de la franc-maçonnerie cabalistique).</p>



<p><sup><a href="#text400" id="note400">400</a></sup> Vaughan Hart. Art and Magic in the Court of the Stuarts (Londres : Routledge, 1994) ; Marsha Keith Schuchard. “Samuel Jacob Falk”, p. 207.</p>



<p><sup><a href="#text401" id="note401">401</a></sup> John Thorpe. “Ancien manuscrit maçonnique. A Fragment”, Lodge of Research, No. 2429 Leicester. Transactions for the Year 1926-27, 40-48 ; Wallace McLeod. “Additions to the List of Old Charges”, Ars Quatuor Coronatorum, 96 (l983), pp. 98-99.</p>



<p><sup><a href="#text402" id="note402">402</a></sup> Schuchard. “Judaized Scots, Jacobite Jews, and the Development of Cabalistic Freemasonry” (Écossais judaïsés, Juifs jacobites et développement de la franc-maçonnerie cabalistique).</p>



<p><sup><a href="#text403" id="note403">403</a></sup> James Picciotto. Sketches of Anglo-Jewish History, ed. Israel Finestine (1875 ; rev. ed. Soncino Press, l956), 41 ; Cecil Roth. “The Middle Period of Anglo-Jewish History (1290-1655) Reconsidered”, Transactions of the Jewish Historical Society of England, 19 (1955-59), p. 11.</p>



<p><sup><a href="#text404" id="note404">404</a></sup> John Reville. “Antonio Vieira L’encyclopédie catholique. Vol. 15 (New York : Robert Appleton Company, 1912). Extrait de <a href="http://www.newadvent.org/cathen/15415d.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">http://www.newadvent.org/cathen/15415d.htm</a></p>



<p><sup><a href="#text405" id="note405">405</a></sup> Edward Gelles. The Jewish Journey : A Passage through European History (The Radcliffe Press, 2016), p. 154.</p>



<p><sup><a href="#text406" id="note406">406</a></sup> A. L. Shane. “Rabbi Jacob Judah Leon (Templo) d’Amsterdam (1603-1675) et ses liens avec l’Angleterre”. Transactions &amp; Miscellanies (Jewish Historical Society of England), 1973-1975, Vol. 25 (1973-1975), pp. 120-123.</p>



<p><sup><a href="#text407" id="note407">407</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text408" id="note408">408</a></sup> Geoffrey F. Nuttall. “Early Quakerism in the Netherlands : Its Wider Context”. Bulletin of Friends Historical Association, 44 : 1 (printemps 1955), p. 5.</p>



<p><sup><a href="#text409" id="note409">409</a></sup> Geoffrey F. Nuttall. “Early Quakerism in the Netherlands : Its Wider Context”. Bulletin of Friends Historical Association, Vol. 44, No. 1 (printemps 1955), p. 5.</p>



<p><sup><a href="#text410" id="note410">410</a></sup> Shane. “Rabbi Jacob Judah Leon (Templo) d’Amsterdam (1603-1675) et ses liens avec l’Angleterre”, pp. 120-123.</p>



<p><sup><a href="#text411" id="note411">411</a></sup> Gotthard Deutsch &amp; Meyer Kayserling. “Leon (Leao)”. Encyclopédie juive.</p>



<p><sup><a href="#text412" id="note412">412</a></sup> John T. Young. Faith, Alchemy and Natural Philosophy (Routledge, 2018), p.47. </p>



<p><sup><a href="#text413" id="note413">413</a></sup> Donald R. Dickson. “Johann Valentin Andreae’s Utopian Brotherhoods”. Renaissance Quarterly Vol. 49, No. 4 (hiver 1996), pp. 760-802.</p>



<p><sup><a href="#text414" id="note414">414</a></sup> Ibid.</p>



<p><sup><a href="#text415" id="note415">415</a></sup> Arthur Shane, “Jacob Judah Leon of Amsterdam (1602-1675) and his Models of the Temple of Solomon and the Tabernacle”, Ars Quatuor Coronatorum, 96 (1983), pp. 146-69.</p>



<p><sup><a href="#text416" id="note416">416</a></sup> C.H. Firth. Scotland and the Protectorate (Édimbourg : Edinburgh UP, 1899), pp. 342-43.</p>



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<p><sup><a href="#text418" id="note418">418</a></sup> Marsha Keith Schuchard. Restoring the Temple of Vision : Cabalistic Freemasonry and Stuart Culture (Leiden : Brill, 2002), p. 550.</p>



<p><sup><a href="#text419" id="note419">419</a></sup> Sur la collaboration de Moray avec Davidson, voir NLS : Kincardine MS. 5049, ff.3, 28 ; MS. 5050, ff.49, 55. Sur les initiations juives, voir Samuel Oppenheim, “The Jews and Masonry in the United States before 1810”, Publications of the American Jewish Historical Society, 19 (1910), pp. 9-17 ; David Katz. Sabbath and Sectarianism in Seventeenth-Century England (Leiden : Brill, l988), pp. 155-64.</p>



<p><sup><a href="#text420" id="note420">420</a></sup> NLS : Kincardine MS. 5049, ff. 117, 151 ; MS. 5050, f. 28.</p>



<p><sup><a href="#text421" id="note421">421</a></sup> Yates. Rosicrucian Enlightenment, p. 268.</p>



<p><sup><a href="#text422" id="note422">422</a></sup> Robert Kirk. The Secret Commonwealth (1691), ed. S. Sanderson (Londres, 1976), 88-89 ; D. Stevenson, Origins of Freemasonry, pp. 133-34.</p>



<p><sup><a href="#text423" id="note423">423</a></sup> David Katz. The Jews in the History of England (Oxford : Oxford UP, 1994), pp. 161-62, cité dans Marsha Keith Schuchard. “Judaized Scots, Jacobite Jews, and the Development of Cabalistic Freemasonry” ; Louis Ginzberg. “Ayllon, Solomon ben Jacob”. Encyclopédie juive.</p>



<p><sup><a href="#text424" id="note424">424</a></sup> Kirk. Le Commonwealth secret, pp. 88-89.</p>



<p><sup><a href="#text425" id="note425">425</a></sup> C. H. Josten, (éd.). Elias Ashmole (1617-1692). His Autobiographical and Historical Notes, his Correspondence, and Other Contemporary Sources Relating to his Life and Work (Oxford : Clarendon Press, 1996), vol. II, pp. 395-396.</p>



<p><sup><a href="#text426" id="note426">426</a></sup> Stevenson. Origines, 219-20 ; C.H. Josten. Elias Ashmole (Oxford : Clarendon, l966), I, 92 ; II, 395-96, 609. Sur les loges militaires ambulatoires du XVIIe siècle, voir John Herron Lepper, “‘The Poor Common Soldier,’ a Study of Irish Ambulatory Warrants,” Ars Quatuor Coronatorum, 38 (l925), 149-55.</p>



<p><sup><a href="#text427" id="note427">427</a></sup> Edward Bernard. Catalogus Librorum Manuscritorum Angliae et Hiberniae (Oxford : Sheldonian Theatre, 1697), I, “Ashmole’s MSS”, p. 351.</p>



<p><sup><a href="#text428" id="note428">428</a></sup> Solomon Franco. La vérité jaillissant de la terre (Londres, 1668).</p>



<p><sup><a href="#text429" id="note429">429</a></sup> Vittoria Feola (2005). “Elias Ashmole et les usages de l’Antiquité”, Index des thèses, Expert Information Ltd.</p>



<p><sup><a href="#text430" id="note430">430</a></sup> R.H Syfret. “Les origines de la Société royale”. Notes and Records of the Royal Society of London. The Royal Society. 5:2 (1948), p. 75.</p>



<p><sup><a href="#text431" id="note431">431</a></sup> Chloë Houston. The Renaissance Utopia : Dialogue, Travel and the Ideal Society (New York : Routledge, 2014), p. 138.</p>



<p><sup><a href="#text432" id="note432">432</a></sup> Margery Purver. La Société royale : Concept et création (1967), Partie II Chapitre 3, “The Invisible College”.</p>



<p><sup><a href="#text433" id="note433">433</a></sup> Richard Popkin. “Chapitre 14 : Le contexte religieux de la philosophie du XVIIe siècle. Dans Daniel Garber &amp; Michael Ayers, (eds.). The Cambridge History of Seventeenth-century Philosophy, Volume 1 (Cambridge University Press, 1999).</p>



<p><sup><a href="#text434" id="note434">434</a></sup> Chris Mathews. Modern Satanism : Anatomy of a Radical Subculture (Wesport : Praeger, 2009) p. 54.</p>



<p><sup><a href="#text435" id="note435">435</a></sup> Denis Saurat. Milton : Man and Thinker (Londres, 1944) ; cité dans Frances Yates. The Occult Philosophy in the Elizabethan Age (New York et Londres : Routledge, 1979). p. 208.</p>



<p><sup><a href="#text436" id="note436">436</a></sup> R.J. Zwi Werblowsky, “Milton and the Conjectura Cabbalistica”, Journal of the Warburg Courtauld Institutes, XVIII (1955), p. 110. etc. ; cité dans Frances Yates. The Occult Philosophy in the Elizabethan Age (New York et Londres : Routledge, 1979). p. 208.</p>



<p><sup><a href="#text437" id="note437">437</a></sup> J.C. Laursen &amp; R.H. Popkin. “Introduction. Dans Millenarianism and Messianism in Early Modern European Culture, Volume IV, ed. J.C. Laursen &amp; R.H. Popkin (Springer Science+Business Media, 2001), p. xvii.</p>



<p><sup><a href="#text438" id="note438">438</a></sup> Marsha Keith Schuchard. Emanuel Swedenborg, Agent secret sur terre et au ciel (Leiden : Brill, 2011) p. 22. <sup><a href="#text439" id="note439">439</a></sup> Mark Greengrass, Michael Leslie &amp; Timothy Raylor (eds.) Samuel Hartlib and Universal Reformation : Studies in Intellectual Communication (Cambridge : Cambridge University Press, 1994) p. 134.</p>



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<p><sup><a href="#text441" id="note441">441</a></sup> P. G. Lucas. “Some Speculative and Critical Philosophers”, dans I. Levine (ed.), Philosophy (Londres : Odhams, 1960).</p>



<p><sup><a href="#text442" id="note442">442</a></sup> Kaufmann Kohler &amp; Henry Malter. “Shabbethai Zebi B. Mordecai”, Encyclopédie juive.</p>



<p><sup><a href="#text443" id="note443">443</a></sup> Kohler &amp; Malter. “Shabbethai Zebi B. Mordecai”.</p>



<p><sup><a href="#text444" id="note444">444</a></sup> Allison Coudert. Leibniz and the Kabbalah (Springer, 1995). p. 36.</p>



<p><sup><a href="#text445" id="note445">445</a></sup> Jonathan Israel. La République néerlandaise : Its Rise, Greatness, and Fall 1477-1806 (Oxford University Press, 1995). p. 589.</p>



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<p><sup><a href="#text450" id="note450">450</a></sup> Stathis Psillos &amp; Martin Curd. The Routledge companion to philosophy of science (1. publ. in paperback ed.) (Londres : Routledge, 2010). pp. 129-38.</p>



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<p><sup><a href="#text452" id="note452">452</a></sup> Cornel West. “L’esprit de Spinoza”. Boston Globe (28 juillet 2006).</p>



<p><sup><a href="#text453" id="note453">453</a></sup> Matt Goldish. “Maïmonide, Stonehenge et les obsessions de Newton”. Jewish Review of Books, volume 9, numéro 2 (été 2018), p. 12.</p>



<p><sup><a href="#text454" id="note454">454</a></sup> M. Knights. “Masham, Sir Francis, 3rd Bt. (c. 1646-1723), of Otes, High Laver, Essex”, dans D. Hayton, E. Cruickshanks et S. Handley (eds), The History of Parliament : the House of Commons, 1690-1715 (Boydell &amp; Brewer, Woodbridge, 2002).</p>



<p><sup><a href="#text455" id="note455">455</a></sup> Allison Coudert. Leibniz and the Kabbalah (Springer, 1995). p. 6.</p>



<p><sup><a href="#text456" id="note456">456</a></sup> W. Totok &amp; C. Haase, (eds.) Leibniz (Hanovre, 1966), 46 ; Leibniz, SS, s. I, vol. 11, pp. 647-49.</p>



<p><sup><a href="#text457" id="note457">457</a></sup> J.H (Yossi) Chajes. “Kabbalah and the Diagramatic Phase of the Scientific Revolution”. Richard I. Cohen, Natalie B. Dorhmann, Adam Shear et Elchanan Reiner (eds.). Jewish Culture in Early Modern Europe (Cincinnati : Hebrew Union College Press) p. 110.</p>



<p><sup><a href="#text458" id="note458">458</a></sup> Matt Goldish. “Maïmonide, Stonehenge et les obsessions de Newton”. Revue juive des livres, 9 : 2 (été 2018), p. 12.</p>
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